31.10.2008

les reserves d eau souterraines

L'Unesco veut préserver les réserves d'eau souterraines
Par LEXPRESS.fr, mis à jour le 23/10/2008 15:00:19 - publié le 23/10/2008 14:23
L'Unesco appelle à la vigilance concernant les réserves d'eau souterraines transfrontalières. Elle prône une gestion durable de ces aquifères qui représentent 70% de l'eau utilisée dans l'Union européenne.
Plusieurs réserves d'eau souterraines transfrontalières sont menacées par la pollution ou la surexploitation, en particulier en Méditerranée, a mis en garde mercredi 22 octobre l'Unesco qui en publie la première carte mondiale.
Près de 96% de l'eau douce de la planète est contenue dans ces nappes souterraines, dont une grande majorité est transfrontalière, souligne l'Organisation des Nations unies pour la science, la culture et l'éducation.
A ce jour, 273 aquifères transfrontaliers, c'est-à-dire partagés par au moins deux pays, ont été recensés dans le monde: 68 sur le continent américain, 38 en Afrique, 65 en Europe orientale, 90 en Europe occidentale et 12 en Asie.
"Si les systèmes aquifères existent sur tous les continents, tous ne sont pas renouvelables", souligne l'Unesco. Ceux de l'Afrique du Nord et de la péninsule arabique, constitués il y a de plus de 10000 ans alors que le climat était plus humide, ne sont pas rechargés. "Même lorsqu'ils sont renouvelables, c'est-à-dire alimentés régulièrement par les précipitations, les aquifères sont dans certaines régions menacés par la surexploitation ou la pollution", ajoute l'organisation, citant les petites îles et les zones côtières de la Méditerranée.
Gestion durable
Les nappes situées en Afrique, encore largement sous-exploitées, représentent un potentiel considérable "à condition que soit adoptée une gestion durable de ces ressources", met en garde l'Unesco, qui souligne la nécessité de mettre en place des mécanismes de gestion concertée. "Bien souvent, de tels dispositifs n'existent pas", déplore l'organisation, qui cite cependant quelques exemples, à l'image du mécanisme consultatif approuvé par le Niger, le Nigeria et le Mali pour gérer l'aquifère Iullemeden.
Ces bassins souterrains, exploités de manière croissante depuis la deuxième moitié du XXe siècle, constituent plus de 70% de l'eau utilisée dans l'Union européenne et sont souvent "une des seules, voire l'unique", source d'approvisionnement dans les régions arides ou semi-aride.
Un projet de convention sur les aquifères transfrontaliers doit être présenté le 27 octobre à l'Assemblée générale des Nations Unies. Il prévoit d'inciter les Etats à ne pas leur causer de dommage, à coopérer ou encore à prévenir et contrôler la pollution des nappes souterraines

Le développement durable...

Lundi 13 Octobre 2008
Pelt : "Le développement durable est porteur de changement"
Par Marie VARASSON
Eco-Life.fr, le journal de l’économie durable
Botaniste et toxicologue, Jean-Marie Pelt est un écologiste convaincu et convaincant. Fondateur de l'Institut européen d'écologie, il milite pour une plus grande prise en compte de la nature et appelle les hommes à revoir leurs priorités. Après un tour du monde "écologique", il crée le concept "d'écologie urbaine". Et attend avec impatience les suites du Grenelle de l'environnement.
«Sensible depuis l'enfance à la nature, j'ai passé le début de ma vie dans un jardin", raconte Jean-Marie Pelt. Devenu pharmacien, il pratique, dès 1964, l'"écologie de terrain". En Afghanistan, au Togo ou en Côte d'Ivoire, il explore la faune et surtout la flore et découvre "à quel point les végétaux interagissent entre eux et déterminent un écosystème". De retour en France, il crée, avec l'économiste Roger Klaine, le concept "d'écologie urbaine" et fonde l'Institut européen de l'écologie (IEE), en 1972. Dans la foulée, il ouvre une chaire d'enseignement de l'écologie à l'Université de Metz, parmi les premières du genre en France.

