25.11.2009
Phnom Penh touche les fonds du lac
Phnom Penh touche les fonds du lac
Reportage
La municipalité de la capitale cambodgienne a cédé à une firme immobilière le lac Boeung Kak, qui sera comblé pour bâtir des résidences de luxe. Les opposants crient au scandale financier et écologique.
LE 28/10/2009
Par ARNAUD DUBUS envoyé spécial à Phnom Penh (Cambodge)
Dans une ville à moitié inondée à chaque longue averse, détruire le grand lac au nord de la capitale cambodgienne, Phnom Penh, réservoir naturel et séculaire, ne semble pas être un choix qui s’impose. Et pourtant c’est la décision qu’a prise avec enthousiasme la municipalité de la ville, en cédant, pour 50 millions d’euros, à une firme immobilière privée, une parcelle de 133 hectares dans le nord de la capitale, laquelle inclut le lac Boeung Kak, dont la superficie couvre 90 hectares. «C’est un espace ouvert au cœur de la ville, avec un potentiel fantastique pour devenir une aire de relaxation, raconteDavid Pred, fondateur de l’ONG Bridge across Borders, qui milite pour la préservation de Boeung Kak. Mais ce que voit le gouvernement, c’est 133 hectares de terrains immobiliers qui sont gâchés parce qu’il y a un lac.»
De la terrasse de la guest houseFloating Island, dans le quartier des routards à l’est du lac, la vue est saisissante. Une large langue de sable s’avance jusqu’au milieu du lac. Posé sur celle-ci, un pipeline crache le sable aspiré à six kilomètres de là, au point de rencontre des fleuves Mékong, Tonle Sap et Bassac, juste en face du Palais du roi du Cambodge. «Le lac sera comblé dans moins d’un an, dit Tam Suthi, le propriétaire de la guest house en observant la langue de sable. Cela ne nous fait pas plaisir, mais nous n’avons pas le choix, nous allons devoir partir. Le gouvernement dit qu’il a le droit de développer le pays».
Environ 20 000 personnes qui habitent sur le lac ou sur les berges sont sommées de déguerpir par la municipalité avec pour compensation une somme de 5 400 dollars (3 600 euros). Après une série d’intimidations et de destructions de maisons par des policiers, beaucoup de riverains se sont résignés à accepter l’offre. Mais la destruction de Boeung Kak, qui doit laisser place à des centres commerciaux et des immeubles résidentiels de luxe pour les nouveaux riches de Phnom Penh, n’entraîne pas pour seule conséquence d’incalculables dégâts sociaux.
Comblement. Une étude menée en mars par une équipe d’ingénieurs hydrauliques australiens a conclu que le comblement du lac allait provoquer «une augmentation de la profondeur et du niveau des inondations, mais aussi de leur fréquence». «La municipalité de Phnom Penh développe son projet immobilier avant de s’occuper du problème du drainage des eaux. Ce devrait être l’inverse», explique Ben Caddis, le directeur technique de l’étude.
La question est d’autant plus sensible que Boeung Kak est le dernier lac de Phnom Penh à n’avoir pas été comblé pour faire place à des projets immobiliers. L’étude estime que l’étude d’impact sur l’environnement présenté par Shukaku, la firme cambodgienne qui a acheté le terrain à la municipalité, est totalement insuffisante. «Elle se réduit à quelques vagues affirmations de ce qui serait souhaitable de faire, sans aucun détail, ni aucune étude», indique Ben Caddis. De surcroît, Shukaku refuse toute responsabilité quant aux éventuels dégâts causés par les inondations.
Le quartier de Russei Keo, au nord du lac, est particulièrement menacé. En novembre dernier, alors que le pompage du sable dans le lac avait commencé, le quartier a été paralysé par des inondations sans précédents. Le fait que la municipalité cède un lac qui appartient au domaine public est illégal. Pour contourner ce problème, le gouverneur de Phnom Penh (qui agit au nom du gouvernement) a octroyé un «bail de 99 ans» sur le lac et ses environs à Shukaku, firme dirigée par Lau Meng Khin, un sénateur du Parti du pouvoir du peuple, très proche du Premier ministre Hun Sen.
Appât du gain. Politicien à la réputation sulfureuse, Lau Meng Khin dirige aussi le consortium Pheapimex, responsable de la destruction de la majorité des forêts du Cambodge, selon l’organisation Global Witness. «C’est un peu comme si Barack Obama vendait Central Park à un promoteur immobilier. Impensable !» s’indigne Hallam Goad, conseiller après de l’ONG Sahmakum Teang Tnaut, qui cherche à protéger les riverains du lac.
La partie la plus ironique de cette triste saga est qu’un schéma directeur d’urbanisme, visant à faire de Phnom Penh la «perle de l’Asie» d’ici 2020, avait été élaboré en 2007 par la municipalité de Phnom Penh en collaboration avec le Bureau des affaires urbaines français. Dans ce schéma directeur, qui a reçu un prix international à Londres, Phnom Penh est projetée comme une ville de parcs et d’espaces aquatiques, qui n’a pas cédé, contrairement aux autres capitales asiatiques, à la verticalisation à tous crins. Ce plan n’a jamais connu de début d’application, au grand désespoir des experts français.
L’affaire du lac Boeung Kak, selon plusieurs observateurs, reflète bien une attitude plus générale des autorités cambodgiennes. «Le principe est l’appât du gain à court terme sans souci des conséquences humaines ou environnementales, estime David Pred. Il faut vendre tout ce qu’on peut - ressources naturelles, forêts, sources d’énergie - jusqu’à ce qu’elles soient épuisées.»
