04.07.2009
Moi, Cécilie, petite abeille de 22 ans
Moi, Cécilie, petite abeille de 22 ans
Par Cécilie Cordier, publié le 18/06/2009 18:09 - mis à jour le 18/06/2009 19:05 L'EXPRESS
Pour comprendre les problèmes des abeilles, il faut les vivre. Petit tour dans un monde virtuel, élaboré à partir de données réelles: transformée en butineuse, je vous guide à travers les soucis quotidiens que nous rencontrons.
Ouvrez l'une des 1 300 000 ruches de France. J'y suis! Là, parmi les 20 000 à 60 000 abeilles qu'elle abrite. Et je vais vous servir de guide, grâce au simulateur conçu par des étudiants de l'Ecole supérieure d'informatique électronique automatique (Esia), Bee-Oh*. Assise devant l'écran qui fait défiler un paysage en trois dimensions, mes ailes dans les mains, je suis prête à accomplir ma mission: aller butiner une fleur d'hortensia, puis revenir à la ruche.
Pas facile, la vie d'abeille. Moi, née en hiver, je vivrai environ 120 jours. Mes copines nées en été n'auront droit qu'à 47 sorties avant de se faire manger par un prédateur. Mais le plus dur, pendant ce temps de vie, est de trouver de quoi se nourrir. A ma sortie de la ruche, pas de fleur d'hortensia. Je vais devoir voler pendant un certain temps avant d'en apercevoir une, à 75 mètres de mon lieu d'habitation. Pour me guider, je ne dispose que du bourdonnement de mes congénères, qui se dirigent elles aussi vers les fleurs à butiner. Autant dire qu'à 2 000 abeilles présentes dans cet univers virtuel de 150 mètres de diamètre, il va falloir arriver la première pour manger à ma faim.
Une mortalité sept fois trop élevée
La sous-nutrition et la mal-nutrition touchent une bonne partie de mes collègues de travail. Leurs conséquences sont tragiques, puisque la mortalité annuelle dans les colonies s'élève à 35 %, en moyenne (contre 5 % si la nutrition est normale). Nos rangs sont décimés. La faute à notre trop faible résistance à un parasite, le varroa. A votre échelle d'être humain, ce serait une tique grande comme une assiette. Le varroa nous transmet la maladie de la paralysie aiguë et celle des ailes déformées, fatales puisqu'elles nous empêchent d'aller bourdonner. Et si nous ne parvenons pas à nous en prémunir, c'est parce que notre nourriture n'est ni assez abondante ni assez nutritive. Les fleurs riches en pollen et en nectar se font rares ou ne sont pas plantées dans nos zones de butinage (jusqu'à huit hectares autour de notre ruche, en cette période pré-estivale).
Je bats toujours des ailes, pour me rendre à ma fleur d'hortensia. Je me fatigue, à devoir aller si loin. Il serait pourtant facile de mieux me nourrir et de sauver mes consoeurs. En consacrant 0,5 % des surfaces butinables à des plantations qui nous offrent une alimentation saine et suffisante (des jachères apicoles), vous, les hommes, nous apporteriez les deux tiers de notre nourriture.
La production de miel en chute
Après avoir butiné ma fleur enfin débusquée, il me faut retourner à la ruche. Le miel que vous savourez, c'est encore nous qui le fabriquons. D'ailleurs, notre production a chuté, au niveau national: de quelque 35 000 tonnes par an dans les années 1990, elle est passée à 15 000 tonnes. Car plus on meurt, plus il faut nous remplacer. Et celles qui prolifèrent ne produisent pas. On ne peut pas tout faire en même temps.
Il est temps de refermer la ruche. Après ce voyage dans le monde des abeilles domestiques, vous ne vous étonnerez pas que l'Union européenne et les parlementaires français commencent à s'inquiéter de notre sort. Les créateurs de Bee-Oh et le Réseau biodiversité pour les abeilles entendent désormais sensibiliser le public - en particulier les détenteurs d'un pouvoir de décision -, pour nous sauvegarder, nous aménager de petits espaces sains. Tout simplement pour que nous ne disparaissions pas. Croyez bien que vous êtes directement concernés. La plupart de vos fruits et légumes dépendent de notre travail de pollinisation. Sans abeilles, impossible, par exemple, de manger ce savoureux kiwi, dont la production dépend de nous à... 95 %.
