04.11.2009

Algues vertes: l'Etat renonce à faire appel

Algues vertes: l'Etat renonce à faire appel

LEMONDE.FR avec AFP | 03.11.09 | 15h21

L'Etat a renoncé au dernier moment à faire appel de sa condamnation par la justice administrative pour la prolifération des algues vertes en Bretagne, à l'ouverture du procès devant la cour administrative d'appel de Nantes, mardi 3 novembre.

La cour doit se prononcer dans l'après-midi sur les suites à donner à cette demande, à laquelle le rapporteur public s'est opposée, estimant qu'elle était "hors délai" et que les associations n'avaient pas été consultées. La secrétaire d'Etat à l'écologie, Chantal Jouanno, avait annoncé sur France 2, quelques minutes avant le début de l'audience, que l'Etat allait "lever son appel". "L'Etat doit reconnaître ses responsabilités sur ces faits passés", a-t-elle indiqué. "Il faut lever cet appel car ce sont des faits passés", a-t-elle ajouté.

02.11.2009

Comment l’Europe néo-libérale élimine les producteurs laitiers

Comment l’Europe néo-libérale élimine les producteurs laitiers

Par Agnès Rousseaux (28 septembre 2009) BASTA

Des « fermes-usines à lait », produisant quatre fois plus que la moyenne nationale actuelle, avec des vaches gavées au soja, au maïs et aux compléments énergétiques. C’est le modèle que défend actuellement la Commission européenne. Un modèle anti-social et anti-écologique. En pleine crise du lait, des milliers de producteurs se mobilisent pour sauver leurs exploitations. Et tenter, peut-être, d’infléchir le scénario du pire.

Un « plan d’éradication des paysans ». C’est ainsi que René Louail, agriculteur et porte-parole du syndicat Via Campesina, qualifie les décisions européennes, et notamment celles de Mariann Fischer Boel, commissaire à l’agriculture. Car la crise qui frappe les producteurs laitiers était prévisible de longue date. Elle est un avant-goût de ce qui attend les agriculteurs d’ici quelques années, avec la fin des quotas laitiers. Elle est l’aboutissement d’une politique agricole sciemment menée. Avec un objectif : la restructuration de la filière. Un moyen : l’élimination des plus fragiles. Et un horizon : une production sans régulation dans un système concurrentiel, où seuls les plus forts s’en sortent...

Imaginez... nous sommes en 2025 : en 15 ans, les deux tiers des producteurs de lait ont disparu en France. La moitié de ceux qui restent ont plus de 50 ans. Les exploitations produisent un million de litres de lait par an, soit 4 fois plus que la moyenne française actuelle. Elles sont regroupées dans quelques régions, au plus près des ports d’importation de soja, et fournissent des industries agroalimentaires avec qui elles sont liées par contrat. Les vaches ne connaissent même plus la couleur de l’herbe, elles sont nourries au maïs et au soja, produits de manière intensive en France ou importés des États-Unis et du Brésil.

Le scénario du pire

Ce paysage pas très réjouissant, c’est le scénario qui se dessine aujourd’hui en Europe, et que la crise actuelle vient confirmer. Nous sommes passés en France de 385 000 exploitations laitières en 1984 à 90 000 en 2009 et les estimations les plus optimistes tablent sur 30 000 en 2025. Cette réduction drastique, c’est la voie qu’a choisie la commissaire européenne chargée de l’agriculture et du développement rural. Un modèle de concentration déjà mis en place dans son pays d’origine, le Danemark. Pour faire face à la crise laitière, Mariann Fischer Boel n’a rien trouvé de mieux la semaine dernière que de proposer une sorte de "prime à la casse". Le principe est très simple : permettre le maintien des producteurs laitiers "qui ont investi et (d’)aider ceux qui veulent quitter le secteur". L’Union européenne, au lieu de jouer son rôle de régulation de la production, préfère distribuer des primes pour inviter les agriculteurs à changer de métier.

Des aides à la reconversion ou des primes, Ronan Guernion n’en veut pas. Ce jeune producteur de lait de 23 ans est en grève pour réclamer des prix rémunérateurs. En 2008, il a repris la ferme de ses parents, à Tonquédec en Bretagne. Pour lui, pas question de maintenir une agriculture sous perfusion. « Je reçois 11.000 Euros de primes par an, quasiment mon salaire. Sur ma commune certains reçoivent 40 à 50.000 Euros. On souffre de cette image de « bouffeurs de prime », alors qu’on n’en aurait pas besoin si les prix étaient mieux régulés. Sauf que ça arrange tout le monde de maintenir ce système... ». Aujourd’hui il est dans l’impasse. Avec 40 vaches laitières, un quota de 262 000 litres par an, et des prêts sur 15 ans contractés pour la mise aux normes de l’exploitation, il lui faudrait des prix à 280 Euros/tonne de lait pour pouvoir gagner l’équivalent du Smic. Si le cours du lait ne remonte pas, il sera contraint au dépôt de bilan. La grève lui coûte cher, avec 200 euros de lait invendu par jour. Mais il a choisi de suivre l’appel lancé par l’Association des producteurs de lait indépendants (Apli), qui demande le maintien d’une forme de régulation.

Une crise structurelle

La régulation, cette crise en montre la nécessité. Car elle est le résultat de la gestion catastrophique des années passées. En 2007-2008, de mauvaises récoltes en Australie et Nouvelle-Zélande ont fait baisser la production et augmenter les prix mondiaux. Les producteurs européens ont alors été autorisés à produire au-dessus de leurs quotas. Résultat de cette année « sans quotas » : la chute des prix actuelle et des montagnes de beurre et de poudre de lait en stock.

