23.09.2009

Enjeux marins

Enjeux marins

LE MONDE | 13.04.09 | 14h50  •  Mis à jour le 24.08.09 | 18h07

Il ne fait pas de doute que la mer et les océans constituent une protection essentielle des écosystèmes planétaires. Le Grenelle de l'environnement avait largement ignoré ou esquivé la question. Le gouvernement a décidé de réparer cette erreur en lançant un deuxième "Grenelle", entièrement consacré aux milieux marins.

Si le temps que vont lui consacrer 200 experts est plus court (deux mois seulement), les attentes suscitées par ce processus participatif qui réunit Etat, élus, représentants des entreprises, des salariés et écologistes sont tout aussi fortes. La communication entre l'ensemble de ces acteurs a depuis longtemps tourné au dialogue de sourds. Ils devront d'abord réapprendre à se parler.

Le monde de la pêche est en crise. Celui de la mer aussi. Les scientifiques ne laissent aucune illusion sur la gravité de la situation. 80 % des espèces de l'Atlantique sont surexploitées. La situation est comparable en Méditerranée, où s'ajoutent de graves problèmes de pollution. Au niveau mondial, près du tiers des stocks halieutiques, dont dépendent plus d'un milliard de personnes pour leur approvisionnement quotidien en protéines animales, sont soit surexploités, soit épuisés. Cette situation n'est viable ni écologiquement ni économiquement.

La France a une responsabilité particulière. Grâce à ses territoires d'outre-mer, elle dispose du deuxième espace maritime mondial. De la Nouvelle-Calédonie aux Antilles, celui-ci abrite 10 % des récifs coralliens et 20 % des atolls mondiaux. Or Paris n'a pas vraiment montré l'exemple. Moins de 0,1 % des eaux marines françaises bénéficient d'un statut protecteur, alors que les objectifs internationaux auxquels nous avons souscrit prévoient que 10 % au moins soient protégés d'ici à 2012. La France est aussi, à juste titre, montrée du doigt par les écologistes en raison de son soutien à une politique de quotas de pêche meurtrière pour certaines espèces, comme le thon rouge de Méditerranée.

Le "Grenelle" ne peut pas tout. L'une de ses limites, notamment, est que la politique de la pêche ne se décide pas à Paris, mais à Bruxelles, comme l'a rappelé le ministre de l'écologie, Jean-Louis Borloo. Cela ne saurait, pour autant, justifier l'inaction. La maïeutique du "Grenelle" doit faire émerger un sujet majeur et permettre de dessiner, collectivement, les contours d'une nouvelle politique française de la mer. C'est le souhait de M. Borloo. A charge pour lui de prouver qu'il sera ensuite capable de défendre ces orientations.

30.08.2009

Le saumon est de retour dans la Seine sans opération de réintroduction

Le saumon est de retour dans la Seine sans opération de réintroduction

LE MONDE | 07.08.09 | 14h20  •  Mis à jour le 08.08.09 | 08h22

Le saumon est de retour dans la Seine, dont la pollution et les obstacles l'avaient chassé depuis presque un siècle. En 2008, 260 individus ont été observés par vidéocomptage dans la passe à poissons du barrage de Poses, en amont de Rouen. En octobre 2008, un spécimen de 7 kg a été pêché au barrage de Suresnes, aux portes de Paris. Un autre migrateur, la grande alose, est, lui aussi, réapparu.

Selon le Syndicat interdépartemental pour l'assainissement de l'agglomération parisienne (SIAAP), il y aurait désormais trente-deux espèces de poissons recensées dans la Seine, contre trois en 1970. Le saumon reste le poisson le plus emblématique. D'où (re)vient-il ? Une étude conduite par des chercheurs de l'Institut national de la recherche agronomique (INRA) apporte un début de réponse.

Les scientifiques, en collaboration avec l'Office national de l'eau et des milieux aquatiques (Onema) et le Cemagref, ont analysé des écailles de sept saumons. Celles-ci permettent de déterminer l'âge du poisson, un peu comme le font les cernes des arbres. "Elles portent des arcs de cercles, les annuli, dont le resserrement marque les hivers", explique Guillaume Evanno, de l'unité mixte de recherche Ecologie et santé des écosystèmes INRA-Agrocampus Ouest, à Rennes. Conclusions ? Quatre des saumons étaient des "castillons", c'est-à-dire qu'ils avaient séjourné un an et demi en mer. Deux étaient des petits saumons de printemps, ayant passé deux ans en mer. Un seul était resté trois années dans l'océan.

