06.11.2009
Plan pour l’assainissement non collectif: des acteurs sceptiques
Plan pour l’assainissement non collectif: des acteurs sceptiques
07/10/2009 11:33 JOURNAL DE L ENVIRONNEMENT
Le projet de plan d’action du Meeddm présenté la semaine dernière mettra-t-il un terme au dossier des services publics d’ANC? Bien qu’il aille dans le bon sens, les financements manquent, ainsi que la publication de trois arrêtés, devenue une véritable Arlésienne. L'idée d'une mutualisation des services d’assainissement, public et non collectif, semble progresser.
Présenté mercredi 30 septembre au cours des Assises de l’assainissement non collectif (ANC) d’Evreux, le projet de plan d’action du Meeddm dans ce domaine prévu pour la période 2009-2013 se décline en 4 axes (1). A cette date, les contrôles des installations d’ANC devront avoir été achevés, et le vendeur d’un bâtiment non raccordé aux égouts devra justifier du bon fonctionnement de son installation.
Le projet de plan se traduit notamment par le conditionnement de la délivrance du permis de construire d’un bâtiment à la conformité du projet d’installation de l’ANC, prévu par le projet de loi «Grenelle II»; le développement de la formation des services publics de l’ANC (Spanc) et la mise à leur disposition, ainsi qu’aux agences de l’eau, d’une grille d’évaluation du risque sanitaire et environnemental; la mise en place d’un observatoire de l’ANC créé par l’Office national de l’eau et des milieux aquatiques (Onema). Le Meeddm envisage aussi la création d’une charte nationale de l’ANC, peut-être pour la fin du premier semestre 2010.
Le plan a été diversement reçu par les professionnels du secteur, qui observent tout de même une avancée. Mais «l’idée des Spanc résulte de la loi sur l’eau de 1992, rappelle Michel Desmars, chef du département Eau et assainissement de la Fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FNCCR). Que n’a-t-on fait ce plan plus tôt? Pendant plus de 15 ans, on a laissé les collectivités se débrouiller toutes seules. Les problèmes actuels viennent de ce qu’on n’a pas mis les moyens financiers nécessaires». Une question sur laquelle «le ministère reste discret».
Pour Stéphane Bernhard, juriste Environnement à l’association de consommateurs CLCV, ce plan fait l’impasse sur la concertation locale. Certaines communes n’ont toujours pas créé leur Spanc alors qu’elles étaient tenues de le faire en 2006. Et le coût variable du contrôle des installations –de 50 à 200 euros– demeure inexpliqué pour l’usager. «Beaucoup d’associations locales d’usagers se constituent, c’est bien la preuve que cela se passe mal sur le terrain.» Et de citer certains Spanc qui font des contrôles tous les 4 ans, quand la loi en permet un tous les 8 ans. «En termes de redevance, c’est le double!».
Les Spanc n’en finissent donc pas de faire des vagues. La question des trois fameux arrêtés (2) relatifs à l’ANC n’est pas non plus réglée. Signés le 7 septembre, ils ne sont toujours pas parus au Journal officiel. Cette «formalité», nécessaire pour que les élus locaux respectent la législation, constituerait une avancée sur le dossier, même si le Meeddm prévoit d’ores et déjà de publier des circulaires pour les rendre applicables.
«Ils offrent plus de souplesse et de choix dans les filières» d’ANC, juge Stéphane Bernhard. Les toilettes sèches sont par exemple reconnues comme un mode de traitement. En outre, les travaux pourraient être circonscrits aux installations qui polluent l’environnement, et non plus à toutes celles qui ne sont pas en conformité. «Il n’est pas du tout évident que les installations qui ne sont pas aux normes polluent, relève Stéphane Bernhard. Mieux vaut se concentrer sur certaines maisons qui n’ont pas le début d’une fosse septique plutôt que sur celles dont les installations sont vieillissantes».
La notion de risque pour l’environnement et la santé publique reste à préciser, relève Michel Desmars. Mais «même si les arrêtés vont dans le bon sens, on ne peut pas dire qu’ils règlent le problème de l’ANC…»
Pour y remédier, l’idée de la création d’un service unique de l’assainissement, où le collectif et le non-collectif seraient mutualisés, paraît de plus en plus s’imposer.
