30.11.2008

Chaque Français peut facilement produire 20% de déchets en moins

Chaque Français peut facilement produire 20% de déchets en moins
il y a 6 heures 49 min

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Chaque Français peut réduire sa quantité de déchets produits d'environ 20% grâce à une série de gestes simples tels que privilégier l'eau du robinet plutôt que l'eau minérale, a souligné vendredi l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe). Lire la suite l'article
"C'est possible de faire des progrès considérables et ce n'est pas si compliqué", a souligne Chantal Jouanno, présidente de l'Ademe, lors de la présentation de la semaine de la réduction des déchets, qui débute samedi.
"Il y a des marges de progression extrêmement importantes", a-t-elle ajouté, en présentant les résultats d'une étude menée sur 370 foyers témoins (1.064 personnes), qui ont réduit de 22% leurs déchets produits en optant pour 4 gestes de prévention qu'ils ne pratiquaient pas auparavant.
"Cette étude montre qu'on peut, en s'organisant un peu, réduire ses déchets de 80kg par an", a de son côté souligné le ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo, qui a rappelé que la réduction des déchets était un des piliers du Grenelle de l'environnement.
Parmi les dix gestes simples de "prévention", l'Ademe suggère de choisir les produits au détail ou en vrac qui permettent d'éviter les emballages superflus, d'utiliser des sacs réutilisables pour faire les courses, ou encore de mettre un autocollant Stop Pub sur sa boîte aux lettres.
Chaque Français produit en moyenne 353 kg de déchets par an. L'un des objectifs du Grenelle est de réduire la production d'ordures ménagères de 5kg par personne et par an pendant 5 ans.
Pour Clara Osadtchy, de l'association Agir pour l'environnement, l'absence de réglementation "contraignante" pour les industriels, en termes d'emballages, rend difficile de réels progrès.
"L'Etat donne l'illusion que ce sont les gestes individuels qui vont permettre de parvenir à cette réduction (de 5kg par personne et par an). Mais, en plus de la sensibilisation, il faut vraiment que les industriels soient contraints réglementairement", a-t-elle estimé.
Actuellement en France, environ 20% des déchets ménagers sont recyclés, 4O% partent en décharge et 40% sont incinérés.

Algérie: un entrepreneur veut lancer un bioétnahol à partir de dattes

Algérie: un entrepreneur veut lancer un bioétnahol à partir de dattes
Hier, 16h11
Pierre-Yves JULIEN
Une société basée à Dubaï dirigée par un Algérien espère ouvrir début 2011 en Algérie la première unité au monde de fabrication de nakhoil, un éthanol à base de dattes "non polluant, source de revenus pour les sahariens et favorisant la sécurité alimentaire". Lire la suite l'article
"Il s'agit de bâtir une nouvelle branche industrielle intégrée au secteur des hydrocarbures qui entraînerait une grande répartition des richesses", a estimé Brahim Zitouni, président de Oasis Ltd (Organisation de l'agriculture du Sahara par intégration et substitution).
L'Algérie produit 300.000 tonnes de dattes dont la moitié seulement est commercialisée, "le reste servant d'aliments pour le bétail", selon M. Zitouni.
Le projet, d'un coût de 22 millions d'euros (30 millions de dollars) prévoit dans un premier temps d'utiliser les 150.000 tonnes de dattes communes (phoenix) restantes pour fabriquer le nakhoil, "un bioéthanol arabe non polluant, offrant une nouvelle source de revenus pour les agriculteurs et qui ne constituera pas un danger pour la sécurité alimentaire", a dit M. Zitouni.
Selon lui, 20 tonnes de dattes peuvent produire plus de 6.500 litres d'éthanol.
"La datte contient 65% de sucre, contre 18% à la betterave ou 13% à la canne à sucre. Sa culture s'adapte parfaitement à nos terres semi-arides et n'empiète pas sur les terres fertiles du nord de l'Algérie, consacrées aux céréales", a-t-il souligné au cours d'une conférence-débat organisée au centre de presse du quotidien El Moudjahid.
Pour lui, "les terres où pousse le palmier-dattier sont désertes, et l'extension de cette culture par une technique de propagation in-vitro sur ces terres contribuerait à la lutte contre la désertification".
"D'autant que d'autres produits alimentaires peuvent être produits dans les palmeraies, où le palmier-dattier n'occupe que 20% de la surface".
La technique in-vitro permet à partir d'un seul palmier d'en produire plusieurs centaines de milliers d'autres qui poussent d'un mètre chaque année, selon l'entrepreneur. La production des palmeraies algériennes peut donc en 20 ans s'accroître sensiblement, réduisant l'impact de leur faible rendement, 22 tonnes à l'hectare contre 80 pour la canne à sucre par exemple, selon le dirigeant d'Oasis.
M. Zitouni estime d'ailleurs que du bioéthanol pourra dans le futur être tiré du tronc même des palmiers.
Surtout, a-t-il souligné, cette nouvelle industrie s'intègre au secteur du pétrole et du raffinage local dont il peut diminuer la pollution.
"Les raffineries algériennes utilisent encore du plomb ou du benzène pour oxygéner les carburants, et ne répondent donc pas aux critères internationaux pour pouvoir exporter. Ces installations peuvent parfaitement être adaptées pour que le nakhoil soit mélangé aux carburants", a-t-il dit.
"Il suffit d'un mélange de 2 à 5% de nakhoil par litre d'essence", a estimé M. Zitouni, selon qui "5% d'éthanol dans les carburants peuvent réduire de 30% les rejets de monoxyde de carbone dans l'atmosphère".
Selon lui, "ce bioéthanol ne sera pas un carburant de substitution. Mais cette énergie verte, propre et nationale contribuera à la conservation des réserves pétrolières de l'Algérie".
La société compte s'installer sur cinq hectares à Oumeche près de Biskra (425 km au sud-est d'Alger), où seront construits une unité de production et un laboratoire de reproduction in-vitro de palmiers-dattiers.
Elle attend maintenant le feu vert des autorités algériennes après des entretiens avec les ministères de l'Energie et des mines, de l'Environnement et de l'Agriculture.