COSMOPOLITISME

Le mucus attaché aux écailles a servi à déterminer l'origine géographique des poissons. L'INRA dispose en effet d'une bibliothèque génétique portant sur 34 populations françaises, mais aussi sur des stocks du Royaume-Uni et de Scandinavie. La comparaison, conduite par le doctorant Charles Perrier, révèle un certain cosmopolitisme : plusieurs poissons s'apparentent aux populations de Basse-Normandie, fréquentant des rivières proches de la Seine. D'autres viennent de bassins plus éloignés, comme celui de l'Allier. D'autres enfin proviennent de rivières étrangères.

Ces résultats appellent, selon les chercheurs, deux remarques : ils prouvent que le saumon peut recoloniser naturellement un fleuve, "sans opération de réintroduction, lourde et aléatoire, à condition que l'état de l'environnement s'améliore", note Guillaume Evanno ; ils confirment que le "homing", le retour à la rivière natale, n'est pas absolu : des individus ayant une propension à la "divagation" peuvent coloniser un cours d'eau déserté.

Pour Guillaume Evanno, ces "constats inattendus sont une bonne nouvelle". Mais, prévient-il, "on ne pourra parler de retour durable du saumon que lorsque l'on disposera de preuves de reproduction". Un programme de recherche va tenter de déterminer si de telles preuves existent.

Hervé Morin

23.08.2009

Une étude présente ses remèdes contre la raréfaction des poissons

Une étude présente ses remèdes contre la raréfaction des poissons

NOUVELOBS.COM | 31.07.2009 | 10:03

L'étude montre que s'il existe un danger de raréfaction ou de disparition de poissons, elle reste toutefois optimiste en mettant en avant les stratégies efficaces pour protéger la biodiversité.

Selon une vaste étude publiée jeudi 30 juillet, dans un numéro spécial du journal Science, les zones de pêche de la planète sont en danger. Cependant elles pourraient être sauvées, si les autorités interviennent pour réguler la pêche commerciale. L'enquête montre que 63% des réserves estimées de poissons dans le monde doivent être reconstituées, afin d'éviter la disparition d'espèces vulnérables.
Le principal auteur de l'étude, Boris Worm de l'université canadienne Dalhousie, affirme que "dans toutes les régions, nous constatons toujours une tendance inquiétante vers un effondrement croissant des stocks". Il ajoute : "Mais cette étude montre que nos océans ne sont pas une cause perdue".


"Maîtriser la surpêche"


Selon l'étude en effet, des progrès importants ont déjà été faits dans plusieurs régions aux Etats-Unis, en Islande ou encore en Nouvelle-Zélande dans le but de reconstituer les stocks dévastés par des décennies de surpêche, ce, par la mise en oeuvre des stratégies de gestion prudentes. Parmi les dix zones de pêche examinées dans le cadre de l'étude, la moitié sont ainsi parvenues à diminuer le taux d'exploitation, c'est-à-dire la proportion de poissons pêchés, qui est la principale cause de raréfaction ou de disparition des poissons. "Cela veut dire que la gestion dans ces zones ouvre la voie à un rétablissement écologique et économique", explique Boris Worm. "Ce n'est qu'un début, mais cela me donne l'espoir que nous avons la capacité de maîtriser la surpêche".


Biodiversité améliorée de 44%


Il a cependant souligné que l'analyse avait porté principalement sur les zones de pêche de pays développés où sont recueillies des données à long terme sur l'abondance de poissons. Ce qui signifie que le risque d'effondrement des stocks pourrait être encore plus grand dans les autres zones.
L'étude révèle toutefois que certaines stratégies ont permis de protéger, et même de rétablir les réserves de pêche. Par exemple, l'usage de filets permettant aux petits poissons de s'échapper et la fermeture de certaines zones à la pêche, ont permis au Kenya d'augmenter la taille et la quantité de poissons disponibles et d'accroître les revenus de la pêche. Dans de nombreuses zones cependant, selon Boris Worm, le taux de capture devrait être réduit de moitié pour préserver les réserves de poissons.
Dans une autre étude, des chercheurs ont montré que la restauration écologique sur terre pouvait renverser certains effets, mais pas tous, des dégradations causées par l'homme. Des chercheurs espagnols et britanniques ont analysé 89 bilans de tentatives de restauration dans une grande variété d'écosystèmes du monde, et ont découvert que la biodiversité avait été améliorée en moyenne de 44%, et que des éléments utiles à l'écosystème comme l'eau, les sols ou le stockage de carbone avaient connu une amélioration de 25%. "Néanmoins, les valeurs des deux sont restées inférieures (de 14 et 20% respectivement) dans les zones restaurées par rapport aux écosystèmes intactes de référence", a indiqué Jose Rey Benayas de l'université espagnole Alcala, principal auteur de l'étude.
(Nouvelobs.com avec AFP)

