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15.11.2008
MENACE SUR LA BAIE DE RIO
Menace sur la baie de Rio
LE MONDE | 08.11.08 | 14h21 • Mis à jour le 08.11.08 | 14h21
Ils sont 3 000, hommes et femmes, qui trient quelque 8 000 tonnes d'ordures par jour à Gramacho, la plus grande décharge d'Amérique latine, située sur la baie de Rio de Janeiro. Cette décharge, qui s'étend sur 130 hectares et recueille les déchets de six communes, dont celles de la ville de Rio, doit être fermée, car elle menace purement et simplement de s'effondrer. La décision de fermeture, prise officiellement il y a quatre ans, n'a pas été appliquée, faute de sites de remplacement. Les longues files de camions continuent donc de déverser leurs monceaux d'ordures. Et le risque d'une catastrophique écologique s'accroît chaque jour.
Edifiée en 1976 - sur une mangrove -, en bordure de la baie de Rio, la décharge, située à proximité de l'embouchure des fleuves Iguaçu et Garapuï, n'a cessé de grossir au fil des années, pour former désormais une colline qui se situe à 55 mètres au-dessus du niveau de la mer. En 1996, les autorités municipales ont été alertées sur les détériorations du sol, qui se fissure, et sur les risques d'effondrement dans la baie.
Depuis quatre ans, la mairie incite les "catadores" (ceux qui trient) à monter leurs propres coopératives pour opérer le tri des déchets directement à la source, dans les entreprises. Sans grand succès, car ces travailleurs ne croient plus à la fermeture du site. - (AFP.)
06:10 Publié dans DEVELOPPEMENT DURABLE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : LOC MARIA PLOUZANE
Le Prince Charles présente son plan pour sauvegarder les forêts tropicales
AFP - lundi 3 novembre 2008, 10h35
Le Prince Charles d'Angleterre a présenté lundi au président indonésien Susilo Bambang Yudhoyono son plan pour lutter contre la déforestation en offrant des revenus alternatifs aux pays riches en forêts tropicales humides, comme l'Indonésie.
Le Prince héritier a expliqué que ces revenus devaient dissuader ces pays, au premier rang desquels le Brésil, l'Indonésie ou la RD Congo, à poursuivre la déforestation et les encourager à préserver leurs forêts.
Il faut que ces pays "évaluent les aides nécessaires pour leur permettre de continuer à développer leurs économies sans abîmer la forêt", a expliqué le prince, en précisant que son plan nécessitait l'engagement financier des pays développés.
Les forêts tropicales humides du Brésil, du bassin du Congo et d'Indonésie, assurent la rétention de la moitié des eaux de pluie de la planète.
Des millions d'hectares d'arbres y disparaissent chaque année, notamment pour laisser place à des plantations de palmiers à huile, comme en Indonésie.
La déforestation est "responsable d'environ 20% des émissions mondiales de gaz à effet de serre", a rappelé le président Yudhoyono en apportant son soutien au plan proposé par le Prince Charles.
Arrivé samedi en Indonésie en provenance du Japon, où il avait déjà évoqué l'urgence d'agir contre le réchauffement climatique, le fils de la reine d'Angleterre a également plaidé pour le respect inter-religieux dans le plus grand pays musulman du monde.
05:40 Publié dans DEVELOPPEMENT DURABLE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : LOC MARIA PLOUZANE
Pierre Rabhi et Yann Arthus-Bertrand, entretien croisé
Pierre Rabhi et Yann Arthus-Bertrand, entretien croisé
Par Lionel Astruc, publié le 10/11/2008 14:44 - mis à jour le 10/11/2008 17:59
A l'occasion du salon Marjolaine, Yann Arthus-Bertrand et Pierre Rabhi livrent leurs visions du développement durable. Croissance, profit et responsabilisation sont au coeur de leurs réflexions. Entretien.
Yann Arthus-Bertrand a rencontré l'écologie dans les airs et veut toucher le grand public à travers ses images. Pierre Rabhi, penseur et écrivain, partisan de la décroissance, a découvert l'environnement les pieds dans un lopin de terre cévenol. Leurs visions des années à venir, aussi troublantes de clairvoyance que différentes, se rejoignent sur deux constats: l'attentisme des hommes politiques et l'urgence de changer le système.
Le concept de développement durable existe depuis 1992, mais la disparition des ressources, la perte de biodiversité et le réchauffement climatique continuent au même rythme. Où en sera le développement durable en France en 2020?
Yann Arthus-Bertrand: En 2020 et plus encore en 2030, nos modes de vie auront complètement changé. Car la France et le monde devront s'adapter d'ici là au manque le pétrole. L'économie mondiale dépend totalement de cette ressource. Des villes entières fonctionnent et existent uniquement grâce au pétrole. Dans vingt ans, nos déplacements, l'organisation des villes et de nos vies quotidiennes seront guidés par une nécessité de sobriété. C'est pourquoi il faut informer les citoyens, autant que possible. Lorsque les gens ont accès à l'information, ils réagissent très positivement : nous avons par exemple évoqué les AMAP dans une de nos émissions. Ce système qui permet de consommer des produits locaux et bio a séduit une foule de téléspectateurs qui ont contacté l'association dans les jours qui ont suivi!