LE MONDE

"Bilan de santé" de la PAC : les raisins de la colère chez les agriculteurs

Développement rural
"Bilan de santé" de la PAC : les raisins de la colère chez les agriculteurs
publié le 21 novembre 2008

Les syndicats sont unanimes pour critiquer l'accord obtenu par les 27 ministres de l'Agriculture sur le bilan de santé de la Politique agricole commune (PAC), jeudi 20 novembre. "Un accord à bas prix", pour la FNSEA. "La maison brûle et les ministres européens mettent de l'huile sur le feu", clame la Confédération paysanne. Pour Jeunes agriculteurs, c'est un "détricotage des outils de régulation du marché". Un constat qui tranche avec la satisfaction des Vingt-Sept au sortir de leur réunion marathon de 14 heures. Réunion qui a permis d'arracher un accord à la majorité qualifiée dans la foulée de l'avis du Parlement adopté le même jour. Pour la France, qui a fait de cette réforme l'une des priorités de sa présidence, avant la grande bagarre budgétaire de l'après 2013, l'accord est présenté comme un succès politique. Il s'agit du premier réaménagement depuis 2003, alors que la PAC représente encore 40% du budget européen. Mais les clivages traditionnels entre pays bénéficiaires (la France en tête) et les pays libéraux comme l'Angleterre ont été respectés pour aboutir à un compromis qui, selon le monde agricole, ne tient aucunement compte du contexte actuel de crise à la fois financière et alimentaire. L'accord prévoit de poursuivre la baisse des aides directes à la production (baisse amorcée depuis 2003) pour les réorienter vers le second pilier de la PAC (aide au développement rural). Les prix et revenus agricoles se verront ainsi davantage liés au marché et moins aux subventions. La mesure qui s'attire les foudres des syndicats est l'augmentation des quotas laitiers de 1% par an jusqu'à leur disparition en 2015 (ces quotas avaient été instaurés en 1984 pour limiter la production). Une décision considérée comme une "ineptie" par la FNSEA "au moment où partout en Europe les producteurs subissent des baisses de prix importantes".
L'autre volet de la réforme est l'augmentation de la modulation des aides (c'est-à-dire la ponction des fonds du premier pilier de la PAC destinée au deuxième pilier) qui va passer de 5% à 10% au cours des cinq prochaines années pour les exploitations percevant plus de 5.000 euros d'aide. Les fonds ainsi dégagés doivent permettre de renforcer les programmes concernant le changement climatique, les énergies renouvelables, la gestion de l'eau et la biodiversité. Mais c'est moins que les 13% demandés par Bruxelles. Un choix qui s'explique par les réticences des Etats qui doivent participer au cofinancement des projets. D'ailleurs, la part du financement des Etats dans ces projets a été ramenée de 50 à 25%, les fonds européens prenant en charge le reste. Ainsi, pour quatre euros versés par Bruxelles, les Etats en verseront un. Le dispositif prévoit un effort supplémentaire pour les grandes exploitations touchant 300.000 euros d'aides pour lesquelles la modulation est fixée à 14%.
Mais l'impact de ces mesures sur l'environnement sera faible au regard des enjeux estiment les syndicats. Pour Jeunes agriculteurs, la dérégulation risque "d'encourager l'augmentation de la taille des exploitations et leur concentration dans certaines zones". Le débat se situe à présent au niveau national avec les négociations qui vont être menées entre le gouvernement et les organisations syndicales pour savoir à partir de ce cadre général sur quels curseurs agir. Principal point : la réorientation des aides des céréaliers vers les éleveurs. Les régions auront aussi leur mot à dire.