Portée par le député rapporteur de la loi sur l’eau et les milieux aquatiques (Lema) de 2006 André Flajolet (UMP, Pas-de-Calais), elle est soutenue par la FNCCR, et a été reprise dans un rapport du Conseil économique, social et environnemental (CESE) sur les usages domestiques de l’eau paru au printemps dernier (3).
La déléguée générale de la Fédération professionnelle des entreprises de l’eau (FP2E) Béatrice Arbelot indique qu’il faut «être ouvert à une telle idée». Son organisation étudie le dossier, notamment pour lever un certain nombre d’obstacles juridiques tels que l’accès à une installation dans une propriété privée. Le Meeddm s’y intéresse aussi, Chantal Jouanno ayant évoqué l’idée dans une vidéo diffusée en introduction des assises d’Evreux. André Flajolet vient d'ailleurs d’adresser à la secrétaire d’Etat à l’écologie une note de 12 pages sur le sujet.
(1) Garantir la mise en œuvre et la pérennité d'installations d’ANC de qualité et performantes au regard des enjeux sanitaires et environnementaux; accompagner les services publiques d’ANC dans leurs missions; accompagner les propriétaires dans leurs démarches; informer l’ensemble des acteurs de l’ANC et suivre les progrès accomplis
(2) Ces trois arrêtés sont relatifs à l’agrément des vidangeurs, à la mission de contrôle et aux prescriptions techniques. Des projets d’arrêtés ont déjà été publiés en octobre 2008
(3) Dans le JDLE «Politique de l’eau potable: le Conseil économique et social donne son avis»
L’ANC en quelques chiffres
- Ce mode de collecte et de traitement des eaux usées des particuliers non connectés au réseau collectif d’assainissement concerne plus de 5 millions de logements (sur 30 millions), soit 20% de la population.
- Entre 50 et 75% des installations sont défectueuses, selon le ministère de l’environnement. Une proportion beaucoup plus importantes pour d'autres acteurs.
- Chaque année, 70.000 installations neuves d’ANC et 30.000 réhabilitations lourdes sont réalisées, pour un coût de près d’un milliard d’euros pour les ménages. L’ANC représente la moitié des investissements des collectivités consacrés aux stations d’épuration des eaux usées.
- Les coûts de construction et de mise en conformité des installations s’étalent de 3.000 à 10.000 euros.
- Un éco-prêt à taux zéro pour l’ANC a été mis en place par les parlementaires dans la loi de finances pour 2009. Impossible à l’heure actuelle de savoir combien d’éco-PTZ ont été alloués. Autant que les 35.000 éco-PTZ pour la rénovation thermique des logements?...
- Les installations doivent toutes avoir été contrôlées fin 2012, et les travaux achevés en 2016.
07/10/2009 11:33
Le projet de plan d’action du Meeddm présenté la semaine dernière mettra-t-il un terme au dossier des services publics d’ANC? Bien qu’il aille dans le bon sens, les financements manquent, ainsi que la publication de trois arrêtés, devenue une véritable Arlésienne. L'idée d'une mutualisation des services d’assainissement, public et non collectif, semble progresser.
Présenté mercredi 30 septembre au cours des Assises de l’assainissement non collectif (ANC) d’Evreux, le projet de plan d’action du Meeddm dans ce domaine prévu pour la période 2009-2013 se décline en 4 axes (1). A cette date, les contrôles des installations d’ANC devront avoir été achevés, et le vendeur d’un bâtiment non raccordé aux égouts devra justifier du bon fonctionnement de son installation.
Le projet de plan se traduit notamment par le conditionnement de la délivrance du permis de construire d’un bâtiment à la conformité du projet d’installation de l’ANC, prévu par le projet de loi «Grenelle II»; le développement de la formation des services publics de l’ANC (Spanc) et la mise à leur disposition, ainsi qu’aux agences de l’eau, d’une grille d’évaluation du risque sanitaire et environnemental; la mise en place d’un observatoire de l’ANC créé par l’Office national de l’eau et des milieux aquatiques (Onema). Le Meeddm envisage aussi la création d’une charte nationale de l’ANC, peut-être pour la fin du premier semestre 2010.