Cette situation risque de se reproduire régulièrement. Les quotas laitiers, utile instrument de régulation instauré en 1984, seront supprimés en 2015. D’ici là, la Commission européenne a décidé d’augmenter les quotas de 1% par an. Une mesure en complet décalage avec le marché. L’objectif est de faire baisser les prix, au moment de la transition entre les deux systèmes, pour que les États n’aient pas à rembourser les quotas accordés aux paysans (un peu comme une licence d’exploitation que l’Etat devrait racheter s’il abolit le système).

Des fermes-usines à lait

Ces orientations traduisent une vision restreinte de l’agriculture et de ses missions. A raisonner en terme de marché, on oublie le maintien de l’emploi en milieu rural, la sécurité alimentaire, l’aménagement du territoire, les impacts sanitaires, mais aussi les équilibres et les enjeux mondiaux. « Comment peut-on continuer, pour nourrir les vaches, à importer des protéines venant de l’autre bout du monde ? », s’indigne René Louail. « C’est un non-sens écologique. Comme diminuer le nombre de prairies alors qu’elles permettent la fixation de carbone, dans un contexte de réchauffement du climat. Ou de promouvoir un système agricole qui provoque le départ de 50 millions de paysans chaque année dans le monde. Des paysans, sans emploi, qui viennent grossir les mégalopoles, à l’heure où le défi alimentaire est primordial ».

Promouvoir une production intensive, dans des « fermes-usines à lait », « à base de soja importé, d’engrais, de vaches turbo vite remplacées sans jamais avoir pâturé », gavées de compléments énergétiques... c’est le comble du cynisme, pour Via Campesina, à quelques mois de la conférence sur la climat de Copenhague. Pour eux, la Commission européenne défend un système « vorace en énergie, en transport, et qui rend l’Union Européenne dépendante d’importations ». Quant à Bruno Le Maire, ministre de l’agriculture, il fait preuve d’une grande « désinvolture » : il a rallié 19 pays européens favorables à une régulation, pour au final proposer l’option de la contractualisation pour remplacer les quotas. Des contrats producteurs-industriels, qui seraient passés "sous le contrôle des autorités publiques" afin de protéger les éleveurs.

Un cadeau pour les industries agro-alimentaires

Une proposition qui ne satisfait pas Ronan. "Pour nous, c’est de l’intégration, c’est comme si nous étions salariés des coopératives. Tout vendre et acheter à une même coopérative, qui s’arrange toujours pour qu’il y ait un peu de surproduction pour faire baisser les prix. Imaginez que vous soyez obligés toute votre vie de faire tous vos achats dans une seule grande surface, sans rien pouvoir dire quand les prix augmentent... ". Un cadeau aux entreprises agroalimentaires... alors que la transparence de la filière est une fois de plus remise en cause. La baisse des prix du lait et des produits laitiers en 2008 (-39% pour le beurre, -18% pour le fromage, -31% pour le lait, -49% pour le lait en poudre) n’a été que peu répercutée sur les prix à la consommation (baisse de 2% selon la Commission européenne). On peut imaginer ce que donnerait une contractualisation avec le rapport de force actuel...

Ronan se bat pour obtenir des prix autour de 400 euros par tonne (mille litres). « Même si ce n’est pas pour tout de suite, on veut un système qui permette d’aller vers cet objectif ». Il rêve du modèle canadien, où les producteurs vendent 94 % de leurs quotas sur un marché intérieur très protégé, à 450 euros la tonne - soit le double de la France. Les 6 % de quotas restants peuvent être exportés, mais aux prix mondiaux. Un choix politique bien différent. Entre 2006 et 2008, 334 000 exploitations laitières ont disparu en Europe. Une disparition calculée et organisée.

Agnès Rousseaux

Les nouveaux seigneurs de l’industrie laitière

Les nouveaux seigneurs de l’industrie laitière

Par Ivan du Roy (28 septembre 2009) BASTA

Pendant que nombre de producteurs de lait ont bien du mal à boucler leurs fins de mois, quand ils ne sont pas déjà en faillite, quelques grands groupes industriels ou coopératifs se partagent le gâteau laitier et fromager. A qui appartiennent-ils ? Subissent-ils eux aussi les contrecoups de la crise du lait ? Contrairement aux apparences, le lait est un business qui rapporte gros. Pour une infime minorité.

La France a produit 22,6 milliards de litres de lait en 2008. Cette matière première est ensuite collectée par des grandes entreprises ou des coopératives qui le commercialisent ou le transforment en l’une des innombrables marques de fromages, de yaourts, de crèmes fraîches ou de beurres. Sept grands groupes se partagent 70% de cette collecte de lait auprès des 87.000 producteurs : Lactalis, Bongrain, Sodiaal, Entremont Alliance, Laïta, Danone et le Groupe Bel.

Nous ne disposons pas des chiffres concernant la multinationale Nestlé qui ne compte qu’une seule usine de poudre de lait dans les Ardennes. Comme nous le montrons dans le tableau ci-dessous, quasiment tous réalisent de confortables bénéfices au contraire des producteurs de lait qui travaillent pour eux. Seul Entremont Alliance, détenu à 63,5% par la CNP (Compagnie nationale à portefeuille), une société financière basée en Belgique, enregistre un exercice déficitaire en 2008.

