31.07.2009
Les tracas de la pomme de terre primeur
Les tracas de la pomme de terre primeur
Par Julie Saulnier, publié le 13/07/2009 17:00 - mis à jour le 13/07/2009 17:04
La pomme de terre primeur est menacée de disparition face à la concurrence de la pomme de terre de conservation. C'est le message d'alerte des producteurs. Détails.
La pomme de terre primeur va-t-elle disparaître? C'est ce que redoutent les producteurs de cette pomme de terre de luxe. "Quand on évoque sa mort annoncée, c'est pour nous une réalité", déplore André Minguy représentant de la section bretonne des producteurs.
En dix ans, la production française de pommes de terre primeur est en effet passée de 150 000 à 45 000 tonnes. Une chute vertigineuse que les défenseurs de la pomme de terre primeur attribuent à l'omniprésence de leur vieil ennemi, la pomme de terre de conservation. Un duel acharné oppose aujourd'hui les producteurs respectifs des deux types de tubercule.
La différence de goût
La primeur, plus sucrée, est vendue le lendemain de sa récolte. C'est ce qu'on appelle un produit frais. La pomme de terre de conservation est présente toute l'année dans les rayons des grandes surfaces grâce à son stockage dans des installations frigorifiques. Pour Gaétan Gendron, producteur de pommes de terre primeur à Noirmoutier, elle est "déshydratée et traitée aux anti-germinatifs". La qualité dégustative de chacune serait incomparable.
La différence de prix
Leur prix est tout autant incomparable. Alors que les "vieilles" pommes de terre coûtent moins d'un euro le kilo, les pommes de terre primeur peuvent atteindre des prix exorbitants. La "bonnotte", célèbre pomme de terre primeur de l'île de Noirmoutier, se vend même aux enchères faisant monter les prix jusqu'à 450 euros le kilo!
L'année de récolte de la pomme de terre devrait être directement incrite sur son sachet selon les producteurs.
Une rude concurrence
"Les acheteurs (grandes surfaces) de tubercules ne se préoccupent pas de la variété de pommes de terre qu'ils achètent et qu'ils proposent à leurs clients, confie Gérard Semelin, directeur de la coopérative agricole de Noirmoutier. Ils choisissent les moins chères, un point c'est tout." Produite uniquement entre la mi-avril et la mi-août, la pomme de terre primeur est plus chère à cultiver que la pomme de terre de conservation. Avec la chute des ventes, les producteurs accumulent les dettes.
Les solutions envisagées
Pour contrer cette concurrence qu'ils estiment abusive, les producteurs ont avancé des "pistes" de réflexion comme limiter la période de vente de la pomme de terre de conservation par un arrêté de commercialisation. Gérard Semelin propose également de responsabiliser le consommateur en indiquant l'année de récolte de la pomme de terre directement sur son sachet. "C'est essentiel! Les consommateurs sont mal informés, il faut pouvoir leur donner le produit frais qu'ils méritent." Des hypothèses qui seront évoquées à l'automne prochain lors de discussions entre producteurs de pommes de terre primeur, producteurs de pommes de terre de conservation et représentants de la distribution.
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Quand l'Europe se chauffera au soleil du Sahara
Quand l'Europe se chauffera au soleil du Sahara
LE MONDE | 13.07.09 | 09h17 • Mis à jour le 13.07.09 | 10h02
Convertir le soleil des déserts en électricité : c'est autour de cet ambitieux projet que devait se constituer, lundi 13 juillet, à Munich (Allemagne), un consortium sous l'égide du réassureur allemand Munich Re. Les entreprises fondatrices – parmi lesquelles le conglomérat Siemens, les électriciens Eon et RWE, et la Deutsche Bank – réfléchissent à la construction d'une centrale solaire géante, dans le nord de l'Afrique et du Proche-Orient, qui permettrait d'approvisionner l'Europe en énergie propre.
Cette initiative industrielle s'appuie sur le projet Desertec, développé par la branche allemande du Club de Rome, une organisation non gouvernementale spécialisée dans le développement durable. D'après ce concept, des installations solaires thermiques réparties sur plusieurs milliers de kilomètres carrés en plein désert pourraient couvrir jusqu'à 15 % des besoins en électricité européens d'ici à 2025, avec des premières livraisons dans dix ans. Coût estimé : 400 milliards d'euros sur une période de quarante ans, selon les calculs du Centre aéronautique et spatial allemand (DLR).
L'idée est fortement soutenue par le gouvernement allemand : "Ce projet visionnaire présente un fort potentiel pour accroître la coopération régionale à travers toute l'Afrique du Nord, entre des Etats qui ont toujours des frontières fermées", a défendu, vendredi 10 juillet, Frank-Walter Steinmeier, le ministre des affaires étrangères.
"PLANS CONCRETS D'ICI À DEUX À TROIS ANS"
L'enthousiasme est même plus large. Lors d'une récente conférence réunissant des cadres du secteur énergétique, la chancelière allemande, Angela Merkel, et le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, ont eux aussi fait l'éloge de l'initiative Desertec.
Pour les nouveaux partenaires industriels, il s'agit maintenant d'en étudier la faisabilité. "Non pas tant d'un point de vue technique que politique et économique", précise-t-on chez Munich Re. L'un des principaux défis consiste à sécuriser ces investissements colossaux, notamment grâce à d'éventuelles aides publiques, allemandes ou européennes. Sous forme de prix garantis, par exemple.
"Nous espérons pouvoir présenter des plans concrets d'ici à deux à trois ans", dit-on chez l'assureur. Dans l'intervalle, le consortium souhaite s'élargir à d'autres entreprises européennes et du bassin méditerranéen. Sont d'ores et déjà associés aux négociations le conglomérat suisse ABB, l'espagnol Abengoa Solar, ou encore le groupe algérien Cevital.
A ce stade, le projet soulève encore beaucoup de questions. Concernant l'implantation des sites d'abord. Sceptiques, certains industriels ont pointé le danger de construire des centrales dans des régions aux régimes politiques instables. "On pourrait avoir le même problème de dépendance qu'avec le pétrole", a, par exemple, estimé Frank Asbeck, le PDG du fabricant allemand de panneaux solaires Solarworld. Et que se passera-t-il en cas de guerre ou d'attaques terroristes ? s'est interrogé à son tour le patron de l'électricien Vattenfall, Lars Josefsson.
