23.11.2009
Lutte contre la déforestation : attention aux mirages
Lutte contre la déforestation : attention aux mirages
LE MONDE | 27.10.09 | 15h02 • Mis à jour le 28.10.09 | 07h36
La protection des forêts tropicales est un enjeu majeur des négociations sur le climat. Pour lutter contre la déforestation, qui est à l'origine de 20 % des émissions de gaz à effet de serre, la communauté internationale discute depuis plusieurs années d'un mécanisme financier baptisé REDD, pour Reducing Emissions from Deforestation and Degradation. En français : mécanisme de déforestation évitée. Sur le papier, l'idée paraît simple : les pays qui parviendront à freiner le recul de leurs forêts par rapport à une tendance historique recevront de l'argent sous forme d'aide publique ou bien de crédits carbone qu'ils pourront ensuite monnayer. Dans la pratique, le projet se révèle d'une redoutable complexité et pourrait, faute de garde-fous suffisants, alimenter la corruption et se révéler inefficace face au réchauffement.
Alors qu'à l'approche de la conférence de Copenhague sur le climat, du 7 au 18 décembre, la pression monte pour trouver un accord concernant REDD, Alain Karsenty, économiste au Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad) et expert auprès de la Banque mondiale, met en garde contre ce danger.
REDD est présenté comme un moyen peu coûteux de sauver les forêts tropicales. Pourquoi contestez-vous cette idée ?
Le coût de ce dispositif international est estimé entre 5 et 8 milliards de dollars (3,3 à 5,4 milliards d'euros) par an pour éliminer 70 % de la déforestation. Cette évaluation, établie par le rapport de l'économiste britannique Nicholas Stern en 2007, part de l'hypothèse qu'il suffira de compenser financièrement la valeur des cultures ou de l'élevage auxquels on aura renoncé pour conserver la forêt.
Cela peut marcher s'il s'agit de dédommager des paysans pauvres qui pratiquent l'agriculture sur brûlis. A condition - ce qui est peu probable - que ces paysans, qui déboisent pour des revenus qui assurent à peine leur survie, se satisfassent de compensations qui les laisseront dans la misère. Quant à imaginer que le système permettra de compenser le manque à gagner des entreprises qui déboisent pour faire du palmier à huile avec des marges brutes de plusieurs milliers de dollars par hectare, c'est tout à fait illusoire.
Que faut-il donc faire ?
Si l'on veut des solutions durables, il faut offrir à ces paysans une alternative viable en passant d'une agriculture extensive consommatrice de forêts à des systèmes à la fois écologiques et plus intensifs. Mais il faut être conscient que cela représente un effort d'investissement public considérable.
Quelle est aujourd'hui la principale menace sur les forêts ?
Il y a rarement un facteur unique. En Amazonie brésilienne, l'élevage extensif industriel est de loin la première cause de déforestation, mais le soja - exporté comme aliment du bétail - progresse. En Asie du Sud-Est, les plantations de palmiers à huile s'étendent à grande vitesse. La fabrication de pâte à papier constitue également un facteur important. En Afrique, c'est une agriculture familiale qui repose sur l'abattis-brûlis pour le renouvellement de la fertilité des sols, et qui s'étend avec l'accroissement démographique.
La complexité de REDD soulève des craintes de détournements. Quel est le risque ?
REDD est fondé sur une idée un peu naïve de l'incitation : il suffirait de faire miroiter des récompenses aux Etats pour que ceux-ci changent radicalement de politique. Y compris des Etats réputés faibles, voire défaillants, comme le Congo-Kinshasa. Or l'attitude la plus rationnelle pour un gouvernement peu soucieux de l'intérêt collectif sera de négocier avec la communauté internationale le scénario de déforestation évitée le plus favorable, en surévaluant le rythme réel de la déforestation, puis... de ne rien faire. Il n'aura aucun intérêt à prendre des mesures politiquement coûteuses, comme lutter contre la corruption, alors qu'il peut avoir bon espoir d'être de toute façon rétribué à l'issue de son engagement.
Comment éviter cela ?
Il faut sortir de la logique de REDD comme récompense pour se placer dans une perspective d'investissement : les priorités seront différentes selon les pays, mais on entrevoit sans mal les bénéfices - et pas seulement pour la forêt - de réformes agro-foncières renforçant le droit de propriété des paysans et introduisant des pratiques agricoles plus productives et plus durables. Reconnaître aux communautés établies dans les forêts des droits fonciers opposables les aidera à faire face à la montée d'un néocolonialisme agraire.
REDD parie sur les marchés carbone pour financer la protection des forêts. Est-ce réaliste ?
Il y a une pression très forte pour que REDD soit inclus dans le marché mondial du carbone. La loi sur le climat actuellement discutée au Congrès américain prévoit d'autoriser les entreprises à compenser, d'ici à 2025, 6 milliards de tonnes de CO2 avec des crédits REDD, ce qui les dispensera de réduire d'autant les émissions dont elles sont responsables.
Mais un fonctionnement efficace du marché du carbone suppose une forte garantie quant à la qualité des actifs échangés, ici les crédits carbone. Si l'on veut éviter un effet de "fausse monnaie climatique", il faut être certain que les réductions des émissions traduites en crédits carbone correspondent à une réalité.