Michel Tendil

LOCALTIS

29.11.2008

La nature inspire les ingénieurs

Jeudi 20 Novembre 2008
La nature inspire les ingénieurs
Par Diana SEMASKA
Eco-Life.fr, le journal de l’économie durable
Les créations de la nature sont par essence adaptées à leur environnement. C'est pourquoi ingénieurs, architectes, scientifiques et industriels la prennent de plus en plus comme boîte à idées pour construire leurs propres machines. En avril dernier, Boeing a expédié trois de ses ingénieurs durant une semaine, sur la côte du Pacifique sud du Costa Rica...
Nature recommande de s'inspirer des alvéoles de ruches pour construire un bâtiment. (Maxppp)

Outre les rayons du soleil et l'attrait de la mer, les scientifiques étaient venus chercher l'inspiration, pour l'appliquer à l'aviation. "La chose la plus intéressante que j'ai trouvée était de petites araignées dotées d'immenses pattes dont le système musculaire leur permet d'amortir les vibrations", déclare un des avionneurs de la société. Cette visite de la jungle est menée par des biologistes de la "Biomimicry Guild", une agence de consultants qui fouillent la nature à la recherche de bonnes idées, co-fondée par Danya Baumeister. L'idée ne date pas de la dernière pluie.

Les nymphéas inspirent les architectes depuis le 19ème siècle. Malgré leur gracilité, les feuilles d'une espèce de nénuphar sud-américaine, le Victoria d'Amazonie, peuvent soutenir le poids d'un humain! Une observation utilisée à point nommé par l'architecte Joseph Paxton, qui a découvert que ce prodige était permis par les nervures des feuilles, organisées de façon à fabriquer un soutènement. C'est ainsi que le Crystal Palace de Londres, tout de fer et de verre, fut conçu en 1851. Le concept de biomimétisme attendra les années 90 pour être théorisé par la biologiste Janine Benyus. Quant aux araignées, elles forment la toile de fond de nombreux projets architecturaux, comme le toit du zoo ou du stade olympique de Munich. D'autres insectes piquent la curiosité des hommes.

"Le design du TGV japonais permet de faire des économies d'énergie"

Un article paru dans Nature suggère de s'inspirer de la structure particulière des alvéoles dans les ruches d'abeilles, qui leur confèrent une solidité étonnante. Une opportunité, selon Jurgen Tautz, de l'Université de Wurtzburg, pour construire "des bâtiments capables de résister aux tremblements de terre". L'Eastgate de Mick Pearce, construit en 1996 à Harare au Zimbabwe, s'inspire de la structure alvéolaire des termitières. En France, le Fovea Group mène des travaux sur les comportements de groupe des insectes sociaux, comme les fourmis. "Le but est de construire des programmes informatiques plus performants en s'inspirant des fourmis, qui sont des organismes simples résolvant des problèmes complexes", expliquent Nicolas Monmarché et Alain Lenoir, chercheurs à l'Université de Tours.