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La facture de la fonte des glaces pourrait être très salée
La facture de la fonte des glaces pourrait être très salée
24/11/2009 LIBERATION
Selon une étude du Fonds mondial pour la nature (WWF), les inondations dans plus d'une centaine de grandes villes côtières liées au réchauffement pourraient causer jusqu'à 28.000 milliards de dollars de dommages en 2050.
«Si la température augmente entre 0,5 et 2 degrés d'ici à 2050, il est possible que le niveau des mers progresse d'un demi-mètre entraînant d'importants dégâts financiers.» La responsable «climat et énergie» auprès du WWF Suisse, Ulrike Saul, estime que des inondations dans plus d'une centaine de grandes villes côtières à la suite de la fonte des glaces pourraient causer jusqu'à 28.000 milliards de dollars (18.840 milliards d'euros) de dommages en 2050.
La côte nord-est des Etats-Unis devrait être «surproportionnellement» affectée par la hausse du niveau des mers. A New York, «une élévation du niveau de la mer pourrait être aggravée par une augmentation de la fréquence et de la gravité des tempêtes et ouragans».
Associé à la hausse du niveau des mers, un ouragan de catégorie 4 frappant cette ville américaine pourrait entraîner plus de 5.000 milliards de dollars de dégâts en 2050, contre 1.000 milliards actuellement, selon le WWF.
«C’est la raison pour laquelle nous devons tout mettre en oeuvre pour empêcher une hausse des températures supérieure à deux degrés par rapport aux températures préindustrielles», avertit l'un des directeurs du WWF Suisse, Walter Vetterli.
Pour y parvenir, les pays industriels devront réduire leurs émissions de CO2 de 40% d’ici à 2020, estime l'organisation. Elle exhorte donc les gouvernements qui participeront au sommet de l'ONU sur le climat en décembre à Copenhague à adopter «un accord ambitieux et contraignant» pour remplacer le protocole de Kyoto qui arrive à échéance en 2012.
(Source AFP)
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Copenhague: l'engagement mitigé de l'Afrique du Sud
Copenhague: l'engagement mitigé de l'Afrique du Sud
Comme le reste de l’Afrique sub-saharienne, l’Afrique du Sud devrait être sévèrement touchée par les conséquences du changement climatique. Des travaux scientifiques connus sous le nom de « Long Term Mitigation Scenarios » , commandés par le gouvernement Sud-Africain en 2007, suggèrent que le changement climatique pourrait avoir des effets très critiques sur des secteurs entiers de l’économie. Suite à ces travaux, le gouvernement a reconnu en juin 2008 la nécessité d’adopter progressivement des objectifs de réduction d’émissions, encadrés par une réglementation législative et fiscale. Il projette, après le Sommet de Copenhague, de coordonner les différents ministères concernés pour instaurer en 2012 cette série de mesures réglementaires, qui donneront concrètement vie à la politique climatique sud-africaine.
Pour l’heure, et en prévision des négociations de Copenhague, le gouvernement a toutefois précisé fin septembre 2009 son refus de se voir imposer des objectifs d’émissions par les pays développés. « Les réductions d’émissions de CO2 devront prendre en compte les besoins en développement du pays », souligne à ce sujet le porte parole du gouvernement Themba Maseko. Une position alignée sur celle des autres grands pays émergents comme le Brésil, la Chine et l’Inde, qui mettent en avant leur croissance économique comme enjeu prioritaire.
Efforts inégaux de la part des entreprises
De leur côté, comment les entreprises sud-africaines ont-elles anticipé les changements qui se profilent ? « Les stratégies dépendent fortement des secteurs d’activité », répond Jonathan Hanks du cabinet Incite Sustainability qui vient de compiler, pour le compte de la « National Business Initiative », les résultats du Carbon Disclosure Project, une enquête mondiale sur les émissions de GES des entreprises. Les secteurs les plus émetteurs comme l’énergie, l’industrie et la construction sont généralement les plus pro-actifs, à la fois en termes de transparence sur leurs pratiques et de planification de leurs réductions d’émissions de gaz à effet de serre. 68% des entreprises ont cependant répondu à l’enquête du CDP, contre 59% en 2008, démontrant une prise de conscience des compagnies sud-africaines similaire à celle des pays développés. A titre de comparaison, le taux de réponse des entreprises françaises est de 58%.
S’il y a donc des progrès incontestables, les défis restent très importants. Certains secteurs clés comme l’agro-alimentaire, l’immobilier ou le tourisme, qui affichent un faible taux de réponses, se sentent encore peu concernés par le changement climatique, alors que leurs impacts sont bien réels. Un autre défi majeur pour les entreprises sud-africaines sera d’intégrer la lutte contre le changement climatique dans une stratégie de long terme, incluant des objectifs précis de réduction des émissions directes et indirectes… Beaucoup d’entre elles jugent toujours le changement climatique comme un problème « périphérique » et ne songent pas à l’intégrer directement dans leurs activités ; préférant s’en remettre à l’analyse ponctuelle des cabinets de consultants !