"Tout ne sera pas regroupé au même endroit, rétorque Hans Müller-Steinhagen, directeur du DLR, étroitement associé au projet. Le concept initial prévoit de répartir les installations solaires dans différents pays et d'exploiter pas moins d'une vingtaine de lignes à haute tension. Ainsi on minimise les risques."
"RÉPONDRE AUX BESOINS ÉNERGÉTIQUES DES PAYS DU SUD"
Outre le débat géopolitique, le projet prête aussi le flanc à la critique au plan éthique, puisqu'il vise à exporter une partie de l'électricité produite vers l'Europe. "Le problème prioritaire, c'est de répondre aux besoins énergétiques des pays du Sud", souligne Houda Ben Jannet Allal, directrice du développement stratégique à l'Observatoire méditerranéen de l'énergie (OME), qui regroupe les principales compagnies énergétiques de la région.
A l'exception de l'Algérie, de l'Egypte et de la Lybie, qui disposent de ressources fossiles, les pays du Sud de la Méditerranée sont en situation de dépendance énergétique. Selon certains scénarios, leurs besoins vont augmenter de 70 % dans les vingt ans à venir. Avec un fort impact sur les émissions de CO2 de ces Etats, déjà parmi les plus menacés par les risques de désertification et de pénurie d'eau liés au changement climatique.
Même si le soleil est une ressource illimitée, fait remarquer Mme Ben Jannet Allal, les sites les mieux adaptés à l'installation de centrales ne seront plus disponibles pour ces pays, le jour où ils posséderont leur propre technologie solaire. L'OME considère que Desertec doit s'inscrire dans un programme plus fédérateur, privilégiant l'efficacité énergétique dans les pays du Sud et mixant toutes les filières renouvelables, photovoltaïque et éolien compris. A l'instar du Plan solaire Méditerranée qui, dans le cadre de l'Union pour la Méditerranée (UPM), prévoit de produire dans cette zone 20 gigawatts à partir d'énergies renouvelables, à l'horizon 2020.
Les responsables du consortium affirment, au contraire, poursuivre une stratégie qui profite à tout le monde. "Cela ne peut fonctionner que dans un rapport de réciprocité", expliquait, fin juin, Peter Höppe, en charge du département de recherche sur les risques naturels chez Munich Re. "Selon moi, les centrales devront d'abord servir à combler les besoins de ces pays. L'Europe ne serait approvisionnée qu'ensuite", précisait-il.
D'autant que le potentiel énergétique des déserts du nord de l'Afrique est considérable. Selon les experts de Siemens, une surface de 300 kilomètres carrés au Sahara, équipée de miroirs paraboliques, suffirait théoriquement à couvrir les besoins en énergie de la planète entière.
Pierre le Hir et Marie de Vergès (à Berlin)
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Les fusions de demain se préparent dès aujourd'hui
Les fusions de demain se préparent dès aujourd'hui
publié le 10 juillet 2009 LOCALTIS
Dans le cadre des évolutions de l'intercommunalité voulues par le gouvernement, la procédure de fusion tiendra une place majeure. Ou comment parvenir à des communautés plus intégrées aux périmètres plus vastes. Mais un bon projet de fusion ne s'improvise pas. Ceux qui ont déjà procédé à l'exercice mettent en garde les candidats : il faut une forte volonté politique et beaucoup de méthode.
La carte de l'intercommunalité va connaître dans les deux années à venir de profondes évolutions, l'objectif du gouvernement étant, d'une part, que toutes les communes soient membres d'un groupement et, d'autre part, que les périmètres soient mieux définis. La Cour des comptes avait souligné dès novembre 2005 l'absence de pertinence de certains périmètres, jugés soit peu cohérents, soit trop étroits. Suite à ces critiques, une première étape de rationalisation avait débuté en 2006. C'est la seconde étape que s'apprête aujourd'hui à lancer le gouvernement. Les intercommunalités dites "défensives", qui se sont construites seulement par opposition à une autre intercommunalité, parfois dans le seul but de continuer à maîtriser les recettes de taxe professionnelle, sont notamment dans son collimateur. Les fusions de communautés devraient dans ce contexte faire l'objet d'un regain d'intérêt. Depuis 2004, 35 communautés ont vu le jour par cette voie, le plus souvent par la fusion de deux communautés. Un bilan somme toute modeste. Mais à l'avenir, les fusions seront favorisées par une procédure rendue plus simple par le futur projet de loi de réforme des collectivités territoriales (lire notre article du 3 juillet 2009 ). Elles seront parfois aussi peut-être imposées par un préfet doté de superpouvoirs au cas où la concertation locale n'aboutirait pas.
Mariage de raison
Même si le renforcement des pouvoirs des préfets peut les rebuter, les présidents de communauté partagent assez naturellement les objectifs du gouvernement. Interrogés par l'Assemblée des communautés de France (ADCF) au lendemain des élections municipales, ils étaient 55% à estimer que le périmètre de leur communauté devait évoluer. Et 37% envisageaient, le cas échéant, d'en passer par une fusion.
Ce mariage de raison consacre l'union de deux communautés - ou plus - qui recouvrent souvent un même bassin de vie. C'est ce dont ont témoigné plusieurs responsables intercommunaux lors d'une rencontre organisée le 1er juillet à Paris par l'ADCF et Mairie-conseils (Caisse des dépôts). En Seine-Maritime, l'effacement à partir du 1er janvier 2008 de trois communautés de communes au profit de la communauté Caux-Vallée-de-Seine offrait notamment "le moyen de mieux répartir les ressources fiscales", a par exemple indiqué Vincent Pierrard, responsable du projet communautaire.