Le plan a été diversement reçu par les professionnels du secteur, qui observent tout de même une avancée. Mais «l’idée des Spanc résulte de la loi sur l’eau de 1992, rappelle Michel Desmars, chef du département Eau et assainissement de la Fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FNCCR). Que n’a-t-on fait ce plan plus tôt? Pendant plus de 15 ans, on a laissé les collectivités se débrouiller toutes seules. Les problèmes actuels viennent de ce qu’on n’a pas mis les moyens financiers nécessaires». Une question sur laquelle «le ministère reste discret».
Pour Stéphane Bernhard, juriste Environnement à l’association de consommateurs CLCV, ce plan fait l’impasse sur la concertation locale. Certaines communes n’ont toujours pas créé leur Spanc alors qu’elles étaient tenues de le faire en 2006. Et le coût variable du contrôle des installations –de 50 à 200 euros– demeure inexpliqué pour l’usager. «Beaucoup d’associations locales d’usagers se constituent, c’est bien la preuve que cela se passe mal sur le terrain.» Et de citer certains Spanc qui font des contrôles tous les 4 ans, quand la loi en permet un tous les 8 ans. «En termes de redevance, c’est le double!».
Les Spanc n’en finissent donc pas de faire des vagues. La question des trois fameux arrêtés (2) relatifs à l’ANC n’est pas non plus réglée. Signés le 7 septembre, ils ne sont toujours pas parus au Journal officiel. Cette «formalité», nécessaire pour que les élus locaux respectent la législation, constituerait une avancée sur le dossier, même si le Meeddm prévoit d’ores et déjà de publier des circulaires pour les rendre applicables.
«Ils offrent plus de souplesse et de choix dans les filières» d’ANC, juge Stéphane Bernhard. Les toilettes sèches sont par exemple reconnues comme un mode de traitement. En outre, les travaux pourraient être circonscrits aux installations qui polluent l’environnement, et non plus à toutes celles qui ne sont pas en conformité. «Il n’est pas du tout évident que les installations qui ne sont pas aux normes polluent, relève Stéphane Bernhard. Mieux vaut se concentrer sur certaines maisons qui n’ont pas le début d’une fosse septique plutôt que sur celles dont les installations sont vieillissantes».
La notion de risque pour l’environnement et la santé publique reste à préciser, relève Michel Desmars. Mais «même si les arrêtés vont dans le bon sens, on ne peut pas dire qu’ils règlent le problème de l’ANC…»
Pour y remédier, l’idée de la création d’un service unique de l’assainissement, où le collectif et le non-collectif seraient mutualisés, paraît de plus en plus s’imposer.
Portée par le député rapporteur de la loi sur l’eau et les milieux aquatiques (Lema) de 2006 André Flajolet (UMP, Pas-de-Calais), elle est soutenue par la FNCCR, et a été reprise dans un rapport du Conseil économique, social et environnemental (CESE) sur les usages domestiques de l’eau paru au printemps dernier (3).
La déléguée générale de la Fédération professionnelle des entreprises de l’eau (FP2E) Béatrice Arbelot indique qu’il faut «être ouvert à une telle idée». Son organisation étudie le dossier, notamment pour lever un certain nombre d’obstacles juridiques tels que l’accès à une installation dans une propriété privée. Le Meeddm s’y intéresse aussi, Chantal Jouanno ayant évoqué l’idée dans une vidéo diffusée en introduction des assises d’Evreux. André Flajolet vient d'ailleurs d’adresser à la secrétaire d’Etat à l’écologie une note de 12 pages sur le sujet.
(1) Garantir la mise en œuvre et la pérennité d'installations d’ANC de qualité et performantes au regard des enjeux sanitaires et environnementaux; accompagner les services publiques d’ANC dans leurs missions; accompagner les propriétaires dans leurs démarches; informer l’ensemble des acteurs de l’ANC et suivre les progrès accomplis
(2) Ces trois arrêtés sont relatifs à l’agrément des vidangeurs, à la mission de contrôle et aux prescriptions techniques. Des projets d’arrêtés ont déjà été publiés en octobre 2008
(3) Dans le JDLE «Politique de l’eau potable: le Conseil économique et social donne son avis»
L’ANC en quelques chiffres
- Ce mode de collecte et de traitement des eaux usées des particuliers non connectés au réseau collectif d’assainissement concerne plus de 5 millions de logements (sur 30 millions), soit 20% de la population.