Forte dépendance au charbon
Reste que le défi le plus urgent est bien celui du secteur de l’énergie. Ce dernier représente plus de 50% des émissions de GES en Afrique du Sud, en raison d’une forte dépendance au charbon. L’investissement dans les énergies renouvelables, considéré comme trop coûteux par rapport au faible prix du charbon, est aujourd’hui au point mort. Chez Eskom, la compagnie nationale électrique, la direction reconnaît pourtant sa responsabilité dans la transition énergétique. Mais elle souligne aussi les difficultés d’arbitrage entre la réduction des émissions et la production d’une énergie à faible coût, permettant d’accompagner la croissance économique. Au grand dam de nombreuses ONG environnementales, l’entreprise, soutenue par le Ministère de l’Energie, a décidé d’investir dans les technologies, très controversées, de séquestration du carbone. Récemment, le gouvernement a néanmoins infléchi sa position, en décidant de subventionner le prix de l’énergie éolienne , mais il reste encore évasif sur le soutien à d’autres sources d’énergies alternatives. En réalité, seuls les impératifs de croissance économique, impliquant une demande accrue d’énergie, pourraient faire évoluer le mix énergétique en faveur des énergies renouvelables.
Enfin, l’autre grand défi du pays sera de changer les mentalités de l’élite politique et économique. Entre impératifs de croissance économique, besoins sociaux et risques climatiques, le choix en faveur du développement prime aujourd’hui parmi les décideurs économiques et politiques. « S’il est moins nécessaire, désormais, de les convaincre que le changement climatique est bien réel, il faut pourtant les persuader que l’économie, le social et l’environnement sont intrinsèquement liés », estime Jonathon Hanks.
Stéphanie Giamporcaro au Cap (Afrique du Sud)
Mis en ligne le : 16/11/2009
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Des millions de décès prématurés évitables
Des millions de décès prématurés évitables
LE MONDE | 28.10.09 | 15h25 • Mis à jour le 28.10.09 | 15h25
Cinq ans d'espérance de vie pourraient être gagnés pour la population mondiale grâce à une action résolue contre cinq facteurs de risque, estime l'Organisation mondiale de la santé (OMS), dans un rapport publié mardi 27 octobre.
L'hypertension artérielle, l'alcoolisme, l'insuffisance pondérale dans l'enfance, les rapports sexuels à risque et le manque d'eau potable et de bonnes conditions d'hygiène sont responsables de 25 % des 60 millions de décès survenant chaque année, dans le monde.
Les trois derniers éléments affectent en priorité les populations des pays les plus pauvres, notamment en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud-Est. L'alcoolisme concerne d'abord les hommes - en Afrique, dans les pays du continent américain à revenus intermédiaires et dans certains Etats à revenus élevés. Globalement, les facteurs de risque les plus présents dans le monde (hypertension artérielle, tabagisme, etc.) sont à l'origine des trois quarts des décès par maladie cardiovasculaire, première cause de mortalité. Bien que ces facteurs soient surtout présents dans les pays à revenus élevés, c'est sur les pays à revenus faibles et intermédiaires que repose 84 % du fardeau mondial des maladies.
Près de 40 % des 10,4 millions de décès d'enfants dans les pays à revenus faibles ou intermédiaires sont provoqués par les carences en micronutriments, l'insuffisance pondérale, un allaitement maternel insuffisant et des risques environnementaux évitables.
Les pays à revenus faibles ou intermédiaires doivent faire face à une double charge : aux maladies transmissibles des pays pauvres, s'ajoutent des maladies chroniques non transmissibles.
Paul Benkimoun
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Too late...
Too late...
LE MONDE | 28.10.09 | 14h04
Curieux, tout de même, ces travaillistes britanniques ! Cela fait treize ans qu'ils sont au pouvoir, sans jamais avoir manifesté de tropisme particulier pour l'Union européenne. Et voilà qu'en fin de parcours, la veille d'une probable victoire des conservateurs au prochain scrutin législatif, ils sont saisis d'une crise d'europhilie aiguë comme le royaume n'en a jamais connu.
Le plus gravement atteint est le jeune et brillant secrétaire au Foreign Office, David Miliband. Déjà, au congrès du Labour, le mois dernier, il avait dit toute sa foi dans l'Union européenne. Lundi 26 octobre, il est allé plus loin. Dans un discours important, il a relégué au deuxième plan ce qui était depuis toujours le pilier numéro un de la politique étrangère britannique : la relation privilégiée avec les Etats-Unis. M. Miliband, qui pourrait être appelé à diriger le Labour, lui substitue une autre priorité : l'Europe, plus exactement la nécessité absolue pour les Européens de développer une politique étrangère commune.
Pourquoi ? Parce que, dit M. Miliband, l'alternative pour les Vingt-Sept serait d'être condamnés à assister impuissants à la montée d'un monde dominé et façonné par le G2, c'est- à-dire par ce couple à la relation économique et stratégique essentielle que forment la Chine et les Etats-Unis. Sort peu enviable et auquel l'Europe n'échappera qu'en existant davantage en acteur indépendant sur la scène internationale.
Très juste et très bien dit. On applaudit M. Miliband des deux mains. On s'en voudrait de lui prêter des arrière-pensées immédiatement politiques, comme celle de vouloir, avec ce discours, favoriser la candidature de Tony Blair à la présidence du Conseil européen, voire la sienne pour le poste de haut représentant de l'Union pour la politique extérieure. Ce qui compte, c'est le fond : c'est qu'un Britannique de 44 ans ait tenu ces propos.
Seulement voilà, ils viennent bien tard, too late... Hormis le coup de pouce important donné à l'Europe de la défense par Tony Blair et Jacques Chirac en 1998 à Saint-Malo, les travaillistes n'ont jamais manifesté le moindre euro-enthousiasme depuis leur retour au pouvoir. Et le discours de rupture de M. Miliband est prononcé à quelques mois d'une vraisemblable victoire des tories aux prochaines législatives. M. Miliband sera alors remplacé au Foreign Office par William Hague, qui, lui, est en proie à une europhobie quasi pathologique. Et qui menace les Vingt-Six de représailles s'ils choisissaient M. Blair pour présider l'Union !