Marques phares

Part de la production de lait collectee

Chiffre d’affaires France (euros)

Benefices (en euros)

Proprietaire

Commentaire

Lactalis

Lactel, President

22%

3,7 milliards

nc

Famille Besnier

16eme fortune francaise

Bongrain

Elle & Vire, Caprice des Dieux

13%

3,5 milliards

39,8 millions

Famille Bongrain

62eme fortune francaise

Sodiaal

Candia, Yoplait

10%

2,7 milliards

34,9 millions

Societaires

Presence du Fonds speculatif PAI Partners

Entremont

Entremont

10%

1,7 milliard

-34 millions

CNP (societe financiere)

Propriete du milliardaire belge Albert Frere

Laita

Paysan Breton

5%

1,1 milliard

nc

Societaires

Danone

Danone

5%

9 milliards (2)

1,3 milliard

Actionnaires

Groupe Bel

Kiri, Boursin

5%(1)

2,2 milliards

49,2 millions

Famille Fievet et Bel

70eme fortune francaise

(1) Estimation

(2) Pour le pôle produits laitiers du groupe

Preuve que l’activité est très lucrative, trois groupes sont détenus par des familles qui ont fait fortune. Lactalis, leader incontesté du secteur [1], est la propriété de la famille Besnier. Celle-ci émarge au 16ème rang des plus grandes fortunes françaises, avec un patrimoine financier estimé à 2,2 milliards d’euros, selon le classement réalisé par l’hebdomadaire Challenges. Certes, en un an, la famille Besnier aurait perdu 45% de sa fortune (4 milliards en 2008). Gageons que le bouclier fiscal leur sera d’un utile secours pour ne pas sombrer dans la misère.

Il est loin le temps où feu le patriarche de la famille, André Besnier, emballait ses 17 camemberts journaliers dans sa petite fromagerie de Laval, au début des années 1930. Depuis, lui et ses héritiers ont constitué le 3ème groupe laitier mondial. Selon les valeurs proclamées par Lactalis, la structure du capital, essentiellement familiale, est censée garantir « un respect des hommes et la mise en valeur de leur savoir-faire ». Ce qui n’a pas empêché les avocats du groupe d’envoyer des huissiers dresser des amendes aux agriculteurs qui ont bloqué plusieurs sites de production et de collecte en septembre. Lactalis a également créé une filiale commune avec Nestlé pour les produits laitiers frais (Lactalis Nestlé Produits Frais [2]). Encore des regroupements en perspective.

Bongrain [3], leader derrière Lactalis, dans le marché des fromages, est la propriété de la famille du même nom, 62ème fortune du pays, avec 454 millions d’euros. De quoi aborder la concurrence du « low cost » laitier avec sérénité. Enfin, le Groupe Bel [4] appartient aux héritiers de Léon Bel qui fonda l’entreprise dans le Jura en 1865. Leur patrimoine est estimé à 427 millions d’euros, lui aussi en baisse de 49% sur un an, à cause de la crise laitière probablement. Comme quoi, il n’y a pas que les petits producteurs qui risquent de pointer au RMI. Contrairement à ceux qui leur livrent à bas prix leur indispensable matière première laitière, les héritiers Bel sont cependant tranquilles pour plusieurs générations.

Inutile de présenter Danone, géant du secteur de l’agroalimentaire, qui collecte en France un milliard de litres de lait par an. Le 21 septembre, Danone s’est fendu d’un communiqué de soutien implicite aux producteurs de lait, assurant « avoir conscience des difficultés auxquelles les producteurs doivent faire face » et envisageant « la mise en œuvre de mécanismes de prix robustes et durables ». La multinationale s’engage à défendre cette position au sein de la Fédération nationale des industries laitières, qui siège au Centre national interprofessionnel de l’économie laitière (CNIEL) aux côtés des coopératives et des producteurs, uniquement représentés par la FNSEA.

Les deux autres seigneuries laitières ont un statut coopératif : Sodiaal et Laïta. Les coopératives sont-elles plus attentives au sort des producteurs ? Pas vraiment. « Le prix payé par une coopérative et un groupe industriel est sensiblement le même », explique Josian Balach, de la Confédération paysanne. Laïta [5] est une filiale de trois coopératives (Even [6], Terrena et Coopagri). La marque Candia, propriété de Sodiaal [7], vient de commercialiser une brique de lait « Oui aux petits producteurs ». Ce qui n’empêche pas Sodiaal d’être de plus en plus tentée par les joies de la spéculation financière et la situation d’oligopole.

Sodiaal partage la marque Yoplait avec un fonds spéculatif européen, PAI Partners (ex-Paribas affaires industrielles) et s’est rapprochée d’Entremont Alliance. La société financière CNP, qui en est propriétaire à 63,5%, explique qu’elle « a décidé d’appliquer un prix du lait plus réactif aux marchés sur la deuxième partie de l’année (…). Si cette décision a entraîné de vives réactions de la part des agriculteurs, elle devrait permettre de faire évoluer le système de fixation du prix du lait en France dans le sens voulu à partir du 2ème trimestre 2009 ». Par réactivité et "sens voulu", on doit comprendre baisse du prix du lait au nom de « la restauration de la compétitivité » et de « la pérennité du groupe ». La survie des producteurs est bien évidemment le cadet des soucis des financiers.

Par sa stratégie économique et financière, la coopérative joue donc contre les intérêts de ceux qu’elle regroupe. En se rapprochant d’Entremont, Sodiaal s’allie en fait avec le financier et milliardaire belge Albert Frère, qui possède la CNP et est présent, via une holding, dans le fonds PAI Partners, propriétaire de la marque Yoplait. Les deux coopératives Sodiaal et Laïta redistribueront-elles une partie de leurs bénéfices à leurs adhérents producteurs en difficulté ? On en doute, au vu des grandes manoeuvres de rapprochement et des projets de fusion en cours entre les grandes seigneuries du lait et leurs vassaux.