(*) en anglais, bee signifie abeille. Le logiciel, mis au point avec la coopération de Philippe Lecompte, président du Réseau biodiversité pour les abeilles, se divise en trois applications: une destinée à se mettre dans la peau d'un agriculteur, une autre pour se mettre dans celle des apiculteurs et la dernière pour vivre la vie d'une abeille domestique.
04:19 Publié dans Agriculture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : loc maria plouzane
La BNP met ses banquiers à la microfinance
La BNP met ses banquiers à la microfinance
Par Anne DE MALLERAY
Ecolife.fr 17/06/2009
Grâce à la volonté d'un retraité de la BNP, la banque a développé un bénévolat de compétences pour apporter aux organismes de microcrédit l'assistance technique dont ils ont souvent besoin. Après avoir été directeur de territoire pendant 30 ans, dans sept pays différents, Benoît Monsaingeon, en redemande.
Fraîchement retraité, il crée en 2007 Microfinance sans frontières, une structure bénévole au sein de BNP Paribas, sur l'un des sujets qui monte: le microcrédit. "Emmanuel de Lutzel, aujourd'hui responsable du pôle microfinance de BNP, était en train de vendre l'idée de la création d'un système de refinancement des instituts de crédit au comité exécutif de la banque. Nous avons eu l'idée de monter une activité bénévole en lien avec ce sujet", souligne Benoît Monsaingeon.
Sans appui logistique ni financier, il utilise ses contacts à l'étranger pour tisser des partenariats avec des institutions de microfinance (IMF). "Si l'argent est nécessaire, le secteur de la microfinance est avant tout à la recherche de compétences. Avec Microfinance sans frontières, nous proposons une assistance technique au cas par cas. Les IMF me font part de leurs besoins et je leur adresse un bénévole qui a les compétences nécessaires". L'association puise dans le vivier des employés de BNP.
Microfinance sans frontières: Une arme de séduction
"L'idée a plu immédiatement", souligne Emmanuel de Lutzel. "L'association des anciens de BNP s'est trouvé une nouvelle raison d'être". 70 bénévoles se sont mis à la disposition de Benoît Monsaingeon, qui s'est improvisé chasseur de tête pour les IMF partenaires. "Nous avons commencé à mener des missions en 2008, en Syrie, au Niger, à Madagascar ou encore au Mali. Elles font appel à toutes sortes de compétences, organisation, informatique, contrôle, audit interne, formation, logistique...". Certaines sont courtes, entre huit et quinze jours, d'autres, plutôt réservées aux retraités, demandent un engagement de plusieurs années. "J'étais il y a deux mois en Ouganda pour représenter un fonds d'investissement français et je pourrais être amené à y retourner régulièrement dans l'avenir. L'objectif est économique et social. Je dois suivre l'investissement du fonds et contrôler que le développement des opérations se fait selon des objectifs de bien social", raconte Benoît Monsaingeon. "Il ne faut pas oublier que la microfinance ne peut se développer que si elle génère des bénéfices."
Pour la BNP, Microfinance sans frontières, est devenue une arme de séduction. "50% des employés qui se sont portés volontaires ont entre 25 et 35 ans. Microfinance sans frontières est un moyen pour la banque de montrer son engagement social et convaincre des jeunes, qui, de plus en plus, cherchent une dimension autre que le profit pour s'engager dans une entreprise", souligne Benoît Monsaingeon. En septembre, un poste sera créé pour remplacer le directeur bénévole. Un signe, selon lui, que la BNP prend conscience de l'intérêt du sujet. "Au-delà de l'aspect bénévolat, le microcrédit représente un marché de près de deux milliards de clients potentiels sur lequel nous avons tout intérêt à nous positionner", estime-t-il. Depuis 40 ans que la microfinance existe, elle a su faire la preuve de son bénéfice social, mais aussi de son intérêt économique. Elle touche aujourd'hui 150 millions de clients dans le monde avec une croissance de 30% par an.
