18.04.2009
Le défi du siècle: associer écologique et intensif
Le défi du siècle: associer écologique et intensif
Produire plus en respectant l'environnement, c'est le défi du XXIe siècle. Ici, culture de riz en Côte d'Ivoire. : Luc Gnago (Reuters)
La production agricole doit davantage utiliser les processus naturels si elle veut nourrir de plus en plus d'hommes tout en respectant mieux l'environnement.
Produire plus, mieux et moins cher. Tel est le défi que l'agriculture va devoir relever pour nourrir une planète en surchauffe et peuplée de 9 milliards d'habitants en 2050. Pour y parvenir, un nouveau concept est récemment né: l'intensification écologique.
« Il s'agit de mieux utiliser le fonctionnement écologique des écosystèmes pour la production agricole », explique Michel Griffon, un de ses théoriciens. Finie l'agriculture basée sur les engrais, la motorisation, les pesticides ou l'irrigation. « Toutes ces solutions qui ont eu une raison d'être à une époque sont aujourd'hui des contraintes », estime l'agronome qui est également directeur général adjoint de l'Agence nationale pour la recherche (ANR).
« Le labour va devenir de plus en plus coûteux en raison de la hausse programmée du baril de pétrole, et l'augmentation du prix des engrais va nous obliger à repenser la fertilisation », explique-t-il. En clair, la totalité des techniques de production agricole est à repenser. Mais comment ?
Le sol, c'est capital. Afin de limiter le recours aux engrais, l'utilisation de plantes dotées d'un système racinaire développé peut ainsi permettre de récupérer des nutriments du sol qui ont migré en profondeur. Autre technique possible : installer des rangées d'arbres au sein même des cultures de céréales (agroforesterie).
La luzerne comme herbicide. La lutte contre les « mauvaises herbes » ne passe pas obligatoirement par l'usage des herbicides. Semer de la luzerne sur une parcelle cultivée en blé peut efficacement « étouffer » les herbes indésirables. La lutte contre les insectes ou les maladies qui s'attaquent aux cultures s'ouvre à de nouveaux horizons. On sait d'ores et déjà que « mélanger les variétés pour mieux maîtriser le développement des maladies fongiques, ça marche. On ne perd rien, voire on augmente les rendements », affirme Thierry Doré, enseignant-chercheur à l'école d'ingénieur AgroParisTech. En outre, les propriétés de certaines plantes paraissent prometteuses : certaines d'entre elles inhibent la croissance de leurs voisines et ce, via des bactéries ou l'émission de substances. Les plantes recèlent de molécules inexploitées.
Des plantes insecticides. Selon Michel Griffon, 2 000 espèces de plantes auraient une activité insecticide, offrant à la recherche un formidable champ de travail. Même les phéromones, comparables à des hormones, sont intégrées à des scénarios de lutte à grande échelle. Ces substances chimiques peuvent servir à attirer les ravageurs dans une aire ciblée en vue de leur élimination. Une technique qui permettrait de limiter l'utilisation de pesticides à certaines zones.
Michel Griffon l'admet : certaines de ces idées sont futuristes. Mais au regard des défis, l'audace est devenue une nécessité.
Olivier-Imré BERTRAND.
OUEST FRANCE
04:29 Publié dans Agriculture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : loc maria plouzane









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