03.11.2009

Climat : les citoyens du monde prêts à s'impliquer

Climat : les citoyens du monde prêts à s'impliquer 

Marielle Court LE FIGARO
02/10/2009 | Mise à jour : 22:00

Plus de 4 000 représentants de 38 pays ont été consultés.

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Ils se sont réunis en France, aux États-Unis, en Chine, au Malawi, au Mozambique, en Indonésie ou en Russie … Plus de 4 000 citoyens de 38 pays du monde consultés sur la question climatique à l'initiative du Danemark quelques semaines avant la réunion de Copenhague. Et, à 90 %, ils ont conclu à la nécessité d'un accord mondial au mois de décembre au Danemark. Aucun n'était spécialiste, mais tous ont été destinataires d'un document complet sur le sujet avant d'être réunis et de plancher sur quatre questions liées aux enjeux, aux objectifs de long terme, aux objectifs de limitation de gaz à effet de serre et aux modes de financement avant d'éditer leurs propres recommandations. En France, c'est la Cité des sciences qui s'est chargée d'organiser la consultation avec des intervenants identifiés par la Sofres.

Sans grande surprise, les habitants des pays en voie de développement se disent particulièrement inquiets (80 %) des conséquences du changement climatique contre 46 % dans les pays les plus riches. Plus étonnante en revanche est la volonté des pays du Sud de ne pas se dédouaner de l'effort à fournir pour réduire les émissions de gaz à effet de serre responsables du changement climatique. Ils sont 76 % à penser que leur pays doit s'associer aux efforts malgré la responsabilité historique reconnue des pays développés. Autre curiosité, 56 % des Américains approuvent l'objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre «de 25 à 40 %» en 2020 par rapport à 1990 dans les pays industrialisés. Un tiers (31 %) seraient même prêts à viser plus de 40 % de réduction, alors que l'Administration Obama, sous la pression du Congrès, s'en tient à un objectif de moins 5 % en 2020.

Limites de l'exercice

Les Français se montrent un peu moins exigeants que leurs homologues des pays développés. «Tout le monde est d'accord pour sauver la planète, mais on est un peu moins nombreux quand il s'agit de payer son essence plus cher», résume Stéphane Hallegatte, économiste au centre de recherche sur l'environnement et le développement. Ainsi, à la question «Pensez vous que le prix des énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon) devrait être augmenté ?», 36 % des intervenants français répondent non. Pas étonnant dans ces conditions qu'ils placent en priorité dans leurs recommandations la nécessité de développer l'information et la communication en matière d'environnement. Ce qui souligne aussi les limites de l'exercice, «à la frontière de l'engagement citoyen et de la science» comme l'a rappelé le climatologue Hervé Le Treut. Si le premier est indispensable, il ne peut pas se faire sans une parfaite compréhension de la seconde.

Projet de loi de finances 2010

Projet de loi de finances 2010: «le verdissement s’intensifie»

01/10/2009 11:03 JOURNAL DE L ENVIRONNEMENT
Le Meeddm a présenté mercredi 30 septembre son budget dans le cadre du projet de loi de finances 2010, avant son examen en Conseil des ministres. Le projet de loi conforte les dispositions «vertes» prises l’an dernier dans le cadre de la loi de finances 2009 et, surtout, crée la taxe carbone. Le ministère étudie aussi la possibilité de créer de nouveaux bonus-malus.

Entouré de ses 4 secrétaires d’Etat, le ministre chargé de l’environnement Jean-Louis Borloo a présenté hier le projet de loi de finances 2010 et le budget de son ministère. Pour le ministre, «le verdissement de la fiscalité s’intensifie».

Budget du ministère
En hausse de 3%, il passe à 28, 248 milliards d’euros contre 27, 338 milliards en 2009. Le budget de la mission Ecologie, développement et aménagement durables est en baisse de 2% (6,836 milliards contre 6,905 en 2009). Parmi les postes en baisse: le transport, l’information géographique et cartographique, l’énergie et l’après-mines.

En hausse: le poste de l’urbanisme, paysages, eau et biodiversité (+5%), ainsi que celui de la prévention des risques (+35%). Le budget alloué à la seule biodiversité –223 millions €– a doublé depuis 2007, selon la secrétaire d’Etat à l’écologie. La trame verte et bleue (TVB), la poursuite de la mise en œuvre du réseau Natura 2000 et la création de 3 nouveaux parcs naturels d’ici 2011 constitueront les principaux chantiers en la matière.