Un moyen assuré de créer de cette fausse monnaie serait de faire des prévisions très élevées de déforestation, comme le fait le Guyana : alors que son taux de déboisement annuel est quasiment nul, son scénario de référence prévoit que 90 % de sa forêt seront déboisés dans vingt-cinq ans ! Or de grandes quantités de fausse monnaie REDD conduiraient à une chute des prix sur le marché du carbone, ce qui offrirait des échappatoires aux pays industrialisés et aux entreprises pour éviter de réduire fortement leurs émissions.
Propos recueillis par Laurence Caramel
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Dumping agricole: Sarkozy fait du Bolkestein!
Dumping agricole: Sarkozy fait du Bolkestein!
Sylvain Lapoix - Marianne | Lundi 16 Novembre 2009 à 14:01
Pour lutter contre le concurrence des agriculteurs allemands et hollandais qui utilisent de la main d'œuvre étrangère au coût du pays d'origine, Sarkozy incite les agriculteurs français... à faire la même chose. Une idée que les syndicats refusent catégoriquement !
Maraîcher en Alsace, Denis Digel a senti passer la chute du Mur de Berlin : «en 1991, je livrais en Allemagne, raconte ce syndicaliste de Légumes de France (branche de la FNSEA). Maintenant, dans la région, on a arrêté les légumes-bottes car cela demandait trop de coût de main d'œuvre par rapport aux prix allemands : on ne peut plus rivaliser ! Alors que les Allemands nous submergent de leurs fruits et légumes.» De ce côté du Rhin, le Smic horaire chargé est à 12 euros de l'heure. De l'autre, il a chuté à 5 ou 6 euros.
En Allemagne, pas de Smic mais, depuis la réunification, des accords avec les pays d'Europe centrale : sous condition de disposer d'un régime de santé dans leur pays d'origine, mères au foyer, étudiant et autres précaires peuvent venir travailleur au salaire de leur pays. Pologne, République tchèque, Slovaquie... La directive Bolkestein - non encore adaptée au droit français - bourgeonne en plein champs.
L'Elysée d'employer des Roumains à des prix roumains
Pour lutter contre cette concurrence déloyale, Légumes de France a interpelé à de nombreuses reprises l'Elysée, et notamment le conseiller à l'agriculture du Président, Christophe Malvezin. Sa réponse : faites comme les Allemands ! Dans le discours de Poligny, Nicolas Sarkozy évoquait ainsi les distorsions de concurrence promettant de mettre les agriculteurs «dans un combat à armes égales avec vos concurrents !» Concrètement, l'Elysée suggérait aux cultivateurs d'importer des travailleurs roumains pour les faire bosser au salaire de leur pays, moins cher que les Polonais. A dumping, dumping et demi !
Comme le rapportait L'Humanité le 7 novembre, la piste avait déjà été exposée dans une réunion de travail le 5 novembre : créer une agence d'intérim en partenariat avec Bucarest pour rivaliser avec la main d'œuvre low cost des Allemands. S'insurgeant auprès de l'agence Reuters contre cette mesure jugée catastrophique pour la main d'œuvre agricole française, la proposition fut immédiatement tuée dans l'œuf par un démenti du conseiller de l'Elysée, Christophe Malvezin, juste à temps pour ne pas sortir dans les médias. «Mais l'hypothèse a été soulevée, souligne un syndicaliste. Et elle pourrait bien revenir.»
L'exil des agriculteurs...
Pour les maraîchers, l'enjeu est inverse : pour protéger l'agriculture française, il faut non pas utiliser les méthodes de dumping social mais empêcher les autres pays de le pratiquer. En 10 ans, les conséquences de ces méthodes ont été dramatiques sur les surfaces cultivées : -40% de surfaces d'asperges, autant de pommiers, -34% de surfaces de fraises... là où l'Allemagne en cultivant 60% plus !
«Les agriculteurs s'exilent pour s'en sortir, explique Denis Digel. Certains vont cultiver des tomates au Maroc, les Alsaciens vont planter des céréales en Roumanie... Si le discours de Bruno Le Maire sur le développement d'une agriculture de subsistance a un sens, il faut prendre le problème à la base : nous sommes arrivés à un point de non retour !»
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21.11.2009
Agrocarburants: l'Ademe va modifier son rapport controversé
Agrocarburants: l'Ademe va modifier son rapport controversé
12/11/2009 14:18 JOURNAL DE L ENVIRONNEMENT
La synthèse du rapport de l’Ademe sur le bilan environnemental des biocarburants, mise en ligne le 8 octobre, a été retirée le 2 novembre, suite aux vives critiques émises par les ONG, et aussi par le pétrolier Total. Une version modifiée sera bientôt publiée.
La réalisation d’une expertise exhaustive et contradictoire sur le bilan écologique et énergétique des agrocarburants de première génération était un des engagements du Grenelle de l’environnement. Cette expertise est très attendue par les associations de défense de l’environnement qui contestent le bien-fondé de ces énergies renouvelables et s’inquiètent de leurs impacts sur les terres agricoles.