Son design pointu l'est aux deux sens du terme. Le TGV japonais Shinkansen doit son aérodynamisme à l'observation du martin-pêcheur. La forme du bec permet à cet oiseau de passer le plus efficacement possible du milieu aquatique au milieu aérien. Exactement la même problématique que posait la traversée de nombreux tunnels de la ligne Osaka-Hakata. "La consommation électrique a été réduite de 15% et la vitesse augmentée de 10%, grâce au design de l'avant du train", explique-t-on au Japon. Ouvrir davantage les yeux sur son environnement permet d'éviter le gaspillage. Sto, une entreprise allemande, a développé une peinture extérieure autonettoyante basée sur les propriétés de la surface de la feuille de lotus - ou nénuphar ou encore nymphéa, sur laquelle la saleté n'adhère pas. La surface bio-inspirée, baptisée Lotusan, ne nécessite aucun traitement à base de produits chimiques pour être nettoyée. L'économie d'énergie est bien au rendez-vous, puisque seule l'eau de pluie suffit à traiter plusieurs centaines de milliers de bâtiments allemands à ce jour.

Rien d'étonnant à ce que le biomimétisme prenne son envol: les espèces vivantes sont parfaitement adaptées à leur environnement. Léonard de Vinci le disait déjà: "Allez prendre vos leçons dans la nature!" lançait-il à ses élèves. Renaissance, vous disiez?

L'Europe veut prendre sa part dans l'exploitation de l'Arctique

L'Europe veut prendre sa part dans l'exploitation de l'Arctique
il y a 11 heures 54 min
LeMonde.fr

A son tour, l'Union européenne (UE) veut se positionner dans l'Arctique pour accéder aux ressources libérées par la fonte de la banquise. Pour Benita Ferrero Waldner, commissaire chargé des relations extérieures qui présentait, jeudi 20 novembre, une communication sur les relations entre l'UE et la région, il s'agit de trouver "le juste équilibre entre l'objectif prioritaire que constituent la préservation de l'environnement et la nécessité d'une exploitation durable des ressources naturelles". Lire la suite l'article

Ces réflexions sont rendues publiques alors que les cinq pays riverains - Russie, Canada, Etats-Unis (via l'Alaska), Norvège, et Danemark (avec le Groenland) - rivalisent d'initiatives pour affirmer leur présence dans la région. La Commission plaide pour la mise en oeuvre d'un système de gouvernance multilatérale susceptible de garantir un triple objectif : la stabilité et la sécurité, la gestion stricte de l'environnement et l'exploitation durable des ressources libérées par le réchauffement climatique.
Sa démarche suscite les critiques des défenseurs de l'environnement : "La Commission cherche surtout à sécuriser les intérêts de l'Union, déplore Saskia Richartz, de Greenpeace. Sa vision n'est pas de transformer l'Arctique en un espace de paix et de science."
S'ils se disent préoccupés par le recul de la banquise, les Européens semblent surtout soucieux de préserver leur part du gâteau libéré chaque jour davantage par ce phénomène. "Les ressources de la région pourraient contribuer à accroître la sécurité d'approvisionnement de l'UE en énergie et en matières premières en général", assure le document de la Commission, tout en soulignant sans complexe que "les industries européennes sont en première ligne en ce qui concerne l'élaboration de technologies permettant d'opérer de manière sûre et durable dans des conditions difficiles - que ce soit à terre, dans les zones côtières ou en mer".

FONTE DES GLACES

L'appétit européen n'est pas moins grand dans le domaine des transports maritimes, au moment où de nouvelles routes semblent s'ouvrir dans le Grand Nord. "Il est de l'intérêt de l'UE d'étudier et d'améliorer les conditions de l'introduction progressive de la navigation commerciale dans l'Arctique", relève la Commission. La fonte des glaces "devrait avoir pour effet de raccourcir considérablement la durée des traversées entre l'Europe et le Pacifique, d'économiser de l'énergie, de réduire les émissions (polluantes), de promouvoir les échanges et de délester les principaux axes de navigation transcontinentaux", justifie le document.
Enfin, l'UE considère que "de nouvelles zones peuvent devenir intéressantes pour la pêche du fait de l'amélioration de leur accès". Afin de limiter les excès, la Commission suggère d'imposer un moratoire dans les eaux arctiques non encore couvertes par un régime international de gestion de la pêche. Mais elle entend surtout oeuvrer pour la définition d'une convention lui permettant de pallier l'épuisement des stocks européens.