Le Meeddm vise aussi un taux de 95% des Plans de prévention des risques technologiques (PPRT) prescrits en 2010, et de 40% approuvés la même année, a indiqué Chantal Jouanno (1). Près de 75 inspecteurs devraient être mobilisés dès 2010, sur les 200 supplémentaires attendus entre 2008 et 2012 (2).

Ce budget en hausse de 3% «ne tient pas compte des 5 milliards € du plan de relance» dédiés à l’environnement, a expliqué Jean-Louis Borloo. Tout compris, le budget «vert» serait donc en hausse de 10 à 12%.

Crédit d’impôt DD et bonus-malus
«L’ensemble des décisions financières adoptées l’an dernier sont en cours d’exécution, a souligné Jean-Louis Borloo. On va un peu plus vite que prévu et nous sommes victimes de notre succès!» En 2009, le crédit d’impôt Développement durable pour les économies d’énergie aura finalement coûté 2,7 milliards € à l’Etat, loin du milliard et demi prévu. Selon le ministère, il devrait coûter encore plus cher en 2010, avec la progression de nouveaux équipements tels que le solaire.

Dans la même veine, le déficit du bonus-malus automobile tourne autour de 400 millions €. Le seuil d’éligibilité au bonus sera bel et bien abaissé de 5 grammes de CO2 par kilomètre (gCO2/km) au 1er janvier 2010. Son montant passera de 700 à 500 € pour les véhicules émettant entre 96 et 115 gCO2/km et de 200 à 100 € pour ceux émettant entre 116 et 125 gCO2/km. Le déficit du dispositif devrait se limiter à 126 millions € l’an prochain. La baisse de 5 gCO2/km prévue en 2012 pour l’éligibilité du bonus sera avancée à 2011.

Par ailleurs, l’extension du bonus-malus à d’autres familles de produits est toujours à l’étude, indique-t-on dans l’entourage du ministre. Le gouvernement pourrait créer de telles incitations financières pour les portables, les motos, la construction bois, ainsi que les bus et voitures électriques dans le cadre de la loi de finances rectificative pour 2010.

Fonds «Grenelle»
L’Ademe est confortée dans son rôle de «bras armé du Grenelle» (3) et de gestionnaire des différents fonds créés à l’issue des Etats généraux de l’environnement. Son budget destiné à la réhabilitation des sites pollués augmente de 20%, celui au traitement des points noirs du bruit de 28% et celui au plan Déchets de 214% (soit 157 millions €).

La dotation du fonds Chaleur «renouvelable» double aussi, passant à 314 millions € en 2010 contre 154 millions en 2009. Il devrait permettre de produire 350.000 tonnes équivalent pétrole (tep) en 2010 en plus des 250.000 réalisées au cours de cette année.

Le fonds démonstrateur passera de 149 millions € actuellement à 226 millions l’an prochain.

Des hausses liées à la hausse des taxes générales sur les activités polluantes (TGAP) créées ou augmentées l’an dernier (4) et affectées à l’Ademe. En hausse de 19%, elles devraient générer un produit de 520,5 millions € en 2010 contre 437, 5 millions en 2009.

Bâtiment
35.000 éco-prêts à taux zéro (éco-PTZ) étaient signés fin septembre 2009, selon le ministère. 200.000 devraient l’être d’ici la fin 2010. Le ministre a aussi rappelé qu’1,4 million de logements sociaux seraient rénovés thermiquement en plus des 800.000 «passoires énergétiques» prévues dans la loi de finances pour 2009.

«Le verdissement de la fiscalité s’intensifie via l’éco-conditionnalité des lois Tepa [Travail, emploi, pouvoir d’achat ou «paquet fiscal», Ndlr] et Scellier», a aussi déclaré Jean-Louis Borloo. Afin de préparer l’entrée en vigueur le 1er janvier 2013 de la réglementation norme Bâtiment basse consommation (BBC), le gouvernement envisage de réduire progressivement entre 2010 et 2012 le crédit d’impôt TEPA pour l’acquisition d’un logement neuf n’y répondant pas, tout comme le crédit d’impôt Scellier pour la location d’un tel logement.