12.07.2009

Surpêche: les recommandations des scientifiques restent largement ignorées

Surpêche: les recommandations des scientifiques restent largement ignorées

LE 23/06/2009

Michael Casey

Les Etats ont jusqu'ici perdu la bataille contre la surpêche dans les océans car la plupart des réglementations en vigueur ignorent les recommandations scientifiques, et leur portée est souvent réduite pour des raisons politiques ou de corruption, selon une étude publiée mardi dans la revue "PLoS Biology".

Seulement 7% de l'ensemble des pays étudiés ont fondé leur politique de pêche sur des données scientifiques fiables tandis que moins de 1% se sont dotés d'un mécanisme qui permet de s'assurer que les pêcheurs respectent les règles, selon les chercheurs. L'étude montre également qu'aucun pays étudié ne gère la "durabilité" de ses pêcheries.

Ce constat d'échec intervient malgré l'existence d'une série de textes internationaux visant à protéger les ressources marines, dont le Code de conduite de la FAO (Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture) pour une pêche responsable et la Convention sur la diversité biologique.

"La situation est mauvaise partout", résume Camilo Mora, biologiste à l'université de Californie à San Diego et principal auteur de l'étude.

"Aujourd'hui, nous voyons les pêcheries décliner en raison d'une mauvaise régulation des activités de pêche dans de nombreux pays développés, y compris l'Union européenne, les Etats-Unis et le Canada", explique-t-il. "Si la surexploitation due à la mauvaise gestion a lieu dans les pays développés, quelles sont les chances que les pays pauvres avec leurs diverses insuffisances en matière d'alimentation, de richesses et de gouvernance fassent mieux?"

L'étude se fonde sur l'analyse de la gestion des pêcheries dans 236 zones économiques exclusives. Les Etats côtiers ont le droit d'exploiter les ressources marines dans ces zones, qui s'étendent jusqu'à 370 kilomètres de leurs côtes, en vertu de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer.

Les pays riches comme les pays pauvres ne prennent pas assez de mesures pour lutter contre la surpêche, selon l'étude, qui précise que 28% des stocks de poissons sont surexploités ou se sont effondrés et que 52% sont exploités pleinement.

Les pays développés sont mieux lotis sur le plan scientifique et du respect des lois, mais laissent souvent les pressions politiques et les considérations économiques prendre le pas dans leurs politiques de pêche. Beaucoup ont des flottes modernes qui ont bénéficié de subventions, ce qui se traduit par une surcapacité et une surpêche.

De leur côté, les pays pauvres ont vu leurs politiques de pêche affaiblies par la corruption et la vente de droits de pêche aux flottes étrangères provenant d'Asie, des Etats-Unis et d'Europe. Il existe souvent peu de limites sur le volume des prises de ces flottes ont le droit prélever et peu d'efforts pour réguler leur activité.

"La transparence de la prise de décision est au coeur du problème", souligne Marta Coll, co-auteure de l'étude et chercheuse à l'université Dalhousie à Halifax (Canada) et à l'Institut des sciences de la mer en Espagne. Si les réglementations de pêche "sont fortement influencées par les pressions politiques ou la corruption, il est peu probable que de bonnes recommandations scientifiques conduisent jamais à des règles adaptées".

"L'étude souligne le rôle essentiel que la pauvreté et les systèmes de gouvernance jouent dans le déclin de la durabilité des pêcheries", souligne Joshua Cinner, un chercheur de l'université James Cook en Australie, qui n'a pas participé aux recherches. Ce constat est "très cohérent avec un article que nous avons récemment publié, montrant que le développement économique était le principal moteur de la surpêche dans les récifs coralliens de l'ouest de l'océan Indien."

L'industrie de la pêche au thon constitue un exemple typique de la manière dont les intérêts économiques l'emportent sur l'avis des scientifiques quand il s'agit de limiter les prises. Dans le monde entier, les commissions chargées de réglementer le secteur sont accusées par les écologistes d'autoriser des quotas de pêche qui conduiront à terme à l'extinction de la ressource.

