03.07.2009

Les politiques, élèves dissipés en écologie

Les politiques, élèves dissipés en écologie

Par Cécilie Cordier, publié le 17/06/2009 14:56 - mis à jour le 17/06/2009 17:03 L EXPRESS

Home, le film de Yann Arthus-Bertrand, était projeté ce mercredi 17 juin 2009 à l'Assemblée nationale. Tous les parlementaires invités ne sont pas venus. Et parmi les présents, l'attention n'était pas au plus haut...

Yann Arthus-Bertrand, un "éveilleur de consciences". C'est ainsi que Bernard Accoyer l'a présenté, ce mercredi 17 juin 2009. Le président de l'Assemblée nationale organisait une projection du film Home, dans la galerie des fêtes du Palais Bourbon. Installés sur des chaises plutôt inconfortables, face à un écran peu visible depuis le fond de la salle, les élus et ambassadeurs présents sont venus écouter la leçon d'écologie que leur a délivrée le réalisateur. Ceux qui ont répondu présents à l'invitation -familles comprises, ils étaient environ 200 - ont été attentifs. Ou presque. Des messages à envoyer, un dossier à étudier, des appels (urgents) à prendre, nombreux sont ceux qui ont navigué entre les images de Home et leur travail.

Inconfort ou impatience? L'agitation n'est en tout cas jamais vraiment retombée. L'attitude des politiques a de quoi surprendre. La diffusion de Home le 5 juin sur France Télévisions n'a-t-elle pas été accusée par certains responsables d'avoir influencé le résultats des européennes du 9 juin en faveur du rassemblement Europe-Ecologie?

Ce mardi soir, si les quelques têtes d'affiche du paysage politique -Jack Lang, Noël Mamère ou encore Fadela Amara, seule représentante du gouvernement- sont restées vissées à leurs chaises, dans la salle, les rangs ont été bousculés par les nombreuses sorties. Pour certains, pendus au téléphone et peu discrets, cela a commencé un quart d'heure après le générique de début.

SMS à envoyer et dossiers à lire

D'autres ont adopté la technique du SMS, qui n'est guère plus discrète, puisque l'écran s'illumine. Pas davantage efficace, le "je te rappelle" répété toutes les trois minutes par les plus prisés, qui recevaient de nombreux appels et n'ont pu suivre le discours du film. Plus habile, en revanche, la méthode de la lecture de dossier, stylo à la main: elle permet de faire croire à une prise de notes et laisse le temps de lever la tête pour approuver Yann Arthus-Bertrand, lorsqu'il présente Dubaï comme une aberration écologique.

"Il nous reste quelques années pour changer nos comportements", a martelé le réalisateur, avant de montrer ce qu'il appelle "le film de [sa] vie". Un film applaudi par ce qui restait de l'assemblée, après une heure et demie de projection. Mais un film qui, en délivrant son message écologique et politique, ne fait peut-être que s'ajouter à Une vérité qui dérange d'Al Gore et La 11e heure, le dernier virage de Leonardo di Caprio (respectivement projetés au palais Bourbon en 2006 et 2008). L'overdose d'écologie pourrait guetter les députés. Il faut dire qu'ils achevaient une journée durant laquelle ils avaient vu passer, en deuxième lecture, le projet de loi issu du Grenelle de l'environnement.

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