07.11.2009
Nourrir 9 milliards d'hommes en préservant la planète ?
Nourrir 9 milliards d'hommes en préservant la planète ?
En 2050, la planète comptera 9 milliards d'individus, soit 2 milliards de plus qu'aujourd'hui à nourrir. Les récentes émeutes de la faim nous ont montré que la sécurité alimentaire était pourtant loin d'être acquise. Qui plus est en respectant l'environnement. Selon un travail prospectif du Cirad et de l'Inra, l'objectif pourrait être atteint, mais avec des changements radicaux.
2050 : les 9 milliards d’habitants que compte la planète peuvent manger à leur faim et les habitants de chaque région du monde disposent de 3000 kcal/hab/jour pour se nourrir. C'est en tous cas le scénario imaginé par le Cirad et l’Inra. Dans ce travail prospectif, le régime alimentaire est diversifié et reste distinct selon les pays. Seule la consommation de viande est limitée à 15% des kilocalories ingurgitées. Mais il s'agit là d'un changement radical. Car si l’on revient 40 ans en arrière, à notre époque donc, les pays développés disposent d'en moyenne de 1000 kcal/hab/jour supplémentaires, tandis que les populations du Sud se contentent d’autant en moins…
Selon les chercheurs, ce nouvel équilibre est en partie atteint en limitant les pertes entre la production et la consommation de nourriture qui représente 30% de la production en 2009 dans les pays développés. De plus, en 2050, le modèle agro-industriel imaginé dans le scénario repose sur des circuits courts et un vivier de PME agricoles et de transformation - surtout dans les pays en développement. Pour les chercheurs, ce mouvement, à rebours de la concentration observée au début des années 2000, pourrait être impulsé par les grandes firmes qui, sous la pression des ONG et des associations de consommateurs, auront mieux pris en compte la responsabilité sociale de leur entreprise …Enfin, pour assurer la production des denrées, une « agronomie écologiquement intensive » a été développée. La surface agricole a crû de près de 40% par rapport à 2000 mais les espaces forestiers ont été protégés au maximum: les forêts n’ont perdu qu’1% de leur superficie. En revanche, les pâturages, devenus les variables d’ajustement, ont été réduits de 15%.
Un scénario idéaliste ?
Intitulé « Agrimonde », ce scénario qui semble idéal montre que nourrir convenablement les 9 milliards d’habitants de la planète en 2050 est possible et ce, dans le cadre d'un développement durable des systèmes alimentaires et agricoles mondiaux. « Il ne prédit pas l’avenir mais pose les bases d’une réflexion en se demandant comment réaliser davantage de croisements entre agronomie et écologie, deux disciplines qui se sont longtemps développées chacune de leur côté », explique la présidente de l’Inra, Marion Guillou. Le scénario est en effet bâti à l’envers dans le sens où les chercheurs ont d’abord posé les conditions – 3000 kcal/hab/jour tout en préservant l’environnement– avant d’en explorer la faisabilité. Pour cela, ils s’appuient sur des données quantitatives, une rétrospective de l’évolution du système alimentaire entre 1961 et 2003, ainsi que sur des avis d’experts pour intégrer notamment l’impact du changement climatique.
Plusieurs freins ont toutefois été identifiés. En premier lieu les changements d’habitudes alimentaires, qui sont en totale rupture avec celles que nous connaissons actuellement. Par exemple, le gaspillage des denrées entre l’acte d’achat et de consommation dans les pays développés peut-il être suffisamment réduit ? Est-il envisageable de voir la courbe des adultes en surpoids (censée atteindre 3 milliards en 2050, dont 1 milliard d’obèses) s’infléchir ? Concernant les rendements ensuite, l’exercice s’appuie, entre autres, sur une moindre consommation d’énergies fossiles et d’engrais ainsi qu’une meilleure valorisation des sols. Mais « tout cela n’est pas encore bien établi et nécessite recherches et expérimentations, tant scientifiques que paysannes… », précisent les chercheurs en ajoutant que cela rend indispensables des « investissements considérables »…
Une base de négociation
« La question alimentaire est très complexe (…) mais cette complexité ne doit pas effrayer et conduire à l’immobilisme, expliquent les deux centres de recherche dans un communiqué. La démarche prospective invite à anticiper les défis qui s’annoncent au-delà de la situation présente. » De fait, les travaux d’Agrimonde ont déjà commencé à être présentés dans différentes institutions à l’étranger. Car depuis les émeutes de la faim en 2008, la question de la sécurité alimentaire est enfin devenue un vrai sujet de réflexion, et les deux centres de recherche entendent bien apporter leur pierre aux négociations qui commencent à voir le jour.