Qui dit mariage de raison ne dit pas forcément mariage d'argent. En tout cas, rares sont les communautés qui se sont unies pour la dot, même si les intéressées reconnaissent que la fusion a généré un supplément de ressources. L'argument le plus souvent évoqué par les dirigeants de communautés interrogés à l'automne dernier par l'ADCF est tout simplement le souhait de parvenir à un territoire plus vaste. Parfois, comme à Dole dans le Jura, la fusion débouche, grâce au dépassement de certains seuils de population, sur la création d'une communauté d'agglomération, synonyme de reconnaissance accrue auprès des partenaires.
Anticiper
Quoi qu'il en soit, la fusion tire toujours l'intercommunalité "vers le haut". La nouvelle entité se voit en effet obligée de prendre en charge les compétences obligatoires et optionnelles initialement exercées par le groupement le plus intégré. Et sur le plan fiscal, la présence d'un groupement à TPU dans le couple qui s'unit amène obligatoirement le nouveau groupement à adopter ce régime fiscal.
Malgré l'intérêt qu'il peut y avoir à tirer d'une fusion, il est nécessaire que les élus fassent preuve d'une "forte volonté". Car il faut qu'ils parviennent à un accord sur la refonte des organigrammes - qui peut mener certains dirigeants vers la porte de sortie -, sur le nom du président ou encore sur le lieu du siège administratif. Autant de questions qui peuvent faire échouer le projet si elles ne sont pas résolues.
En outre, la démarche de fusion définie par la loi du 13 août 2004 est "complexe et exigeante", nécessitant "un travail d'anticipation et de méthodologie de projet", avertit Damien Christiany, expert associé à Mairie-conseils. Des simulations sont donc indispensables pour trouver la solution la plus adaptée, notamment en matière de taux et d'intégration fiscale. Il est aussi fortement recommandé de communiquer largement sur le projet et ses conséquences, tant auprès des élus, des habitants que des agents publics concernés.
Thomas Beurey / Projets publics
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Grenelle de la mer : un plan pour développer les énergies "bleues"
Grenelle de la mer : un plan pour développer les énergies "bleues"
publié le 10 juillet 2009 LOCALTIS
Le Grenelle de la mer est entré ce 10 juillet dans sa phase finale avec la réunion des tables rondes associant les représentants de toutes les parties prenantes - Etat, patronat, syndicats, collectivités locales et associations écologistes - en présence de Jean-Louis Borloo, ministre de l'Ecologie, et de Chantal Jouanno, secrétaire d'Etat chargée de l'Ecologie. A partir de la synthèse de la consultation du public, qui vient de s'achever, l'objectif est de procéder aux arbitrages définitifs devant déboucher sur une série d'engagements permettant d'élaborer une stratégie nationale de la mer et du littoral qui s'inscrive clairement dans une perspective de développement durable.
Le processus, lancé en avril dernier, a généré plus de 600 propositions de la part des différents acteurs. Devant la densité des sujets, les débats commencés le 10 juillet pourraient se poursuivre dans les prochains jours, a averti Jean-Louis Borloo. En outre, le chef de l'Etat devrait prononcer un discours sur les ambitions maritimes de la France lors d'un déplacement au Havre le 16 juillet.
Les premiers arbitrages rendus ce 10 juillet ont porté sur la fragilité des écosystèmes de la mer, son potentiel économique et la gouvernance des activités qui lui sont propres.
L'Outre-mer en pointe pour les énergies marines
Parmi les mesures intéressant les collectivités, relevons qu'un "plan énergies bleues" a été acté. Objectif : un développement des énergies marines à hauteur de 6.000 mégawatts d'ici 2020. Le caractère "urgent" de ce plan a été mis en avant. Dès lors, des premières actions concrètes débuteront dès 2012. Un site pilote de développement sera créé dans chaque collectivité de littoral concernée par ce potentiel énergétique. Une enveloppe de 50 millions d'euros mobilisée sur le fonds démonstrateur de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) sera affectée en vue de financer ces actions. Et un centre de compétences sera créé, "un peu sur le modèle écossais", a précisé Jean-Louis Borloo. "Ces projets concernent tout particulièrement l'Outre-mer, où un accord a été trouvé pour viser 50% d'autonomie énergétique dans chaque Dom, la Réunion étant d'ores et déjà en bonne voie pour y parvenir, a ajouté le ministre. Ils vont aussi permettre de créer au plus vite trois sites d'hydroliennes, avec un appel à projets lancé dès 2010, mais aussi de développer des éoliennes flottantes et des installations produisant de l'énergie à partir de la houle". Denez Lhostis, représentant de la fédération France nature environnement (FNE), a salué ce consensus trouvé sur les énergies marines.
Sur un autre enjeu auquel les territoires et acteurs locaux seront associés, aux côtés des pouvoirs publics, entreprises, organisations syndicales et ONG ayant fait pression sur le sujet, il a été décidé de mettre en place une véritable filière française de démantèlement des navires en fin de vie, tant pour les flottes civiles que militaires. Quant aux "ports du futur", ils seront écocertifiés et éventuellement développés en off-shore, une solution qui reste à étudier.
Par ailleurs, un consensus a émergé sur les aires marines protégées. Il s'agit de faire à terme de la moitié de ces aires des réserves de pêche et des zones de préservation des ressources halieutiques, avec un passage progressif à 10% d'entre elles d'ici 2012, puis 20% en 2020. "Une dizaine d'aires seront donc classées très vite zones sensibles", a précisé le ministre de l'Ecologie. "C'est une bonne nouvelle à condition de ne pas atteindre ces quotas dans le seul but de les remplir, mais bien de le faire en se souciant de la cohérence territoriale et biogéographique", a ajouté Sébastien Genest, président de FNE. Selon des représentants de Greenpeace, ces outils de gestion que sont les aires marines fonctionnent déjà bien dans certaines régions comme la Corse et la Bretagne. Il s'agirait donc de s'en inspirer tout en prolongeant plus pleinement cette démarche.
Autre nouveauté : la création d'une agence nationale de l'archipel de France a été actée. Selon David Guyomard, chargé de mission au Comité national des pêches maritimes et des élevages marins de la Réunion, la création de cette structure dont il reste à préciser les contours et missions serait "une chance pour le développement des capacités et de l'innovation en Outre-mer". Cette agence permettrait en effet de mieux "fédérer, mutualiser et optimiser les initiatives prises dans nos territoires vis-à-vis de leurs bassins océaniques et maritimes".