Publiée début octobre par l’Ademe (1), la synthèse de l’étude (2) concluait à un bilan positif des agrocarburants consommés en France (bioéthanol, biodiesel, huiles végétales pures) en termes d’émissions de gaz à effet de serre (GES), mais plutôt négatif en termes d’impact sur la santé (3). Or, à cette date, le comité technique de l’étude, regroupant divers acteurs (industriels, ONG, instituts techniques…) n’avait pas encore rendu son avis sur le rapport. Les ONG France nature environnement (FNE) et le Réseau action climat (RAC), mais aussi le groupe Total, tous membres du comité, ont alors fait part de leurs critiques à l’Ademe, dénonçant des erreurs de méthodologie et de calculs. Vendredi 6 novembre, le comité technique n’a donc pas validé le rapport. La synthèse avait été retirée du site internet de l’Ademe quelques jours auparavant, remplacée par l’explication suivante: «A la lumière des réactions des membres du comité technique (…) le travail de l'Ademe, du comité technique et des experts (BioIS & Ecointesys - 4) se poursuit afin d'apporter les compléments nécessaires à l'étude et à sa revue critique.» A l'issue de ce travail, seront mis en ligne le rapport intégral, sa synthèse, la revue critique et les commentaires des membres du comité technique, précise l’Ademe. Interrogé par le quotidien en ligne Rue89, Pierre Clément, responsable médias de l’agence, justifie ainsi cette situation: «puisqu’on veut être neutre, on doit tenir compte de toutes les remarques. (…) on devra donc revoir la méthodologie, préciser les chiffres et donc le rapport sera retravaillé. Mais on sait d’avance que les conclusions seront proches».
De quoi s’agit-il? Le rapport a pour objet de réaliser une analyse du cycle de vie (ACV) des agrocarburants en s’appuyant sur les recommandations du référentiel finalisé en 2008. L’enjeu? Prouver que les biocarburants de première génération satisfont aux exigences de la directive sur les énergies renouvelables (5) qui fixe l’objectif de 10% d’ENR dans le secteur des transports d’ici 2020, sous réserve de critères de durabilité. La réduction des émissions de GES d’au moins 35% par rapport aux équivalents fossiles est un de ces critères. D’où la nécessité d’une ACV.
Or les détracteurs de l’étude estiment que les calculs du rapport ont été optimisés en faveur des agrocarburants, dans un contexte de promotion de ces filières en France. Le plan Biocarburants français prévoit l’incorporation de 7% de biocarburants en 2010, un objectif supérieur à celui de 5,75% fixé par la directive de 2003 (6). «Le rapport s’appuie sur des données fournies par les industriels de l’éthanol, très différentes de celles que l’on trouve dans la littérature scientifique, mais non vérifiables au nom du ‘secret industriel’», explique Lionel Vilain de FNE. Pour lui, il s’agirait plus d’un rapport politique que d’un rapport scientifique. Il critique en outre le fait que les impacts des changements d’affectation des sols n’aient pas été suffisamment pris en compte. Plus étonnant, le groupe Total, qui vient de recevoir 7 millions d’euros pour un projet d’expérimentation de biocarburants de deuxième génération [dont l’impact environnemental devrait être meilleur] a également émis des réserves sur la méthodologie et les calculs du rapport. Le rendement énergétique des carburants fossiles aurait été «minimisé» pour augmenter artificiellement celui des biocarburants, évoque une source. «L'Ademe a fait savoir que différents points seront revérifiés. Ce travail est en cours et Total y est associé», souligne un responsable de communication du groupe.
«L’Ademe doit tenir compte des critiques. Un nouveau rapport doit être soumis au comité technique début décembre», indique Lionel Vilain qui souhaite «un rapport sérieux, honnête et transparent». La Confédération paysanne estime, dans un communiqué du 10 novembre, que la publication de l'étude «n'interviendra vraisemblablement pas avant janvier 2010». Elle dénonce le fait que «les partisans de l'éthanol et du diester» continuent pourtant de s'appuyer sur la synthèse de l’Ademe pour influencer les débats sur le montant de la défiscalisation des agrocarburants dans le cadre du projet de loi de finances, examiné cette semaine par les députés.
(1) Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie
(2) Synthèse de l’Ademe «Analyses de cycle de vie appliquées aux biocarburants de première génération consommés en France» (septembre 2009)
(3) Dans le JDLE «Démonstrateur Bio-T-Fuel: 33 millions d’euros pour les agrocarburants»
(4) Deux sociétés de conseil spécialisées en analyses de cycles de vie
(5) Directive 2009/28/CE
(6) Directive 2003/30/CE
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Comment le marché intégral peut tuer l'agriculture européenne
Comment le marché intégral peut tuer l'agriculture européenne
Roland Hureaux - Blog associé | Samedi 24 Octobre 2009 à 07:01
MARIANNE
La crise du lait de l'été dernier n'est qu'un des soubresauts du système agricole français. Roland Hureaux nous l'explique, les agriculteurs français sont, comme leurs collègues européens, étranglés par un système libéral qui méconnaît les particularités de la production alimentaire.
Elevage laitier et viande, fruits et légumes, céréales ; tous les secteurs de l’agriculture ou presque sont en crise comme peut-être jamais ils ne l’ont été.
Quand l’Union européenne négocia les derniers accords du GATT (1994), les adversaires de la politique agricole commune obtinrent largement gain de cause : la préférence communautaire, tenue pour une relique du passé, devait être progressivement abolie et l’ensemble des filières ouvertes au marché mondial.
La France, plus réticente que d’autres, n’obtient que des délais d’application qui expirent aujourd’hui les uns après les autres : la catastrophique réforme du marché du lait acceptée par Michel Barnier n’a pas d’autre sens.