Les consommateurs sont, avec les producteurs, les grands lésés de cette concentration du secteur. « La hausse du prix du lait payé aux éleveurs survenue en 2007-2008 a été immédiatement répercutée sur les prix en rayon de tous les produits laitiers, notamment pour la brique de lait qui a alors augmenté de +15 % (prix du lait demi-écrémé). Depuis, le prix du lait matière première s’est effondré et a perdu près de la moitié de sa valeur. Mais, alors que pour la plupart des produits laitiers, cette baisse a été plus ou moins bien répercutée aux consommateurs, pour le lait de consommation, le prix n’a baissé que de 2 %, alors qu’en toute logique, il aurait pu baisser de 20 % ! », calcule l’UFC Que Choisir, dénonçant « une confiscation inadmissible de cette baisse de prix ». A quand la confiscation des dividendes au profit des producteurs et des consommateurs ?

Ivan du Roy

Notes

[1] Lactel, Président, Bridel, Le Petit, Lanquetot, Société, Bridelice…

[2] Nestlé, La Laitière, Yoco, B’A, Bridélice, Sveltesse

[3] Elle & Vire, Cœur de Lion, Caprice des Dieux, Chaumes, Tartare, Carré Frais, Vieux Pané, Saint-Albray

[4] La Vache qui rit, Kiri, Boursin, Leerdammer, Babybel…

[5] Paysan Breton, Régilait (avec Sodiaal)

[6] Mamie Nova

[7] Candia, Yoplait, Régilait (avec Laïta), Croissance, Grand Lait, Viva, Silhouette, Babette, Florette

Algues vertes. L'État pourrait reconnaître sa responsabilité

Algues vertes. L'État pourrait reconnaître sa responsabilité

1 novembre 2009 LE TELEGRAMME

En 2007, les associations environnementales avaient remporté une victoire. Le tribunal administratif de Rennes jugeait alors l'État responsable de la prolifération des algues vertes en Bretagne, car il avait fait preuve de «carences» en matière de protection des eaux. Dans la foulée, le ministère de l'Écologie faisait appel de cette décision. C'est normalement mardi prochain que le tribunal de Nantes doit réexaminer le dossier.

Chantal Jouanno pour le retrait de l'appel

Mais un retrait de l'appel de l'État semble envisageable. En effet, Chantal Jouanno, secrétaire d'État chargée de l'Écologie, était début septembre favorable à ce retrait. Selon son entourage interrogé vendredi, elle «est toujours sur la même ligne». Le contexte a, de plus, beaucoup évolué ces dernières semaines, comme l'illustre la note confidentielle de Jean-Louis Fargeas, préfet des Côtes-d'Armor, datée du 4septembre. Pour Gilles Huet, délégué général d'Eau et Rivières de Bretagne, ce courrier adressé au cabinet du Premier ministre est «incontestablement la reconnaissance par l'État du lien entre la pollution des eaux par les nitrates et les marées vertes». Pour Gilles Huet, l'État n'est plus dans la même position qu'en 2007, considérant que l'«on ne voit pas bien ce que va venir dire à la barre son représentant mardi».

29.10.2009

Le plan d'aides aux agriculteurs à la loupe

Le plan d'aides aux agriculteurs à la loupe

Eric de la Chesnais LE FIGARO
27/10/2009 | Mise à jour : 21:06

Le plan d'aides de près d'1,8 milliard d'euros présenté mardi par le président de la République répond à plus de 80 % des sommes demandées par la FNSEA. À côté de ces mesures d'urgence sonnantes et trébuchantes de court terme, Nicolas Sarkozy en a présenté deux autres à plus longue échéance.

http://www.lefigaro.fr/icones/coeur-.gif

•1 milliard d'euros de prêts bancaires de trésorerie.

• 650 millions d'euros de soutiens exceptionnels de l'État.

- 170 millions d'euros consacrés au remboursement de la taxe inté­rieure sur les produits pétroliers (TIPP) payée par l'ensemble des agriculteurs en 2010.

- 120 millions d'euros de remboursement de 75 % de la taxe carbone début 2010.

- 60 millions d'euros pour les prêts à taux bonifiés.

-50 millions d'euros de prise en charge des cotisations des agriculteurs à la MSA.

-50 millions d'euros d'exonération sur la taxe du foncier non bâti.

• 170 millions d'exonération en totalité des charges patronales due à la MSA pour les saisonniers.

• Instaurer une régulation rénovée de l'agriculture et de l'agroalimentaire en Europe et au plan international.

• Modernisation des outils nationaux de régulation.

Sarkozy veut «refonder la politique agricole»

Bruno Jeudy (Jura) LE FIGARO
27/10/2009 | Mise à jour : 21:08

Le chef de l'État a proposé un plan «ambitieux» de 1,65 milliard d'euros pour faire face à «une crise sans précédent».

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Au milieu de l'étable de Jean-Noël et Cédric Bongain, agriculteurs dans la plaine jurassienne, Nicolas Sarkozy écoute silencieusement les doléances. «Monsieur le président, on est au bord du gouffre», lance d'entrée Jean-Noël, 56 ans, éleveur de vaches laitières montbéliardes. «L'an passé, on gagnait 1 700 euros par mois. Cette année, il nous reste 133 euros à la fin du mois pour 70 heures de travail par semaine. Jusqu'ici, on piochait dans les réserves. Mais elles sont à sec», poursuit-il. «On ne se contentera pas de rustines», prévient le plus jeune.