Enfin, au sujet de la pollution de la mer par des macrodéchets, dont le statut légal reste à ce jour flou, un certain consensus a également pointé, sans que des engagements clairs ne soient néanmoins pris. "Il le faudrait afin que le traitement de ces déchets ne soit plus supporté par les seules communes du littoral, alors même que ces déchets peuvent venir des terres, a précisé Cendrine Templier, directrice adjointe de la Surfrider Foundation. D'autant qu'une directive européenne est en cours visant à faire reconnaître que ces macrodéchets sont une pollution et donc deviennent, à ce titre, un critère de bon ou mauvais état écologique des eaux."
Morgan Boëdec / Victoires Editions avec Anne Lenormand
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Mer. Un Grenelle bien iodé
Mer. Un Grenelle bien iodé
11 juillet 2009 LE TELEGRAMME
Développer les énergies marines, créer une filière de démantèlement des navires, encourager la construction de cargos «propres»: ce sont quelques-unes des 600 propositions qui ont émergé du Grenelle de la mer. Au final, Nicolas Sarkozy devrait annoncer celles qu'il retient jeudi.
Développer les énergies marines.
Utiliser la houle, les marées, le vent, les courants et les différences de température entre la surface de la mer et le fond pour produire de l'électricité: c'est l'un des objectifs de ce grenelle de la mer. Un «plan énergie bleue» va être lancé et sera financé par l'Ademe. Avant 2020, le but sera de produire 6.000MW. Des installations pilotes vont être installées dans les Dom-Tom: trois sites d'hydroliennes, un site d'éoliennes flottantes, deux projets d'houlomotrices, un d'énergie thermique des mers et un dispositif de pompe à chaleur (destiné à la climatisation de l'hôpital de Tahiti). Un appel à projets sera lancé d'ici à la fin 2009.
Création d'une filière de démantèlement en France.
«Il y a des milliers de bateaux à démanteler, on va créer des emplois et développer du savoir-faire», a déclaré Jean-Louis Borloo, en annonçant la création d'une filière française de démantèlement et de construction des navires civils ou militaires en fin de vie. Il n'a pas donné de précisions sur le lieu d'implantation d'une telle filière. Un «Monsieur» ou une «Madame démantèlement» sera désigné(e) pendant l'été. «Il faudra bâtir un programme et désigner les lieux», a précisé le ministre du Développement durable. Cette question du démantèlement des navires en fin de vie est «un sujet mondial», a-t-il souligné, évoquant les péripéties du Clemenceau. La mise en place d'une telle filière correspondait à une exigence très forte des ONG et des syndicats pour «qu'on ne puisse pas faire n'importe quoi, n'importe où», a-t-il rappelé.
Accord sur la pêche, une mission confiée à Le Pensec.
C'était le sujet de tensions entre les écologistes et les pêcheurs. Mais au final, un accord a été trouvé. Le thon rouge et le requin-taupe pourraient ainsi être classés parmi les espèces protégées de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction. Un classement qui permettrait d'encadrer la pêche de ces espèces, dont le stock est menacé. Par ailleurs, Louis Le Pensec, l'ancien député du Finistère et ministre de la Mer sous Mitterrand, sera chargé d'une mission sur la pêche au chalut des espèces en eau profonde. Une technique qui, selon les défenseurs de l'environnement, dilapide la diversité de la vie sous-marine.
Des aires marines supplémentaires.
Un accord a également été dégagé concernant le développement des aires marines protégées qui devront représenter 20% des zones économiques exclusives contre 2% actuellement.
Des cargos à voile?
Les cargos qui circulent sur les mers et océans sont responsables à hauteur de 4% des émissions de CO2, soit le double de l'aviation. Une réflexion devrait ainsi être engagée pour développer des «navires intelligents du futur», notamment écologiques, propulsés en partie par une voile géante. L'objectif: réduire la consommation de 20 à 30%. Enfin, pour lutter contre le dégazage, le marquage des hydrocarbures, notamment par ADN, sera testé en 2009 par le Centre de documentation, de recherche et d'expérimentation sur les pollutions accidentelles des eaux (Cedre, basé à Brest) pour des résultats attendus en 2010.
Isabelle Autissier. «Réconcilier la terre et la mer»
Qu'a permis ce grenelle ?
Le contraire de d'habitude! D'habitude, l'État mandate un ou deux spécialistes pour réfléchir à quelque chose, ces gens-là auditionnent à droite à gauche et rendent un rapport. Là, on avait tous les acteurs autour de la table, l'État étant un des acteurs. On donne aux gens non seulement la parole mais la réalité de la décision et de la négociation.
Quel était l'enjeu de votre groupe de travail, intitulé «La délicate rencontre entre la terre et la mer»?
On ne peut pas parler du littoral simplement en imaginant que c'est un trait de côte. Le littoral va du haut des rivières jusqu'à la haute mer. C'est cette problématique de charnière, cette sorte de réconciliation entre la terre et la mer qu'il est important de prendre en compte. 80% de la pollution du littoral vient de la terre, via essentiellement les fleuves. Un autre enjeu colossal est la pression humaine: le nombre d'habitants augmente deux fois plus vite dans les communes du littoral. Il faut articuler toute la ribambelle d'autorités du littoral avec ce qui se passe dans l'arrière-pays et jusqu'en haut des rivières. C'est une réalité qui n'a jamais été prise en compte.
Ce grenelle permettra-t-il de faire évoluer concrètement les choses?
Nous avons fait plein de propositions, beaucoup de pistes ont été soulevées. La balle est dans le camp du gouvernement. J'ai senti de la part de Jean-Louis Borloo une vraie envie d'avancer. Seul regret, en gros la question était:«Politique de la mer dans les 50 prochaines années, vous avez trois mois». C'est énorme. Il y a beaucoup de sujets sur lesquels on aurait pu être plus performants et plus pointus si on avait eu un peu plus de temps.
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30.07.2009
La suie, pollution du tiers-monde
La suie, pollution du tiers-monde
Les émissions de suie dans les pays en voie de développement seraient responsables du réchauffement climatique juste derrière le dioxyde de carbone. Un constat étonnant, alors que ces contrées sont à peine équipées en électricité et pratiquement dépourvues de véhicules. Reportage du New York Times.