Il est vrai que nos négociateurs n’alléguèrent à l’époque que des difficultés « politiques » à mettre en œuvre trop vite des décisions dont ils ne contestaient pas vraiment qu’elles fussent, quant au fond, bonnes.
Mais l’étaient-elles vraiment ?
L’idée que le marché est le meilleur régulateur, même en matière agricole, doctrine officielle de l’OMC, ne tient pas compte de la spécificité des marchés de matières premières.
Presque tous les agents économiques encaissent aujourd’hui assez facilement les impulsions du marché, en les répercutant à l’amont ou à l’aval, le cas échéant par un retrait. Les producteurs de produits primaires, notamment agricoles, seuls, prennent ces impulsions « en pleine gueule »: d’abord parce qu’ils sont en bout de chaîne , mais aussi parce que les marchés de produits primaires sont, selon le jargon des économistes, peu «élastiques», et parce qu’ils ont généralement du faire des investissements lourds et spécialisés : il est moins facile de vendre, en cas de crise, une mine ou une ferme qu’un fonds de commerce ou des bureaux, voire de délocaliser des machines.
Cet inconvénient est neutralisé pour la plupart des denrées primaires par l’existence de monopoles de droit ou d’ententes de fait entre grands groupes, contrôlant aussi bien les prix que les quantités : EDF, les « majors » pétrolières (et en amont les pays de l’OPEP), les multinationales minières etc. En définitive, les seuls marchés « purs et parfaits », hors intervention de l’Etat, sont les marchés agricoles.
La commission européenne, impitoyable pour des producteurs de fruits et légumes exsangues dès lors qu’il s’agit de censurer une distorsion de concurrence, ne peut que fermer les yeux sur les ententes invisibles et de tout autre portée des grands producteurs d’énergie.
Le mythe du libre-échange
L’hystérie disproportionnée déclenchée par certaines épizooties (vache folle, grippe aviaire, grippe porcine) a encore accru la vulnérabilité de la profession agricole.
Cette situation particulière de l’agriculture n’avait au XIXe siècle que des inconvénients limités du fait que les paysans pratiquaient alors une large autoconsommation, n’avaient ni charges fixes, ni dettes. La grêle était alors plus redoutée que la mévente.
A partir des années trente, à la suite du drame américain des « Raisins de la Colère », prodrome (déf. signe annonciateur) de la grande dépression, on considéra assez naturellement, que, dans les grand pays qui pouvaient se le permettre, le progrès social exigeait la mise en place d’amortisseurs institutionnels de ces secousses inhumaines, sous la forme de soutien des cours, de protections, voire de subventions directes.
Mis en pool au sein du Marché commun au cours des années soixante, ce système se perfectionna au fil des temps. Le monde agricole comprit que le contrôle des cours impliquait celui des quantités : ce fut le sens des quotas laitiers, puis des jachères.
Au XXe siècle, tous les pays développés ont protégé leur agriculture : le Japon beaucoup, les Etats-Unis moins, l’Europe entre les deux. Les accords de Lomé tentèrent timidement de faire profiter certains pays africains d’une protection analogue.
C’est au démantèlement de ces protections que, par idéologie et sous l’impulsion des Etats-Unis (qui n’hésitent pourtant pas à protéger fortement certains secteurs comme le coton) et de quelques autres pays (le groupe de Cairns), s’est attaché le GATT à partir de 1984. Non seulement la commission européenne fut en la matière son relais efficace (Pascal Lamy passa sans transition de la fonction de commissaire au commerce international à celle de directeur général de l’OMC), mais certains Etats comme la France avaient pris les devants avec la réforme de la PAC de 1992, fondée sur l’idée, elle aussi un peu courte, qu’au soutien des prix devait se substituer l’aide directe, pourtant beaucoup plus coûteuse.
De ces nouvelles orientations, on voit aujourd’hui les effets, notamment dans notre pays où les charges fixes de l’agriculture (sécurité sociale, impôt foncier, main d’œuvre) sont particulièrement lourdes. 25 suicides à France Télécom mais qui dénombrera ceux, encore plus nombreux, des éleveurs du Massif central ?
Le consommateur, dit-on, y trouve son compte. Pas toujours. Doit-on au demeurant sacrifier les Antilles pour qu’il paye le kilo de bananes 0,50 € au lieu de 0,80 € ?
Les bons apôtres, généralement abrités du marché par leur statut ou par des monopoles de fait, ont beau jeu de préconiser toujours plus de progrès de productivité. Savent-ils que l’agriculture en a fait en soixante ans plus que toute autre branche ? Ou que dans des pays supposés compétitifs, comme le Etats-Unis ou l’Argentine, l’endettement du monde agricole est aussi lourd que chez nous et sa déréliction aussi grande ?
Il faut accepter le principe que la spécificité technique des marchés agricoles au sein du marché mondial exige une régulation. Il ne faut pas hésiter à le dire : la doctrine du marché intégral, appliquée au seul secteur qui soit pleinement exposé au vent du large, à la fois en bout de chaîne et non contrôlé par des oligopoles, a un caractère inhumain. C’est dans les années 1960-1990, au temps de la préférence communautaire, que l’Europe était dans la vérité, et aujourd’hui qu’elle est dans l’erreur.