Pierre Rabhi: Le développement durable n'aura pas fait changer significativement nos modes de consommation d'ici à 2020, si l'argent et la croissance restent les priorités absolues. Pour l'instant je considère que nous faisons fausse route. Pour changer les choses efficacement, dans les années
qui viennent, je crois profondément en la pédagogie par l'exemple. Il me semble qu'il y a profusion de discours à travers les médias, mais pas suffisamment d'exemples concrets d'écologie pratique.
Pour remédier à cela, nous avons créé les Amanins, un centre où chacun peut découvrir des réalisations réussies, dans le domaine de l'habitat écologique, de la cuisine bio comme de l'agro-biologie. La ferme, les bureaux, la cuisine et les logements des Amanins, tout a été construit à
partir de matériaux écologiques et locaux. Ces bâtiments sont alimentés en partie par l'électricité des panneaux solaires et un chauffage au bois vient compléter en cas de manque.
Les agro-carburants débouchent sur une impasse, l'éolien fournit peu d'énergie et s'avère une solution insuffisante... Ces démarches ressemblent à des faux-fuyants, pour contourner une réduction nécessaire de notre consommation d'énergie. Qu'en pensez-vous ?
Pierre Rabhi: Les citoyens refusent toute réduction de leur consommation et de leur confort. Mais tant que nous ne renoncerons pas à notre boulimie énergétique, je ne vois pas comment progresser. Je prêche donc la modération et je pense même qu'il ne faut pas avoir peur du rationnement. Si quelqu'un me disait: "vous avez droit à tant de tickets de carburant, ou tant de kw", je m'arrangerais; dans une situation de rationnement, chacun garde la liberté de faire des choix.
Yann Arthus-Bertrand: Aujourd'hui, nous avons besoin de toutes les sources d'énergie: l'éolien, le photovoltaïque et les autres énergies renouvelables, mais aussi le nucléaire dont on ne peut pas se passer pour l'instant. Cela dit, il faut réduire réduire réduire! Or le système encourage la consommation: plus on consomme, meilleur c'est pour le pays. Et moins consommer met l'économie en péril. Cette contradiction, aucun homme politique n'accepte d'en parler. Celui qui s'aventurerait à dire la vérité, se suiciderait politiquement. De ce point de vue, les militants qui prônent la décroissance, quelque part, ont raison. En revanche, je trouve qu'ils vivent hors des réalités du monde moderne et je ne souscris pas à l'aspect agressif du mouvement. Je ne vois pas l'intérêt de crever les pneus des 4x4, et j'ai par exemple refusé de signer une pétition contre la Formule 1. Pourquoi s'en prendre aux pilotes de Formule 1 plus qu'à d'autres? Je crois au contraire que pour surmonter la crise écologique, nous devons tous travailler les uns avec les autres. Sans amour et sans solidarité, nous ne parviendrons à rien!
On continue à construire des autoroutes, malgré la crise écologique et les promesses du Grenelle. Pourquoi?
Yann Arthus-Bertrand: Parce que nous sommes dans un pays où tout ce qui a été planifié, que ce soit un an ou dix ans en arrière, voit le jour, parfois en dépit du bon sens. Nous manquons vraiment de
réactivité: il nous faut parfois dix ans pour faire un tramway. C'est beaucoup trop long! Si nous avions conscience du danger, nous agirions plus vite: les Américains, lorsqu'ils sont entrés en guerre, ont transformé leurs usines en un an pour faire des avions de combat. Le réchauffement
climatique comme la disparition des ressources nous imposent d'agir vite. Mais certains sont encore
contre les panneaux solaires parce que c'est moche... C'est une aberration!
Pierre Rabhi: On construit des autoroutes pour aller chercher à des centaines, voire des milliers de kilomètres, ce que nous sommes capables de produire dans nos régions. C'est une grave erreur, à l'heure où nous devons réduire notre consommation de carburant. Nous devons relocaliser nos activités autour de nos lieux de vie: il faut limiter les échanges à ce que nous ne pouvons pas produire localement.
La croissance se définit par "l'augmentation des produits et des services". À l'avenir, suffira-t-il de l'aménager pour sauver la planète, ou faut-il changer totalement un système qui ne respecte pas les limites de la nature?
Yann Arthus-Bertrand: ... Je n'ai pas la réponse, mais une chose est sûre: le mot développement durable est aujourd'hui vidé de son sens. Nous n'avons pas besoin de nous développer matériellement davantage, mais plutôt de vivre mieux avec moins, d'être plus heureux et de nous rapprocher les uns des autres. C'est dans cette optique que j'ai monté le projet 6 milliards d'autres :
il consiste à interroger des milliers d'individus autour du monde, afin de découvrir quel est le sens de la vie pour eux, en leur posant des questions toutes simples sur leur définition du bonheur ou ce qui les fait rire ou pleurer. On s'aperçoit en voyant ces images que nous sommes vraiment proches, malgré les distances qui nous séparent.
Pierre Rabhi: Fondamentalement, je ne crois absolument pas que le modèle de croissance actuel soit aménageable. Ce n'est pas possible, il faut un changement de paradigme qui mette l'humain au coeur de nos préoccupations. L'homme doit s'adapter à la nature. Je prêche donc la sobriété: retrouver l'équilibre entre être et avoir et une vraie joie de vivre. Les exemples de ce type de démarches ne manquent pas, comme l'association Slow food par exemple, qui prêche un retour à la lenteur et aux saveurs des variétés anciennes.
L EXPRESS
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