10.07.2009
Kohlua est un village du centre de l'Inde où l'on ne trouve aucune voiture et où l'électricité est rare. Ici, les émissions de dioxyde de carbone, principal gaz à effet de serre responsable du réchauffement climatique, sont pratiquement inexistantes. Il apparaît cependant que la suie dégagée par les fourneaux dans les dizaines de milliers de villages comme celui-ci est une cause majeure, et jusqu'alors sous-estimée, du changement climatique.
Si le dioxyde de carbone est le premier responsable de l'augmentation des températures dans le monde, les scientifiques estiment que la suie se place en deuxième position. Des études récentes ont en effet établi qu'elle était à l'origine de 18 % du réchauffement de la planète, contre 40 % pour le dioxyde de carbone. Selon les experts, la baisse des émissions de suie serait un moyen relativement peu coûteux de ralentir le réchauffement climatique, en particulier à court terme.
Le remplacement des vieux fourneaux par des modèles récents pourrait être une solution provisoire, rapide et simple, alors que les pays industrialisés piétinent devant la mise en place de projets visant à diminuer les émissions de dioxyde de carbone provenant des énergies fossiles. Et que la baisse de la concentration en CO2 engendrée par la fermeture d'une centrale à charbon ne se fait sentir qu'après des années. En Asie et en Afrique, plus que les moteurs Diesel et les centrales à charbon, ce sont les fourneaux de cuisine qui produisent l'essentiel de la suie. Les Etats-Unis et l'Europe ont déjà considérablement réduit leurs émissions grâce à des filtres et des épurateurs.
Les médecins s'insurgent depuis longtemps contre les effets dévastateurs de la suie sur la santé des habitants des pays pauvres. La réduction des émissions aurait un double effet : elle bénéficierait à la fois à la santé et à l'environnement, rappelle Erika Rosenthal d'Earth Justice, une organisation de Washington. "Il est désormais dans l'intérêt de chacun de s'occuper du problème des fourneaux et plus seulement parce que des centaines de milliers de femmes et d'enfants vivant loin d'ici meurent prématurément."
On a du mal à imaginer que des villages reculés comme Kohlua puissent jouer un rôle capital dans la lutte contre le réchauffement climatique. La vieille Jeep blanche du chef du village est garée devant sa maison dans un état impeccable, mais elle ne sert jamais, une véritable pièce de musée. Il n'y a pas d'eau courante, et les rares ampoules sont très peu souvent allumées. Les 1 500 habitants cultivent du blé, des graines de moutarde et des pommes de terre et travaillent comme journaliers à Agra, la ville près de laquelle se trouve le Taj Mahal, à deux heures de bus de là. Ils gagnent environ 1,44 euro par jour et n'ont pour la plupart jamais entendu parler du réchauffement climatique. Ils ont cependant remarqué que les périodes de sécheresse étaient plus fréquentes ces dernières années, ce qui, selon les scientifiques, pourrait être lié au réchauffement de la planète. Les récoltes mûrissent plus vite et pourrissent plus rapidement qu'il y a dix ans. Les villageois sont également conscients du pouvoir corrosif de la suie. A Agra, les fourneaux et les moteurs Diesel sont interdits dans la zone du Taj Mahal.
Le projet Surya, qui vise à remplacer les anciens fourneaux, a commencé en mars à tester ses nouveaux appareils dans les différents. Les chercheurs ont constaté avec inquiétude que ces fourneaux étaient aussi fragiles que du matériel scientifique : l'un s'est cassé parce qu'on avait mis trop de brindilles dedans.
Si l'on veut réellement s'attaquer au problème de la suie à grande échelle, ces nouveaux fourneaux doivent entrer dans les mœurs. "Je ne vais pas aller voir les femmes des villages et leur dire qu'il y a de plus en plus de CO2 et qu'on risque d'avoir des inondations dans cinquante ans", explique le Dr Ibrahim Rehman, qui travaille à ce programme de renouvellement des fourneaux. "Je leur parlerai de leurs poumons et de leurs enfants, tout en sachant que ce sera également bénéfique pour le climat."
Repères
Selon une étude récente, la suie serait responsable pour moitié du réchauffement de l’Arctique. Telle une couverture noire, les particules de suie qui se déposent sur les glaciers absorbent la chaleur du soleil, ce qui réchauffe l’air et fait fondre la glace. Les implications environnementales et géopolitiques des émissions de suie sont considérables : les glaciers himalayens devraient perdre 75 % de leur volume d’ici à 2020. Ces glaciers sont à la source de la plupart des grands fleuves d’Asie. A court terme, la fonte des glaces pourrait entraîner de graves inondations chez les communautés montagnardes. Une fois que les glaciers auront diminué, les grands cours d’eau d’Asie verront leur niveau baisser et seront asséchés une partie de l’année. Une lutte acharnée pour le contrôle de l’eau s’annonce dans cette région déjà meurtrie par les conflits.
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Jeter moins pour payer moins
Jeter moins pour payer moins
09.07.2009
Par Anne de MALLERAY
Eco-Life.fr, le journal de l’économie durable
Pour réduire le volume des ordures ménagères, de nombreuses villes dans le monde ont recours à des mesures incitatives. Du côté de Bruxelles, Zurich ou San Francisco, cela fonctionne. Mais en France, le principe d'une taxe fixe crée une iniquité des progrès sont attendus. Amendes, sacs poubelles taxés, tri des déchets organiques... Petit tour des endroits où il ne fait pas bon mal trier ses poubelles.
En juin dernier, la municipalité de San Francisco votait la première loi du pays qui inflige une amende aux mauvais trieurs. Les éboueurs sont chargés de signaler les abus et au bout de trois avertissements, l'amende tombe: 100 euros pour les particuliers et petites entreprises et 1 000 euros pour les grandes entreprises. Les citoyens disposent de trois poubelles: une bleue pour tous les déchets recyclables, une verte pour le compost et une noire pour les autres déchets. San Francisco a le taux de recyclage le plus élevé des Etats-Unis avec 72%, alors que la moyenne nationale est autour de 30%.