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20.11.2009
Algues vertes : leur odeur fait fuir les derniers touristes
Algues vertes : leur odeur fait fuir les derniers touristes
Paru le 2009-11-11 17:08:00 MAXISCIENCES
Bretagne, France - Si l'État a reconnu sa responsabilité dans la prolifération des algues vertes qui jonchent les plages de la baie de Saint-Brieuc, les collectivités et riverains se sentent impuissants et abandonnés face à ce phénomène qui fait fuir les touristes, donnant à la Bretagne l'image d'une région toxique et nauséabonde.
La toxicité des algues vertes a été révélée cet été suite à la mort d'un cheval. Mais ce phénomène est loin d'être récent, la prolifération saisonnière d'algues vertes est en effet dénoncée par les riverains et élus locaux depuis une trentaine d'années.
Alors qu'une mission interministérielle, chargée d'étudier les moyens de lutter contre cette prolifération, doit rendre ses conclusions le 8 décembre prochain, le préfet des Côtes d’Armor, Jean-Louis Fargeas, est très pessimiste, estimant que le phénomène des algues vertes est "voué à perdurer".
Outre leur grande toxicité, les algues qui jonchent les plages bretonnes l'été dégagent un gaz extrêmement nauséabond lorsqu'elles se décomposent : l’hydrogène sulfuré (H2S). Cette très forte odeur fait fuir les derniers touristes.
En septembre dernier, un huissier appelé par des riverains est venu constater les mauvaises odeurs qui envahissent la plate-forme de compostage d'Hillion. "Il est clair qu'il y a des gaz qui s'échappent du bassin. Il y a des odeurs nauséabondes, cela sent l'oeuf pourri et l'excrément. Ce sera marqué dans un constat" avait-il alors conclu.
Le mea culpa de l'État ne suffit pas à apaiser la colère des riverains qui subissent ce phénomène depuis plusieurs décennies. Et alors que la Bretagne, grâce à l’agriculture intensive, abrite sur son sol 60 % des élevages de porcs de France et 45 % de ceux de volailles, le préfet des Côtes d'Armor estime que "la diminution visible et notable de ce phénomène ne pourra passer que par un changement profond des pratiques agricoles sur les secteurs concernés".
Les agriculteurs refusant d'être désignés comme seuls responsables de la prolifération des algues vertes, comme d'intensifier leurs efforts, Jean-Louis Fargeas estime que "cette évolution n’est pas envisageable pour le moment, le phénomène des algues vertes ne peut donc que perdurer".
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18.11.2009
Les fermes ne sont pas sorties de l'auberge
Les fermes ne sont pas sorties de l'auberge
Créé le 12.11.09 à 05h13
Mis à jour le 12.11.09 à 10h00
20MINUTES
AGRICULTURE - Nicolas Sarkozy va défendre ce jeudi son plan de soutien aux exploitations en difficulté...
Ils remplissent nos assiettes, mais n'arrivent pas à en vivre. Le président de la République se déplace ce jeudi dans la Drôme pour défendre son plan de «soutien exceptionnel pour l'agriculture» présenté le 27 octobre dans le Jura. Après une chute de 20% de leurs revenus l'an dernier, de nombreux paysans s'attendent à une nouvelle perte de pouvoir d'achat en 2009. Souvent surendettés, ils peinent à faire face à la baisse des cours mondiaux et à la réduction des aides agricoles. Hier, des producteurs laitiers ont manifesté en Haute-Vienne, au Nord-Pas-de-Calais et dans la Manche tandis que lundi, une dizaine d'agriculteurs syndiqués ont tagué le siège local de l'UMP et la trésorerie générale à Toulouse avec les inscriptions «Sarko menteur», «agriculteurs en faillite» ou encore «Voleurs».
La politique agricole privatisée
L'inquiétude reste palpable malgré le milliard d'euros de prêts et les 650 millions d'aides directes débloqués par Nicolas Sarkozy. «Bien que ces mesures apportent une bouffée d'oxygène aux paysans français, ces derniers ont besoin de prix qui leur permettent de vivre!», s'exclame le premier syndicat agricole, la FNSEA. Or, c'est là que le bât blesse. Les négociations sur la politique agricole commune (PAC), qui protège les agriculteurs des variations des cours mondiaux, reprennent ces prochaines semaines. Et le gouvernement français ne rassure pas les exploitants lorsqu'il évoque «des mesures qui ont fait leur temps et qui irritent nos partenaires». «Le problème de la dérégulation du marché reste entier», confirme Michel Portier, gérant d'Agritel, société de conseil sur les matières premières agricoles. Pour Hervé Plagnol, rédacteur en chef de l'agence spécialisée Agra, le Président a même renforcé la privatisation de la PAC, entamée depuis des années, en donnant aux banques un rôle inédit. Pour que les aides soient distribuées plus vite, «on oublie les procédures d'instruction de dossiers par l'administration» pour donner la main aux établissements financiers, s'étonne le spécialiste sur le site lesantennes.org, le gratuit citoyen de la région grenobloise.
Vigilants, les syndicats ont annoncé qu'ils mettraient en place «des cellules de veille et de conseil dans les départements». Reste à voir, s'interroge Hervé Plagnol, si une telle politique agricole permettra aux agriculteurs de «répondre aux demandes de la société».