Car l’un des apports essentiels de ce travail est de montrer qu’il sera indispensable de développer encore davantage les échanges internationaux des produits agricoles et alimentaires au cours des prochaines décennies. « L’articulation entre régulations environnementales et régulations commerciale sera donc nécessaire », précise la synthèse des travaux. Les auteurs imaginent d’ailleurs une régulation des échanges des biens alimentaires au travers d’une nouvelle instance, l’Organisation des Nations Unies pour la Sécurité alimentaire, qui permettrait d’éviter les distorsions de concurrence, de protéger les pays dépendants des importations agricoles, et de tenir compte des enjeux environnementaux. Mais le chemin est encore long, reconnaissent les chercheurs : « On sait qu’il s’agit là d’un chantier difficile qui ne fait que commencer. »
| Béatrice Héraud |
Le changement climatique pèse sur la sécurité alimentaire
A l’avenir, le changement climatique sera « l’un des plus grands défis que devra relever l’agriculture pour nourrir la population mondiale », estime la FAO dans un rapport publié fin septembre. Et ce seront « les régions les plus pauvres ayant les niveaux les plus élevés de faim chronique » qui seront les plus impactées. Résultat : les pays en développement pourraient voir leur productivité agricole potentielle chuter de 9 à 21 %. Certaines zones comme l’Afrique subsaharienne vont alors accroître leur dépendance envers les importations alimentaires. Par ailleurs, elle chiffre à 83 milliards de dollars par an les investissements nécessaires pour nourrir les 9,1 milliards de personnes en 2050, soit une augmentation de 50%.
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Plan Cancer 2009-2013: quelle place pour l’environnement?
Plan Cancer 2009-2013: quelle place pour l’environnement?
08/10/2009 12:44 LE JOURNAL DE L ENVIRONNEMENT
La lutte contre les inégalités face au cancer, notamment celles dues à l’environnement et au travail, sera un des nouveaux défis du plan Cancer 2009-2013 qui sera dévoilé par le président Sarkozy d’ici la fin octobre. Ses enjeux ont été rappelés lors des rencontres annuelles de l’Institut national du cancer (INCa) mercredi 7 octobre.
«Nous avons veillé à la cohérence entre le plan Cancer et les autres plans de santé publique notamment le plan national Santé environnement (PNSE II) [publié le 10 juillet dernier] et le plan Santé au travail», a déclaré Didier Houssin, directeur général de la santé, lors de son intervention au colloque. «Les arbitrages finaux ne sont pas encore rendus, mais le président s’exprimera bientôt», a-t-il précisé. Inscrit dans la lignée du premier plan Cancer (2003-2008), le futur plan, qui devait initialement être présenté en juin, comprendra deux nouveaux volets, la lutte contre les inégalités face au cancer, et la qualité de vie pendant et après la maladie, conformément aux recommandations du rapport Grünfeld. Remis au président de la République en février (1) ce rapport devrait constituer «l’ossature» du nouveau plan, selon les termes du président de l’INCa, Dominique Maraninchi.
Les inégalités de santé sont en effet encore très prégnantes et s’aggraveraient même. «Malgré le doublement de l’espérance de vie depuis deux siècles, un différentiel de 7 ans demeure entre celle d’un cadre et celle d’un ouvrier», explique le professeur Jean-Pierre Grünfeld, auteur du rapport «Recommandations pour le plan Cancer 2009-2013». Face au cancer, ces inégalités se traduisent par des écarts d’incidence et de mortalité. Les cancers de l’œsophage et des voies aéro-digestives supérieures (VADS) sont ainsi plus fréquents dans les populations défavorisées tandis que les cancers du côlon et du sein prévalent dans les milieux aisés. «En partie liées au mode de vie (tabac, alcool) et à un accès réduit au système de soin, les causes se trouvent aussi du côté de l’environnement et du travail», explique Chantal Cases, directrice de l’Institut de recherche et de documentation en économie de la santé (Irdes). Les cancers des VADS sont ainsi deux fois plus fréquents chez les travailleurs manuels que chez les autres travailleurs, avec des consommations de tabac et d’alcool similaires.
Entre 11.000 et 23.000 nouveaux cancers professionnels sont recensés chaque année, et plus de 2,3 millions de salariés (13,5 %) auraient été exposés à un ou plusieurs facteurs cancérogènes au cours de leur vie professionnelle (enquête Sumer 2003). Gérard Lasfargues, directeur adjoint de l’Afsset, souligne la difficulté liée à l’application de la réglementation dans les PME qui représentent 80% du tissu industriel français. «Leurs salariés issus de catégories défavorisées cumulent une double exposition à risque, professionnelle et environnementale, étant davantage exposés à des pollutions de l’air intérieur et extérieur», explique-t-il.
Pour André Cicollela, porte-parole du Réseau santé environnement (RES), «au-delà du travail, il faut considérer les inégalités environnementales». Il dit regretter «la vision de l’environnement étriquée du rapport Grünfeld» et souhaiterait un volet environnement dans le plan Cancer. Le nombre de cancers imputables aux facteurs environnementaux varie selon la définition donnée à l’environnement, large (alimentation, alcool, tabac) ou restreinte (pollutions, agents physiques), et selon les facteurs de risque étudiés (avérés ou suspectés). Il est estimé entre 5 à 10% pour l’InVS et à 19% pour l’OMS. Selon Christopher Wild, directeur du Centre international de recherche sur le cancer (Circ) «90% des cancers pourraient être évités car liés à l’environnement ou au mode de vie». A condition de se donner les moyens d’en déterminer les causes, largement ignorées aujourd’hui. «Pour les cancers en augmentation comme ceux des testicules et les lymphomes, mais aussi pour d’autres comme les leucémies chez l’enfant, il faut développer la recherche», confirme Denis Hémon, professeur d’épidémiologie à l’université Paris Sud. Les intervenants au colloque ont insisté sur la nécessité de conduire des études de populations larges (cohortes), de développer la biosurveillance et l’étude des multi-expositions à doses faibles.