Plus loin, Sarkozy fait une halte devant un cheptel de veaux. «Ils sont magnifiques. Votre exploitation est impeccable», dit le président. Cédric, impassible : «Elle est aux normes. Mais au bout de quinze ans, je n'ai toujours pas fini de rembourser les investissements. Vous pouvez comprendre ça ?» «Oui, oui, répond Sarkozy. Comprendre c'est une chose, prendre des décisions en est une autre.» Une fois n'est pas coutume, le président prend son temps. Fait le tour de l'exploitation. Rit quand un taureau lui lèche la main. Prend la pose au milieu des enfants du village pour immortaliser son passage à Rahon.

Dix minutes plus tard, le cortège présidentiel rejoint Poligny, la capitale du comté, le fromage du cru. À l'entrée de la commune, une quinzaine d'agriculteurs ont déployé une banderole sur laquelle on peut lire «Vivre de nos produits». D'autres manifestants ont échappé aux gendarmes en investissant les sous-bois, près de la salle omnisports où le chef de l'État prononce son discours. Ils réussiront à se faire entendre en agitant les cloches de leurs vaches.

Dans la salle, 800 agriculteurs l'attendent de pied ferme. D'emblée, Sarkozy juge la «crise absolument exceptionnelle», «une crise sans précédent». Décidé «à agir vite et à agir fort», il propose un «nouvel élan pour l'agriculture» qui repose sur la mise en œuvre d'un plan de financement «ambitieux». Concrètement, cela signifie un milliard de prêts bancaires pour la trésorerie des agriculteurs et 650 millions de soutiens exceptionnels de l'État.

Mais au-delà de ces aides immédiates et attendues, le chef de l'État a livré une réponse structurelle à la crise. «Je veux refonder la politique agricole comme nous sommes en train de refonder le capitalisme financier», a-t-il lancé en réclamant une «régulation rénovée de l'agriculture» en Europe et sur le plan international. «Je ne laisserai pas la crise emporter notre agriculture», a-t-il martelé avant de demander à la Commission de Bruxelles d'«accélérer ses travaux» afin de mieux organiser la filière laitière. Au passage, il a salué «l'intelligence» et «le courage» de son ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire.

Très volontariste, il s'est élevé contre le déséquilibre des marges entre agriculteurs et grandes surfaces. Mais il n'a récolté que de maigres applaudissements quand il s'en est remis au futur observatoire des prix instauré dans le cadre de la loi de modernisation de l'agriculture. Quelques critiques ont également fusé quand le président a évoqué la taxe carbone et le Grenelle de l'environnement. Deux sujets peu populaires chez les paysans. À Poligny, les applaudissements ont été polis. Sans plus.

Le chef de l'État a conclu son discours par un dégagement sur l'identité nationale. Un thème relancé dimanche par son ministre Éric Besson et aussitôt critiqué par la gauche. «La terre fait partie de cette identité nationale française. Je ne comprends pas qu'on puisse hésiter à prononcer ces mots, a-t-il affirmé. Ils ne sont agressifs envers personne.»

Il faut croire que les discours présidentiels sur l'agriculture riment avec identité nationale. Le 19 février 2009, à Daumeray, dans le Maine-et-Loire, Sarkozy avait déjà prononcé, presque mot pour mot, les mêmes phrases.

Agriculture: les erreurs de Sarkozy

Agriculture: les erreurs de Sarkozy

mercredi 28 octobre 2009 | Publié 07:27 | Actualisé 07:44

E24.FR

Pour parler du poids de l'agriculture en France, Nicolas Sarkozy reprend les chiffres sur-évalués du lobby agro-industriel et non ceux de l'Insee sur l'agriculture.

Nicolas Sarkozy a décidément du mal avec les chiffres. Mardi 27 octobre, il a présenté son plan de 1,65 milliards pour l'agriculture. S'adressant aux éleveurs et agriculteurs mis en difficulté par la pression sur les prix exercée par les industriels, le chef de l'Etat a vanté les mérites du secteur agricole dans l'économie française en citant les chiffres… de l'industrie agroalimentaire et non de l'agriculture.

"Je pense à la souffrance des éleveurs de porcs qui sont dans l’incapacité de rembourser des annuités d’emprunts, à la révolte des producteurs de fruits et légumes qui ne peuvent obtenir de nouveaux prêts pour engager leurs prochaines saisons culturales, à la détresse des éleveurs de lait qui travaillent matin et soir sans salaire et au désarroi des viticulteurs et des producteurs de viande ou de céréales, qui sont dans l’incapacité de payer leurs charges. Cette crise impacte le premier secteur industriel de notre pays avec un chiffre d’affaires annuel de 163 milliards d’euros loin devant l’industrie automobile", dit-il dans son discours.

1ère erreur

La valeur de la production agricole (céréales, lait, viandes, vins…) en France n'a jamais atteint de tels montants. En 2008, elle était de 66,9 milliards d'euros (hors subvention) selon les derniers chiffres de l'Insee. Un chiffre en-deçà de la valeur de production automobile qui atteint 87,7 milliards d'euros pourtant marquée par un fort recul de son activité en 2008, mais aussi de la production de bien d'équipements ou des biens de consommation.

2ème erreur

Le chef de l'Etat parle de la production agro-alimentaire (industrie alimentaire, des viandes, du lait, des boisons, aliments pour animaux, tabac), qui est au cœur du conflit avec les paysans, au lieu de la production agricole, et semble tenir ces sources du principal lobby agro-alimentaire: l'Ania.

Selon l'organisation professionnelle, le chiffre d'affaires de l'industrie agroalimentaire serait de 163 milliards d'euros en 2008 en hausse de 5,5%, "loin devant l'industrie automobile", comme cité dans ses documents. Et les chiffres sont sur-évalués.