03:42 Publié dans Finances | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : loc maria plouzane
Projet solaire à 400 milliards d'euros dans le Sahara
Projet solaire à 400 milliards d'euros dans le Sahara
De notre correspondant à Berlin, Patrick Saint-Paul
17/06/2009 | Mise à jour : 13:50 LE FIGARO
Selon les prévisions, les premiers foyers allemands doivent être approvisionnés en électricité africaine d'ici à dix ans. Crédits photo : ASSOCIATED PRESS
Une vingtaine de très grands groupes allemands vont créer un consortium en vue de développer le plus vaste champ de panneaux photovoltaïques de la planète.
![]()
Le projet est pharaonique, aussi bien par la démesure des investissements prévus que par les objectifs fixés. Une vingtaine de grandes entreprises allemandes songent à lancer le plus ambitieux programme de production d'énergie verte jamais imaginé. Bientôt réunies au sein d'un consortium baptisé Desertec, ces entreprises veulent faire de l'Allemagne le champion incontesté de la lutte contre le réchauffement climatique en accomplissant un vieux rêve : transformer le soleil qui inonde les sables du Sahara en électricité.
Les experts estiment à 400 milliards d'euros, l'équivalent d'une centaine de centrales nucléaires de nouvelle génération, le montant des investissements nécessaires sur une période de quarante ans. À elles seules, les méga-installations solaires coûteraient quelque 350 milliards d'euros. Le reste serait utilisé pour construire un réseau haute tension reliant l'Afrique au continent européen, afin de transporter l'énergie produite. Selon les prévisions, les premiers foyers allemands doivent être approvisionnés en électricité africaine d'ici à dix ans. Les initiateurs du projet estiment qu'ils pourraient être en mesure de produire 15 % de l'énergie consommée en Europe d'ici à quinze ans.
L'assureur bavarois Munich Re confirmait, mardi, avoir distribué les invitations pour une réunion de lancement du projet le 13 juillet à Munich. Parmi les entreprises fondatrices du consortium, Deutsche Bank, E.ON, RWE et Siemens ont d'ores et déjà confirmé leur participation. Plusieurs ministères allemands, des responsables de la Commission européenne et du Club de Rome participeront à la réunion de lancement.
Risques politiques
«Nous voulons lancer cette initiative, afin de pouvoir poser sur la table des plans concrets d'ici deux à trois ans, a expliqué Torsten Jeworrek, président du conseil de surveillance de Munich Re à la Süddeutsche Zeitung. Nous sommes très optimistes quant à la participation de l'Italie et de l'Espagne. Nous avons aussi reçu des signaux encourageants d'Afrique du Nord.» Il doute d'une éventuelle participation française, car «la France continue de miser très fort sur l'énergie nucléaire».
Les représentants de Siemens sont enthousiastes. «Desertec est un projet visionnaire et très excitant. Une surface de 300 kilomètres sur 300 kilomètres dans le Sahara, équipée de miroirs paraboliques suffirait pour couvrir les besoins en énergie de la planète entière», explique-t-on chez Siemens.
Torsten Jeworrek juge qu'«à long terme le réchauffement climatique est un problème plus inquiétant que la crise financière». D'après lui, le coût pesant sur les compagnies d'assurances lié aux catastrophes naturelles provoquées par le réchauffement climatique augmente de 3 à 4 % par an et deviendra insupportable à terme. En 2008, l'indemnisation de ces catastrophes a coûté 200 milliards de dollars aux assureurs.
Solarworld, numéro un allemand de l'énergie solaire, reste sceptique quant à l'issue d'un tel projet. «Si l'on construit des centrales solaires dans des pays aux régimes politiques instables, estime son patron Frank Asbeck, on entrera dans le même système de dépendance qu'avec le pétrole.»
03:37 Publié dans Energie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : loc maria plouzane
Petits métiers green deviendront grands
Petits métiers green deviendront grands
Par Marie VARASSON
Eco-life.fr
Encore méconnus du grand public, les métiers verts sont plébiscités par de plus en plus d'entreprises en France. L'énergie solaire, par exemple, n'en finit plus de créer des emplois dans l'Hexagone, et les écoles d'ingénieur préparent leurs futurs diplômés aux métiers en rapport avec le développement durable. Focus sur l'un des secteurs les plus porteurs du moment.