Les scientifiques ont par exemple recommandé une limitation des prises à 15.000 tonnes par an pour le thon rouge en Méditerranée. Pourtant, la Commission internationale pour la Conservation du thon de l'Atlantique (CICTA) a autorisé en novembre un quota de 22.000 tonnes par an et a aussi autorisé la pêche durant les mois de frai des poissons, une période cruciale pour leur reproduction. AP

24.06.2009

Surpêche: les recommandations des scientifiques restent largement ignorées

Surpêche: les recommandations des scientifiques restent largement ignorées

Hier, 16h21

APMichael Casey

Les Etats ont jusqu'ici perdu la bataille contre la surpêche dans les océans car la plupart des réglementations en vigueur ignorent les recommandations scientifiques, et leur portée est souvent réduite pour des raisons politiques ou de corruption, selon une étude publiée mardi dans la revue "PLoS Biology".

Seulement 7% de l'ensemble des pays étudiés ont fondé leur politique de pêche sur des données scientifiques fiables tandis que moins de 1% se sont dotés d'un mécanisme qui permet de s'assurer que les pêcheurs respectent les règles, selon les chercheurs. L'étude montre également qu'aucun pays étudié ne gère la "durabilité" de ses pêcheries.

Ce constat d'échec intervient malgré l'existence d'une série de textes internationaux visant à protéger les ressources marines, dont le Code de conduite de la FAO (Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture) pour une pêche responsable et la Convention sur la diversité biologique.

"La situation est mauvaise partout", résume Camilo Mora, biologiste à l'université de Californie à San Diego et principal auteur de l'étude.

"Aujourd'hui, nous voyons les pêcheries décliner en raison d'une mauvaise régulation des activités de pêche dans de nombreux pays développés, y compris l'Union européenne, les Etats-Unis et le Canada", explique-t-il. "Si la surexploitation due à la mauvaise gestion a lieu dans les pays développés, quelles sont les chances que les pays pauvres avec leurs diverses insuffisances en matière d'alimentation, de richesses et de gouvernance fassent mieux?"

L'étude se fonde sur l'analyse de la gestion des pêcheries dans 236 zones économiques exclusives. Les Etats côtiers ont le droit d'exploiter les ressources marines dans ces zones, qui s'étendent jusqu'à 370 kilomètres de leurs côtes, en vertu de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer.

Les pays riches comme les pays pauvres ne prennent pas assez de mesures pour lutter contre la surpêche, selon l'étude, qui précise que 28% des stocks de poissons sont surexploités ou se sont effondrés et que 52% sont exploités pleinement.

Les pays développés sont mieux lotis sur le plan scientifique et du respect des lois, mais laissent souvent les pressions politiques et les considérations économiques prendre le pas dans leurs politiques de pêche. Beaucoup ont des flottes modernes qui ont bénéficié de subventions, ce qui se traduit par une surcapacité et une surpêche.

De leur côté, les pays pauvres ont vu leurs politiques de pêche affaiblies par la corruption et la vente de droits de pêche aux flottes étrangères provenant d'Asie, des Etats-Unis et d'Europe. Il existe souvent peu de limites sur le volume des prises de ces flottes ont le droit prélever et peu d'efforts pour réguler leur activité.

"La transparence de la prise de décision est au coeur du problème", souligne Marta Coll, co-auteure de l'étude et chercheuse à l'université Dalhousie à Halifax (Canada) et à l'Institut des sciences de la mer en Espagne. Si les réglementations de pêche "sont fortement influencées par les pressions politiques ou la corruption, il est peu probable que de bonnes recommandations scientifiques conduisent jamais à des règles adaptées".

"L'étude souligne le rôle essentiel que la pauvreté et les systèmes de gouvernance jouent dans le déclin de la durabilité des pêcheries", souligne Joshua Cinner, un chercheur de l'université James Cook en Australie, qui n'a pas participé aux recherches. Ce constat est "très cohérent avec un article que nous avons récemment publié, montrant que le développement économique était le principal moteur de la surpêche dans les récifs coralliens de l'ouest de l'océan Indien."

L'industrie de la pêche au thon constitue un exemple typique de la manière dont les intérêts économiques l'emportent sur l'avis des scientifiques quand il s'agit de limiter les prises. Dans le monde entier, les commissions chargées de réglementer le secteur sont accusées par les écologistes d'autoriser des quotas de pêche qui conduiront à terme à l'extinction de la ressource.