L'éthanol sous le feu de la crise et des critiques

L'éthanol sous le feu de la crise et des critiques
LE MONDE | 21.11.08 | 15h59
RIO DE JANEIRO CORRESPONDANCE
La crise financière s'était invitée à la première Conférence internationale sur les biocombustibles, qui s'est tenue à Sao Paulo du lundi 17 au vendredi 21 novembre, ternissant l'offensive diplomatique préparée durant de longs mois par le gouvernement de Brasilia.
Deuxième producteur mondial d'éthanol, élaboré à bas prix avec de la canne à sucre, le Brésil rêve d'imposer son agrocarburant sur le marché international, comme une matière première énergétique verte, et non comme une simple denrée agricole. Les autorités, qui vantent inlassablement les mérites de cette énergie renouvelable, espéraient que cette conférence pourrait, face aux 2 000 experts et responsables politiques venus de quarante pays, légitimer leur éthanol.
Mais en période de crise, et de pétrole moins cher, l'intérêt pour les agrocarburants est retombé, et le président Luiz Inacio Lula da Silva n'a finalement pas ouvert, mais seulement clôturé les débats, tandis que le président américain George Bush, un temps dont la venue était espérée en vertu de l'accord de coopération sur l'éthanol signé entre Brasilia et Washington en mars 2007, n'a jamais confirmé sa présence.
Aux cours des débats sur les biocarburants et le développement durable, la sécurité alimentaire ou les défis pour l'écosystème, les intervenants ont tous évoqué leur préoccupation face au délicat moment traversé par l'économie mondiale. "Cette crise peut aussi être une grande opportunité pour revoir nos paramètres, et s'engager dans un cycle nouveau basé sur les biocombustibles", a tempéré l'économiste franco-polonais Ignacy Sachs.
Alors que 30 milliards de dollars d'investissements étaient attendus dans le secteur dans les prochains mois, la puissante Union brésilienne des industries de canne à sucre tend la sébile à l'Etat. "Nous allons demander au gouvernement de nous aider à traverser ce moment difficile", a avoué Marcos Jank, qui estime que la moitié seulement des 200 groupes économiques du sucre au Brésil, survivra à la tourmente.
Pourtant, les études diffusées pendant la Conférence assurent que la production de biocarburants augmentera de 191 % d'ici à 2015. Les plantations de canne gagneront du terrain. D'ores et déjà, elles ont augmenté de 15,7 % en un an au sud du Brésil, selon l'Institut national d'études spatiales.
IMPACTS NÉGATIFS
La crise n'est pas le seul élément qui affecte les perspectives de l'éthanol. Réunis loin des salons feutrés de la Conférence, une centaine de représentants de mouvements sociaux brésiliens et étrangers, dont Via Campesina, ont dressé une liste des impacts négatifs de la canne à sucre, dont les risques d'une monoculture. Dans une déclaration finale remise aux responsables de la conférence, ces organisations soulignent notamment les menaces à la sécurité alimentaire mondiale, la production industrielle des agrocarburants entrant en concurrence avec les sols et l'eau destinés à l'agriculture vivrière.
"Les premiers signes du recul des aliments se notent déjà au Brésil", affirme Jean Marc von der Weid, spécialiste de l'agriculture familiale. Et il donne en exemple l'Etat de Sao Paulo, où se concentrent deux tiers de la production d'éthanol : la progression de la canne, entre 1990 et 2003, a fait reculer d'autant les surfaces de maïs, haricot noir, riz, blé, orangers, café et coton. "Les capitaux investis dans l'industrie du sucre misent sur les meilleures terres", estime ce consultant de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).
La canne repousse la frontière agricole vers l'Amazonie et inquiète les écologistes. Ils s'étonnent que le gouvernement n'ait toujours pas divulgué la carte délimitant les zones interdites aux plantations de canne à sucre, pour protéger la forêt tropicale. "Cet éthanol est le moins cher du monde, mais à quel coût humain ?", interroge l'avocat en droit du travail à Recife (Etat du Pernambouc), Bruno Ribeiro. Pour lui, "avec la connivence de l'Etat, les 500 000 coupeurs de canne connaissent la précarité d'un emploi saisonnier, parfois dans des conditions dégradantes et inhumaines". De janvier 2003 à octobre 2008, 6 779 personnes ont été "libérées" de contrats de travail forcé ; 5 174 ces vingt derniers mois. "Un esclavage moderne qui augmente dans le secteur du sucre et donc de l´éthanol", a dénoncé l´Eglise catholique du Brésil.
"Il y a un an, nos critiques étaient à peine écoutées, remarquait l'une des intervenantes du séminaire, Fatima Melo, de l'ONG Fase. Mais la crise démontre que le rythme de consommation d'énergie ne peut être soutenu, et que nous ne devons pas devenir le grenier d'agrocarburants des consommateurs européens ou américains."
Annie Gasnier