"La nature était malmenée par les herbicides et les pesticides, dès les années 70", se souvient-il. Avec Jean-Michel Jouany, professeur de toxicologie, il se passionne pour le concept d'éco toxicologie. Reconnue grâce à eux dans le monde entier, la croissance des toxines d'origine anthropique et leurs conséquences sur les écosystèmes restent un de ses domaines de prédilection. "Il faut laisser une planète viable à nos enfants et le développement durable s'articule autour de ce souci de solidarité entre les hommes et la nature", s'enthousiasme le président de l'IEE.

"La France pourrait maintenir son avance dans le domaine de l'écologie"

"Nous allons changer de culture. Celle de l'argent se termine et c'est tant mieux", constate Jean-Marie Pelt. Revoir les fondamentaux, construire la société sur d'autres valeurs et vivre avec plus de sobriété sont les clés d'une mutation bénéfique pour l'environnement. "Les technologies de l'environnement et le développement durable sont porteuses de changement", explique-t-il, "l'économie va devenir différente". Le recyclage, l'éco-conception ou encore le bio sont sur la bonne voie et méritent d'être soutenus par les gouvernements et les réseaux de financements.

Botaniste touche-à-tout, Jean-Marie Pelt attend de pied ferme l'issue des discussions autour du Grenelle. "La démarche a été très constructive et les participants se sont arrêtés sur des principes forts", se réjouit-il. Si les parlementaires ne dénaturent pas le consensus élaboré par les groupes de travail, "la France pourrait poursuivre cet effort et maintenir son avance dans le domaine de l'écologie". Face aux beautés de la nature, Jean-Marie Pelt appelle les hommes à s'unir avec elle, et non plus contre elle. "Il faut prendre la mesure de ce qu'elle offre".

J.D.D.

30.10.2008

LES GRANDES VILLES MONDIALES ...

Climat: les grandes villes du monde s'engagent à agir
Par LEXPRESS.fr, mis à jour le 23/10/2008 15:24:55 - publié le 23/10/2008 15:09
Londres, New-York, Paris et 33 autres villes s'engagent dans la lutte contre le réchauffement climatique. Réunis à Tokyo, les dirigeants de ces métropoles ont adopté un plan d'action. Détails.
Les dirigeants des plus grandes cités mondiales réunis à Tokyo se sont engagés ce jeudi à lutter contre les conséquences du réchauffement climatique, évoquant un éventail de mesures allant du développement de l'énergie solaire à l'extension des espaces verts.
Les maires ou les représentants de 36 des plus grandes villes du monde ont conclu ce jeudi une conférence de deux jours consacrée à la lutte contre le changement du climat, un phénomène auquel les cités sont particulièrement vulnérables, ont-ils rappelé. "La conférence a insisté sur les mesures permettant de s'adapter au changement climatique en cours", a déclaré le maire de Toronto (Canada), David Miller, lors d'une conférence de presse.
Ilôt de chaleur urbain
Les grandes villes ont listé 13 domaines où des actions sont possibles pour limiter le phénomène d'"îlot de chaleur urbain", selon lequel la température urbaine est plus élevée qu'en zone rurale et dont l'usage massif de goudron en ville est l'une des causes principales.
Parmi les mesures envisagées, l'extension des espaces verts, le dégagement de couloirs permettant au vent et à l'eau de davantage circuler en ville, le développement de l'énergie solaire et la construction de trottoirs capables de retenir l'eau.
Selon le plan d'action adopté, chaque ville choisira parmi les 13 domaines ceux qu'elle veut mettre en oeuvre et étudiera les actions concrètes envisageables. Les maires de ces villes se retrouveront ensuite en mai 2009 à Séoul pour un "sommet climat" où elles se mettront d'accord sur le détail des actions à mener.
Réduction drastique
Les dirigeants des grandes villes ont également pressé les gouvernements nationaux de s'engager à réduire "drastiquement" les émissions de gaz à effet de serre, pour la période qui suivra l'arrivée à échéance des obligations du protocole de Kyoto en 2012.
La réunion de Tokyo s'inscrivait dans le cadre du "C40", une initiative contre le réchauffement climatique lancée en 2005 par le maire de Londres de l'époque, le travailliste Ken Livingstone.