Les scientifiques ont par exemple recommandé une limitation des prises à 15.000 tonnes par an pour le thon rouge en Méditerranée. Pourtant, la Commission internationale pour la Conservation du thon de l'Atlantique (CICTA) a autorisé en novembre un quota de 22.000 tonnes par an et a aussi autorisé la pêche durant les mois de frai des poissons, une période cruciale pour leur reproduction. AP

12.05.2009

La Commission présente son livre Vert de la pêche


La Commission présente son livre Vert de la pêche
23/04/2009 10:59
La Commission européenne a adopté hier son livre Vert pour la réforme de la politique commune de la pêche (PCP). Il met en évidence les manquements de la PCP en matière de gestion de l’activité, avec pour conséquence une importante surpêche.
«88% des stocks européens sont surexploités (contre une moyenne mondiale de 25%) et 30% sont «hors des limites biologiques de sécurité», c'est-à-dire qu'ils ne peuvent pas se reproduire au rythme normal parce que la population de reproducteurs est devenue insuffisante», peut-on lire dans le document adopté le 22 avril par la Commission européenne. «Cependant, dans bon nombre de pêcheries, nous continuons à pêcher deux ou trois fois plus que ce que les stocks halieutiques peuvent supporter. Cela résulte principalement de la surcapacité de la flotte».

Le livre Vert pour la réforme de la PCP propose donc de mettre un terme aux quotas de pêche trop généreux. Pour y parvenir, la Commission suggère d’étudier la possibilité de passer à des plans de gestion à long terme, et une décentralisation des systèmes de prise de décision. Si les réunions annuelles des ministres nationaux sont remplacées par des comités d’experts ou des organismes régionaux, par exemple, l’allocation de quotas devrait être plus proche de la réalité des stocks. Outre la surcapacité, le document souligne également plusieurs points faibles dans l’actuelle politique de gestion de la pêche. Il regrette ainsi «le manque d'objectifs politiques précis, notamment en ce qui concerne la responsabilité écologique et le lien avec les questions maritimes générales» et «l'absence de volonté politique pour ce qui est du respect des limitations de pêche». A travers ce document, la Commission souligne un cadre réglementaire ne permettant pas de responsabiliser suffisamment le secteur.

«A l’heure du Grenelle de la mer, de la crise du cabillaud dans le Nord Pas-de-Calais et de l’ouverture de la pêcherie du thon rouge, la Commission a produit une critique honnête des dysfonctionnements en matière de politique des pêches», estime Charles Braine, responsable du programme Pêche durable au WWF-France dans un communiqué. L’ONG réaffirme qu’une pêche rentable et durable en Europe est encore possible si les bonnes réformes sont menées, et qu’il ne faut pas passer à côté de celle proposée aujourd’hui par la Commission, au risque d’aboutir «à l’effondrement des stocks et des pêcheries».

Le livre Vert ouvre à consultation jusqu’au 31 décembre 2009. Pêcheurs, associations, professionnels du secteur, mais aussi citoyens intéressés sont invités à communiquer leur point de vue. Sans attendre, les ONG ont fait part de leurs réactions. Outre WWF-France, Greenpeace formule ses exigences dans un communiqué daté d’hier. L’organisation demande notamment que les activités de pêche ne soient autorisées qu’après une évaluation scientifique des impacts environnementaux, et que les totaux admissibles de captures soient déterminés en respectant strictement les recommandations scientifiques.
Du côté des pêcheurs, on préfère prendre son temps. «Nous allons constituer un groupe de travail, étudier précisément le texte et préparer les réponses à apporter», a réagi Hubert Carré, directeur du Comité national des pêches maritimes et des élevages marins (CNPMEM).

La Commission européenne présentera ensuite une synthèse des résultats au cours du premier semestre 2010, et un nouveau règlement sera proposé au Parlement et au Conseil européens, pour une adoption en 2012. Ce processus devrait aboutir à une réforme «radicale» de la PCP, indique la Commission européenne dans son communiqué. Les propositions de la Commission sont d’ores et déjà considérées comme «révolutionnaires» par le CNPMEM. «Le marché des droits à produire, la diminution des quotas, l’accès à la ressource, etc. posent beaucoup de problèmes», estime Hubert Carré.