28.11.2008

Luc Jacquet : l'écologie est "une révolution philosophique"

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Les montagnes font disparaître le gaz carbonique

Les montagnes font disparaître le gaz carbonique
Par Jean-Luc Goudet, Futura-Sciences
En Himalaya, une équipe franco-américaine a découvert que les formations montagneuses stabilisent le cycle du carbone, se montrant très efficaces pour le figer durablement dans le graphite, qui retourne au fond des océans.
Si important soit-il pour le climat terrestre, le cycle du carbone, avec ses composantes atmosphériques, biologiques et géologiques, reste encore bien mal compris. Les rouages de ses mécanismes tournent à plusieurs vitesses jusqu'aux plus longues échelles de temps, où volcanisme, érection des montagnes et érosion sont les phénomènes dominants.
Les volcans émettent massivement du gaz carbonique (CO2) que la sédimentation incorpore, après passage par les êtres vivants, en calcaire, voire en pétrole ou en charbon. La formation des chaînes de montagnes enfouit de larges quantités de roches et de sédiments organiques en profondeur, où de fortes pressions et des températures élevées leur font subir de profondes transformations (c'est le métamorphisme). Pour l'essentiel, ce carbone organique piégé et cuit à point est transformé en graphite, cette matière noire organisée en feuillets. Enfin, l'érosion, par le vent et le ruissellement de l'eau, restitue une grande partie de ces roches à l'atmosphère et à l'océan, libérant une certaine quantité de ce carbone dit pétrogénique. « Une certaine quantité », oui, mais combien exactement ?

Dans les hauteurs de la vallée de la Kali Gandaki, une rivière venue des plateaux tibétains et dévalant jusqu'au Gange, en s'insinuant entre le massif des Annapurna et le Dhaulagiri. © INSU
Comment suivre le carbone de la Kali Gandaki au Gange
Sur ce cycle long qualitativement bien compris, il reste difficile de mettre des chiffres. Des géologues français du CNRS – Olivier Beyssac (ENS Paris), Christian France-Lanord (CRPG de Nancy) –, ainsi que Valier Galy (actuellement à la Woods Hole Oceanographic Institution), se sont attelés à la tâche en s'attaquant au cas de l'Himalaya, montagne jeune et en plein dynamisme. Depuis les hautes vallées népalaises jusqu'au golfe du Bengale en passant la vallée du Gange, ces scientifiques se sont faits trekkeurs et ont suivi sur plusieurs milliers de kilomètres les mécanismes d'érosion à l'œuvre entre les sources des rivières et l'océan Indien.
L'an dernier, l'équipe avait fourni ses premiers résultats : l'Himalaya et ses milliers de torrents envoient vers la mer un milliard de tonnes de sédiments organiques par an. De plus, les mesures effectuées dans le Golfe du Bengale depuis un navire océanographique allemand avaient montré que la quasi-totalité des sédiments charriés par les fleuves se dépose sur le fond océanique et y restera piégé jusqu'à l'enfouissement en profondeur.
Cette année, les mêmes auteurs présentent des résultats affinés et concernant le carbone pétrogénique. Les prélèvements successifs (des roches en altitude et des sédiments près de l'océan) ont été examinés au microscope électronique à transmission et en spectroscopie Raman. Dans l'article publié dans Science, les géologues indiquent que, de façon inattendue, le graphite est très peu altéré par le voyage. Parvenu intact à l'océan, il s'y diffusera pour sédimenter de nouveau. En revanche, les roches qui ont subi un métamorphisme moins efficace, devenues charbon ou kérogène (état intermédiaire entre roche et charbon), sont, elles, sévèrement attaquées par l'oxygène de l'air et leur carbone s'évade en grande partie dans l'atmosphère sous forme de gaz carbonique.
En pistant le 14C, les géologues ont déterminé qu'une proportion de 30 à 50% du carbone des roches himalayennes reste confinée dans le graphite, échappant au retour vers l'atmosphère. Cette graphitisation (un terme utilisé aussi par l'industrie) représente donc un mécanisme jusque-là sous-estimé de fixation du carbone dans un réservoir indépendant de l'atmosphère et ce à l'échelle des temps géologiques. Il ne reste plus aux auteurs qu'à parcourir les Alpes, les Andes et quelques autres massifs jeunes pour parfaire leurs résultats...