Article paru dans l'édition du 29.10.09
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Grenelle: la montée en puissance du plan bâtiment
Grenelle: la montée en puissance du plan bâtiment
28/10/2009 14:37 JOURNAL DE L ENVIRONNEMENT
20.000 demandes de certification «bâtiment basse consommation» (BBC), un prêt à taux zéro triplé pour ces logements, 50.000 éco-prêts à taux zéro (Eco-PTZ) distribués... Le Meeddm s’est adressé ce matin un satisfecit sur les résultats du plan bâtiment du Grenelle de l’environnement, et a dévoilé de nouvelles mesures pour amplifier encore la dynamique.
Mi septembre, la Fédération bancaire française (FBF) annonçait 30.000 éco-PTZ accordés. Aujourd’hui, le ministère de l’environnement, de l’énergie, du développement durable et de la mer (Meeddm) en déclare 20.000 de plus. A la FBF, on ne s’étonne pas. «Ces prêts connaissent une très forte croissance», confirment-ils. Pour Jean-Louis Borloo, «le mouvement va encore s’amplifier fortement dans les prochains mois». L’objectif des 200.000 éco-prêts atteints fin 2010 lui semble accessible. Avec un montant moyen des travaux réalisés de 19.000 euros, ces 50.000 éco-PTZ représentent environ 1 milliard d’euros de travaux de rénovation thermique, pour une économie d’énergie comprise entre 40 et 60%.
D’autres mesures ont également connu un vif succès. Alors que seulement 853 demandes de certifications BBC ont été déposées auprès des organismes certificateurs conventionnés par le Meeddm en 2007, plus de 15.000 l’ont été entre janvier et août 2009. Au total, 20.000 devraient être déposées cette année, estime le ministère. «Soit 10 fois plus que prévu lors des travaux préparatoires du Grenelle», a souligné Benoist Apparu, secrétaire d’Etat chargé du logement et de l’urbanisme. Une étude de l’Ademe portant sur 550 bâtiments a montré que le surinvestissement pour concevoir un logement BBC est actuellement de 15%. Il devrait être ramené entre 5 et 10% en 2012.
Afin d’encourager cette dynamique de croissance, le gouvernement a décidé de majorer jusqu’à 20.000 euros le montant maximum du PTZ pour les acquéreurs d’un logement respectant le label BBC. Cette hausse, qui s’ajoute au doublement du PTZ décidé lors du plan de relance, aboutit à un triplement du PTZ. Jean-Louis Borloo a indiqué que les décrets et arrêtés en ce sens seront signés «dans les tout prochains jours» et que la mesure sera effective à partir du 1er décembre 2009.
Autres textes à être signés prochainement, ceux mettant en place le dispositif du partage des économies des charges, lorsque des travaux énergétiques sont réalisés dans un logement en location. Pour encourager les propriétaires à réaliser des aménagements d’économies d’énergie, la loi de mobilisation pour le logement et la lutte contre l’exclusion prévoit de partager les économies réalisées entre le locataire et le propriétaire. L’incitation sera cependant assez faible puisque pour les bâtiments construits avant 1948 ou pour les «petits propriétaires» (possédant moins de 3 appartements), la méthode forfaitaire retenue attribue entre 10 et 20 euros par mois au propriétaire suivant la taille du logement. Pour tous les autres, le propriétaire percevra un pourcentage des économies d’énergies réalisées calculé après une étude thermique, au maximum de 50% et durant au plus une période de 15 ans. Sur les 10 millions de logements concernés, «on espère développer le dispositif sur 100.000 par an dès 2010 puis monter en puissance pour atteindre les 400.000 par an en 2013», a précisé Benoist Apparu.
Moins avancée, puisque l’étape de concertation débutera dans les prochains jours, la mesure d’individualisation des frais de chauffage est encouragée par l’Ademe, qui a calculé qu’elle permettrait de réaliser environ 15% d’économies d’énergie. Approximativement 220.000 immeubles représentant 4,5 millions de logements sont chauffés collectivement. Un programme visant à les équiper de compteurs individuels d’énergie conduirait «à réduire de 450 millions d’euros par an la facture des Français concernés, soit environ 100 euros par logement et par foyer».
Enfin, Jean-Louis Borloo a demandé à l’Ademe d’étudier la possibilité de mettre en place un «bonus sur les transactions immobilières vertes», afin de favoriser l’amélioration des performances énergétiques des bâtiments existants. Cette mesure ferait baisser les frais des acquéreurs de logements si ce dernier est performant énergétiquement. C’est ce que Philippe Pelletier, chargé du pilotage du plan bâtiment, appelle la «valeur verte». D’après lui, «les notaires remarquent depuis peu que certaines transactions immobilières échouent à cause d’un mauvais bilan énergétique». Introduire une «valeur verte» sur le marché accentuerait cette tendance et inciterait les propriétaires à s’engager dans des rénovations énergétiques de leurs logements.
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24.11.2009
En route pour Copenhague!
En route pour Copenhague!
Par Noria Ait-Kheddache, publié le 19/11/2009 à 14:41 - mis à jour le 19/11/2009 à 18:34
Le rapport population-effets de serre, Borloo en émissaire pour la COP15 et un vélo couché pour le Danemark: l'actu verte en trois brèves.
La femme est l'avenir de l'homme...