JOURNAL DE L ENVIRONNEMENT

07.04.2009

L'Europe veut bannir le commerce des phoques


L'Europe veut bannir le commerce des phoques
LE MONDE | 26.03.09 | 15h16 • Mis à jour le 26.03.09 | 15h16
Brigitte Bardot ne va plus sur la banquise pour dénoncer le massacre des bébés phoques. Mais, plus de trente ans après les premières mobilisations organisées pour dénoncer cette "chasse cruelle", sa fondation et d'autres organisations non gouvernementales (ONG), comme le Fonds international pour la protection des animaux (IFAW) ou la Human Society International, restent mobilisées.
Le moment est décisif. Alors que le gouvernement canadien vient de sonner l'ouverture de la saison 2009 en fixant à 338 000 animaux le quota de prises autorisées, l'Union européenne se dirige à grand pas vers une interdiction quasi totale des importations de produits dérivés du phoque. Soit les peaux pour leur fourrure mais aussi des composés à base de graisse et d'huile dont les qualités nutritives sont prisées par l'industrie pharmaceutique.
L'Europe est le premier débouché de la chasse commerciale canadienne avec plus de 60 % de parts de marché. Parmi les pays "chasseurs", le Canada est en effet celui qui anime un commerce international dont la destination finale, après un transit par l'Europe, est de plus en plus asiatique.
Début mars, la commission pour le marché intérieur et la protection des consommateurs du Parlement de Strasbourg a adopté, en le durcissant, le projet de règlement proposé par la Commission européenne. Le Parlement pourrait adopter ce texte dans les premiers jours d'avril.
Le règlement proposé par Bruxelles prévoit d'interdire toutes les importations de produits issus du phoque sauf lorsqu'ils proviennent d'une chasse traditionnelle - celle des Inuits notamment - et lorsqu'il aura pu être prouvé que l'animal a été abattu sans souffrances inutiles. C'est la difficulté à établir cette preuve qui a conduit les eurodéputés à exclure cette possibilité.
Les conditions d'abattage des phoques sont le principal argument mis en avant par la Commission pour imposer cette sanction commerciale. Au nom du respect du bien-être animal. Cette préoccupation montante se traduit notamment par l'instauration progressive de normes sur les conditions d'élevage et de transports des animaux. Elle n'a jamais été utilisée pour bloquer l'importation de produits dérivés d'une espèce sauvage, espèce dont la survie n'est de surcroît pas menacée. Ce serait donc un précédent dans le droit commercial international.
Les ONG ont largement contribué à construire le plaidoyer de la Commission qui s'appuie aussi sur un rapport publié en 2007 par l'Autorité européenne de sécurité des aliments. "Les jeunes phoques sont assommés à grands coups d'hakapik (une massue d'environ 1,50 m munie d'un percuteur en métal) puis dépecés sur place, parfois encore conscients. La réglementation impose pourtant au chasseur de vérifier, après avoir frappé un phoque,que l'animal est bien mort avant de passer à un autre. Dans les faits, il faut tuer un maximum de phoques en un minimum de temps en veillant à ce qu'ils ne puissent pas s'échapper", dénonce Christophe Marie, de la Fondation Brigitte-Bardot.
Le gouvernement canadien réfute cette présentation et met en avant le durcissement récent de la législation pour éliminer les pratiques les plus critiquées. Ainsi l'utilisation de l'hakapik a été restreinte. Les chasseurs avant de dépecer l'animal doivent s'assurer de sa mort non plus en vérifiant les réflexes oculaires, un critère jugé insuffisant par les vétérinaires, mais par une palpation du crâne.
Le ministère des pêches et des océans canadien a vivement critiqué la décision du Parlement européen, laissant entendre un probable recours devant l'Organisation mondiale du commerce (OMC) si le projet devait être adopté, ce qui suppose qu'il obtienne l'aval du Conseil européen. La Norvège a fait savoir qu'elle envisageait de faire de même.
A ce jour, les partisans d'une interdiction des importations assouplie de dérogations - parmi lesquels la Suède, la Finlande et les pays baltes - l'emporteraient de quelques voix au sein du Conseil. De son côté, la France vient de se rallier à la ligne plus dure emmenée par l'Allemagne, les Pays-Bas, le Royaume-Uni...
Il n'y a pas qu'en Europe que le vent tourne pour les chasseurs de phoques. En Russie, Vladimir Poutine a interdit, il y a quelques jours, la chasse sur les animaux de moins d'un an. Au Canada même, le sénateur de l'Ontario Mac Harb vient de déposer un projet de loi visant à interdire la chasse commerciale dont il juge l'image déplorable pour son pays. Mac Harb dénie tout avenir à cette activité dont il estime qu'elle coûte plus en subventions qu'elle apporte de revenus aux chasseurs.
Laurence Caramel