Obama veut mettre son pays au vert

ÉTATS-UNIS • Obama veut mettre son pays au vert

Les projets du nouveau président en matière d'environnement devraient bouleverser la donne écologique. Mais ils se heurteront à de nombreuses résistances.



Barack Obama
AFP


Sur des questions aussi diverses que le changement climatique, les produits chimiques toxiques et les Grands Lacs [d'Amérique du Nord], Barack Obama a des projets ambitieux qui permettraient de promouvoir des initiatives écologiques tout en inversant les réglementations favorables aux pollueurs et les décrets du président Bush et de ses conseillers. Contrairement à Al Gore, qui a rédigé un best-seller sur l'environnement mais a rarement abordé le sujet quand il a fait campagne pour la présidentielle en 2000, Barack Obama a souvent parlé d'écologie avant le 4 novembre, et il continue à le faire depuis son élection.

Le nouvel élu a annoncé son intention de prêter une oreille plus attentive aux conseillers scientifiques et aux spécialistes de l'environnement, que le gouvernement Bush avait coutume d'ignorer. "Je pense que nous devons nous attendre à du nouveau", estime William Reilly, responsable de l'Agence de protection de l'environnement sous la présidence de George Bush père. "Il s'est engagé à respecter l'avis des scientifiques, ce qui va rassurer beaucoup de gens, y compris ceux qui redoutent que les partisans de la réglementation ne se déchaînent." Dans un discours enregistré le 18 novembre devant un groupe de gouverneurs des deux camps, Barack Obama a expliqué que ses projets visant à relancer l'économie prévoyaient des avantages pour la création d'emplois liés à des sources d'énergie plus propres et à la construction d'automobiles moins gourmandes en carburant, ce qui serait évidemment profitable à l'environnement.

Il est probable qu'il reviendra dès son installation à la Maison-Blanche sur la décision du gouvernement Bush d'empêcher la Californie et dix-sept autres Etats de réglementer les émissions de gaz à effet de serre des voitures et des camions. Cette initiative contraindrait les constructeurs à produire des véhicules plus économes en carburant, ce qui est considéré comme une étape essentielle si l'on veut que le pays se débarrasse de sa dépendance à l'égard du pétrole importé. En annulant la politique de Bush, le nouveau président donnerait de l'élan à ses projets, qui visent également à limiter les émissions de dioxyde de carbone, principal gaz à effet de serre, et à autoriser les centrales, usines et autres pollueurs à faire commerce de leur quota d'émissions [conformément aux accords de Kyoto]. "C'est maintenant ou jamais qu'il faut relever ce défi", a-t-il lancé aux gouverneurs. "Il n'est plus question d'attendre. Et nous ne pouvons continuer à nier les causes du réchauffement. Les enjeux sont trop élevés, les conséquences potentielles trop graves", a-t-il ajouté.

Sous la présidence de Bush père, William Reilly avait supervisé la création d'un système de plafonnement et d'échange comparable, dit cap-and-trade, qui a nettement réduit la pollution par les pluies acides provoquées par les centrales thermiques. Lors de sa campagne de 2000, George W. Bush avait juré de mettre en place un programme de troc pour le dioxyde de carbone, mais il avait fait marche arrière après avoir pris ses fonctions. Avant l'élection, Barack Obama s'est dit en faveur d'une déclaration affirmant que les émissions de CO2 menacent le bien-être de l'humanité. D'après ses conseillers, sa politique viserait à associer les questions énergétiques et environnementales à la reprise économique. "Nous avons souffert à cause d'un gouvernement qui n'a pas eu l'intelligence d'utiliser l'énergie verte pour relancer l'économie", explique Howard Learner, directeur du Centre de politique et de droit environnemental de Chicago. "Le prochain président, lui, sait qu'une réorganisation de l'industrie automobile et la création de davantage d'emplois verts sont des mesures positives à la fois pour l'économie et pour l'environnement."