RECHAUFFEMENT CLIMATIQUE

Mardi 21 Octobre 2008
Six secteurs montrés du doigt
Par Victor MENDRAS
Eco-Life.fr, le journal de l’économie durable
Le cabinet d'audit et de conseil KPMG a publié une étude sur l'impact du réchauffement climatique et la manière dont il est pris en compte par les entreprises. Les résultats révèlent que six secteurs d'activité -l'énergie pétrolière et gazière, l'aviation, le transport, le tourisme, les services médicaux et la finance- négligent encore cet enjeu, malgré les nouvelles réglementations
L'énergie pétrolière et gazière, l'aviation, le transport, le tourisme, les services médicaux et la finance ne sont pas suffisamment préparés pour faire face aux prochaines contraintes environnementales, selon KPMG. L'étude menée par le cabinet d'audit avait pour objectif d'identifier les risques et les impacts économiques provoqués par le changement climatique pour aider les entreprises à mieux comprendre le phénomène. "KPMG porte un intérêt tout particulier au réchauffement climatique devenu un enjeu majeur", explique Philippe Arnaud, responsable du développement durable au sein du cabinet d'audit. Quatre risques sont mis en avant. 72% des entreprises considèrent que la réglementation représente pour elles une menace. Elles sont la moitié à prendre en compte l'importance de l'impact physique du changement climatique sur leur secteur. Mais la mauvaise réputation et les litiges judiciaires engendrés par celui-ci restent largement sous-évalués.

Le risque dans un futur proche est réel

Le danger pour le pétrole et le transport aérien ou routier paraît évident. Le pétrole, ressource extrêmement polluante, sert à faire fonctionner voitures et avions. Alertés par les enjeux écologiques, les gouvernements donnent aujourd'hui une réelle importance au développement durable. Réglementations et taxes augmentent, pour inciter ces trois secteurs à être davantage responsables. "Il est désormais nécessaire d'investir pour développer les réseaux ferroviaires", indique Philippe Arnaud. Bien plus écologique, le train devient moins coûteux et donc plus rentable pour effectuer certaines distances. Les compagnies de transport peuvent également avoir recours à une flotte plus récente et soucieuse de l'environnement. L'investissement durable reste néanmoins très élevé pour ces secteurs hautement concurrentiels.

Pour les acteurs de la finance, du tourisme et de la médecine, l'enjeu environnemental reste flou. Les trois secteurs reconnaissent qu'il y a un danger. Mais "la contrainte climatique n'est pas encore suffisamment ancrée dans leur état d'esprit. Ils pensent avoir le temps de faire face", précise Philippe Arnaud. Pourtant, le risque dans un futur proche est réel. Les dégradations météorologiques nuisent au tourisme. La mauvaise qualité de l'environnement augmente le nombre des maladies. Des investissements peu responsables détériorent le portefeuille des institutions financières et discréditent leur réputation.

Le réchauffement climatique n'est plus une légende, c'est désormais une réalité. Il faut maintenant en prendre conscience pour anticiper les problèmes, "la meilleure solution restera toujours l'anticipation", conclut Philippe Arnaud.

29.10.2008

LOI LITTORAL

Protection du littoral
Le Conseil d'Etat annule un décret et redonne du panache à la Charte de l'environnement
publié le 08 octobre 2008

Le Conseil d'Etat vient de frapper un grand coup sur la table en annulant le 3 octobre un décret pour violation de la Charte de l'environnement. Consacrant de fait la valeur juridique de ce texte, adopté en 2005 et inclus dans le préambule de la Constitution française, il a également rappelé par là son rôle de premier plan en matière de droit de l'environnement. Hasard du calendrier, cette décision intervient quelques jours avant que ne débute au sein de la même instance un colloque sur le droit communautaire de l'environnement. Mais c'est à un niveau plus local qu'il faut revenir pour comprendre le poids de cette décision, la première du genre.
Tout a commencé en Haute-Savoie, sur les rives du lac d'Annecy. Sous la houlette de l'ex-maire d'Annecy, Bernard Bosson, un mouvement de contestation y a pris forme, avec en tête de faire annuler par voie de recours un décret d'application encadrant l'urbanisme sur les rives des grands lacs de montagne. Motif invoqué : ce décret n'associait pas le public dans la définition du périmètre inconstructible de protection des dits lacs. Comme le précise dans une note de synthèse Yann Aguila, commissaire du gouvernement au Conseil d'Etat, "le recours était donc dirigé contre un décret d'application d'une loi elle-même issue d'un amendement parlementaire et qui vise à réduire cette protection : elle prévoit que la loi Littoral s'applique seulement dans un périmètre limité autour du lac et que ce périmètre soit délimité au cas par cas".
En clair, au-delà d'une bande inconstructible de 100 mètres, les élus pouvaient décider, suite à cet amendement, de sectoriser le territoire en fonction de la loi s'y appliquant. En effet, deux lois protégent les abords des lacs de l'urbanisation galopante, la loi Montagne et la loi Littoral - la seconde étant toutefois beaucoup plus contraignante que la première. L'article 7 de la Charte de l'environnement stipulant que toute personne doit pouvoir être consultée lors d'une décision publique ayant une incidence sur l'environnement et que c'est à la loi de définir les modalités de cette consultation, il a été considéré par le Conseil d'Etat que cela n'avait pas été le cas et que le gouvernement était intervenu là où le Parlement aurait dû le faire lors de l'élaboration de cet amendement. D'où l'annulation du décret pour incompétence et l'obligation pour le législateur de prévoir la participation du public, dans le cas où il souhaiterait à nouveau rendre applicable ce décret.