Un rapide coup d'œil sur les données de l'Insee permet de constater que le chiffre d'affaires dans l'agro-alimentaire est en réalité de 136 milliards d'euros (en valeur) en hausse de 5,5% sur l'année.

3ème erreur

Les étudiants de première année d'économie le savent: quand les économistes veulent comparer la taille d'un secteur au reste de l'économie, ils se réfèrent à la valeur ajoutée et non au chiffre d'affaires.

La production intègre la valeur des consommations intermédiaires (les produits utilisés dans le processus de production). Or, ils peuvent être très important dans la constitution du produit. Entre la boîte de petits pois sortie d'usine et les petits pois livrés par l'agriculteur, le produit livré par l'industriel n'est pas très différent, pourtant le chiffre d'affaires intègre le prix payé à l'agricuteur pour ses efforts. L'agro-alimentaire est donc très redevable de l'agriculture ou de produits importés.

En retirant les consommations intermédiaires, on obtient la valeur ajoutée qui permet de savoir ce qui a été réellement créé par le secteur en France. En 2008, la valeur ajoutée de l'agro-alimentaire tombait à 32,7 milliards. C'est, là aussi, un niveau inférieur à la valeur ajouté de l'automobile (34 milliards) ou de la construction (117 milliards).

La magie des chiffres

Nicolas Sarkozy manie les chiffres avec brio. Surtout quand il est question de justifier une aide et donc de faire paraître un secteur plus important qu'il ne l'est réellement sur le plan économique.

Hier, le secteur automobile était fortement mis en valeur lorsqu'était présenté les aides du gouvernement à la filière auto.

"L'automobile emploie 10% de la population active", répétait au début de l'année le chef de l'Etat et François Fillon, reprenant les chiffres du lobby automobile. Oui si on y intègre la construction automobile, les transports, les entreprises de construction des routes, les pompistes, la police, l'administration, les journalistes auto, les assureurs…

Rebelote en février 2009, lors de son allocution télévisée pour parler aux Français de la crise, Nicolas Sarkozy expliquait qu'à la différence de la France, l'Angleterre n'avait plus d'industrie. En proportion de PIB, leur secteur industriel est pourtant plus important qu'en France.

Thibaud Vadjoux

28.10.2009

Les nitrates résistent aux réglementations

Les nitrates résistent aux réglementations

23/09/2009 11:42 JOURNAL DE L ENVIRONNEMENT
Dans les années 1980 ont émergé les premières politiques publiques sur l’azote, qui se sont renforcées et diversifiées depuis 2000. Pourtant, les nitrates restent une importante source de pollution. Les premières informations récoltées par l’Europe sur l’application de la directive Nitrates montrent d’ailleurs qu’encore 30% des cours d’eau ont subi une dégradation entre 2004 et 2007.

Que ce soit pour les eaux souterraines ou les eaux superficielles le ratio est le même: la qualité de 70% de ces volumes d’eau est restée stable ou s’est améliorée entre 2004 et 2007, tandis que 30% ont connu une dégradation en termes de pollution aux nitrates. Environ 15% des points de surveillance présentent en moyenne annuelle une concentration en nitrates supérieure à 50 mg par litre, le seuil de pollution. C’est ce qu’a révélé mardi 22 septembre Luisa Samarelli, de la Direction générale Environnement de la Commission européenne, lors d’une journée Nitrates organisée par les chambres d’agriculture. Pour les détails par pays, il faudra attendre le début de l’année 2010 avec la publication du rapport définitif. Des données longues à collecter, car chaque Etat membre a opté pour une méthodologie différente, notamment en ce qui concerne l’eutrophisation. De plus, l’application de la directive Nitrate diffère beaucoup d’un pays à l’autre.

Ainsi, certains pays, comme l’Allemagne, l’Autriche, le Danemark, ou encore la Finlande ont choisi de définir comme zone vulnérable l’ensemble de leur territoire, la Suède a instauré une taxe azote sur les fertilisants, le seuil de pollution ou de menace de pollution n’est pas identique dans toute l’Europe, 7 pays sur les 27 bénéficient de dérogations pour l’épandage d’azote d’effluents d’élevage, etc. «Et seulement un ou deux pays ont évalué l’impact financier des mesures prises dans le cadre de cette directive», a indiqué Luisa Samarelli.
A ces difficultés, s’ajoute la directive-cadre sur l’eau (DCE), qui est devenue la directive mère de la directive Nitrates, et qui demande aux Etats membres de l’UE de mettre en place des programmes de surveillance sans toutefois avoir encore précisé s’ils se superposeront ou intégreront ceux de la directive Nitrates. Cette dernière va donc connaître à nouveau quelques modifications.

Pour Jean-François Piquot, porte-parole de l’association Eaux et Rivières de Bretagne, que 30% des cours d’eau aient une qualité en baisse ne l’étonne pas. «Les algues vertes nous donnent une idée du mauvais état des cours d’eau.» Cependant, il dénonce le mode de calcul français, estimant qu’on «raisonne sur des chiffres virtuels». D’une part, parce que la moyenne annuelle n’est pas représentative de la qualité des cours d’eau (il faudrait connaître le flux de nitrates), et d’autre part parce que les retombées d’ammoniac ne sont pas prises en compte dans les émissions d’azote animales. Or, «la volatilisation représente 30% pour les bovins et porcins, et entre 40 et 60% pour les volailles», indique-t-il.