La majoration du montant du prêt à taux zéro offert pour ces logements sera prolongée l’an prochain dans le cadre du plan de relance.

(1) Dans le JDLE «Après-AZF: la loi Bachelot sur les risques industriels difficile à appliquer»; «Les PPRT ou ‘Plus de police pour rattraper le temps perdu’»
(2) Dans le JDLE «Fin de la table ronde sur les risques industriels»
(3) Dans le JDLE «L’Ademe, ’bras armé’ du Grenelle»

La taxe carbone bientôt au menu du Parlement


L’Elysée ne prend plus la peine de l’appeler «contribution climat-énergie». La taxe carbone a été abordée hier en Conseil des ministres dans le cadre de l’examen du projet de loi de finances pour 2010. Son montant est bien fixé à 17 euros pour 2010. L’exécutif ne fait nulle part mention de sa progressivité, pourtant perçue comme un point essentiel de la réussite environnementale du dispositif. L’électricité ne sera donc pas concernée, tout comme les entreprises soumises au marché européen du carbone. L’agriculture et la pêche «ne seront soumises à la taxe que progressivement». Pour le transport routier, un prélèvement spécifique sera créé «sur le preneur de la prestation de transport». Le produit de la taxe carbone devrait être de 2,6 milliards € en 2010, selon Jean-Louis Borloo, intégralement reversé aux ménages dès février 2010.

un rapport souligne de graves manquements des États européens

Réseau Natura 2000 : un rapport souligne de graves manquements des États européens

LE 03/10/2009

MaxisciencesMaxisciences

Europe - D'après un rapport présenté jeudi au Parlement européen, le réseau Natura 2000 qui consiste à désigner les sites qui présentent une importance particulière pour la conservation de la biodiversité, est mal défini et mal respecté par les États membres.

"Malgré l'adoption en 1992 de la directive, le réseau Natura 2000 n'a pas été pleinement réalisé 14 ans plus tard. En raison de ces déficiences, l'érosion de la biodiversité dans l'UE a empiré de manière dramatique" déplorent les auteurs de ce rapport commandé par les eurodéputés du groupe des Verts/ALE.

S'appuyant sur les cas de la Belgique, la France, l'Allemagne, la Pologne, l'Espagne, la Suède, la Roumanie et le Royaume-Uni, l'étude révèle que certains sites qui devraient être classés Natura 2000, n'ont pas encore été désignés tandis que "beaucoup de zones spéciales ont été désignées sans recevoir pour autant un régime de protection ou de gestion approprié".

Le rapport souligne également d'importantes carences concernant les études préalables de l'impact que peuvent avoir certains projets. "Il n'y a pas eu d'évaluation des effets cumulatifs des plans et des projets, ou il n'y a pas eu d'évaluation des alternatives" précise le rapport avant de conclure que les "États membres échouent clairement à remplir leurs obligations".

Dans un communiqué, les députés verts européens annoncent avoir "l'intention d'interpeller la Commission pour obtenir des poursuites partout où il y a manquement, car c'est à elle de rappeler les États à l'ordre quand il y a manquement".

Évoquant plusieurs projets incriminés par l'étude, et notamment en France avec les grands chantiers routiers de l'agglomération orléanaise ou l'urbanisation programmée des marais salants de Guérande, la députée Sandrine Bélier regrette que la Commission européenne n'assume pas son rôle, contribuant alors à l'échec de l'enrayement de la perte de biodiversité au sein de l'UE.

Pariez sur la technologie et changez vos habitudes, dit le Giec

Pariez sur la technologie et changez vos habitudes, dit le Giec

LE 03/10/2009

Reuters

Les investisseurs doivent assumer le fait que les technologies d'avenir seront faibles en carbone et les individus doivent modifier leurs habitudes de consommation pour préserver le climat, a estimé vendredi le président du Giec.

Les biocarburants constituent un investissement intéressant et la population doit consommer moins de viande, a expliqué à titre d'exemple Rajendra Pachauri, président du Groupe d'experts intergouvernementaux pour le climat (Giec), dans un entretien à Reuters.

"Les investisseurs doivent développer les technologies propres. Le monde se dirige vers un avenir faible en carbone. C'est inévitable", a déclaré Pachauri, auteur d'un document référence pour la lutte contre le changement climatique.

