01.11.2009
Hulot, un écolo-gauchiste héliporté
Hulot, un écolo-gauchiste héliporté
Sylvain Lapoix - Marianne | Mardi 29 Septembre 2009 à 07:01
A l'occasion de la sortie du Syndrome du Titanic, son prochain film, Nicolas Hulot entame sa campagne de promotion en se présentant comme anti-capitaliste... alors que ses mécènes, EDF et Orange, sont plus généreux que jamais avec lui.
A son attirail d'avions, de caméras et d'hélicos, Nicolas Hulot a ajouté, pour la sortie de son prochain film, un discours de «révolutionnaire». Attention, pas pour s'en servir : juste pour faire joli. Car à la question que se posait naïvement le Journal du dimanche du 27 septembre «vire-t-il à la radicalité anti-capitaliste ?», on peut répondre très clairement non !
Un anti-libéral financé par France télécom
«Je ne suis pas contre le libéralisme par principe mais par réalité», ose affirmer le documentariste au JDD. En plus d'une écologie en son et lumière, réalisée à grand renfort de matériau à haute consommation en kérosène, le bonhomme se pique d'un message social. Rien que ça ! A la contrainte environnementale, s'ajoute désormais pour lui la contrainte sociale : «les inégalités se creusent», posait-il d'un ton grave sur Europe 1, lundi 28 septembre. Marc-Olivier Fogiel en était tout bouleversé.
Et qui donc est le partenaire principal du Syndrome du Titanic, son film à paraître le 7 octobre ? Orange, filiale de France télécom. «Après son film, tu sais qu'il faut se suicider, la seule question, c'est quand», s'amusait son ami Gérard Feldzer. Une blague qu'apprécieront les cadres de France télécom à sa juste valeur.
EDF, L'Oréal, Vinci... Sainte Trinité de l'écotartufferie
Mais Hulot continue de traîner sur tous les plateaux sa gueule de baroudeur sympathique, légèrement burinée par le jetlag (avion en 1ère classe de retour d'un coin dévasté du monde oblige). Depuis 20 ans, EDF subventionne la fondation Nicolas Hulot avec les autres partenaires fondateurs : L'Oréal, les hôtels Ibis et TF1. Derrière les historiques, les Autoroutes du Sud de la France (groupe Vinci), Norauto et l'opérateur téléphonique Bouygues donnent également au pot. Le tout pour «dénoncer le capitalisme ; son inhumanité et son gaspillage ; son inflation d'électronique et de téléphone portable.» Voiture, énergie nucléaire, téléphone portable et produits de beauté «greenwashé»... La société de consommation n'a qu'à bien se tenir !
Même complaisant, le portrait du JDD le rappelle : Hulot est l'ami des patrons, celui de Nathalie Kosciusko-Morizet... Certes, cette amitié est relativisée par une anecdote dans laquelle le brave documentariste se fâche puis coupe les ponts avec un pdg - anonyme bien sûr, le JDD n'est pas la Cause du peuple - qui bouclait un plan de licenciement. Mais à quoi bon : un de perdu, dix de retrouvés ! A la Bourse médiatique, un marché qui n'a jamais cesser d'échanger, la côte d'Hulot est toujours au plus haut.
Une vraie distance vis-à-vis du pouvoir : l'exil !
«Tout le monde connaît ma distance vis-à-vis du pouvoir», ose-t-il sur le plateau d'Europe 1. Certes, il n'a jamais été ministre. Mais il chante aujourd'hui les louanges d'un Président qui a signé son Pacte sans appliquer un seul de ses moratoires, que ce soit sur les autoroutes, les incinérateurs ou les EPR... Un écotartuffe qui met en garde sur l'urgence de la crise sociale grâce à un film financé par une entreprise où 24 personnes ont mis fin à leur jour en deux ans à cause de leurs conditions de travail.
De toute évidence, Hulot a du mal à rester au loin des médias, à conserver une distance et une sobriété qui rende son message cohérent... Il a besoin d'aide : pour lui permettre de se cesser enfin ses relations incestueuses avec le CAC 40, signons le pacte contre Nicolas Hulot et n'allons pas voir son film. Un flop commercial amènerait peut-être ses mécènes à reconsidérer le financement de ses documentaires à l'avenir, l'obligeant ainsi à chercher des moyens en dehors de ce capitalisme mortifère dont il se veut désormais le détracteur. C'est la seule solution pour préserver sa « pureté écologique ». Parce que, si on le laisse faire, il va nous la solder pas très cher l'écologie!
03:38 Publié dans POLEMIQUE | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : loc maria plouzane









Commentaires
On ne voit pas bien ce que vous voulez démontrer? Le titre parle "d'écolo-gauchiste" et le texte lui reproche ses liens avec les entreprises du CAC 40? Le discours de son film est clair, il attire notre attention sur les dérives de notre mode de vie et de consommation actuel et les écarts croissants entre le nord et le sud, entre les plus riches et les plus pauvres. Comment ne pas être d'accord? Qu'il ait obtenu de faire financer ce discours par des entreprises, parfait. Où est le problème? Que d'autres entreprises financent depuis 20 ans l'action de la Fondation Hulot en faveur de l'environnement.; excellent. Et vous, à part critiquer gratuitement qu'avez-vous fait?
Ecrit par : DEMARCO | 02.11.2009
Bonjour,
Vous vous tromper d'interlocuteur. Je ne suis pas l'auteur de cet article. Comme l'essentiel de mon blog, ce sont des articles de presse que je reproduis sans en prendre la paternité. Je mentionne les noms de l'auteur et du journal où j'ai trouvé le texte. Je ne cautionne ni infirme quoique ce soit. Je livre à l'opinion ce que tout le monde ne trouve pas pour que chacun puisse se faire une opinion. Je ne vous en veux pas et continuerai à faire cela.
Ecrit par : ENSEMBLE | 02.11.2009
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