Angeline Benoit
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16.11.2009
Algues vertes: une note du préfet accuse les agriculteurs
Algues vertes: une note du préfet accuse les agriculteurs
«La diminution visible et notable de ce phénomène ne pourra passer que par un changement profond des pratiques agricoles sur les secteurs concernés, ce que la profession agricole n'est pas prête à accepter pour le moment», écrit le préfet des Côtes d'Armor.
21/10/2009 LIBERATION
Le phénomène des algues vertes en Bretagne ne peut que "perdurer" car la profession agricole "n'est pas prête" à "accepter un changement profond des pratiques", écrit le préfet des Côtes d'Armor, Jean-Louis Fargeas, dans une note révélée par Le Télégramme et Ouest-France.
Cette note "confidentielle" datée du 4 septembre, publiée par les sites internet des deux quotidiens, a été adressée au Premier ministre, au ministre de l'Intérieur, et à la secrétaire d'Etat à l'Ecologie.
"La diminution visible et notable de ce phénomène ne pourra passer que par un changement profond des pratiques agricoles sur les secteurs concernés, ce que la profession agricole n'est pas prête à accepter pour le moment", écrit le préfet. Le phénomène des algues vertes, apparu dans les années 70, est dû à l'apport de nitrates issus de l'agriculture.
"Il s'agit de révolutionner sur ces secteurs (...) les pratiques agricoles et changer complètement le modèle économique existant", ajoute cette note. "Cette évolution n'est pas envisageable pour le moment, le phénomène des algues vertes ne peut donc que perdurer", poursuit la note.
Pointés du doigt depuis des années, les agriculteurs bretons ont récemment redit qu'ils refusaient d'être les seuls "boucs émissaires" et insistent sur l'évolution de leurs pratiques et les efforts réalisés.
Une mission interministérielle sur la prolifération des algues vertes est en cours et devra remettra ses conclusions à François Fillon en décembre.
"Afin d'éviter que l'Etat soit de nouveau mis en cause (il a été condamné par le tribunal administratif en 2007, ndlr) et pour obtenir des résultats en la matière, il importe néanmoins d'afficher une politique volontariste pérenne" pour stabiliser ou limiter ce phénomène, écrit encore le préfet.
La mission avait été décidée après la confirmation fin août par un rapport que l'hydrogène sulfuré, un gaz qui émane notamment des algues vertes en décomposition, pouvait être "mortel" en cas de concentration importante. Ce rapport faisait suite à la mort d'un cheval fin juillet sur une plage de Saint-Michel-en-Grève (Côtes-d'Armor).
(Source AFP)
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L'engouement pour les agrocarburants n'est plus ce qu'il était
L'engouement pour les agrocarburants n'est plus ce qu'il était
Par Catherine Gouëset, publié le 20/10/2009 16:30 L EXPRESS
Parés de toutes les vertus il y a quelques années, les agrocarburants sont aujourd'hui accusés d'affamer la planète et d'encourager la déforestation. Et leur bilan éco-environnemental ne serait pas si "vert" qu'on a bien voulu le dire, comme le concède un récent rapport de l'Ademe. Comment en est-on arrivé là?
L'engouement
Septembre 2004: le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin annonce un plan de développement des carburants d'origine végétale, qui doit aboutir d'ici à 2007 au triplement de leurs capacités de production en France.
Mai 2005: le gouvernement lance une nouvelle phase du plan biocarburants, pour la période 2008-2010, avec des agréments supplémentaires portant sur 700 000 tonnes dans la filière diester et 250 000 tonnes dans la filière éthanol.
Octobre 2005: l'Assemblée nationale décide, lors de l'examen du projet de loi d'orientation agricole, de porter la part des biocarburants dans les carburants à 5,75 % au 31 décembre 2008, à 7 % au 31 décembre 2010 et à 10 % au 31 décembre 2015. Une accélération de deux ans sur le calendrier prévu initialement par les autorités européennes.
Novembre 2005: un rapport intergouvernemental intitulé "Optimisation du dispositif de soutien aux biocarburants" montre que les 26 000 créations d'emploi prévues dans la filière des biocarburants sont "largement surestimées".
Février 2006: le Premier ministre, Dominique de Villepin, annonce au Salon de l'agriculture la création de dix nouvelles usines de fabrication de biodiesel et bioéthanol.
Juin 2006: le ministre délégué à l'Industrie, François Loos, confirme l'expérimentation en France du carburant "vert" E85.
Septembre 2006 : le ministre de l'Economie Thierry Breton annonce que la France disposera d'ici à la fin de 2007 de 500 pompes pour distribuer de l'E85.
Octobre 2006: le Parlement vote un amendement instaurant un régime fiscal dérogatoire pour le biocarburant superéthanol E85.
Janvier 2007: la fabrication et la commercialisation de l'E85 sont officiellement autorisées en France. Ce nouveau biocarburant est composé à 85 % d'éthanol, alcool extrait de la distillation des céréales (blé, maïs), et à 15 % d'essence classique
Mars 2007: le Brésil, les États-Unis, la Chine et l'Union européenne annoncent, à l'ONU, la création d'un forum international des biocarburants visant à augmenter la production, la distribution et l'utilisation de produits alternatifs aux carburants fossiles.
Les doutes
Juillet 2007: Peter Mandelson, commissaire européen au Commerce, dénonce l'impact des biocarburants sur la déforestation et sur la hausse des prix des produits agricoles, au moment où le président brésilien Lula Da Silva fait une tournée en Europe pour promouvoir les agrocarburants.