Le rapport 2007 du Giec avait accéléré la réaction internationale face au changement climatique en tablant sur la projection alarmante d'une hausse de 6,4 degrés Celsius des températures d'ici la fin du siècle si rien n'était fait pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Les nouvelles technologies, dont certaines sont encore à l'étude, pourraient être très importantes dans cette lutte, a souligné Pachauri en marge d'un sommet sur le climat à Los Angeles.

"Les technologies électriques vont être extrêmement importantes, mais je n'exclurait pas l'importance des biocarburants. Bien sûr, ce ne sera pas les biocarburants qui consistent à transformer des céréales en éthanol. Ce sera une nouvelle génération de biocarburants qui ont relativement peu d'impact environnemental et social", a-t-il détaillé.

Il a notamment cité la production d'hydrogène à partir de l'eau, peu gourmande en sources d'énergie conventionnelles selon lui, où des algues à fort potentiel.

Au niveau des individus, Pachauri délivre aussi des conseils et recommande notamment de réduire la consommation de viande, dont la production demande beaucoup d'énergie, de privilégier la marche à pied à l'automobile lorsque c'est possible ou de baisser les chauffages et de s'habiller plus chaudement.

L'achat d'ampoules à faible consommation et l'installation de panneaux solaires sur le toit des habitations joueront eux aussi un rôle non négligeable, a-t-il estimé.

"Je penserais à des technologies simples; Lorsque vous entrez dans un bureau, pourquoi ne pas avoir des capteurs de présence pour faire en sorte que les lumières s'allument et s'éteignent automatiquement?"

Peter Henderson, version française Grégory Blachier

Triste Kaboul

Triste Kaboul LE MONDE | 02.11.09 | 13h45 • Mis à jour le 02.11.09 | 13h45 Faut-il désespérer de l'Afghanistan ? Le cynisme était déjà général à propos de l'avenir de ce pays maudit, livré sans relâche aux démons de la guerre ou de la corruption. Le découragement risque fort de s'aggraver à l'issue d'une élection présidentielle virant à la mascarade. Ce scrutin était censé relancer une "reconstruction" qui s'essoufflait. Il devait remobiliser les énergies nationales comme internationales autour d'un modèle politique - démocratie, Etat de droit, bonne gouvernance - offrant une alternative à une insurrection des talibans en pleine résurgence. Le résultat est assez déprimant. Le processus électoral a avorté. Le désistement d'Abdullah Abdullah, principal rival du président sortant Hamid Karzaï, laisse désormais ce dernier seul en lice. L'ancien enfant chéri de l'Occident va être réélu mais va étrenner son deuxième mandat avec un crédit démocratique diminué, mutilé. Loin de dégager la voie, ce scrutin l'obscurcit, aggravant une crise de légitimité qui, au-delà de M. Karzaï, touche désormais aux fondements de la présence internationale en Afghanistan. Comment convaincre aujourd'hui les Afghans de la noblesse d'un modèle démocratique libéral sapé par ceux-là même qui sont supposés l'incarner ? La liste des déconvenues est cruelle. Elle commence par M. Karzaï lui-même, coupable de fraudes massives qui en disent long sur la corruption de son régime. Elle se poursuit avec l'attitude de son rival, M. Abdullah, qui jette l'éponge en se drapant dans la posture de l'opposant floué alors qu'il a tenté de négocier un partage du pouvoir en toute opacité. Elle culmine avec les incohérences de l'Occident qui cherche à miner M. Karzaï après l'avoir fabriqué, et veut, aujourd'hui, éviter un second tour, trop cher et risqué en vies de soldats de l'OTAN, après avoir célébré la vertu des urnes. Face à ce pathétique théâtre de faux-semblants, les Afghans sont en proie au désenchantement le plus profond. L'anémie politique guette l'ensemble du pays, prélude au pire. Il faut d'urgence enrayer cette dérive avant qu'elle n'ouvre la voie au retour des talibans. Il faut dire et répéter qu'il ne faut pas abandonner l'Afghanistan, que les désillusions accumulées ne doivent pas servir d'excuse aux facilités du renoncement. Il faut réaffirmer, haut et fort, que les Afghans ne sont pas condamnés à la fatalité de l'obscurantisme. La communauté internationale doit, avec les forces vives d'une société afghane riche en talents, poser les bases d'une reconstruction. Il ne faut pas désespérer de l'Afghanistan.

