07.11.2009

Climat : les négociateurs pressent les chefs d'Etat de prendre leurs responsabilités

Climat : les négociateurs pressent les chefs d'Etat de prendre leurs responsabilités

LEMONDE.FR avec AFP | 08.10.09 | 18h01

A deux mois du sommet de Copenhague sur le réchauffement climatique, la perspective d'un accord s'éloigne. Alors que l'avant-dernière session de négociations s'achève vendredi 9 octobre à Bangkok (Danemark), les négociateurs, chargés par leur pays de préparer le futur accord, appellent à un geste politique fort. Ils ont demandé, jeudi, aux dirigeants des pays industrialisés à avancer des chiffres clairs sur leurs objectifs de réduction de gaz à effet de serre et sur le financement de l'aide aux pays du Sud.

"Le processus a besoin du soutien des leaders politiques au plus haut niveau pour aboutir à un résultat", a déclaré Yvo de Boer, plus haut responsable du climat aux Nations unies. "Le fait est que si nous ne voyons pas d'avancées sur les points politiques clés (...), il va devenir très difficile pour les négociateurs de poursuivre leur travail dans un climat constructif", a-t-il ajouté.

"IL Y A BEAUCOUP DE JEUX DANS CES NÉGOCIATIONS"

La réunion de Bangkok a permis des débats "constructifs", mais aussi suscité de vives tensions sur le format d'un éventuel accord mondial en décembre à Copenhague (7 au 18 décembre) qui doit donner une suite au protocole de Kyoto. L'Union européenne a pris des engagements clairs sur les émissions de gaz à effet de serre, prévoyant une baisse de 20 % par rapport à 1990 d'ici à 2020, avec possibilité de passer à 30 % en cas d'accord international. Sur la question du financement, elle a évalué à 100 milliards d'euros par an les besoins nécessaires en la matière d'ici à 2020. Mais la répartition de l'effort de financement au sein de l'UE est source de tensions récurrentes, en raison notamment des réticences de certains pays de l'Est. Quant aux Etats-Unis, ils n'ont avancé aucun chiffre de réduction de leurs émissions dans les négociations internationales, suscitant une impatience croissante alors que la bataille autour du projet de loi climat vient de débuter au Sénat.

Devant l'ampleur de la tâche qui reste à accomplir, la plupart des délégués anticipent un final à haute tension le 18 décembre à Copenhague, dernière journée théorique du rendez-vous danois. Pour Bruno Sekoli, qui préside le groupe des pays les moins avancés (49 pays dont 33 africains), l'exercice est périlleux et regrettable. "Il y a beaucoup de jeux dans ces négociations", explique-t-il. "L'un d'entre eux consiste à dire : 'Si vous avez quelque chose à annoncer, attendez le 18. Je pense que c'est très dangereux. Nous travaillons sur un accord majeur qui aura un impact sur plusieurs générations à venir".

Deux Français sur trois ne croient pas à un accord sur le climat

Les Français sont majoritairement pessimistes sur l'issue des négociations à Copenhague. C'est ce que révèle un sondage pour le mensuel Terra Eco publié jeudi 8 octobre. A la question : "Pensez-vous que les chefs d'Etat (...) parviendront à se mettre d'accord pour lutter efficacement contre le changement climatique ?", 77 % des sondés de gauche répondent non, 72 % des Verts et 67 % du Modem. En revanche, les sympathisants de droite sont un peu plus confiants (55 % de non et 35 % oui), selon l'enquête conduite par l'institut Opinion Way.

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