04.04.2009

"Jean-Louis Borloo a fait plaisir aux chasseurs"


"Jean-Louis Borloo a fait plaisir aux chasseurs"
Par Sandra Gérard, publié le 24/03/2009 11:20 - mis à jour le 24/03/2009 11:59
L EXPRESS
Martre et belette ont réintégré la liste des animaux nuisibles par un arrêté du ministère de l'Ecologie publié vendredi 20 mars au Journal officiel. Réaction de Dominique Py, pilote du réseau "Faune sauvage" à la fédération France nature environnement (FNE).
Martre et belette ont réintégré la liste des animaux nuisibles. Quelle est votre réaction?
Nous pensons que cette décision est un geste politique de la part du ministre de l'Economie. Jean-Louis Borloo a voulu faire plaisir aux chasseurs.
Ces animaux ne sont pas nuisibles ?
Non. Les dégâts sur les cultures et les dangers pour la santé publique sont les deux raisons qui justifient la classification d'animaux dans la catégorie "nuisibles". Les mustélidés ne présentent aucun de ces risques. Ils sont même utiles. Leur régime alimentaire est composé essentiellement de micro-mammifères. Ils débarrassent ainsi les cultures de rongeurs qui, eux, peuvent créer des dommages. Il n'y a donc aucune raison objective de les définir comme nuisibles.
Les chasseurs disent vouloir réguler la population... Qu'en pensez-vous?
C'est totalement faux, une énormité! Une espèce telle que celle-ci n'a pas besoin d'être régulée par l'homme. Elle existe depuis des milliers d'années sans qu'il n'y ait eu d'explosion de population, grâce aux fluctuations de leur nourriture. Ce que les chasseurs reprochent vraiment aux mustélidés, c'est de leur faire concurrence pour certains gibiers. Il arrive en effet aux mustélidés de consommer occasionnellement des poussins de faisans, lapereaux... gibiers qui intéressent les chasseurs.
Le ministre de l'Ecologie aurait commandé une étude sur ces deux espèces au Muséum national d'histoire naturelle...
Nous ne sommes pas certains qu'il ait commandé cette étude. Par contre nous savons qu'il a demandé à Pierre Lang un rapport sur la validité de la notion de nuisible aujourd'hui et l'évolution potentielle de la règlementation en la matière. Le ministre aurait dû attendre les conclusions de ce rapport -qui devraient être rendues le 30 juin 2009- avant de prendre une quelconque décision.
Que comptez-vous faire maintenant que l'arrêté a été publié au journal officiel?
Il faut savoir que cet arrêté laisse la possibilité aux préfets de l'appliquer ou non au niveau local. Nous pouvons donc continuer notre travail de fond au niveau de ces collectivités en plaidant la cause des mustélidés. Nous pouvons également avoir recours au tribunal administratif si nous considérons que la classification de l'animal comme nuisible n'est pas motivée.

02.04.2009

Le Canada autorise la chasse de 280.000 phoques cette année


Le Canada autorise la chasse de 280.000 phoques cette année
LE 21/03/2009
AFP
Le Canada autorise cette année la chasse de 280.000 phoques sur sa façade atlantique, a annoncé vendredi la ministre des Pêches, Gail Shea, se disant "extrêmement déçue" qu'une commission du Parlement européen ait demandé l'interdiction du commerce des produits du phoque.