D'autres villes se distinguent par une gestion exemplaire. Zurich est un modèle du genre. Depuis 1992, la ville suisse-allemande a mis en place une politique de gestion des déchets très stricte. Les seuls sacs poubelles autorisés, les "Zuri-sachs", se vendent très cher, entre 50 centimes et 3 euros le sac selon leur contenance. Les journaux doivent être jetés sous forme d'un ballot attaché par une ficelle. La collecte se fait deux, voire une seule fois par semaine pour les déchets non recyclables et à des dates bien précises pour les autres. En cas de non respect des règles, les Zurichois risquent une amende de 260 francs suisses (171 euros) dès la première infraction. Depuis 1992, la quantité d'ordures à Zurich a baissé de 40%.
Ce système de collecte dans des sacs municipaux obligatoires et payants existe également en Belgique, qui a lancé une campagne nationale en novembre 2008 pour lutter contre l'abandon de déchets dans l'espace publique. Les amendes sont élevées, de 50 à un million d'euros, en cas de pollution grave. "Je n'ai jamais eu d'amende", raconte Florence Le Bret, Française installée à Bruxelles avec sa famille depuis une dizaine d'années, "mais la collecte est beaucoup plus réglementée qu'en France. Nous devons acheter des sacs marqués au nom de la commune dans des supermarchés de notre quartier pour les déchets non recyclables. Je me souviens qu'en Flandre, en 1999, les pouvoirs publics avaient voulu imposer un nombre limité de sacs par foyer. Les gens se sont mis à resquiller parce que le système était injuste pour les familles nombreuses. Cette mesure a été abandonnée au profit de sacs payants en fonction leur contenance."
Le principe du pollueur-payeur obligatoire d'ici cinq ans en France
Autre solution pour réduire les déchets municipaux, celle du pollueur-payeur. Les citoyens paient une redevance en fonction des déchets qu'ils produisent. Cette méthode est de plus en plus répandue dans les municipalités scandinaves, suisses, allemandes ou encore hollandaises. "Le principe de payer pour ce que l'on jette a fait la preuve de son efficacité", souligne Hélène Bourges, chargée de campagne au Centre national d'information indépendante sur les déchets. "Mais en France, presque toutes les communes font payer une taxe fixe, qui n'a aucun rapport avec la quantité de déchets produite par les habitants. Elle est plutôt indexée sur la valeur foncière des habitations." Autrement dit, grande maison, grosse taxe. "Cela n'incite pas les gens à trier leurs déchets. Près de 50% de ce qui pourrait être recyclé ne l'est pas à cause de mauvaises pratiques de tri", conclut Hélène Bourges.
Dans le cadre du Grenelle de l'environnement, la décision a été prise d'obliger les collectivités, d'ici cinq ans, à faire en sorte que le financement de la collecte des déchets municipaux soit incitatif. Aucune solution n'est privilégiée mais le principe du pollueur-payeur pourrait s'imposer. Pour l'instant, seules 26 collectivités ont remplacé la taxe par une redevance incitative. A Besançon, par exemple, les habitants paient en fonction du volume de déchets non recyclables qu'ils produisent. "Depuis sa mise en oeuvre en 1999, ce système nous a permis de baisser de 10% le volume de déchets non recyclables collectés", souligne René Fleury, directeur de la gestion des déchets pour l'agglomération du grand Besançon.
Pourquoi ce type de redevance n'est-il pas plus développé en France? "Il faut une volonté politique et un gros travail de pédagogie pour que les gens acceptent de s'y soumettre", explique Hélène Bourges. "L'avantage de la taxe, c'est que les collectivités peuvent utiliser l'argent comme elles veulent. C'est un système très opaque. Avec la redevance, on doit s'arranger pour que l'argent récolté suffise à financer la collecte. C'est plus complexe à mettre en oeuvre mais aussi plus juste et transparent." Dans les cinq ans à venir,la France va devoir se pencher sérieusement sur ses poubelles.
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Fondation Santé et Radiofréquences: «L’Etat semble faire table rase de notre travail»
Fondation Santé et Radiofréquences: «L’Etat semble faire table rase de notre travail»
10/07/2009 13:00 JOURNAL DE L ENVIRONNMENT
La recherche sur les effets sanitaires des ondes électromagnétiques risque-t-elle de disparaître? C’est ce que craint la Fondation Santé et Radiofréquences qui porte depuis 5 ans les travaux dans ce domaine. Dans un communiqué du 6 juillet, son conseil scientifique menace de démissionner. Explications avec la présidente Martine Hours, épidémiologiste à l’Inrets (1).
Votre conseil scientifique (2) menace de démissionner le 22 octobre à l’issue des Rencontres scientifiques de la Fondation. Pourquoi?
Nous tirons la sonnette d’alarme car la recherche consacrée à l’étude des liens entre exposition aux radiofréquences et santé risque de disparaître faute de financement. La Fondation a été créée en 2005 grâce à un budget public-privé de 4,8 millions d’euros pour une durée de 5 ans. Sa fin est donc programmée pour janvier 2010. Mais ce qui nous étonne c’est que la synthèse des conclusions de la table ronde «Radiofréquences, santé et environnement» ne mentionne pas ce qui a été réalisé par la Fondation depuis 4 ans. L’Etat semble faire table rase de notre travail. D’ailleurs, le fait que la Fondation n’ait pas été invitée à ce «Grenelle des ondes» est un signe de désintérêt complet.
La table ronde a conclu à la nécessité de revoir l’organisation et le financement de la recherche dans ce domaine. Qu’en pensez-vous ?
Nous ne sommes pas opposés à une évolution de la structure, mais aucune alternative crédible n'est proposée pour l’instant. Confier la programmation de la recherche à l’Agence nationale de la recherche (ANR) n’apparaît pas comme une bonne solution, le champ de recherche marginal des radiofréquences risquant d’être dissous parmi les très nombreux autres projets financés par cette agence.
Avez-vous obtenu une réponse du ministère suite à votre communiqué?