Août 2007: une étude parue dans la revue Science cosignée par Renton Righelato, du World Land Trust, une organisation de conservation des écosystèmes, et Dominick Spracklen, de l'université de Leeds (Grande-Bretagne) souligne que les agrocarburants ne permettront pas systématiquement de limiter les émissions de gaz à effet de serre.
Septembre 2007: un rapport de l'OCDE souligne les risques que font peser les agrocarburants pour la production alimentaire mondiale.
Selon les calculs du Nobel Paul Crutzen publiés dans la revue Atmospheric Chemistry and Physics Discussions, la production de carburants à partir de plantes, utilisatrice d'engrais, pourrait accroître les émissions de gaz à effet de serre dans l'atmosphère.
Octobre 2007: le rapporteur de l'ONU pour le droit à l'alimentation critique cette politique subventionnée par de nombreux pays.
Décembre 2007: deux sénateurs membres de l'Office parlementaire des choix scientifiques et techniques rendent public un rapport consacré à l'effondrement de la biodiversité. Ils réclament un moratoire sur les agrocarburants.
Des experts de l'Institut international de recherche sur les politiques alimentaires appellent à ralentir le développement des biocarburants.
Janvier 2008: la Commission européenne présente une proposition de directive pour que, en 2020, les biocarburants représentent, dans chaque pays de l'Union, 10 % du carburant utilisé par les véhicules des Européens.
Avril 2008: Nicolas Sarkozy réaffirme à Nantes, dans son discours de politique agricole, la nécessité de poursuivre les efforts engagés. "Nous avons fixé un objectif de 7 % d'incorporation de biocarburants dans le diesel et l'essence en 2010. Cet engagement sera maintenu". Quelques jours plus tard, Jean-Louis Borloo, ministre de l'Environnement, plaide en faveur d'une "une pause sur de nouvelles capacités" pour la première génération d'agrocarburants (à base de céréales et de colza) à Rome, en marge du Forum international de l'énergie.
L'Allemagne, qui produit deux fois plus d'agrocarburants que la France renonce au développement massif des biocarburants. Angela Merkel inaugure à Freiberg la première raffinerie au monde de biocarburants de deuxième génération qui va produire du biodiesel à partir de chutes de bois, de la paille, des mauvaises herbes. Plus question donc d'utiliser des denrées alimentaires comme les céréales.
Juillet 2008: selon le Guardian, un rapport interne de la Banque Mondiale estime que l'essor des biocarburants est le principal responsable du bond de 140 % des prix d'un panel de produits alimentaires constaté entre 2002 et février 2008.
L'OCDE remet en cause, dans un nouveau rapport, les politiques de soutien aux biocarburants des pays de l'hémisphère Nord, dont le coût est élevé et l'impact environnemental limité.
Une commission du Parlement européen, celle de l'environnement, appelle l'Union européenne à revoir à la baisse ses objectifs en matière d'agrocarburants. De son côté, le Fonds monétaire international (FMI) conseille de revoir les subventions accordées pour leur développement, "surtout dans les pays développés" affirmant qu' il y a "de plus en plus d'indications que la première génération de biocarburants encouragée par ces politiques ne constitue pas une alternative écologique ni compétitive en termes de prix aux carburants tirés d'hydrocarbures".
Septembre 2008: les députés européens décident finalement de limiter la part des agrocarburants dans l'essor programmé des énergies renouvelables, au profit de ressources moins controversées comme l'éolien, le solaire, l'hydrogène ou l'utilisation de la biomasse.
Une étude du ministère de l'Agriculture montre un recul des cultures énergétiques du à la flambée des prix des oléagineux et céréales destinés à l'alimentaire.
Octobre 2008: le projet de loi de finances 2009 réduit les exonérations de taxe TIPP. En 2009, la réduction passe de 0,22 à 0,135 euro par litre pour le biodiesel et de 0,27 à 0,17 euro pour l'éthanol. Avec un objectif de suppression totale de ces aides dès 2012.
Janvier 2009: le Sénat adopte un amendement dans le projet de loi Grenelle 1 pour remplacer le terme de biocarburant par celui d'agrocarburant, afin d'éviter toute confusion avec l'agriculture biologique.
Avril 2009 : lancement du nouveau carburant E10 contenant 90 % de combustible de source pétrolière et 10 % de biocarburant provenant de la distillation de céréales ou de betteraves sucrières.
Août 2009: le rapport annuel sur l'industrie pétrolière montre que le succès des carburants verts a entraîné un manque à gagner fiscal de 720 millions d'euros en 2008, soit 44 % de plus que l'année précédente.
Octobre 2008: dans son rapport annuel sur l'alimentation mondiale, la FAO appelle à une révision des politiques et des subventions des pays de l'OCDE pour les agrocarburants, afin de maintenir l'objectif de sécurité alimentaire mondiale et de garantir un environnement durable.
7 octobre 2009: le conseil d'administration de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) valide un plan de développement des agrocarburants de deuxième génération, baptisé BioTfuel, d'un montant total de 112 millions d'euros.
8 octobre 2009 : l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) diffuse un rapport d'évaluation des biocarburants mitigé. Il indique notamment que la filière dite "ETBE" (mélange d'éthanol avec de l'isobutène, qui représente 50% du bioéthanol français) ne respecte pas les exigences de la directive européenne sur les énergies renouvelables.