Morgan Boëdec / Victoires Editions

LOCALTIS

PLUSIEURS MESURES RELATIVES A ....

PLF 2009
Les députés ont adopté plusieurs mesures relatives à l'environnement
publié le 27 octobre 2008

Dans le cadre du projet de loi de finances 2009 dont l'examen se poursuit à l'Assemblée nationale, les députés ont adopté plusieurs mesures concernant l'environnement. Ils ont notamment voté un amendement gouvernemental concernant les agro-carburants qui marque un recul par rapport au projet de loi initial. Alors que le gouvernement avait d'abord proposé de réduire progressivement la défiscalisation accordée aux agro-carburants puis de la supprimer totalement en 2012, il a décidé de supprimer cette échéance et revu le barème de réduction de la taxe intérieure de consommation. Ainsi, pour les esters méthyliques d'huile végétale incorporés au gazole ou au fioul domestique, la réduction en euros par hectolitre, qui devait initialement passer à 13,5 euros en 2009 sera finalement de 15 euros puis de 11 euros en 2010 (au lieu de 10) et de 8 euros en 2011 (au lieu de 6). Le barème sera identique pour le biogazole de synthèse. Pour les esters éthyliques d'huile végétale incorporés au gazole ou au fioul domestique, la réduction sera de 21 euro en 2009, de 18 euros en 2010 et de 14 euros en 2011. En outre, les députés ont proposé que ces taux de défiscalisation puissent être revus à la hausse "en fonction du contexte économique".

Plusieurs députés, à l'instar de Pascale Gruny (apparentée UMP, Aisne) ont fait valoir le fait que la diminution de la défiscalisation risquait de mettre en péril le secteur "alors que les investissements ne sont pas encore rentabilisés, ni même terminés en fonction des agréments accordés par les gouvernements précédents" et aussi de favoriser l'importation de biodiesel produit à partir de soja. De leur côté, les associations de protection de l'environnement voient d'un mauvais œil ces nouvelles dispositions fiscales. Dans un communiqué commun, les Amis de la Terre, le CCFD et Oxfam France-Agir ici regrettent que les parlementaires n'aient pas remis en cause le soutien de l'Etat à la filière des agro-carburants "au regard de leurs piètres résultats en termes de lutte contre le changement climatique".
Autre disposition votée par l'Assemblée : le renforcement de la taxe générale sur les activités polluantes (TGAP), étendue aux incinérateurs de déchets. Les députés ont adopté un amendement défendu par le rapporteur du PLF 2009, Gilles Carrez, visant à diminuer la TGAP sur les "poussières totales en suspension" de 85 euros à 64,86 euros par tonne, montant correspondant à la taxe la plus élevée dans la catégorie des substances émises dans l'atmosphère, c'est-à-dire celle portant sur le protoxyde d'azote. Le gouvernement a de son côté fait adopter un sous-amendement précisant que le taux atteindra 85 euros par tonne de poussières à partir de 2010.
Enfin, les députés ont adopté sans modification la taxe à l'essieu visant à aligner la taxe spéciale sur certains véhicules routiers sur les minimas communautaires. Les communistes et les Verts s'y sont opposés, estimant que cette mesure n'aurait dû être appliquée qu'à l'occasion de la généralisation de la taxe kilométrique sur les poids lourds prévue par le projet de loi Grenelle 1.