Le président et la directrice de la Fondation ont été invités à participer aux groupes de travail du Grenelle sur l’information scientifique et la recherche. C’est plutôt une bonne nouvelle.
Le mode de gouvernance de votre Fondation financée à 50% par l’Etat et à 50% par les industriels, ces derniers étant membres du conseil d’administration, n’est-il pas problématique?
La Fondation est justement née de la volonté de couper les liens entre les industriels et la recherche par la création d’une structure «pare-feu» où le conseil scientifique bénéficie d’une indépendance totale dans ses choix scientifiques.
Une des orientations de la table ronde propose une redevance versée par les opérateurs pour mettre un terme aux controverses liées au financement actuel. N’est-ce pas une bonne solution?
Si mais c’est un leurre! Le ministère nous a affirmé que dans un contexte politique de réduction des prélèvements obligatoires, la création d’une taxe supplémentaire n’était pas envisageable.
Vous dites, dans votre communiqué, ne pas accepter que votre «intégrité intellectuelle soit mise en cause»? A quoi faites-vous référence ?
En écoutant les seules critiques des associations à notre encontre, l’Etat donne du crédit à leur argumentation, alors même que ce sont les autorités publiques qui ont voulu la création de la Fondation. Nous avons de peur de jouer le rôle de «fusible» pour l’Etat qui évite ainsi de prendre
Quel est le bilan de la Fondation depuis 4 ans ?
Grâce à 4 appels à projet, la Fondation a financé 26 programmes de recherche pour un montant de 2,9 millions €. Des études de biophysique sur l’impact des ondes sur les tissus humains ou de dosimétrie sur l’évaluation des doses reçues par le fœtus ont par exemple été conduites. Une dizaine sera encore en cours fin 2009. La Fondation a également joué un rôle d’animation et de diffusion scientifique en organisant une exposition pour le grand public («Les ondes en questions»). Elle est également parvenue à instaurer un échange avec les ONG en créant une instance de dialogue dont les associations Priartem et Agir pour l’environnement sont membres.
Quels champs de recherche demeurent à explorer?
Il nous manque des données concernant les effets des radiofréquences chez les jeunes enfants, sur le risque neurologique à long terme (maladies de Parkinson et Alzheimer), mais aussi des études plus sérieuses sur le lien avec la stérilité masculine.
(1) Institut national de recherche sur les transports et leur sécurité
(2) Martine Hours (présidente), Olivier Borraz, Lawrie Challis, Jean-Claude Debouzy, Frédérique De Fornel, Joël Hamelin, Gérard Ledoigt, Jean-Pierre Marc-Vergnes, Astrid Nehlig, Christian Person, Tullio Tanzi, Denis Zmirou-Navier
03:35 Publié dans Santé | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : loc maria plouzane
El Niño est de retour, selon l'agence américaine de surveillance du climat
El Niño est de retour, selon l'agence américaine de surveillance du climat
LE MONDE | 11.07.09 | 15h09 • Mis à jour le 11.07.09 | 15h09
El Niño est de retour après trois ans d'absence. Jeudi 9 juillet, la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) a annoncé que cet événement climatique, qui revient tous les trois à cinq ans, était bel et bien de nouveau à l'oeuvre dans le Pacifique tropical. Les chercheurs de la NOAA ne se prononcent pas encore sur son intensité mais assurent qu'il devrait persister jusqu'au début de l'année 2010 au moins.
El Niño est la phase chaude d'une oscillation couplée de l'océan et de l'atmosphère. Il a été baptisé ainsi au XIXe siècle par les pêcheurs péruviens, qui remarquaient ses effets au moment de Noël - en espagnol, El Niño signifie l'enfant, en référence à la nativité.
Il est caractérisé par une augmentation des températures du Pacifique tropical qui peut atteindre 5 oC - comme ce fut le cas en 1998, au cours du Niño le plus intense jamais enregistré. Ce réchauffement s'accompagne d'une série d'effets parfois catastrophiques pour les populations rurales, de l'Amérique du Sud à l'Australie en passant par l'Asie du Sud-Est.
Des précipitations accrues dans certaines régions d'Argentine ou du Brésil perturbent les récoltes et provoquent parfois de meurtrières coulées de boue. En Indonésie et en Australie, ce sont des sécheresses parfois dramatiques qui sont enregistrées. Aux Etats-Unis, El Niño est susceptible de favoriser de violentes tempêtes hivernales en Californie et dans le sud du pays.
D'autres effets, plus subtils, ont des conséquences non moins redoutables : l'augmentation de la température des eaux de surface du Pacifique tropical entrave la remontée des eaux profondes riches en nutriments. Du coup, au large des côtes péruviennes et chiliennes, les planctons cessent de prospérer, les poissons qui s'en nourrissent aussi. La fragilisation de toute la chaîne alimentaire induit une forte réduction des prises de pêche.
Les effets en cascades ne s'arrêtent pas là : la réduction de l'activité biologique dans l'océan entraîne la réduction des populations d'oiseaux de mer, d'où une fragilisation momentanée de l'industrie du guano - prélevé pour être transformé en fertilisants agricoles...
Cependant, "contrairement à une croyance populaire, tous les effets d'El Niño ne sont pas négatifs", explique la NOAA dans son communiqué. Il "procure des précipitations hivernales bénéfiques dans le sud-ouest aride" des Etats-Unis et "réduit les risques d'incendies en Floride".
Depuis quelques années, le monde financier s'intéresse de près à la prévision d'El Niño : celui-ci peut permettre d'anticiper les évolutions à moyen terme des cours de certaines matières premières.
Par exemple, le "courant de l'enfant Jésus" procure des hivers doux sur l'Amérique du Nord et réduit l'activité cyclonique dans le bassin atlantique. Ces deux effets devraient faire baisser les tensions sur les marchés des énergies fossiles : les hivers doux sont peu propices à d'importantes dépenses de chauffage et la réduction des cyclones sur l'Atlantique devrait prémunir les infrastructures pétrolières du Golfe du Mexique contre les destructions et, partant, la réduction des capacités de raffinage américaines.
Au plan climatique, l'irruption du Niño devrait faire grimper les températures moyennes globales de l'année en cours : certains s'attendent à une année 2009 bien placée au palmarès des années les plus chaudes.