Le cerveau jugé défaillant des réacteurs nucléaires EPR

Le cerveau jugé défaillant des réacteurs nucléaires EPR

LE 03/11/2009 LIBERATION

Les autorités de sûreté nucléaire britannique, française et finlandaise ont émis lundi des réserves sur les systèmes de sûreté des réacteurs nucléaires EPR. Elles demandent aux exploitants et fabricant «d'améliorer la conception initiale de l'EPR», selon une déclaration commune. Une déclaration qui intervient alors que deux de ces réacteurs de troisième génération sont en cours de construction en France et en Finlande.

Le niveau de sûreté des systèmes de contrôle-commande, cerveau de l'EPR, avait déjà été mis en cause en avril par l'Inspection britannique des installations nucléaires (NII), pays où les groupes français Areva et EDF se proposent de construire quatre réacteurs.

La critique porte sur la trop grande interconnexion entre deux systèmes de contrôle, supposés être indépendants, l'un faisant fonctionner le réacteur et l'autre assurant sa sécurité. «L'indépendance de ces systèmes est importante. En effet, si un système de sûreté est appelé à servir en cas de perte d'un système de contrôle, alors ces deux systèmes ne doivent pas faillir simultanément», soulignent lundi les autorités de sûreté du nucléaire française (ASN), britannique (HSE/ND) et finlandaise (STUK).

En conséquence, les exploitants se voient demander «d'améliorer la conception initiale de l'EPR». «Il incombe aux exploitants et au fabricant Areva de répondre aux questions techniques soulevées par leurs autorités de sûreté», des solutions différentes pouvant être proposées par chaque exploitant «pour pallier la perte de systèmes de sûreté», selon la déclaration commune.
Dans une lettre adressée au directeur de l'ingénierie nucléaire à EDF, le directeur général de l'ASN, Jean-Christophe Niel, lui demande «d'examiner dès à présent des dispositions de conceptions différentes», car la «certitude d'aboutir in fine à une démonstration de sûreté acceptable fondée sur l'architecture actuelle n'est pas acquise». L'ASN relève que la «complexité» de cette architecture «rend difficile l'élaboration d'une démonstration de sûreté satisfaisante».

Pour le groupe Areva, «la sûreté du réacteur n'est pas mise en cause». Areva «soutient la démarche commune des autorités de sûreté nucléaire qui vont dans le sens d'une standardisation du contrôle-commande», a déclaré à l'AFP une porte-parole du constructeur.

La «renaissance du nucléaire est décapitée», s'est pour sa part réjoui le mouvement «Sortir du nucléaire», qui demande «l'annulation générale du programme EPR», et en particulier du chantier en cours à Flamanville (Manche) et du réacteur prévu à Penly (Seine-Maritime). «Sur le plan technique, les deux principaux réacteurs actuellement sur le marché, l'EPR français et l'AP 1000 américain, rencontrent de très graves difficultés, tant sur le plan de la sûreté que sur les chantiers déjà engagés», ajoute l'association anti-nucléaire dans un communiqué.

Destiné à devenir le premier réacteur EPR de troisième génération au monde, le réacteur d'Olkiluoto en Finlande, prévu initialement pour l'été 2009, accumule les retards et les dépassements de coût. Son entrée en service pourrait être de nouveau retardée au-delà de juin 2012, a prévenu à la mi-octobre le commanditaire TVO.

(Source AFP)

La France propose un plan pour sauver Copenhague

La France propose un plan pour sauver Copenhague

LE 01/11/2009, 19H32

ReutersEmmanuel Jarry

La France propose un programme massif d'aide aux pays les moins développés et un front commun entre ces pays et l'Union européenne pour tenter de sauver la conférence de Copenhague sur le climat.

Elle ne veut cependant pas paraître prendre cette initiative seule, ce qui risquerait fort de la torpiller.

D'où l'annonce vendredi à Bruxelles par le président Nicolas Sarkozy d'une prochaine initiative commune avec l'Allemagne et le Brésil pour tenter de faire émerger un axe associant aussi l'Afrique et le Mexique à l'UE.

Les tractations sur les suites à donner au protocole de Kyoto sur la lutte contre le réchauffement climatique buttent toujours sur la fixation d'objectifs de réduction des émissions de CO2 et le financement de l'aide aux pays les plus pauvres.