- Entre 50 et 75% des installations sont défectueuses, selon le ministère de l’environnement. Une proportion beaucoup plus importantes pour d'autres acteurs.
- Chaque année, 70.000 installations neuves d’ANC et 30.000 réhabilitations lourdes sont réalisées, pour un coût de près d’un milliard d’euros pour les ménages. L’ANC représente la moitié des investissements des collectivités consacrés aux stations d’épuration des eaux usées.
- Les coûts de construction et de mise en conformité des installations s’étalent de 3.000 à 10.000 euros.
- Un éco-prêt à taux zéro pour l’ANC a été mis en place par les parlementaires dans la loi de finances pour 2009. Impossible à l’heure actuelle de savoir combien d’éco-PTZ ont été alloués. Autant que les 35.000 éco-PTZ pour la rénovation thermique des logements?...
- Les installations doivent toutes avoir été contrôlées fin 2012, et les travaux achevés en 2016.
03:40 Publié dans COLLECTIVITES | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : loc maria plouzane
Du référendum en Irlande : preuves de sa validité
Du référendum en Irlande : preuves de sa validité
par Observateur amusé, Amateur LE MONDE
06.10.09
Les opposants au traité de Lisbonne, et, dans une moindre mesure, les partisans de la démocratie directe s'indignent souvent que l'on ait fait voter Lisbonne une deuxième fois aux irlandais, pour que ceux-ci acceptent. Or même en ignorant l'argument justifiant ce deuxième vote par les changements qui ont été apportés au traité entre les deux referendums, ainsi que le taux d'acceptation a été cette fois nettement supérieur à celui du refus précédent, force est de constater que ce double-vote respecte parfaitement les exigences de la démocraties.
Première hypothèse : les irlandais ont vraiment changé d'avis. Dès lors, leur oui aujourd'hui n'est pas moins valable que leur non d'il y a une année. On pourrait à la rigueur dire qu'il faut alors les faire revoter tous les ans, pour être certain qu'ils n'aient pas changé d'avis. Mais alors que le traité sera en vigueur, un non n'aurait plus les mêmes conséquences, le traité ne pouvant être "allumé" et "éteint" régulièrement.
On imagine alors que le non irlandais signifierait pour eux la sortie de l'Europe. Or la constitution irlandaise n'exige pas de référendums réguliers pour confirmer l'appartenance de l'Irlande à l'Europe, ni d'ailleurs pour confirmer aucun traité déjà ratifié (on imagine les difficultés). Un tel référendum n'aurait donc pas de base juridique, et ne respecterait donc pas le principe démocratique de primauté du droit. Quoi qu'il en soit, dans ce cas ce n'est pas le caractère démocratique du deuxième référendum qui serait remis en question, mais plutôt l'absence de référendum régulier. Une autre option serait d'attendre encore un certain laps de temps, de voter une troisième fois. Mais alors combien de temps attendre ? Pourquoi une troisième et pas une quatrième ou cinquième fois ? Et toujours, ce n'est pas le caractère démocratique du deuxième référendum qui doit être remis en cause, mais l'absence de référendums ultérieurs, dont la mise en pratique poserait de toute façon des problèmes significatifs.
Deuxième hypothèse : avoir soumis les irlandais à deux référendums était anti-démocratique. Cet argument prête à sourire, surtout qu'il viendrait de ceux qui se plaignent d'une insuffisance de référendums. En quoi c'était anti-démocratique ? Si les irlandais ne voulaient pas changer d'avis, alors ils ne devaient pas changer d'avis. Le référendum était, selon ses partisans, une bonne expression de la démocratie, quel est le délai à respecter pour que poser deux fois la même question soit démocratique ? Pourquoi ? Et surtout pourquoi c'est le premier référendum qui serait plus démocratique que le deuxième ?
À cette dernière question seule une réponse peut être comprise et c'est notre troisième hypothèse. Le résultat d'un référendum est aléatoire, et demander deux fois peut, irrationnellement, mener à deux réponses différentes successives. Mais si l'on admet cela, alors on admet que le référendum n'est pas une parfaite expression de l'opinion sur une question, mais un résultat aléatoire, influencé par l'humeur de l'opinion, le contexte économique, le temps qu'il fait, la position des planètes dans le ciel, ou encore l'heure à laquelle Mme Gonsalez s'est levée ce matin à Buenos Aires, etc... Qui peut changer très rapidement selon l'effet papillon.