Stéphane Foucart
03:24 Publié dans CLIMAT | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : loc maria plouzane
29.07.2009
L’Afrique, berceau de la diversité génétique
L’Afrique, berceau de la diversité génétique
La plus vaste étude menée en Afrique sur le génome humain retrace les origines de l’humanité et pourrait permettre d’élaborer des traitements contre certaines maladies.
09.07.2009 | Tinka Wolf | Die Welt
Voilà 200 000 ans que l’Homo sapiens vit en Afrique et ce n’est que 100 000 à 150 000 ans plus tard qu’il s’est mis à conquérir le reste la planète. Les hommes du continent noir possèdent donc une avance évolutionnaire considérable sur les autres et celle-ci se traduit par une grande diversité culturelle et linguistique. L’Afrique compte près de 2 000 ethnies différentes et regroupe un tiers des langues du monde. Et cette diversité s’observe également dans les gènes : nulle part ailleurs on ne trouve autant de variété dans le génome humain.
Une étude à grande échelle sur le sujet a été menée par une équipe de généticiens américains, africains et européens. Ces résultats sont parus récemment dans la revue Science. “Parmi les découvertes les plus importantes que nous ayons faites, on peut citer cette immense diversité génétique que l’on retrouve non seulement au sein des ethnies, mais également entre les ethnies”, confie Sarah Tishkoff, de l’université de Pennsylvanie à Philadelphie. “Il n’existe pas de groupe ‘africain type’ qui serait représentatif de tous.”
Pendant près de dix ans, Sarah Tishkoff et son équipe ont collecté des échantillons d’ADN auprès de 121 groupes ethniques répartis dans toute l’Afrique. Ils ont ensuite étudié 1 327 marqueurs génétiques. Il s’agit de séquences du génome humain présentant de très nombreuses variantes. Les similitudes qu’ils ont découvertes permettent de supposer que les tout premiers hommes ont vécu dans le sud-ouest du continent, notamment dans la région délimitant la Namibie et l’Afrique du Sud. C’est dans cette zone que vit aujourd’hui le peuple des San (Bochimans), dont le génome présente le plus grand nombre de variations. On peut ainsi supposer qu’ils seraient les descendants des premiers représentants du genre humain.
Partant du sud, les hommes auraient ensuite colonisé le reste du continent africain – en emportant leur langue et leur culture avec eux. On peut aujourd’hui classer les langues africaines en quatre familles : les langues khoisan, aux clics caractéristiques, les langues nigéro-congolaises, les langues nilo-sahariennes et les langues afro-asiatiques. “Pour qu’une langue arrive dans une nouvelle région, il faut au minimum deux locuteurs”, explique Christopher Ehret, de l’Université de Californie à Los Angeles. “Or, dans le cadre de migrations, on a souvent un grand nombre de locuteurs qui s’installent simultanément dans une nouvelle région. Il est donc normal que les déplacements de population s’accompagnent également d’une circulation des langues.”
On peut aussi reconstituer des événements récents
Les chercheurs ont toutefois trouvé des cas où le génome ne correspondait pas au modèle linguistique. “Dans le nord du Cameroun et au Tchad, il y a des personnes qui parlent une langue afro-asiatique mais ressemblent sur le plan génétique à des locuteurs de langue nilo-saharienne. Ces populations ont donc dû changer de langue à un moment de l’Histoire”, confie Sarah Tishkoff. C’est ce qu’ont dû faire les Pygmées d’Afrique centrale. Ils parlent aujourd’hui la langue des ethnies voisines, une forme de bantou. Or l’analyse génétique montre que les Pygmées partagent des ancêtres communs avec des ethnies qui vivent à des milliers de kilomètres de là.
Sarah Tishkoff et son équipe ne se sont pas seulement intéressés aux ancêtres communs des populations africaines, ils ont également étudié les origines d’autres populations humaines du globe. Il y a 50 000 à 100 000 ans, les hommes sont partis du nord-est de l’Afrique, au niveau de la mer Rouge, pour conquérir le reste du monde. Ils ont d’abord colonisé le Proche-Orient et l’Europe. A chaque vague d’émigration, la diversité génétique s’est peu à peu amenuisée. Les chercheurs appellent ce phénomène l’effet “goulot de bouteille.” “Ce sont les populations les plus anciennes qui présentent la plus grande diversité génétique”, précise Sarah Tishkoff.
L’étude du génome africain permet également de reconstituer des événements historiques plus récents. D’après leur matériel génétique, les Africains-Américains, par exemple, viennent essentiellement de l’Afrique de l’Ouest.
Cette étude, la plus grande jamais réalisée à ce jour sur la diversité génétique en Afrique, pourrait apporter bien plus que de nouveaux éléments sur les origines géographiques de l’homme. Pour Scott Williams, de l’université Vanderbilt de Nashville (Tennessee), elle constitue aussi une base pour de futures recherches médicales. “En retraçant ces variations de génome dans les populations humaines, nous pourrions identifier des variantes génétiques responsables de pathologies particulières ou trouver des moyens de protection contre certaines maladies.” Les Africains de l’Ouest, par exemple, présentent une prédisposition particulièrement élevée au cancer de la prostate et à l’hypertension artérielle, alors que les Kényans et les Tanzaniens ont une capacité à digérer le lait que l’on ne trouve chez aucun autre peuple africain, ajoute-t-il.
Nos origines
Un nouveau fossile de primate découvert au Myanmar renforce la théorie selon laquelle l’ancêtre commun que nous partageons avec les singes, les gorilles et les lémuriens serait originaire d’Asie et non pas d’Afrique. L’étude paléontologique, réalisée par une équipe internationale, a été publiée dans la revue Proceedings of the Royal Society B : Biological Sciences. Les restes de ce spécimen, baptisé Ganlea megacanina – du nom de Ganle, le petit village à proximité duquel il a été trouvé – sont vieux de 38 millions d’années. Selon les scientifiques, Ganlea megacanina appartiendrait à un genre très primitif de primates anthropoïdes et aurait vécu dans un environnement tropical proche de celui du bassin amazonien actuel.
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