"Le TAC (total admissible de captures) des phoques du Groenland pour 2009 a été établi à 280.000, sur un troupeau de plus de 5,5 millions d'animaux", a indiqué le ministère dans un communiqué.
Ce chiffre est supérieur au quota de 2008 (275.000) et de 2007 (270.000) mais bien inférieur à celui de 2006 qui était 335.000 animaux.
Le quota de cette année comprend en outre un "report" de quelque 13.000 phoques pour les flottilles qui n'avaient pas atteint leur quota l'année dernière, a expliqué Ottawa.
"La chasse au phoque est une importante source de revenus pour de nombreuses collectivités côtières isolées du Canada atlantique, du Québec et du Nord", a déclaré la ministre Shea.
"Afin de maintenir la population de phoques, les décisions de gestion que nous prenons à l'égard de la chasse tiennent compte de cette réalité ainsi que de l'avis des scientifiques", a-t-elle ajouté, alors que le Canada est régulièrement critiqué par des groupes de pression qui voient dans cette chasse une pratique barbare et cruelle.
La chasse controversée devrait officiellement débuter entre le 25 et le 31 mars, a indiqué à l'AFP un porte-parole du ministère.
Ottawa avait adopté à la fin 2008 de nouvelles règles de chasse au phoque visant à minimiser les souffrances des animaux, afin notamment d'éviter une interdiction du commerce des produits dérivés du phoque par l'Union européenne.
Mais cela n'a pas empêché une commission du Parlement européen (PE) d'endosser dernièrement une proposition de règlement pour interdire la vente de produits dérivés du phoque. L'ensemble des députés européens doit se prononcer lors de la prochaine session plénière du PE, vraisemblablement le 1er avril.
"Nous sommes extrêmement déçus que le Parlement européen ait lancé un appel à l'interdiction du commerce des produits du phoque", a dit la ministre canadienne des Pêches.
"Notre position demeure que toute interdiction d'une chasse pratiquée sans cruauté, comme cela se fait au Canada, n'est pas fondée", a poursuivi Mme Shea, indiquant "étudier" les recours légaux et diplomatiques pour faire respecter les traités du commerce international, une allusion à une plainte éventuelle devant l'organisation internationale du commerce (OMC).

13.03.2009

La pêche doit s'adapter aux changements climatiques

La pêche doit s'adapter aux changements climatiques
Par LEXPRESS.fr, publié le 02/03/2009 13:50
En raison de l'impact des changements climatiques sur le milieu marin, l'agence de l'ONU pour l'Agriculture et l'Alimentation invite le secteur de la pêche à adapter ses comportements.
L'industrie de la pêche et les autorités nationales du secteur doivent "redoubler d'efforts pour affronter l'impact des changements climatiques" sur les pêches mondiales, avertit un rapport de l'agence de l'ONU pour l'Agriculture et l'Alimentation publié ce lundi.
Des pratiques de pêche "responsables" doivent être généralisées et les plans d'aménagement "doivent inclure des stratégies d'adaptation au changement climatique", souligne le rapport.
Des espèces déplacées
La FAO note que le changement climatique a déjà commencé à bouleverser la répartition des espèces marines, "les espèces d'eaux plus chaudes se retrouvant déplacées vers les pôles en voyant la taille et la productivité de leur habitat se transformer".
"De nombreuses pêcheries sont exploitées au maximum de leur capacité. En regardant les impacts que le changement climatique pourrait avoir sur les écosystèmes marins, on s'interroge sur leur capacité de résistance", souligne Kevern Cochrane, l'un des auteurs du rapport.
La surcapacité (un trop grand nombre de navires associé à des technologies de pêche très performantes) est "le problème principal affectant les pêches aujourd'hui", souligne le rapport.
Il regrette le caractère "limité" des "mesures de précaution" adoptées : élimination des prises accessoires, réglementation du chalutage de fond, lutte contre la pêche illicite
Surexploitation
La FAO précise que 19% des principaux stocks halieutiques des pêches marines commerciales suivis par la FAO sont "surexploités et 8% épuisés" tandis qu'environ la moitié sont "pleinement exploités" en particulier dans l'Atlantique du nord-est, l'ouest de l'océan Indien et le Pacifique du nord-ouest
Les communautés fortement tributaires de la pêche "pâtiront considérablement de la moindre baisse des disponibilités de poissons ou d'un appauvrissement de leurs moyens d'existence", prévient la FAO.
Les pêches mondiales totales ont atteint un nouveau record de production de 143,6 millions de tonnes en 2006, selon les derniers chiffres de la FAO.
L'agence de l'ONU s'intéresse également aux émissions de gaz à effet de serre lors des opérations de pêche, de transport, de transformation et de stockage, notant que la pêche et l'aquaculture y "contribuent dans une faible mesure, quoique significative".
Ainsi, les expéditions intercontinentales de produits de la pêche par avion émettent 8,5 kg de CO2 par kilo de poisson, soit 3,5 fois plus que pour le transport maritime et 90 fois plus que le transport local du poisson (dans un rayon de 400 km de sa capture).
La FAO rappelle que 43,5 millions de personnes travaillent dans le secteur de la pêche de capture et de l'aquaculture, la plupart vivant en Asie (86%). Si l'on prend en compte les emplois dans toute la filière ainsi que les personnes à charge de tous les travailleurs directs et indirects, "plus d'un demi-milliard d'individus dépend des pêches et de l'aquaculture".

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