Or si tel est le cas, peut-on encore dire que le référendum est démocratique et se justifie sur un sujet, puisque les citoyens se prononcent sur ce sujet de manière aléatoire, et suivant des arguments rarement rationnels ? Quoi qu'il en soit, si l'on admet cela, alors un bon démocrate ne soutiendra pas plus le principe du référendum, que celui de prendre une décision, comme la ratification du traité de Lisbonne, à pile ou face.
03:36 Publié dans INTERNATIONAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Après Polanski, Frédéric Mitterrand rattrapé par “sa mauvaise vie”
Après Polanski, Frédéric Mitterrand rattrapé par “sa mauvaise vie”
07 octobre 2009 LE MONDE
Marine Le Pen a réussi son effet. Invitée lundi soir de l’émission mots croisés, la leader frontiste a, à propos de l’affaire Polanski, glissé sur la vie sexuelle de Frédéric Mitterrand que celui-ci avait dévoilé en 2005 dans un de ses livres : La mauvaise vie. Fiche sous les yeux, Marine Le Pen a lu des extraits qui on jeté un réel malaise sur le plateau. Fantasme ou tourisme sexuel avéré, le ministre de la culture évoque le “commerce de garçons”. Une affaire embarrassante que de nombreux médias ont préféré ne pas évoquer. L’Express va plus loin accusant la blogosphére de relayer une campagne orchestrée par l’extrême droite.
Selon l’hebdomadaire de Christophe Barbier, “le ministre de la Culture paye son soutien à Roman Polanski“. Fine déduction. Comme dans le cas Polanski, le titre fait fausse route. Il s’étonne que soit mise en pratique la notion de responsabilité à l’égard d’élites censées être exemplaires.
En clouant au pilori la blogosphére et sa gouaille populiste, notamment le site communautaire Agoravox , l’hebdomadaire accuse finalement le thermomètre d’être la cause de la fièvre.
Pourtant, ce qui est en cause ce n’est pas que des informations soient relayées par internet. Elles ne rencontreraient pas un tel succès d’audience si la presse traditionnelle faisait son travail et ne s’autocensurait pas dans le cas d’affaires délicates. Ignorer, se taire, constitue la plus mauvaise ligne de défense. Elle ouvre les portes aux insinuations, aux ragots et rumeurs malveillantes non ou faussement etayées, donnant le sentiment qu’il y a d’un côté des cercles privilégiés qui ont accès à l’information et, de l’autre, la masse, qui n’a pas besoin de savoir.
Frédéric Mitterrand est ministre de la République. Ses propos, plus qu’un autre l’engagent. Beaucoup s’accordent à reconnaître que dans l’affaire Polanski, ils ont été extrêmement maladroits, attestant du décalage entre les milieux “germanopratins” et le reste de la population.
Avec un certain courage l’ancien animateur tv a fait il y a déja quelques années son coming out et assume son homosexualité. Le problème n’est donc pas là. Il réside dans l’idée que la pédophilie ne serait pas répréhensible lorsqu’elle est le fait d’artistes dont le génie constituerait une totale immunité.
En digne fille de son père, avec la délicatesse d’un éléphant dans un magasin de porcelaine, Marine Le Pen s’est fait un malin plaisir de mettre les pieds dans le plat. Comme si, on pouvait s’attendre à autre chose d’une jeune femme qui réclame sur le plateau, la bave aux lèvres, le retour de la peine de mort.
La mauvaise vie ne peut être considéré comme une apologie de la pédophilie juste un livre autobiographique, “cru dans l’exposition des moeurs qui ne verse jamais dans l’indécence ou l’impudeur” selon Pierre Assouline . Avec un hic de taille. C’est justement que certaines “moeurs” peuvent être pénalement répréhensibles. Ainsi, la loi du 1er février 1994, dite d’extraterritorialité, permet de poursuivre et de juger en France, un français accusé d’un acte sexuel, commis à l’étranger sur un mineur de moins de quinze ans, contre rémunération, même si dans ce pays ce délit n’est pas réprimé.