Anne Lenormand

LOCALTIS

Depuis 2008, la moitié de l'humanité...

Compte rendu
Depuis 2008, la moitié de l'humanité vit en ville
LE MONDE | 23.10.08 | 15h04 • Mis à jour le 23.10.08 | 15h37
C'est sous le titre optimiste de "Villes harmonieuses" que le Programme des Nations unies pour les établissements humains (ONU-Habitat) a présenté l'édition 2008-2009 - la quatrième du genre - de son rapport sur "L'Etat des villes du monde" à Londres, mercredi 22 octobre. Cette publication biennale précède traditionnellement les débats du Forum urbain mondial, dont la quatrième rencontre est prévue à Nankin, en Chine, du 3 au 6 novembre.
Ces 264 pages compilent une somme considérable de statistiques et d'études de cas sur le phénomène urbain. Depuis cette année, plus de la moitié de l'humanité vit en ville. Près de 700 villes nouvelles, hébergeant plus de 250 millions d'habitants, se sont créées depuis les années 1990. Des mégapoles de plus de 20 millions d'habitants se forment : après Tokyo et Mexico viendront bientôt Bombay, Dacca, Sao Paulo, Karachi... Pour l'ONU, "le XXIe siècle est le siècle des villes", et cette urbanisation du monde bouleverse les équilibres économiques, sociaux et écologiques de la planète.
Le Sud s'urbanise, les villes du Nord stagnent
"Les pays en développement sont responsables de 95 % de la croissance urbaine mondiale et absorbent 5 millions de nouveaux urbains chaque mois", contre 500 000 dans les pays développés, constate le rapport. La population urbaine des pays en développement devrait doubler d'ici à 2050, selon l'ONU. La Terre comptera alors une population urbaine de 5,3 milliards d'habitants, dont près des deux tiers vivront en Asie et un quart en Afrique, qui connaît aujourd'hui la révolution urbaine la plus brutale. Dans les pays développés, au contraire, "près de la moitié des villes restent sous les 1 % de croissance démographique et 40 % d'entre elles perdent de la population", notamment en Europe. "Dans les trente dernières années, il y a plus de villes du monde développé qui ont décliné que de villes qui ont grossi", souligne le rapport.
Première explication : une natalité en berne au Nord et dynamique au Sud. "L'immigration compte pour un tiers de la croissance urbaine du monde développé", rappelle l'ONU. A l'inverse, "contrairement à une idée reçue, l'explication déterminante de la croissance urbaine dans les pays en développement n'est plus l'exode rural, mais l'accroissement naturel".
Des inégalités sociales... inégalement réparties
"Les plus grandes villes des Etats-Unis ont des niveaux d'inégalité comparables à ceux d'Abidjan, de Nairobi ou de Buenos Aires" et "dépassent le seuil d'alerte international de 0,4" du coefficient Gini, note le rapport.
Pour la première fois, l'ONU a appliqué aux villes ce coefficient utilisé pour mesurer les écarts de revenus. Un indicateur compris entre 0 (l'égalité parfaite) et 1 (l'inégalité maximale). De nombreuses villes d'Amérique du Sud et d'Afrique subsaharienne dépassent 0,6 - un seuil considéré comme socialement explosif - voire 0,7 : Bogota, Sao Paulo, Johannesburg, Le Cap... La moitié de la population urbaine d'Afrique vit sous le seuil de pauvreté, et 60 % habitent un bidonville, contre 33 % en moyenne (soit un milliard d'humains) dans les pays en développement.
En général, les villes les plus égalitaires sont celles d'Europe de l'Ouest. C'est pourtant Pékin qui détient le titre officiel de ville la plus égalitaire du monde, avec un coefficient Gini de 0,22 (contre une moyenne de 0,39 pour les villes d'Asie). Mais si l'on intègre la "population flottante" des travailleurs migrants, estimée à un tiers de la population de la capitale chinoise, le coefficient pékinois grimpe à 0,33.
Le risque climatique se précise
Il y a 3 351 villes et 380 millions d'habitants dans la zone côtière de faible altitude (mois de 10 m). Le rapport pointe ainsi l'extrême vulnérabilité de villes comme Dacca, dont les 13 millions d'habitants sont déjà régulièrement victimes des inondations, Alexandrie, où 2 millions de personnes devraient abandonner leur logement si la mer montait de 50 cm, ou Lagos, dont la plupart des 10 millions d'habitants vivent à moins de 2 m au-dessus du niveau de la mer.
Mesurant la contribution des villes au réchauffement climatique, le rapport indique que "ce n'est pas le degré d'urbanisation d'un pays ou la taille d'une ville qui détermine la quantité de gaz à effet de serre émise par personne", mais plus la structure de la ville, les modes et les niveaux de vie, les politiques environnementales. Ainsi, "la mégapole de Sao Paulo produit un dixième des émissions de San Diego, bien que cette dernière ait un quart de la taille de la première".
Les auteurs du texte militent donc pour des villes plus compactes et moins dépendantes de la voiture.
"Beaucoup de villes font face à ces défis grâce à des politiques urbaines innovantes, écrit la directrice générale d'ONU-Habitat, Anna Tibaijuka, dans son introduction. Leurs dirigeants ont compris que les villes ne sont pas seulement un élément du problème, mais qu'elles sont aussi la solution." Et de citer, de Bangkok à Bogota, des villes en chemin vers l'harmonie.
Grégoire Allix