Le pionnier brésilien
Le Brésil lance dès 1975, au moment de la première crise pétrolière, un plan pour généraliser l'usage du gasohol, essence coupée à l'éthanol. Cette décision de la junte militaire qui dirige alors le pays n'est pas justifiée économiquement: il s'agit surtout de résorber la surproduction de sucre. Mais cet engagement est maintenu au fil des années.
En 2005, les ventes de voitures " flex-fuel ", pouvant fonctionner aussi bien à l'alcool qu'à l'essence, dépassent celles des voitures classiques. La surface actuellement occupée par la canne à sucre pour la production du bioéthanol au Brésil est de 3,5 millions d´hectares en 2008.
Selon les écologistes, cette politique est désastreuse pour l'environnement -déforestation croissante de l'Amazonie, pollution des eaux par des engrais...- et pour la production d'aliments.
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Les agriculteurs malades des pesticides
Les agriculteurs malades des pesticides
vendredi 13 novembre 2009
OUEST France
En 2009, l’observatoire Phy’attitude a enregistré une nette progression des signalements de cas d’intoxications aux pesticides chez les agriculteurs et leurs salariés. 215 d’entre eux ont composé le numéro vert 0800 887 887 pour signaler des symptômes en lien avec l’application de traitements phytosanitaires. Ils n’étaient que 167 en 2008.
Maladies chroniques
Sur la période 2005-2006, la Mutualité sociale agricole (MSA) a établi un lien direct entre exposition aux pesticides et troubles de la santé pour 130 dossiers. Les viticulteurs et arboriculteurs sont les premiers concernés. Par ailleurs, selon la MSA, on compte actuellement en France 27 cas de maladies chroniques (maladie de parkinson, maladies du sang, cancers…) reconnus comme maladie professionnelle imputable aux pesticides.
Pas seulement ceux qui traitent
Enfin, l’étude Agri can livre ses premières conclusions. Elle est conduite par l’Université de Caen, la MSA et les centres de recherche de lutte contre le cancer. Elle porte sur 180 000 personnes (agriculteurs et salariés agricoles, actifs et retraités) de douze départements.
Principal enseignement : les personnes exposées aux pesticides ne sont pas seulement celles qui traitent et qui préparent les bouillies. La contamination aux pesticides peut se produire lors du nettoyage du matériel, lors de la récolte ou lors d’intervention (taille effeuillage) sur des cultures préalablement traitées.
00:30 Publié dans Agriculture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : loc maria plouzane
14.11.2009
Lait : la "poule aux oeufs d'or" plumée au maximum (UE)
Lait : la "poule aux oeufs d'or" plumée au maximum (UE)
C'est ce qu'a annoncé la commissaire européenne à l'Agriculture après l'annonce d'une aide de 280 millions d'euros pour aider le secteur en crise.
Comme dévoilé vendredi de source diplomatique, le secteur laitier va bien recevoir une aide de 280 millions d'euros. La commissaire européenne à l'Agriculture, Mariann Fischer Boel a ainsi affirmé, lundi 19 octobre, que "la poule aux œufs d'or a été plumée au maximum, il ne me reste rien". "Donc c'est fini, il n'est plus question pour une délégation de venir demander un euro de plus", a-t-elle averti à l'issue d'une réunion des ministres européens de l'Agriculture à Luxembourg.
La commissaire danoise, qui il y a encore peu de temps refusait catégoriquement toute aide financière nouvelle au secteur, a reconnu avoir réagi à la colère des producteurs laitiers.
La commissaire a précisé que l'enveloppe qu'elle propose serait répartie au niveau national en fonction "de la production" des différents Etats, en ne dépassant pas toutefois le niveau des quotas (plafonds) de production qui leur ont été alloués. Ce système favorisera mécaniquement les grands pays de production que sont la France, l'Allemagne, le Danemark ou la Pologne.
D'emblée, la solution proposée par la Commission a été critiquée par l'ensemble des associations paysannes françaises qui l'ont qualifiée d' "insuffisante" et même de "supercherie".
L'Europe doit choisir "la voie de la régulation"
Le ministre de l'Agriculture Bruno Le Maire a lui affirmé que l'Europe doit choisir "la voie de la régulation" du marché du lait et renoncer "à poursuivre la dérégulation" dans un entretien aux Echos de lundi. "Nous sommes désormais 21 sur 27 à le demander", a rappelé Bruno Le Maire et "le Parlement européen nous soutient". "Je viens de recevoir l'appui de la Cour des comptes européenne, qui est convaincue que la dérégulation ne peut que conduire à des productions excédentaires".
Par ailleurs, le ministre s'est dit prêt à assumer "une divergence ouverte avec la présidence suédoise et avec la Commission européenne" si cette dernière n'entendait pas le message des 21.
En France, première puissance agricole européenne, le monde paysan est descendu vendredi dans la rue pour demander d'urgence un plan général massif de soutien du gouvernement, les exploitants ayant vu leur revenu s'effondrer avec la chute des cours de leurs produits.
Quelque 1.500 à 2.000 producteurs laitiers, selon la police, ont bloqué à la mi-journée le quartier européen de Luxembourg, déversant du purin et jetant des oeufs sur les forces de l'ordre pendant une réunion des ministres de l'Agriculture de l'UE.
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