Comme le rappelle l’Express, “à l’époque de la parution du livre, le ministre s’était exprimé à plusieurs reprises sur les plateaux de télévision. Il y avait démenti tout penchant pédophile. Les images ont été retrouvées par Arrêtsurimages.net.“
Depuis lundi, pas plus Frédéric Mitterrand en déplacement au Kazakhstan avec Nicolas Sarkozy que l’Elysée, n’ont souhaité réagir à la polémique.
Sollicité par le point.fr, l’entourage de Frédéric Mitterrand indique à propos de ce dernier que, “dès sa nomination, il s’attendait à ce genre d’attaques. Psychologiquement, il y est préparé. La question de savoir qui tient ce discours est importante. Le fait que l’attaque vienne de l’extrême droite est presque en soi un contre-feu.“
Une stratégie discutable. Si l’extrême-droite apporte généralement de mauvaises réponses, il lui appartient parfois de poser de bonnes questions. Nicolas Sarkozy en sait quelque chose, lui qui a emprunté pour sa campagne présidentielle de nombreux thèmes à Jean-Marie Le Pen.
L’ affaire est donc bien politique. C’est celle d’un nouveau ministre qui multiplie les boulettes et dont on peut s’interroger sur sa longévité rue de Valois. Reste le plus grave. C’est justement en brouillant l’image renvoyée par nos gouvernants que ceux qui se disent républicains contribuent à donner du poids et de la crédibilité à la bête immonde et à son indémodable slogan “tous pourris”. Sauf papa, bien entendu, dans le cas de Marine.
http://www.dailymotion.com/video/xapttb_marine-le-pen-accuse-mitterrand-de_news
03:30 Publié dans POLEMIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : loc maria plouzane
Silence, on tue
Silence, on tue
LE MONDE | 07.10.09 | 14h03
L'association russe de défense des droits de l'homme Memorial a été condamnée, mardi 6 octobre, par un tribunal moscovite à verser des dommages et intérêts (1 590 euros) au numéro un tchétchène, Ramzan Kadyrov, qui la poursuivait en diffamation.
C'est moins que les 270 000 euros que le chef tchétchène, grand amateur de cylindrées de luxe et de costumes Armani, réclamait. Avant tout, le verdict est un avertissement lancé aux défenseurs des droits de l'homme et qui se résume en deux mots : "Taisez-vous !"
Juste après l'assassinat, le 15 juillet, de Natalia Estemirova, la représentante de Memorial à Grozny, en Tchétchénie, Oleg Orlov, le président de l'association, avait accusé Ramzan Kadyrov d'être "coupable" du meurtre. L'homme fort de Moscou en Tchétchénie s'en était défendu : "Pourquoi tuer une femme dont personne ne voulait ? Elle n'avait ni honneur ni dignité."
A Moscou comme à Grozny, les collègues de Natalia Estemirova savaient qu'elle était menacée. Quelques jours avant sa mort, un fonctionnaire de l'administration locale l'avait appelée pour lui dire que ses jours étaient comptés. La jeune femme racontait tout cela et aussi les tortures et les disparitions. Mais, dénoncer l'horreur, c'est s'exposer à la mort dans la Russie actuelle. Ceux qui l'ont fait ont payé de leur vie : Anna Politkovskaïa, la journaliste tuée par balles à Moscou le 7 octobre 2006 ; Stanislav Markelov, l'avocat assassiné dans la capitale moscovite le 19 janvier 2009 ; Natalia Estemirova, achevée d'une balle dans la tête sur une route du Caucase le 15 juillet.
Trois ans se sont écoulés depuis le meurtre d'Anna Politkovskaïa. Les enquêteurs ont l'arme du crime, des écoutes et des vidéos, mais ni le tueur ni le commanditaire n'ont été retrouvés. L'enquête sur le meurtre de Natalia Estemirova prend le même chemin. Un témoin-clé, Akhmed Guissaev, menacé de mort, vient de quitter la Russie.