28.10.2008

UNE CHARTE CONTRE L ABANDON DES EMBALLAGES

Environnement
Une charte pour lutter contre l'abandon des emballages de la restauration rapide sur la voie publique
publié le 21 octobre 2008

L'Association des maires de France (AMF) et le Syndicat national de l'alimentation et de la restauration rapide (SNARR) ont présenté, mardi 21 octobre, leur charte de "Lutte contre l'abandon des emballages de la restauration rapide sur la voie publique". Cette charte est le fruit d'une large concertation conduite en 2007 par McDonald's France et qui a impliqué de nombreux acteurs publics et privés : Eco-Emballages, l'Ademe, des associations de protection de l'environnement et de loisirs extérieurs, des services municipaux en charge de la propreté, des fabricants d'emballages et des clients. Cette concertation a été menée avec le soutien du ministère en charge de l'écologie, en lien étroit avec l'AMF et avec deux villes pilotes : Dijon (Côte-d'Or) et Albert (Somme).
Le programme d'action élaboré par McDonald's France, pour remédier aux comportements inciviques d'une partie de sa clientèle, est le premier inscrit dans le cadre de cette charte nationale de lutte contre l'abandon des emballages. Il fait l'objet d'une expérimentation, depuis le mois de juillet dernier et jusqu'à fin décembre, dans les deux villes pilotes, en partenariat avec les municipalités. A partir de 2009, il sera étendu à tous les restaurants McDonald's présents en France, en fonction du bilan qui sera établi. Quatre axes de progrès sont identifiés : des emballages moins nombreux et moins volumineux, des poubelles adaptées aux nouveaux modes de consommation, une collecte des déchets optimisée et plus visible du grand public et une communication incitant aux évolutions de comportement.
Dans le cadre de cette charte, l'AMF s'engage à inciter les communes ou leurs groupements à engager plusieurs types d'initiatives : conclure des conventions locales de lutte contre l'abandon des déchets sur la voie publique ; redéfinir, en concertation avec la population, leur plan d'implantation des corbeilles, poubelles et conteneurs, si des dépôts de déchets sauvages sont manifestement observés sur leur territoire ; coopérer avec les entreprises de restauration rapide pour mieux identifier les lieux sujets à abandon de déchets et ainsi optimiser les tournées de ramassage ; engager, en partenariat avec des acteurs locaux (entreprises, associations environnementales, associations de commerçants de centre-ville, etc.), des campagnes de communication et de sensibilisation du grand public à la propreté.
L'objectif est de proposer aux maires et aux entreprises de restauration rapide un programme d'actions concrètes pour réduire les emballages abandonnés sur la voie publique. Cet abandon occasionne de nombreuses nuisances et des contraintes de nettoyage pour la collectivité. Les actions devront donc être engagées prioritairement à l'échelon local (territoire des communes ou de leurs groupements), en partenariat avec les acteurs locaux impliqués.
En effet, aux termes de l'article L.2212-2 du Code général des collectivités territoriales (CGCT), c'est aux communes que revient "le soin de réprimer les dépôts, déversements, déjections, projections de toute matière ou objet de nature à nuire, en quelque manière que ce soit, à la sûreté ou à la commodité du passage ou à la propreté des voies susmentionnées (...)". Et ce sont encore aux communes ou à leurs groupements "d'assurer l'élimination des déchets des ménages" (article L.2224-13 du CGCT).