Un rapport des Nations unies publié hier plaide pour une meilleure éducation des femmes dans les pays pauvres. Objectif: maîtriser les naissances et... les émissions de gaz à effet de serre. C'est la première fois qu'une agence onusienne se penche sur les liens entre population et changement climatique. L'organisation mise principalement sur les femmes dans l'atténuation de ces changements. Elles représentent la moitié de la population mondiale et seront les plus vulnérables aux changements climatiques, du fait de leur moindre productivité économique, leur important taux de fécondité et leur manque d'éducation dans de nombreux pays.
Plus d'infos sur le Rapport des Nations unies
Borloo, de l'Asie à l'Afrique
Le ministre prépare la conférence de Copenhague en rendant visite aux Chefs d'Etats qui participeront au Sommet le 7 décembre prochain. Après sa tournée en Asie début novembre (Bangladesh, Cambodge, Laos) Jean-Louis Borloo s'est déjà rendu en Afrique pour rencontrer le Premier ministre éthiopien, porte-parole des Africains pour la conférence de Copenhague. Les sessions onusiennes de préparation se sont achevées début novembre à Barcelone, mais les consultations vont se poursuivre jusqu'à l'ouverture du sommet.
Plus d'infos sur le site du Ministère de l'écologie
Un vélo couché pour Copenhague
Toulouse-Copenhague, c'est le trajet qu'effectue Mathieu Monceaux depuis le 9 novembre dernier, au volant de son vélo couché. Il soutient à travers cette initiative la campagne "Don't nuke the climate", animée par Sortir du nucléaire. Une manière de montrer au monde que l'on peut se déplacer autrement qu'en voiture. Le cycliste n'en est pas à son coup d'essai. Entre 2002 et 2004, il a effectué le tour du monde à bord du même engin. S'il admet que les mentalités sont lentes à évoluer, le cycliste écolo juge sa démarche nécessaire. Des centaines d'actions auront lieu en France et à travers le monde lors de la journée internationale " Don't nuke the climate" le 12 décembre.
Plus d'infos sur Developpementdurable.com
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La crise est finie ? Parlons-en alors! (suite)
La crise est finie ? Parlons-en alors! (2)
Philippe Cohen - Marianne | Mardi 17 Novembre 2009 à 07:01
MARIANNE
Deuxième volet de notre série sur la crise et ses dénis. Le risque dollar est écarté par la plupart des commentateurs. Jean-Luc Gréau nous explique pourquoi ils n'ont pas forcément raison.
L'actualité économique des ces dernières semaines a vu se multiplier les indices de la recherche par de nombreux pays, d'une alternative à l'utilisation du dollar comme monnaie de réserve et d'échanges. Le Sucre, qui doit voir le jour au début janvier, permettra à plusieurs pays d'Amérique Latine d'échanger sans passer par le dollar. SIx états du Golfe ont décidé d'aller vers une union monétaire, ce qui est significatif de leur volonté de relativiser l'influence du dollar dans les transactions. La Chine a passé plusieurs accords commerciaux avec l'Argentine, le Brésil ou même l'Iran pour se passer de la monnaie verte dans les transactions commerciales. La Chine et la Russie mènent campagne dans le cadre du G20 et du FMI pour que les Droits de tirages spéciaux joue le rôle de monnaie de réserve.
Pour Jacques Sapir, la crise du dollar traduit surtout l'affaiblissement de l'économie américaine : «La dette publique devrait atteindre 91% du PIB en 2011 alors qu’elle n’était que de 65% en 2006, soit un accroissement en proportion de 26%. À terme, c’est bien le statut du dollar comme monnaie de réserve internationale qui sera mis en cause. De fait, nous avons des raisons de penser que le processus a déjà commencé et qu’une défiance systémique vis-à-vis de la monnaie américaine est aujourd'hui en train de se mettre en place.» (interview au magazine coréen KRX Magazine).
Mais tous ces signaux demeurent largement ignorés des experts. Selon eux, le roi dollar n'est pas prêt d'être détrôné. Telle est la thèse défendue par la plupart des journalistes économiques, qui s'avèrent aussi incrédules à l'égard d'un effondrement du dollar qu'ils ont longtemps refusé de voir le déclin des Etats-Unis. Il ne manque pas de doctes économistes pour les renforcer dans leurs croyances. Ainsi l'article principal du dossier consacré par Le Monde au dollar, s'est-il conclu par une docte citation de Richard Cooper de Havard, qui pronostique un règne sans partage du dollar pour au moins dix ans :« Le dollar devrait probablement rester la monnaie internationale dominante pour de nombreuses années, certainement durant les dix prochaines années, et peut-être plus encore. Aucune autre devise ne semble pouvoir la surpasser. »
Pour l'économiste Jacques Sapir, ces raisonnements lénifiants sont hémiplégiques. Respectueux sans le savoir à l'égard du fameux adage révolutionnaire (Sieyès) « On ne détruit que ce qu'on remplace », ils ignorent l'hypothèse qui verrait le dollar s'effondrer sans qu'aucune monnaie ne se substitue à lui.
Un point de vue que rejoint Jean-Luc Gréau, interviewé par Marianne2 :
L'effondrement du dollar serait un drame pour l'Europe
Peut-on anticiper un effondrement du dollar?
Jean-Luc Gréau : Selon la thèse classique, les monnaies reflètent les capacités du pays, le rendement des actifs libellés dans cette monnaie et les flux de capitaux. La thèse actuellement plus en vogue, celle de Joseph Legué, voudrait qu'une monnaie soit un actif. Elle devrait donc être la plus liquide possible.