Effets de la directive Nitrates sur l’air


Si l’objectif premier de la directive Nitrates, appliquée en France depuis 1991, est de réduire et prévenir la pollution des eaux provoquée par les nitrates à partir de sources agricoles, elle doit également participer à la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Selon la Direction générale Environnement de la Commission européenne, si cette directive était complètement mise en œuvre dans les 27 pays de l’UE, cela permettrait de réduire de 14% les émissions d’ammoniac en 2020 par rapport à 2000, et de 6% celles de protoxyde d’azote, un gaz à effet de serre.

24.10.2009

Comment sauver les abeilles des pesticides?

Comment sauver les abeilles des pesticides?

Par Vincent Olivier, publié le 17/09/2009 17:50 L EXPRESS

Pour les scientifiques, le doute n'est plus permis: les pesticides sont à l'origine de la chute préoccupante du nombre d'abeilles. Jusqu'au 20 septembre, ils se penchent sur le problème au 41e congrès d'Apimondia, organisé à Montpellier.

On connaît la tirade attribuée, probablement à tort, à Albert Einstein: "Si les abeilles disparaissaient, les hommes n'auraient plus que cinq ans à vivre." Il y a donc du souci à se faire: en moyenne, 300 000 colonies s'éteignent chaque année, et ce taux de mortalité record dans les ruches a fait chuter la production nationale de 32 000 à 20 000 tonnes de miel depuis 1995. Voilà pourquoi le 41e congrès d'Apimondia, organisé à Montpellier (Hérault) jusqu'au 20 septembre, a choisi de centrer ses débats sur le thème de "L'abeille, sentinelle de l'environnement". Près de 500 chercheurs venus du monde entier y sont attendus, ainsi que 10 000 professionnels.

Vraie ou fausse, la formule d'Einstein a le mérite de rappeler que 70 % des plantes se reproduisent uniquement grâce à des insectes pollinisateurs -au premier rang desquels se trouvent les abeilles, qui peuvent transporter jusqu'à 500 000 grains de pollen en un seul voyage. Voilà pourquoi Marc-Edouard Colin, chercheur au laboratoire de pathovigilance et de développement apicole de l'Inra de Montpellier, se dit "très inquiet de la situation actuelle". Car, s'il existe plusieurs explications à cette diminution des ruches (parasites, frelons asiatiques, raréfaction des fleurs), l'agent principal, lui, est bien identifié, assure le spécialiste : "C'est, sans doute possible, l'intoxication aux pesticides."

Marc-Edouard Colin cite une expérience récente menée aux Etats-Unis avec un insecticide présentant des concentrations "bien inférieures aux doses létales". Les butineuses exposées au produit ne sont pas mortes -elles ont même pu continuer à voler- mais elles se sont montrées incapables de revenir à la ruche. Preuve qu'il y a encore "de gros efforts à faire dans l'homologation des produits phytosanitaires", conclut le chercheur.

23.10.2009

Ils ont vaincu l'algue verte

La Fresnaye. Ils ont vaincu l'algue verte

18 septembre 2009 LE TELEGRAMME

Cela fait maintenant troisans que les algues vertes ne viennent plus souiller les plages de la baie de LaFresnaye. Le fruit de la politique mise en place, il y a huit ans, par la communauté de communes de Matignon. Et d'un travail de longue haleine auprès des éleveurs. Mais pas seulement.

http://memorix.sdv.fr/5/www.letelegramme.com/infoslocales/bretagne_articles/1823176394/Position1/SDV_TB/default/empty.gif/35343636303535383439663431343830?

À l'heure où le débat sur la dangerosité des algues vertes fait rage, à Saint-Michel-en-Grève (22) comme à Hillion (22), les habitants du canton de Matignon, eux, profitent des joies de la balade le long de la baie de La Fresnaye. Et quand certaines communes investissent dans des machines hors de prix destinées à ramasser les ulves échouées, la leur est désormais au chômage technique. «Pourtant, il y a encore cinq ans, il fallait fermer les fenêtres quand on se promenait en voiture le long de la côte, se souvient Pierre Bertrand, vice-président de la communauté de communes de Matignon, en charge de l'environnement. C'est tout juste s'il ne fallait pas mettre un masque!».

Premières études en 1999

Comme un peu partout en Bretagne, les premiers phénomènes de marées vertes sont apparus au début des années 80, dans la baie de La Fresnaye. «Ce sont les conchyliculteurs qui, les premiers, ont donné l'alerte», explique l'élu de Saint-Pôtan. Dès 1996, les premières initiatives sont engagées par les acteurs locaux (élus, agriculteurs, usagers de la baie, associations environnementalistes...), dont le projet expérimental est de créer un marais épurateur en aval du Frémur, principal cours d'eau. Mais ce n'est qu'en 1999, quand la compétence environnement devient intercommunale, que les choses commencent vraiment à bouger. Car le phénomène a désormais des répercussions catastrophiques sur le tourisme, secteur primordial pour l'activité économique de la région. «Dès lors, nous avons lancé de nombreuses études pour essayer de comprendre l'origine des marées vertes», confie Alexandra Leconte, technicienne en charge de l'aménagement du territoire à la communauté de communes.