Alice Garnier / Victoires Editions



LOCALTIS

Le coîut de l'énergie...

Le coût de l'énergie et des matières premières relance l'idée d'exploiter les décharges
LE MONDE | 13.10.08 | 15h03 • Mis à jour le 13.10.08 | 15h04
LONDRES ENVOYÉ SPÉCIAL
Jusqu'alors, les décharges ne constituaient une ressource que pour des populations déshéritées fouillant, parfois à mains nues, les immondices dans l'espoir d'y dénicher quelque objet à revendre. Mais voilà qu'opérateurs et chercheurs se posent la question : et si les décharges constituaient une source insoupçonnée d'énergie et de matières premières ? Une question qui a été au centre de la première conférence internationale consacrée au landfill mining, organisée à Londres, jeudi 9 octobre.
Le landfill mining ? Le terme anglais, employé tel quel par les spécialistes, peut être traduit par "exploitation des décharges". Le concept est né en 1953, quand les matières organiques contenues dans une décharge de la région de Tel-Aviv en ont été extraites afin d'enrichir les sols d'exploitations de citronniers.
Depuis, il n'a fait que vivoter. William Hogland s'y est intéressé en 1995. "Je pensais alors que le monde était prêt, mais je me suis trompé, dit cet universitaire suédois. Il a d'abord fallu que les problèmes énergétiques s'aggravent et que les prix des matières premières s'envolent, mais cette fois, c'est le moment."
Tous les participants à la conférence de Londres ne sont pas aussi affirmatifs, mais la présence d'une centaine de délégués, venus d'Europe mais aussi d'Iran, du Pakistan, de Malaisie, d'Afrique du Sud et des Etats-Unis, atteste de l'intérêt porté au sujet. Car les décharges, notamment les plus anciennes, contiennent des métaux et des plastiques qui pourraient être recyclés, ainsi que les matières (papiers, bois, plastiques) permettant de confectionner des combustibles de substitution. Un point qui suscite un vif intérêt de l'industrie du ciment, très énergivore et à la recherche de combustibles bon marché.
RISQUE ÉCONOMIQUE
Le gisement est considérable. Selon les participants à la conférence de Londres, 3,2 milliards de tonnes de matériaux recyclables auront été enfouis en décharge entre 1975 et 2015, rien qu'au Royaume-Uni. Les décharges américaines contiendraient à elles seules 400 millions de tonnes d'acier. "La concentration d'aluminium est plus forte dans certaines décharges américaines que dans la bauxite elle-même", assure Mark Johnson, du fonds de soutien britannique Biffaward.
Pourtant, les avis divergent sur l'intérêt économique du landfill mining. "C'est un exercice coûteux qui n'est pas rentable à l'heure actuelle", estime le représentant d'un gestionnaire néerlandais de décharges. Le risque économique est important : en l'absence de données précises, il est presque toujours impossible de savoir quelles matières contient une décharge. De plus, la réouverture d'un site pose des problèmes sanitaires, environnementaux et de sécurité, notamment en cas de présence de déchets dangereux.
Selon Robert McCaffrey, géologue et coordonnateur de la conférence, le landfill mining ne peut trouver un équilibre économique qu'en multipliant les flux de matières. "Si on ne s'intéresse qu'à une seule substance, on passe à côté, assure-t-il. La séparation des matières est la clé du problème."
L'exploitation des décharges peut présenter d'autres avantages : résoudre un problème d'infiltrations provoqué par la présence ancienne de déchets, libérer de l'espace pour des projets fonciers, créer de nouveaux espaces de stockage dans la décharge... "Chaque décharge est unique", ont répété les participants. "Chacune a ses singularités, qui reflètent des facteurs économiques, sociaux ou culturels locaux", insiste Dirk Lechtenberg, un consultant allemand.
Les représentants de Suez et Veolia, les deux grands opérateurs français du secteur des déchets, sont restés prudents sur l'avenir du landfill mining. "Le message à retenir est celui-ci : continuons à trier et à recycler pour ne pas avoir à aller chercher un jour des ressources que nous aurons laissé partir en décharge", conclut Philippe Belbèze, de Veolia Propreté.
Gilles van Kote

27.10.2008

Menacées, les métropoles...