La première thèse est sans doute obsolète car si l'on enregistre des mouvements de capitaux, c'est bien que les souscripteurs croient que la monnaie va monter. Mais on ne peut pas exclure un retour en arrière à la règle selon laquelle un pays déficitaire voit sa monnaie s'effondrer.
Qu'est-ce qui provoque la baisse actuelle?
Jean-Luc Gréau : La Banque fédérale américaine crée de la monnaie pour financer le déficit du pays. Les banques américaines souscrivent aux obligations du Trésor (qui se situent sur le long terme) et se financent sur les fonds des Banques centrales. Les Banques centrales, aux Etats Unis comme ailleurs sont ainsi passées su statut de prêteur en dernier ressort à celui de prêteur en premier ressort. Et les banques privées spéculent sur les devises et les emprunts des états qui acquièrent le statut d'actions
Beaucoup d'observateurs pensent que la Chine ne peut laisser dévisser le dollar compte tenu de ce que ses réserves sont en grande partie constituées en dollars.
Jean-Luc Gréau : La Chine est en surchauffe économique, elle a connu 14,7% de croissance au cours des trois derniers mois. Ses dirigeants doivent rester prudents car la croissance du pays ne repose qu'à 25% sur la demande intérieure (contre 65% en Indonésie par exemple). La Chine ne supporterait pas un écroulement ou une fermeture du marché américain. La relation entre Chine et les USA repose sur le principe de la dissuasion. Le G2 va se dénouer, mais bien malin qui pourrait prévoir quand et comment.
En même temps, la Chine achète de moins en moins d'obligations du Trésor (qui l'engagent le souscripteur entre dix et cinquante ans) et de plus en plus de Bons qui se situent dans le court terme. Ce n'est pas bon signe. Le plaidoyer des dirigeants chinois en faveur des Droits de tirages spéciaux est un autre mauvais signe envoyé aux marchés, incitant au doute sur le dollar.
Autre facteur de risque, si, pendant longtemps, les pays asiatiques ont misé sur le dollar, c'est parce que le marché américain était leur premier débouché. En effectuant leurs transactions en dollars, ils diminuaient le risque de change. On peut se demander s'il ne seront pas tentés de changer de monnaie de réserve dès lors que leurs débouchés seront intra-asiatiques, comme tout le laisse prévoir.
En fin de compte, il ne faut pas confondre la perte de prépondérance du dollar, qui peut être partiellement remplacé par des monnaies régionales, avec la faillite des Etats-Unis.
Quel serait le scénario à craindre ?
Jean-Luc Gréau : Un effritement du dollar qui conduirait à échanger un euro contre 1,8 dollar. Une telle parité serait catastrophique pour l'économie américaine mais encore plus pour l'économie européenne dans la mesure où les pays européens vendent beaucoup de marchandises en dollars.
Sur ce point, Jacques Sapir et Jean-Luc Gréau se rejoignent : en s'efforçant de s'alléger en dollars, les autorités chinoises jouent avec le feu en envoyant des signaux négatifs et anxiogènes aux marchés sur la valeur de la monnaie américaine. Et même si la Chine cherche essentiellement à gagner du temps dans la mesure où l'effondrement du dollar aurait des conséquences néfastes pour elle, rien ne dit que ces manoeuvres monétaires ne sont pas susceptibles de provoquer ce qu'elles cherchent à éviter.
La crise est finie ? Parlons-en alors ! (3)
Philippe Cohen - Marianne | Mercredi 18 Novembre 2009 à 00:01
Troisième et dernier volet de la série sur la crise. Où l'on comprend qu'espérer de la Chine qu'elle devienne la locomotive de la crise est un illusion : tout entier tourné vers l'exportation le modèle chinois n'entraine qu'une augmentation faible de la consommation intérieure et des importations.
La Chine peut-elle tirer la croissance mondiale ? C'est le credo des journalistes économiques et des experts qu'ils nous ont seriné depuis presque un an. Aujourd'hui, ils font mine de triompher : la croissance chinoise frôle les 15% sur le dernier trimestre (sur une base annuelle). Et ce rebond est censé rejaillir en pluies fécondes pour les pays occidentaux. Le raisonnement fonctionne parfaitement avec l'Allemagne, qui a retrouvé une croissance de 0,7% au dernier trimestre. Une performance qui ne doit rien à la consommation intérieure allemande, atone, mais tout à la demande des pays émergents, et notamment de la Chine. La croissance française (0,3% au dernier trimestre) plus faible que celle annoncée par l'INSEE, a le même profil, en apparence : une stagnation inquiétante de la consommation intérieure et un rebond à 5,7% des exportations. mais ce rebond se partage entre les ventes d'automobiles stimulées par les plans de relance (on fait de la prime à la voiture achetée un peu partout) et aussi de 22 Airbus.
La Chine, comme le Brésil ou la Russie et les pays producteurs de matières premières peuvent donc tout à fait tirer les économies extérieures, mais à condition qu'elles soient orientées vers la fourniture d'équipements de production ou d'infrastructure. L'Allemagne et le Japon, et la France dans une faible mesure (Airbus, centrales nucléaires, Rafale peut-être un jour) peuvent en profiter, mais de façoin transitoire, au fur et à mesure que s'opère les transferts de technologie. Ainsi la Chine fabrique-t-elle aujourd'hui ses propres Airbus.
