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28.08.2008
ALGUES VERTES
ALGUES VERTES. « C’EST UN CRI QUE NOUS LANÇONS »
« Si vous êtes capables d’agir pour une marée noire, vous devez le faire pour une marée verte » : c’est le message envoyé, la semaine dernière, par les membres de l’association Haltes aux marées vertes au préfet et aux responsables politiques locaux.
Le lieu du rendez-vous n’est pas anodin : la plage Saint-Maurice à Morieux (22), touchée de plein fouet par les algues vertes. Car, derrière les quatre militants associatifs qui ont fait le déplacement jeudi dernier, c’est une immense étendue verte qui se présente. « Les communes sont dépassées. Elles font le maximum, mais il faut les aider et les soutenir. Qu’on ne les laisse pas livrées à elles-mêmes », lance Michel Guillemot, le président de l’association Haltes aux marées vertes. « C’est un cri que nous lançons. Ce qui se passe ici est aussi catastrophique qu’une marée noire ». Deux jours plus tôt, la préfecture a remis en doute les conclusions d’une vétérinaire qui imputait aux algues vertes la mort de deux chiens (Le Télégramme du 13 août). Et les militants associatifs n’ont guère apprécié la sortie préfectorale : « Ils sont en train d’entretenir une polémique avec ces deux chiens. Il faut être sacrément culotté pour le faire. Surtout que nous avons d’autres témoignages de propriétaires qui ont perdu leurs animaux en raison de l’inhalation de gaz toxiques venant des algues vertes », continue Michel Guillemot.
Les militants de Haltes aux marées vertes (de gauche à droite : Joseph Cabaret, André Ollivro, Ginette Fumery et Michel Guillemot) veulent des « moyens » pour nettoyer les algues vertes.
L’armée en renfort ?
Mais aujourd’hui, les membres de Haltes aux marées vertes veulent élargir le débat. « Nous sommes dans une situation d’urgence. Nous pouvons considérer nos communes comme sinistrées. Nous sommes à plus de 5.000 tonnes enlevées contre 1.700 à la même époque l’an passé. Et la plate-forme de stockage de la Granville, à Hillion, est arrivée à saturation. Que fait-on des nouvelles algues enlevées ? », se désespère le président de l’association de défense de l’environnement, regrettant au passage l’absence de réactions des politiques. « Lorsqu’il y a une marée noire tout le monde se mobilise. Là, personne. Ce sont les services techniques des communes qui sont en train de s’occuper de cette merde. L’État doit mettre en œuvre de vrais moyens et créer de nouvelles plates-formes temporaires ». Et Michel Guillemot de questionner, sans rire : « L’armée est peut-être disponible ? ».
La venue du préfet vivement souhaitée
Sollicité par les membres de l’association pour constater sur place l’étendue des dégâts, le nouveau préfet des Côtes-d’Armor Jean-Louis Fargeas n’a, pour l’instant, pas répondu à l’invitation. Mais sa venue est toujours vivement souhaitée. « Nous sommes même prêts à le recevoir discrètement », suggèrent les militants associatifs. Et comme pour mieux réaffirmer cette urgence à agir, ceux-ci avaient également invité l’un de ses hommes qui, chaque matin, ramasse, avec son tracteur, les algues vertes sur les plages. Le but ? Qu’il relate sa mésaventure, lorsqu’un matin, il s’était retrouvé au bord de l’évanouissement sur sa machine. Selon cet homme, aucun doute, l’inhalation des gaz émanant des algues est à l’origine du malaise.
Julien Vaillant
05:50 Publié dans DEVELOPPEMENT DURABLE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : LOC MARIA PLOUZANE