Menacées, les grandes métropoles préparent une riposte au changement climatique
LE MONDE | 09.10.08 | 15h38 • Mis à jour le 09.10.08 | 16h55
Les villes s'imposent, au côté des Etats, comme un interlocuteur de référence sur le climat et l'environnement. En témoigne la conférence internationale "La compétitivité des villes et le changement climatique", organisée par l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) à Milan, jeudi 9 et vendredi 10 octobre, qui réunit les représentants de dix-sept métropoles, seize pays et onze organisations internationales.
"Nous faisons dialoguer deux réseaux qui ne se parlent pas, celui des maires et celui des ministres, à l'heure où certains pays s'interrogent sur l'entrave à la compétitivité que représentent les mesures environnementales, quand d'autres pensent qu'être les premiers à imposer de tels règlements va pousser les acteurs économiques à l'innovation", indique Mario Pezzini, directeur adjoint de la gouvernance publique et du développement territorial à l'OCDE.
Pour Jan Corfee Morlot, de la direction de l'environnement de l'OCDE, les villes, qui consomment 75 % de l'énergie de la planète et sont responsables de 80 % des émissions de gaz carbonique, "sont la bonne échelle et le bon niveau de décision pour prendre des mesures concrètes et tester leur efficacité". "Elles y ont tout intérêt : nous avons chiffré à 1 000 milliards de dollars la valeur des infrastructures à risque dans 136 villes portuaires. Ce sera sans doute beaucoup plus à l'avenir : les villes les plus menacées sont celles d'Asie, qui connaissent aussi le plus fort développement."
Sans attendre de politique nationale et sans oublier de préserver leur compétitivité, plusieurs métropoles ont annoncé récemment des plans spectaculaires, non seulement pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, mais pour rendre la ville plus résistante aux mutations du climat : fortes chaleurs et grands froids, tempêtes, inondations et sécheresses plus fréquentes...
Le maire de Chicago, Richard M. Daley, a ainsi dévoilé, en septembre, un programme revendiqué comme "un modèle pour le reste de la nation". Avec un argument choc : si rien n'est fait, d'ici à la fin du siècle, la région de Chicago ressemblera au Texas.
A Londres, le maire, Boris Johnson, a dévoilé son propre plan le 29 août, en affirmant : "Toutes les grandes villes sont menacées. En présentant cette stratégie, nous plaçons Londres en position de force." D'après des experts, 15 % de la ville - une zone de 1,25 million d'habitants et des biens estimés à 160 milliards de livres - seront fortement menacés par des inondations.
TASK FORCE À NEW YORK
Quelques jours plus tôt, le maire de New York, Michael Bloomberg, lançait une task force regroupant une trentaine de services de la Ville, d'agences gouvernementales et d'entreprises privées pour mesurer les risques encourus - tunnels inondés, ponts détériorés par les fortes chaleurs, panne électrique générale... -, et la mettre en ordre de bataille. Les premières recommandations devraient être connues d'ici à la fin de l'année. New York veut se doter d'un plan stratégique d'ici dix-huit mois.
"Il est temps que les Etats consultent les élus locaux avant d'adopter des plans qui reposent d'abord sur les villes. Celles-ci ont été systématiquement tenues à l'écart des conférences de l'ONU sur le changement climatique", estime Elisabeth Gateau, la secrétaire générale de l'organisation internationale Cités et gouvernements locaux unis (CGLU). Partenaire de la conférence de Milan, CGLU fédère plus de mille villes dans 95 pays et 112 associations de collectivités locales.
Pour l'OCDE, un des objectifs de la conférence de Milan est de se voir confier la mission de travailler sur la politique des villes face au risque climatique. Un terrain sur lequel la Banque mondiale a pris de l'avance en publiant au mois d'août, avec deux agences de l'ONU, un "guide pratique" de la résistance climatique à destination des métropoles côtières d'Asie du Sud-Est.
Grégoire Allix

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