Quelle que soit l'identité de la personne à qui Obama confiera la défense de l'environnement, elle risque d'avoir à livrer de rudes batailles au Congrès pour faire passer les lois sur le changement climatique. Les mesures annoncées par Obama – come d'ailleurs celles annoncées par son adversaire républicain John McCain – devraient affecter l'ensemble de l'économie. Des groupes d'intérêt sont déjà occupés à négocier des clauses qui protégeraient certains secteurs. Sur la question de l'eau, les militants qui s'inquiètent pour les Grands Lacs se montrent optimistes. Ils sont persuadés que Barack Obama consacrera plus d'argent à nettoyer les sites contaminés, restaurer les zones humides côtières et améliorer les pêcheries. En 2005, le gouvernement Bush avait proposé un plan de 20 milliards de dollars [16 milliards d'euros] afin de restaurer et protéger la plus grande source d'eau douce du monde, avant de faire marche arrière. En tant que sénateur, Obama avait avancé ou soutenu plusieurs mesures pour nettoyer les Grands Lacs. Son chef de cabinet Rahm Emanuel, représentant démocrate de Chicago, a toujours défendu les Grands Lacs au Congrès. En tout cas, on peut être sûr que chaque changement de réglementation et chaque projet de loi sur l'environnement susciteront des négociations et des débats acharnés.


Michael Hawthorne
Chicago Tribune

27.11.2008

LE PRIX DE L EAU

Environnement
Un guide éclaire les nouveaux élus sur le prix et les modes de gestion du service public de l'eau et de l'assainissement
publié le 19 novembre 2008

Après les guides sur la gestion des services publics des déchets ou de l'énergie réalisés par Amorce, c'est au tour de l'Association des maires de France (AMF) de publier ce 19 novembre un guide destiné à éclairer les élus sur "l'économie des services publics de l'eau et de l'assainissement". Composé de cinq chapitres, ce livret d'une cinquantaine de pages a été réalisé en croisant diverses données et à partir d'une vingtaine d'entretiens menés avec des organismes institutionnels, des associations, des universités et des opérateurs publics ou privés du secteur. Le Bipe, un bureau d'études indépendant, a été associé à cette démarche originale de concertation. Le guide sera massivement diffusé la semaine prochaine, à l'occasion du Salon des maires et des collectivités locales. Il sera aussi posté aux mairies par le biais du réseau de l'AMF. Par ailleurs, il est complété par une brochure qui porte sur le même thème, mais de manière beaucoup plus succincte car destinée au grand public.
Selon Marc Reneaume, président de la Fédération professionnelle des entreprises de l'eau (FP2E), qui a co-piloté l'ouvrage, "ce guide est avant tout l'occasion de souligner que tous les services de l'eau sont des services publics locaux et d'expliquer pourquoi les coûts de service diffèrent selon les collectivités". "En effet, même s'il s'agit d'une compétence communale depuis plus de deux siècles, il persiste un déficit d'information qu'il convient de combler surtout à l'heure où 40% des maires entament depuis quelques mois leur premier exercice de mandat, où nombre de délégations de service public arrivent à échéance et où la nouvelle loi sur l'eau, la Lema, impacte au même titre que d'autres directives européennes sur la gestion de l'eau", complète Denis Merville, à la tête de la commission environnement de l'AMF.
S'il y a foison de littérature sur un tel domaine, ce document se distingue par son approche volontairement synthétique, pédagogique et par les illustrations graphiques qu'il décline en prenant toujours le soin de bien différencier, enjeu par enjeu, le versant de la distribution d'eau du service d'assainissement. "Et ce en vue de rappeler qu'au final, il s'agit bien là d'un service complet qui mobilise à chacune de ses étapes des infrastructures, des responsabilités, des modes de gestion et des coûts d'investissements différents", a précisé Catherine Barucq, chargée de cette étude au sein du Bipe. De même, les coûts de fonctionnement - qui incluent notamment un volet fiscal qu'il convient de ne pas mésestimer - sont synthétisés avec cette même volonté d'éclairer le lecteur par le biais d'exemples concrets et chiffrés. Nombre d'incompréhensions sur le prix de l'eau provenant du fait qu'on oublie que de 80 à 95% de son coût est représenté par des charges fixes, un effort d'explication est fait sur ce point. Quant aux écarts de coûts d'un service ou d'une collectivité à l'autre, ils font également l'objet d'un chapitre entier. La répartition des redevances et leur mode de calcul y sont détaillés. Enfin, ce document apporte aussi une nouveauté : une carte synthétisant, bassin par bassin, l'évolution 2008-2012 des redevances prélèvement et pollution des six agences de l'eau.



Morgan Boëdec / Victoires Editions

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