Un modèle économique pathologique
En réalité, les bons connaisseurs de l'économie chinoise savent que les autorités du pays ne sont guère disposés à stimuler une véritable hausse de la demande intérieure : comme le fait remarquer Jean-Luc Gréau, la demande intérieure chinoise ne représente que 25% de son PIB, bien moins que dans d'autres pays émergents comme le Brésil (60%) ou l'Indonésie (65%!). Cela traduit une volonté politique davantage qu'un état de l'économie : les dirigeants chinois, considérant que leur pouvoir repose essentiellement sur la croissance, ne veulent pas améliorer les salaires des ouvriers ni leurs conditions de travail, qu'ils considèrent encore comme leur premier avantage compétitif. Sinon comment expliquer le poids résiduel (5 à 10%) représenté par la protection sociale dans le plan de relance adopté par le gouvernement ? Rappelons que le salaire annuel moyen atteint péniblement les 6000 dollars en Chine. Difficile de parler de décollage ou de développement des classes moyennes.
Or, comme l'explique Jacques Sapir, le maintien structurel d'une économie excédentaire (ou d'une économie déficitaire) traduit un dysfonctionnement de l'économie. Ce déséquilibre conduit les dirigeants à considérer le salarié productif uniquement comme un coût et non comme un client potentiel des produits fabriqués. Le modèle d'un développement économique fondé sur l'exportation, dont la Chine est le prototype actuellement en vogue, est pathologique. Il n'a aucun caractère universel, par définition, puisque une économie mondiale qui ne serait constituée que de pays excédentaires est une imposibilité mathématique.
Pourtant, c'est ce modèle qui est considéré comme vertueux et brandi par les élites depuis trente ans comme la solution de tous nos maux. L'explosion du crédit est concomittante de la désindexation des salaires et des prix depuis les années 1980. Ce n'est pas un hasard mais la tenative désespérée de maintenir une demande dans un contexte de dépression salariale mondiale provoquée par dumping social des pays émergents et en premier lieu de la Chine qui s'est voulue l'atelier du monde pour son malheur et pour celui des prolétaires chinois qui vivent une vértiable régression de leurs conditions de vie et de travail depuis la fameuse ouverture qui nous est présentée sous un jour faussement souriant.
Or, ce facteur-clef de la crise systémique que nous connaissons est totalement ignoré. On nous parle de régulation (sans la faire), d'encadrement du crédit, d'investissements et, de plus en plus de réformes structurelles susceptibles de limiter les déficits publics, mais jamais d'augmenter les salaires et les pensions, ce qui impliquerait de protéger le marché, au moins à un niveau européen, ce qui serait aussi une façon de contraindre le gouvernement chinois à vraiment se trouner vers son marché intérieur. Au contraire, on nous propose de sortir de la crise par le bas : en diminuant le nombre de fonctionnaires, les prestations sociales (Ah, l'imposition des indemnités des accidentés du travail!), les pensions de retraite (c'est pour bientôt).
Le désir irrépressibles des élites politiques et économiques de refermer la parenthèse de la crise sans en tirer de leçon vraiment efficiente ne pourra aboutir qu'à laisser se développer plusieurs bulles : celle des bons du trésor américains, mais aussi celle des matières premières, qui ont tendance à fonctionner comme des valeurs spéculatives, celle de l'immobilier chinois (qui camoufle mal une gigantesque corruption des responsables locaux chinois), etc. D'où le pronostic de Jacques Sapir pour lequel, dès que les fonds injectés par les états se seront épuisés, la course à la spéculation s'imposera comme une tentation irrésistible aux banques confrontées à la baisse de la consommation des ménages: « En 1930 aussi, les économies occidentales avaient connu un rebond de croissance. »
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Copenhague: Les espoirs fondent
Copenhague: Les espoirs fondent
Les Nations unies et le Danemark, qui accueillera en décembre le sommet de Copenhague, proposent de reporter la conclusion d'un traité contraignant sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Les Etats pourraient n'y signer qu'un simple accord "politique", avant un traité... en 2010.
Ils fondent, ils s'évaporent peu à peu. Les espoirs qui reposaient sur le sommet de Copenhague s'amenuisent au fur et à mesure que se rapproche ce rendez-vous crucial pour le climat, prévu du 7 au 18 décembre. Réunions préparatoires après réunions préparatoires, les discussions ont achoppé sur les termes du traité qui doit remplacer le protocole de Kyoto, arrivant à échéance en 2012. Et lundi, le coup de grâce semble avoir été porté: les Nations unies et le Danemark, pays hôte du sommet, proposent en effet de reporter la signature de cet accord sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES). Yvo de Boer, qui dirige le secrétariat de l'ONU sur le changement climatique, a suggéré un délai de six mois. "Si nous avons déjà à Copenhague des objectifs clairs (...), et je suis confiant à ce sujet, alors on pourra fixer cela dans un traité six mois plus tard", a-t-il dit lundi à Copenhague. Le Premier ministre danois, Lars Lokke Rasmussen, va plus loin, en proposant pour sa part un report non de six mois… mais d'une année. Une idée déjà soulevée par plusieurs des délégués des 175 pays réunis à Barcelone au début du mois de novembre.
Un traité fin 2010?
A défaut de traité juridiquement contraignant, les dirigeants politiques et représentants de l'ONU se dirigent donc vers un simple "accord politique" préalable lors du sommet de Copenhague. La France et le Brésil ont transmis des propositions en ce sens ce week-end et une quarantaine de ministres de l'Environnement, dont ceux Chine et des Etats-Unis, les deux plus gros pollueurs de la planète, discutent jusqu'à mardi au Danemark des termes d'un tel accord. Celui-ci pourrait prendre la forme d'un texte de 5 à 8 pages fixant de grandes orientations, a expliqué lundi la ministre danoise de l'Energie et du Climat, Connie Hedegaard. Ce texte devrait aussi fixer une échéance pour l'adoption d'un nouveau traité, peut-être la rencontre de Bonn à la mi-2010 ou de Mexico en décembre suivant.
