23.04.2009
A 20 euros la tonne, le papier recyclé ne pèse plus lourd
A 20 euros la tonne, le papier recyclé ne pèse plus lourd
6 avril 2009. - Tombée à 0 euro fin 2008, la tonne de papier recyclé a retrouvé une faible valeur sur les marchés de matières premières secondaires. Avec la crise, c'est toute l'industrie du déchet qui souffre.
"On ne peut pas dire que ça aille mieux", résume Claude Platier, porte-parole de la Fédération des entreprises du recyclage (Federec). Plus la crise se prolonge, plus les carnets de commande de l'industrie se vident, et avec eux, ceux des professionnels du recyclage. "L'offre de matières recyclées est aujourd'hui largement supérieure à la demande, car la demande est quasi-inexistante", précise-t-il. Conséquences : les stocks s'accumulent dans les filières, des bateaux chargés de matières premières sont renvoyés à leurs expéditeurs, les prix du papier, de la ferraille, du plastique et des autres produits recyclés dégringolent.
"Entre juillet et novembre 2008, le prix des ferrailles a été divisé par sept. Celui des papiers et cartons est carrément tombé à 0", rappelle Claude Platier. "On n'a jamais vu ça. D'un seul coup, tout s'est arrêté". Particulièrement dépendante de la construction automobile, du bâtiment, et de l'activité économique en général, l'industrie du recyclage navigue aujourd'hui sans repère ni perspective de sortie de crise.
"On conduit dans le brouillard", avoue Jean-Luc Petithuguenin, directeur général de la société Paprec (lire aussi Paprec a fait du chemin), l'un des poids lourds du secteur. "Si le cours du papier s'est stabilisé, ceux du plastique et des ferrailles continuent à baisser".
A plus de 100 euros il y a un an, la tonne de papier recyclé vendue en France oscille, selon les qualités, entre 10 et 20 euros aujourd'hui.
- "Nous serons les premiers à bénéficier de la reprise" -
De ce fait, la rentabilité et la survie de certaines entreprises de recyclage qui ont investi lourdement ces dernières années dans l'augmentation de leurs capacités de production sont en jeu. "La plupart de nos adhérents sont des PME. Certaines sont solides et peuvent faire le dos rond, mais d'autres connaissent de graves difficultés financières", affirme Claude Platier. La Federec s'emploie aujourd'hui à sauver ces sociétés de la faillite avec l'aide de la Mission de médiation du crédit, mise en place par l'Etat en novembre 2008.
La situation des marchés du recyclage a par ailleurs alerté la présidence tchèque de l'Union européenne. Dans une note adressée aux Etats membres, elle les encourage à maintenir les objectifs existants en matière de recyclage, en invitant les citoyens à ne pas se démobiliser et à continuer de trier, et étudie même la possibilité d'une réduction de la TVA pour certains produits à base de matériaux recyclés.
Mais lorsqu'on les interroge sur la nécessité d'un plan de sauvetage, la réponse des professionnels du recyclage surprend. "Toutes ces histoires d'aides ne mènent nulle part. Recycler, c'est vendre des matières premières. Pour cela, il faut que l'économie mondiale fonctionne", tranche Jean-Luc Petithuguenin. "Nous comptons davantage sur le redémarrage de la croissance dans les pays en développement que sur les soutiens de l'Etat", ajoute Claude Platier.
Tous deux restent convaincus du potentiel de l'industrie du recyclage, appelée à se développer sous l'effet conjugué de normes de plus en plus ambitieuses et d'une forte demande en provenance de pays comme l'Inde et la Chine. "Nous avons été parmi les premiers à sentir les effets de la crise, nous serons aussi les premiers à bénéficier de la reprise", assure Claude Platier.
Par François Schott
ECO LIFE
03:40 Publié dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : loc maria plouzane









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