23.04.2009

A Bonn, les pays riches appelés à en faire plus contre le réchauffement


A Bonn, les pays riches appelés à en faire plus contre le réchauffement

LE 08/04/2009
ASSOCIATED PRESS

Les pays industrialisés doivent s'engager à réduire davantage leurs émissions de carbone d'ici 2020 pour prévenir des catastrophes climatiques, a affirmé mercredi à Bonn un responsable de l'ONU alors que s'achevait une nouvelle phase de négociations internationales sur le réchauffement climatique.
De son côté, le chef de la délégation américaine, représentée pour la première fois par des membres de l'administration Obama, a appelé les négociateurs de 175 pays à penser sur le long terme et à ne pas se concentrer uniquement sur des objectifs de réduction de court terme difficiles à atteindre.
Les Etats-Unis préfèrent explorer des "voies" permettant d'atteindre un objectif pour le milieu du siècle à un objectif de court terme définitif, a précisé Jonathan Pershing. Les deux approches ne sont pas incompatibles, mais les négociateurs devront faire preuve d'habileté pour parvenir en fin d'année à un nouvel accord sur les émissions de gaz à effet de serre (GES) en remplacement du protocole de Kyoto, qui expire en 2012.
Ouverte le 29 mars, la conférence onusienne de Bonn a réuni 2.000 délégués de 175 pays pour tenter de faire avancer les négociations sur le nouveau traité post-Kyoto qui doit être conclu à Copenhague en décembre. Trois autres conférences de ce type, soit six semaines de négociations effectives, sont prévues d'ici décembre.
Au centre des débats: des objectifs de réduction des émissions, le financement de la lutte contre le changement climatique et l'aide aux pays pauvres, les plus vulnérables aux effets des changements climatiques.
A Bonn, les négociateurs ont accepté de manière informelle les conclusions du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), qui estiment que les pays industrialisés doivent réduire globalement leurs émissions de carbone de 25% à 40% d'ici 2020 pour éviter des changements catastrophiques.
Reste que les chiffres dont les négociateurs ont discuté jusqu'ici "sont encore loin de cette fourchette", a déploré Yvo De Boer, secrétaire exécutif de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC). "Plus d'ambition est clairement nécessaire de la part des pays industrialisés", a-t-il ajouté.
M. De Boer a noté que la Chine, l'Inde, le Mexique, le Brésil et l'Afrique du Sud avaient adopté des stratégies pour ralentir l'augmentation de leurs émissions, ajoutant qu'il était important politiquement de reconnaître ces efforts, "ce qui n'est pas le cas actuellement".
La position des Américains, qui cherchent à assouplir l'objectif recommandé de baisse des émissions pour 2020, traduit la difficulté pour les Etats-Unis de réduire rapidement leurs rejets de GES, que l'administration Bush avait refusé de réguler.
La ligne américaine pose problème pour les pays développés, notamment en Europe, qui ont pris des mesures pour réduire leurs émissions, et pour les pays en développement qui attendent un effort important de la part des Etats-Unis, estime Kim Carstensen, du Fonds mondial pour la nature (WWF).
Barack Obama a déjà annoncé un projet de réduction des émissions américaines de 17% d'ici 2020. Il souhaite que le Congrès américain adopte un programme de lutte contre les GES, qui pourrait selon lui aider à réduire les émissions de 80% d'ici 2050.
M. De Boer souligne que la promesse de Washington de s'engager pleinement dans les négociations a renforcé les attentes, et que la conférence de Bonn a permis de réduire certaines divergences, principalement sur des questions techniques.
Mais aucune avancée n'a été constatée sur les questions clés de l'adoption d'objectifs de réduction et sur la manière de collecter et distribuer les 100 milliards de dollars nécessaires chaque année pour aider les pays pauvres à faire face au changement climatique. "Nous avons besoin de progresser davantage maintenant", a souligné M. De Boer. AP

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