Pendant ce temps, certains petit pays continuent certes à batailler pour sauver Copenhague. Les Etats africains, les petits Etats insulaires et certains pays d'Europe insistent toujours pour qu'un véritable traité soit signé en décembre, mais les différends semblent désormais trop importants pour être résolus en quelques jours: de leur côté, les pays pauvres insistent pour que les pays développés réduisent fortement leurs émissions de GES à l'horizon 2020 et accordent des milliards de dollars d'aide aux pays pauvres pour faire face au réchauffement climatique. Quant à eux, les pays riches, touchés par la récession, ne tiennent guère à faire des promesses trop ambitieuses dans ces négociations, lancées en 2007 à la conférence de Bali. La première puissance économique mondiale est d'ailleurs le premier obstacle: les Etats-Unis, seul grand pays industrialisé à ne pas avoir ratifié le protocole de Kyoto, n'a pas encore adopté de loi fédérale fixant des limites à ses émissions de GES. Bon nombre de pays ne veulent pas adopter des mesures au plan mondial tant que Washington n'aura pas les coudées franches pour prendre des engagements.
Al.P. (avec Reuters) - leJDD.fr
Lundi 16 Novembre 2009
00:28 Publié dans CLIMAT | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : loc maria plouzane
Restauration. «L'effet pervers de la TVA»
Restauration. «L'effet pervers de la TVA»
17 novembre 2009
LE TELEGRAMME
Depuis le 1erjuillet, lesrestaurateurs bénéficient d'uneTVA à 5,5%. Enéchange, ils sesont engagés àcréer des emplois. Où en est-on aujourd'hui? Explications avecGeorges Garkouchevsky, président de l'Association desrestaurateurs dela pointe Bretagne.
Les ministres de l'Économie et du Commerce ont signé, avec neuf organisations professionnelles de la restauration, un «contrat d'avenir». En substance: une TVA à5,5%, moyennant une baisse des prix et la création de 40.000 emplois en deux ans. Est-ce que tout le monde joue le jeu?
Bien sûr qu'il y a eu des créations d'emplois et des pérennisations de postes surtout. Aujourd'hui, le secteur de la restauration, c'est un million d'emplois en France, 3.700sur la circonscription de Brest. Mais le débat n'est pas là. C'est un faux problème... Je crois que tout le monde a oublié l'historique de ce dispositif.
Vous voulez dire que l'objectif premier n'était pas d'apporter une bouffée d'oxygène dans vos trésoreries pour créer de l'emploi?
Non. Il faut rappeler le contexte qui a précédé les négociations: larestauration était la seule profession à acheter une TVA à 5,5% et à la revendre 19,6%. Nous étions donc, gracieusement, un collecteur d'impôt. Ce qui ne pouvait perdurer. Parallèlement, l'Europe imposait à tous les restaurateurs de nouvelles normes d'hygiène et de sécurité. Or, la TVA dans les pays européens n'était pas alignée, et ne l'est toujours pas d'ailleurs: elleest de 8,5 en Italie, 7,5 en Espagne... Avec ses 19,6, la France était très clairement désavantagée. D'où notre combat pour faire baisser cette TVA. Initialement, ce n'était pas pour la répercuter sur le prix des produits àlacarte mais bien pour faire face, pouvoir engager des travaux nécessairesetfinancer des formations pourlepersonnel ensoutenant lesécolestechniques.
Comment se porte la profession?
Pas très bien. Il faut savoir qu'en restauration, les marges se font principalement sur le liquide. Mais aujourd'hui, les gens hésitent à consommer de l'alcool et nos marges ont fondu au soleil.
Tout de même, est-ce que le fait de baisser le prix de certains produits a eu un impact sur la clientèle?
Non. Quand vous proposez des menus entre 12 et 19 €, l'abattement n'est pas significatif. Ce n'est pas ça qui peut faire changer des habitudes de consommation. Et pour la restauration ouvrière, on peut même dire que cette TVA a eu des effets pervers.
Qu'est-ce que vous entendez par effets pervers?
Avec cette baisse de la TVA, on focalise sur les restaurateurs. A-t-on pensé aux entreprises qui payent le repas de leurs salariés. Je vous donne un exemple: une entreprise du bâtiment qui a 300salariés qui, chaque jour, pour les besoins des chantiers, déjeunent dans un restaurant ouvrier. Les prix de ces menus n'ont pas changé car ils étaient déjà au ras des pâquerettes. Donc pas de baisse de coût pour l'entreprise. En revanche, avant, elle récupérait la TVA à 19,6%. Aujourd'hui, elle ne récupère plus que 5,5%... Soit, sur un an, une perte sèche de 50.000 €. Du côté des syndicats patronaux, ça grogne. Et une réflexion est sûrement engagée du côté de la fédération du bâtiment notamment. On peut très bien imaginer qu'ils revoient leur système et proposent plutôt à leurs ouvriers des primes paniers... Cela signifierait pour beaucoup un retour à la gamelle. Et pour les restos ouvriers, une descente aux enfers.
Est-ce que vous prônez un retour en arrière?
Non. Mais l'économie n'est pas une règle statique. Il aurait, je pense, fallu prévoir des aménagements pour les entreprises.
- Sarah Morio
00:23 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : loc maria plouzane