Sur les sites d'emplois spécialisés ou généralistes, les "recherches de responsables commerciaux marché photovoltaïque, d'ingénieurs traitement des eaux, ou de chargés d'étude énergie et éco-construction" ne désemplissent pas. "Les métiers les plus recherchés restent ceux qui apportent une expertise technique et une vision globale des enjeux", explique Henri Micheron, fondateur de Quadra, chasseur de têtes spécialistes des métiers verts. Certains métiers de terrain, comme la gestion de l'eau, exigent une grande polyvalence et des compétences à la fois cérébrales et physique. "Il faut savoir faire fonctionner une station d'épuration, réparer les canalisations défectueuses et réaliser des calculs compliqués qui engagent le bon fonctionnement des installations", raconte Jean-François Donzier, directeur de l'Office international de l'eau.
Grand pourvoyeur d'emplois verts ces derniers années, le solaire (surtout photovoltaïque) a recruté 4 000 personnes en France en 2008 et devraient en compter 1 500 de plus en 2009. Ce nombre total d'emplois directs est quatre fois supérieur à celui de 2004, selon le syndicat des énergies renouvelables (SER). En France, plus de 180 sociétés s'affairent à la production des installations et "le recrutement d'une main d'oeuvre plus ou moins qualifiée est essentiel à leur développement", explique André Antolini, président du syndicat des énergies renouvelables.
Dans les écoles d'ingénieur, la crise de l'emploi n'effraie pas autant qu'en finance. "Pour répondre à la demande des entreprises, nous avons choisi de spécialiser nos ingénieurs dans les trois secteurs les plus porteurs que sont l'énergie, le management environnemental et les technologies propres", précise Jean-Luc Beaugrand, directeur des études de l'Institut européen d'administration des affaires (INSEAD). "Ils ne rencontrent d'ailleurs pas de gros problèmes pour trouver un job à la sortie". Spécialistes des énergies, de la gestion de l'eau, de l'agriculture durable, des transports ou des déchets, ces jeunes diplômés experts touchent entre 31 000 et 80 000 euros annuels bruts, tandis qu'un poseur de panneaux solaires gagne environ 25 200 euros brut par an.
Les experts de la dépollution seront parmi les plus courtisés dans les années à venir
Avec l'émergence de nouveaux modes de consommation, les métiers durables promettent d'évoluer encore. "La gestion individualisée des réseaux électriques ou la restructuration du secteur automobile nécessitent une évolution des postes. Nous ne savons pas encore clairement ce qu'ils seront", analyse Fabien Hillairet, spécialiste des questions de financement de projets dans le secteur des énergies renouvelables. De nombreuses professions existantes, comme plombier, électricien, ou métallurgiste, seront transformées et redéfinies en fonction de l'écologisation des qualifications et des méthodes de travail. En plein essor, le marché des SmartGrid n'a pas encore dévoilé toutes ses applications. Au sein des plus grandes compagnies d'électricité américaines, le personnel est désormais formé au conseil en gestion d'énergie. Une goutte d'eau dans la mer? Pas si sûr, quand on sait que les investissements dans le secteur des SmartGrid devraient atteindre 65 milliards de dollars en 2013.
Très prometteuses, les technologies propres attirent l'oeil de nombreuses formations. "Le traitement de l'air, des sols et des déchets promettent de se développer encore dans les prochaines années", analyse Jean-Luc Beaugrand. Les pays émergents ont un besoin crucial de restaurer leur environnement. Experts de la dépollution, techniciens et ingénieurs, seraient parmi les plus courtisés dans les années à venir.
Sur le site d'emploi Monster.fr, plus de 700 postes répondent à la recherche "métiers de l'environnement". Tandis que de nombreuses conférences dédiées au marché de la finance ont été annulées, le Salon de l'environnement et des métiers durables ouvre ses portes les 17, 18 et 19 juin prochains, fort de plus de 150 professionnels-exposants du secteur.
03:28 Publié dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : loc maria plouzane