Hier, le Parisien a dévoilé en avant-première quelques mesures-phares du futur plan Cancer, dont l’augmentation de 10% du prix du tabac la première année et de 3% les suivantes. Jean-Paul Moatti, professeur d’économie à l’université d’Aix-Marseille II, met en garde contre l’effet pervers d’une telle mesure. Ainsi, malgré son bien-fondé sanitaire, elle peut aggraver les inégalités en appauvrissant les plus défavorisés qui, contrairement aux plus aisés, ne renoncent pas facilement à ce produit considéré comme de première nécessité. Parmi les autres mesures figureraient des formations pour l’entourage des patients, l’aide à l’insertion sociale et professionnelle après la guérison, la promotion de l’activité physique et la lutte contre l’obésité. Mais rien sur l'environnement...
(1) Dans le JDLE «Futur plan Cancer: les recommandations liées à l’environnement»
03:26 Publié dans Santé | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : loc maria plouzane
Climat : les négociateurs pressent les chefs d'Etat de prendre leurs responsabilités
Climat : les négociateurs pressent les chefs d'Etat de prendre leurs responsabilités
LEMONDE.FR avec AFP | 08.10.09 | 18h01
A deux mois du sommet de Copenhague sur le réchauffement climatique, la perspective d'un accord s'éloigne. Alors que l'avant-dernière session de négociations s'achève vendredi 9 octobre à Bangkok (Danemark), les négociateurs, chargés par leur pays de préparer le futur accord, appellent à un geste politique fort. Ils ont demandé, jeudi, aux dirigeants des pays industrialisés à avancer des chiffres clairs sur leurs objectifs de réduction de gaz à effet de serre et sur le financement de l'aide aux pays du Sud.
"Le processus a besoin du soutien des leaders politiques au plus haut niveau pour aboutir à un résultat", a déclaré Yvo de Boer, plus haut responsable du climat aux Nations unies. "Le fait est que si nous ne voyons pas d'avancées sur les points politiques clés (...), il va devenir très difficile pour les négociateurs de poursuivre leur travail dans un climat constructif", a-t-il ajouté.
"IL Y A BEAUCOUP DE JEUX DANS CES NÉGOCIATIONS"
La réunion de Bangkok a permis des débats "constructifs", mais aussi suscité de vives tensions sur le format d'un éventuel accord mondial en décembre à Copenhague (7 au 18 décembre) qui doit donner une suite au protocole de Kyoto. L'Union européenne a pris des engagements clairs sur les émissions de gaz à effet de serre, prévoyant une baisse de 20 % par rapport à 1990 d'ici à 2020, avec possibilité de passer à 30 % en cas d'accord international. Sur la question du financement, elle a évalué à 100 milliards d'euros par an les besoins nécessaires en la matière d'ici à 2020. Mais la répartition de l'effort de financement au sein de l'UE est source de tensions récurrentes, en raison notamment des réticences de certains pays de l'Est. Quant aux Etats-Unis, ils n'ont avancé aucun chiffre de réduction de leurs émissions dans les négociations internationales, suscitant une impatience croissante alors que la bataille autour du projet de loi climat vient de débuter au Sénat.
Devant l'ampleur de la tâche qui reste à accomplir, la plupart des délégués anticipent un final à haute tension le 18 décembre à Copenhague, dernière journée théorique du rendez-vous danois. Pour Bruno Sekoli, qui préside le groupe des pays les moins avancés (49 pays dont 33 africains), l'exercice est périlleux et regrettable. "Il y a beaucoup de jeux dans ces négociations", explique-t-il. "L'un d'entre eux consiste à dire : 'Si vous avez quelque chose à annoncer, attendez le 18. Je pense que c'est très dangereux. Nous travaillons sur un accord majeur qui aura un impact sur plusieurs générations à venir".
Deux Français sur trois ne croient pas à un accord sur le climat
Les Français sont majoritairement pessimistes sur l'issue des négociations à Copenhague. C'est ce que révèle un sondage pour le mensuel Terra Eco publié jeudi 8 octobre. A la question : "Pensez-vous que les chefs d'Etat (...) parviendront à se mettre d'accord pour lutter efficacement contre le changement climatique ?", 77 % des sondés de gauche répondent non, 72 % des Verts et 67 % du Modem. En revanche, les sympathisants de droite sont un peu plus confiants (55 % de non et 35 % oui), selon l'enquête conduite par l'institut Opinion Way.
03:19 Publié dans CLIMAT | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : loc maria plouzane