Les assassinats sont impunis, les témoins sont menacés, mais l'honneur de Ramzan Kadyrov a été lavé. Difficile d'imputer un tel fonctionnement aux seules faiblesses du système judiciaire russe. Il s'agit d'une mécanique bien rodée, où l'assassinat et l'impunité sont encouragés. A Moscou, le Kremlin réhabilite doucement Staline ; à Grozny, les méthodes de sa police politique reviennent en force. Vue de Moscou, la Russie de Poutine n'est pas celle du "petit père des peuples" ; vue du Caucase, elle a tous les traits de "la grande terreur" des années 1930. Qui veut le voir ?
03:24 Publié dans INTERNATIONAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : loc maria plouzane
Rama Yade, une «femme de gauche»? Mon œil!
Rama Yade, une «femme de gauche»? Mon œil!
Gérald Andrieu - Marianne | Mercredi 4 Novembre 2009 à 17:10
Il suffit qu’un membre de la majorité élève un peu la voix, pour que l’opposition en face un héros. Après Dominique Villepin, place à Rama Yade dont certains au PS semblent penser qu’elle est si foncièrement de «gauche» qu’elle mériterait même une tête de liste PS pour les régionales!
«Il est bon d’avoir l’esprit ouvert, mais pas au point que le cerveau tombe par terre ». Michèle Sabban, vice-présidente socialiste d’Ile-de-France ferait bien de méditer les sages paroles de Lawrence Ferlinghetti. Le Canard enchaîné de ce mercredi nous explique que l’élue PS du Val-de-Marne souhaiterait pratiquer, à sa façon, « l’ouverture » en « [accordant] à Rama Yade le droit d’asile politique ». Un « asile politique » plus que confortable puisqu’il pourrait prendre la forme de la tête de liste du Parti socialiste dans les Hauts-de-Seine ! « Elle est en délicatesse avec son propre camp, explique Michèle Sabban dans les colonnes de l’hebdo satirique, Les dirigeants de l’UMP peinent à lui trouver un point de chute pour les régionales. Elle est élue à Colombes, dans les Hauts-de-Seine, et je sais sa proximité avec certains socialistes. Pour toutes ces raisons, je lui promets le meilleur accueil. »
Une simple boutade parvenue aux oreilles indiscrètes du Canard ? Ça y ressemble. D'ailleurs, Jean-Paul Huchon a fait savoir par communiqué, cet après-midi, que Rama Yade restait une « adversaire politique » et qu'il s'agissait là « d'une blague » de sa vice présidente. Pourtant, quelques heures auparavant, Michèle Sabban, interrogée par Lepost.fr , en remettait une couche sur un ton on ne peut plus sérieux : « Ce serait notre ouverture à nous », lâchait-elle toute fière de son idée à elle qu’elle a eu toute seule ! Et visiblement l’ancienne secrétaire nationale du Parti socialiste aux Droits des Femmes n’est pas à une fulgurance près. Toujours sur Lepost.fr, elle ajoutait être « convaincue que [Rama Yade] est une femme de gauche » : « Elle le montre à travers ses discours et les valeurs qu'elle défend » !
Elle est gentille Michèle Sabban. Très gentille même. Rama Yade, par le passé, s’est peut-être vertement opposé à Nicolas Sarkozy (lors de la venue en France de Mouammar Kadhafi par exemple), mais cela ne fait pas d’elle pour autant « une femme de gauche ». Il s’agissait-là simplement de bon sens. Un bon sens dont des gens de droite sont capables (si si, il y en a) !
Faut-il aussi rappeler à Michèle Sabban que la dernière polémique à laquelle s'est retrouvée mêlée la secrétaire d’Etat aux Sports ne fait pas vraiment d’elle une Louise Michel en puissance ? Si Rama Yade s’est pris le bec avec Roselyne Bachelot, c’est bien parce que la jeunette s’est opposée à la disparition d’un cadeau fiscal pour les sportifs de haut niveau et ce, contre l’avis de sa ministre de tutelle. La vraie femme de gauche dans cette histoire — c’est peut-être difficile à concevoir — mais c’est Roselyne Bachelot ! Quitte à copier l’ouverture à la sauce Sarkozy, autant faire mieux que le maître. Lui aime à faire croire qu’il a pris dans ses filets des hommes et des femmes de gauche. Mais depuis longtemps déjà, Kouchner, Besson et les autres n’en étaient plus. Tout comme Rama Yade n’en est pas…
00:27 Publié dans POLEMIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : loc maria plouzane