Changer les mentalités et les pratiques

Les premières actions précises sont prescrites dans la foulée, dès 2002-2003, dans certains secteurs prioritaires. «Les zones agricoles, en premier lieu, car on s'est aperçu que les élevages intensifs étaient en partie responsables de ces marées vertes». Des mises aux normes sont réclamées. En contrepartie, des subventions destinées à acheter le matériel adéquat sont accordées. «Je ne cache pas que les premières réunions avec les agriculteurs ont été assez houleuses. Mais les conclusions des études étaient formelles, explique Alexandra Leconte. Et il était devenu urgent de faire quelque chose». Aujourd'hui, 54% des 186 éleveurs du bassin-versant ont souscrit à un «contrat d'amélioration des pratiques». Le but: changer les mentalités et les pratiques afin de limiter les apports en azote. Les marées vertes n'étant pas de la seule responsabilité des agriculteurs, la communauté de communes de Matignon s'est aussi intéressée aux systèmes d'assainissement individuel et collectif. «Toutes les stations d'épuration sont remises aux normes petit à petit. Une nécessité dans la mesure où la population continue d'augmenter régulièrement».

«Il faut maintenir les efforts»

Grâce à cette politique ambitieuse, l'algue verte invasive, qui asphyxiait le milieu, a progressivement disparu ces dernières années, laissant la place à une algue brune, la Pylaïella, bientôt rejointe en 2007-2008, par une autre algue verte, l'Ulvaria Obscura. Très présentes cette année, principalement au printemps, ces algues sont beaucoup moins dérangeantes que leur cousine l'ulve, car elles ont tendance à rester dans l'eau. Les échouages sont donc beaucoup moins massifs et épais. Et les odeurs, inexistantes. Mais en ayant désormais deux algues au lieu d'une seule dans la baie, a-t-on vraiment gagné au change? «Oui, certifie Alexandra Leconte, car le cycle naturel a repris ses droits. Les algues font partie de l'écosystème. Il faut apprendre à vivre avec et ne pas aller à l'extrême en demandant qu'elles disparaissent totalement. Si les gens veulent des plages parfaitement propres, sans aucune algue, il faut qu'ils aillent à Paris-Plage...». Fiers des résultats obtenus, les élus de l'intercommunalité restent toutefois assez prudents. «Rien n'est gagné, il faut absolument rester vigilant et maintenir les efforts. Car on n'est pas à l'abri d'une nouvelle marée verte».

  • Gwendal Hameury

Un contexte pédoclimatique plus favorable qu'ailleurs

Les mauvaises langues diront que la disparition des ulves dans la baie de La Fresnaye est surtout la conséquence de courants favorables. Entre2003 et2005, ces derniers ont, en effet, permis à la communauté de communes de Matignon, dans le cadre expérimental du programme régional et interdépartemental (2002-2006) Prolittoral, d'effectuer du ramassage à efficacité préventive dès le mois d'avril. Une aubaine puisqu'il s'agissait des semences des saisons estivales à venir. «Ceci dit, ces courants ne peuvent à eux seuls tout expliquer puisqu'ils ne changent pas du jour au lendemain et que nous avons dû faire face à des marées vertes pendant des années», expliqueAlexandra Leconte. Le contexte pédoclimatique (température et humidité du sol d'un terroir, NDLR) du bassin-versant de la baie de La Fresnaye est aussi plus favorable qu'ailleurs pour lutter contre les marées vertes. Labaie de LaFresnaye a, en effet, sur son bassin-versant, des débits ramenés à l'hectare particulièrement bas, en comparaison des principaux sites bretons ayant un programme bassin-versant «algues vertes». Ce qui a l'avantage de limiter fortement les quantités d'azote perdues par hectare et par année. Sur les autres bassins-versants, où les quantités d'eau sont supérieures, on mesure des départs d'azote qui sont d'autant plus importants (sensibilité accrue aux pertes d'azote). Il semble alors que sur le bassin de La Fresnaye, des actions poussées d'optimisation des pratiques agronomiques pourront avoir un impact plus net que sur des bassins-versants où la pluviométrie est supérieure.

  • G.H.

16.10.2009

Forêt protégée, abeilles menacées

Forêt protégée, abeilles menacées

Par Stephanie d'Hooghe, publié le 09/09/2009 14:50

L EXPRESS

Des couches lavables en test dans une maternité, un pesticide responsable de la mort d'abeilles britanniques et les 20 ans de Vive la forêt: l'actualité verte en trois brèves.

Des couches lavables à l'essai dans un hôpital

Une maternité de Schiltigheim (Bas-Rhin) teste depuis le mois de mars les couches lavables, en chanvre et coton bio. Une initiative de deux sage-femmes dans le but de réduire les déchets. Les couches sont louées et nettoyées par une société qui fait appel à un centre d'aide par le travail et un centre de réinsertion sociale. Ces couches lavables ont eu l'aval des pédiatres et du Comité de lutte contre les infections nosocomiales.

En savoir plus Environnement magazine.

Un pesticide utilisé au Royaume-Uni responsable de la mort d'abeilles

Le neonicotinoide, un pesticide, serait impliqué dans la disparition progressive des abeilles au Royaume-Uni. Le pays utilise encore ce produit dans la vie courante pour chasser les insectes indésirables. La France et l'Allemagne l'ont, de leur côté, déjà identifié comme responsable de la diminution des populations d'abeilles. Une étude, conduite par Buglife et Soil Association, a déterminé que le pesticide perturbait la santé et le cycle de vie des abeilles en affectant à long terme leur système nerveux.

Plus de détails (en anglais) sur le Telegraph.

L'association Vive la Forêt a 20 ans

Il y a 20 ans, des citoyens se sont réunis pour fonder l'association Vive la Forêt, bien décidés à protéger leur patrimoine après de violents incendies. Depuis, leurs actions se poursuivent en faveur du reboisement et contre les projets de nouveaux promoteurs. VLF a obtenu un agrément la déclarant association de protection de l'environnement pour l'ensemble du département de la Gironde. Elle compte 400 familles adhérentes.

Plus d'informations sur Sudouest.com

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