A cinq semaines de l'ouverture, le 7 décembre, de la conférence de Copenhague, les négociateurs de 175 Etats se retrouvent lundi à Barcelone pour tenter de sortir de l'impasse.

Le plan "justice-climat" proposé par la France ne vise rien de moins qu'aider l'Afrique à devenir "le premier producteur d'énergie renouvelable au monde", explique le ministre français de l'Ecologie dans le Journal du Dimanche.

De cette façon, soulignait déjà la semaine passée Jean-Louis Borloo devant quelques journalistes, l'Afrique ne serait plus une partie du problème, mais une partie de la solution.

Un épais document à couverture blanche, fruit de mois de consultations, recense pays par pays, financement compris, les chantiers à lancer en Afrique en matière d'énergie solaire, éolienne et hydroélectrique, de biomasse et de reforestation.

Jean-Louis Borloo évalue le coût du programme entre 20 et 25 milliards de dollars par an, dont cinq pour la reforestation.

Il propose de le financer par un fonds public abondé soit par une "allocation universelle" versée par les pays riches et émergents (il en coûterait à la France 580 millions d'euros par an), soit par une taxe de 0,01% sur les mouvements financiers, ce qui représente environ 20 milliards de dollars par an.

Nicolas Sarkozy a précisé vendredi que la Grande-Bretagne, la France, l'Allemagne et l'Autriche avaient demandé à la Commission européenne de se saisir de cette question.

Pour défendre ce plan et parler d'une seule voix, à Copenhague, les pays africains ont décidé de leur côté de faire du Premier ministre éthiopien, Meles Zenawi, leur porte-parole.

TRAITER LES AMÉRICAINS COMME LES POLONAIS ?

La France s'efforce de convaincre les pays les plus pauvres d'Asie, dont le Laos, le Cambodge et le Bangladesh, de s'engager dans la même voie. Elle tente, de la même façon, de fédérer les petites îles du Pacifique, de l'Océan Indien et de l'Atlantique.

L'idée est de dissocier, dans le groupe des pays en voie de développement, les pays les plus vulnérables au réchauffement climatique, Afrique en tête, des grands pays émergents.

Une façon de sortir de l'ornière la question épineuse du financement de l'aide des pays en développement à l'accession aux technologies propres, les pays riches rechignant à financer de cette façon l'industrie des concurrents directs que sont devenus des pays émergents comme la Chine et l'Inde.

"Quand on parle de négociations climatiques, on ne peut pas offrir les mêmes aides à la Chine et l'Inde qu'au Bangladesh", souligne Jean-Louis Borloo dans le JDD.

Nicolas Sarkozy a annoncé vendredi à Bruxelles que la France, l'Allemagne et le Brésil allaient tenter de mettre sur la table de Copenhague un "papier" qui puisse faire consensus.

"Je crois très important que l'Europe mobilise l'ensemble des pays pauvres, et notamment l'Afrique, sur la même position que nous arrivions avec un axe (...) face à trois univers qui sont la Chine, les Etats-Unis et l'Inde", a expliqué le président français à l'issue du Conseil européen.

Selon Jean-Louis Borloo, le document en préparation comporterait six points, dont le plan "justice-climat" et son volet reforestation, des objectifs de réduction des émissions de CO2 pour les pays industrialisés et les pays émergents, et la création d'une Organisation mondiale de l'environnement chargée de veiller à la mise en oeuvre des précédents points.

Ce document tiendrait compte des difficultés du président Barack Obama pour faire adopter aux Etats-Unis un plan massif de réduction des émissions de CO2 alors qu'ils n'ont pas ratifié Kyoto et ont pris un retard considérable dans ce domaine.

"Il faut traiter les Américains à Copenhague comme on a traité les Polonais en Europe. Il faut leur demander de faire des plans nationaux pour nous rejoindre en 2050 et être pas trop loin de nous en 2020", explique un familier du dossier.

Les réticences chinoises et indiennes seraient aussi prises en compte. Il serait demandé à la Chine et l'Inde de faire en sorte que le développement de leur économie soit moins "carbonée", afin d'atteindre un pic d'émissions en 2020 ou 2025.

Edité par Jean-Loup Fiévet

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