21.11.2009
L’Assemblée nationale adopte la taxe carbone
L’Assemblée nationale adopte la taxe carbone
26/10/2009 14:15 JOURNAL DE L ENVIRONNEMENT
La taxe carbone a été adoptée par les députés en première lecture dans le cadre de l’examen du budget 2010. Maintenue pour les agriculteurs, l’exonération prévue de la taxe sera finalement supprimée d’ici 4 ans pour le transport routier. Les députés ont aussi mis en place un taux de TVA réduit sur la vente de vélos.
Les députés ont adopté dans la nuit de vendredi 23 à samedi 24 octobre l’article 5 du projet de loi de finances pour 2010 instaurant la taxe carbone. Dans un premier temps, les députés ont parlé de la définition de la taxe elle-même.
Son montant a été maintenu à 17 euros pour 2010 et l’électricité n’a pas été incluse dans l’assiette de la taxe. Un amendement visant à taxer la part d’électricité produite par des centrales aux énergies fossiles n’a pas non plus été adopté. Une disposition contestée par le PDG de GDF Suez, Gérard Mestrallet, dans une interview au Figaro du 26 octobre. «Il n'y a (…) pas de raison que seuls les Français qui se chauffent au gaz soient taxés. L'électricité produite à partir de ressources émettrices de CO2 devrait logiquement être soumise à la taxe carbone», a-t-il indiqué.
La progressivité de la taxe carbone n’est pas inscrite dans le projet de loi, malgré plusieurs amendements en ce sens. Le rapporteur général du projet de loi Gilles Carrez (UMP, Val-de-Marne) ainsi que la ministre de l’économie Christine Lagarde ont indiqué que le montant de la taxe carbone pourrait ainsi être revu, pourquoi pas à la baisse, en fonction du contexte économique. Ce nouvel outil fiscal devait justement constituer un signal prix de long terme pour les entreprises, ménages et collectivités, a déploré le député Yves Cochet (Verts, Paris).
L’entrée en vigueur de la taxe carbone a été repoussée dans les départements d’outre-mer au 1er juin 2010. Une commission de suivi de la taxe carbone a aussi été instaurée.
Puis, les députés ont abordé la question des compensations et exonérations. Un amendement adopté en commission des Finances prévoyant la compensation de la taxe carbone aux collectivités locales a finalement été rejeté. En revanche, les personnes handicapées en seront exemptées, à la suite de l’adoption d’un amendement.
Le gouvernement est aussi revenu sur la compensation versée aux transporteurs routiers. Il prévoyait initialement de créer une taxe générale sur les activités polluantes (TGAP) payée par les bénéficiaires du service de transport, devant générer 200 millions d’euros, ainsi qu’une exonération de taxe intérieure sur les produits pétroliers (TIPP) pour un coût de 450 millions d’euros. Au final, le gouvernement a proposé un amendement visant à supprimer de ce projet la TGAP ainsi que l’exonération, d’ici 4 ans, de la TIPP. La fédération d’associations environnementales France Nature Environnement s’est félicitée dans un communiqué «de ce pas en avant vers une moindre ‘exception routière’».
Un amendement, refusé, a réclamé que les personnes bénéficiaires du bouclier fiscal ou payant l’ISF ne perçoivent pas la compensation de la taxe carbone –de 46 euros par personne en milieu urbain, 61 euros en milieu rural. Les agriculteurs seront, eux, bien exemptés de la taxe carbone à 75%.
Enfin, les députés ont autorisé la mise en place d’un taux réduit de TVA (5,5%, contre 19,6% normalement) sur la vente de vélos, de vélos à assistance électrique et d’accessoires et composants cycles.
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20.11.2009
Les Américains frileux sur l'effet de serre
Les Américains frileux sur l'effet de serre
LE 24/10/2009
Le scepticisme climatique grignote les Américains. Seuls 57% des Américains pensent qu'il existe des indices solides montrant que la température moyenne de la Terre est en augmentation depuis ces dernières décennies. Ils étaient 71% en avril 2008 et 77% en 2007. C'est le résultat d'un sondage du Pew center, think tank indépendant basé à Washington. Ils ne sont plus que 35% (contre 44% en 2008) à juger que le réchauffement climatique est un «problème important». Et la même proportion (36%) assure que le changement climatique résulte des activités humaines
Pourquoi un tel retour en arrière dans l'opinion publique, alors que la présidence américaine a rompu avec l'héritage révisionniste des années Bush? Plusieurs pistes fourmillent déjà Ici ou là.
D'abord, l'administration Obama, après avoir suscité des espoirs, est de plus en plus engluée dans un agenda national. Le discours très mou du locataire de la maison blanche, lors du sommet de l'ONU en septembre, en témoigne. Le congrès fait de la résistance face au plan climat américain, qui veut notamment instaurer un système de marché de droit d'émission (cap and trade).
Mais à l'arrivée, tout cela déprime les négociateurs internationaux, qui jugent les Américains très à la traîne par rapport aux objectifs des scientifiques du Giec. D'où la colère du pourtant très diplomate prix Nobel de la paix 2007, Rajendra Pachauri une distinction qu'il a partagée avec l'ex vice-président américain Al Gore pour leur campagne de sensibilisation au changement climatique.
Dans le même temps, l'offensive des conservateurs bat son plein. Une foultitude de réseau et de cercles prochent de l'industrie multiplient les contre-feux. Le site Huffington Post s'amuse d'ailleurs à en épingler quelques-uns.
J usqu’à un film (Climate chains) taillant en brèche la mobilisation pour le changement climatique. Illustration assez emblématique du poids de lobbies des multinationales, qui, par le passé, n’ont pas hésité à financer des études négationnistes sur le bouleversement climatique. La féroce bataille qui se joue à la chambre de commerce américaine, plus grande organisation mondiale de la planète, témoigne ainsi des résistances en cours.
A tel point que trois firmes du secteur de l’énergie (Pacific Gas & Electricity, PNM Resources et Exelon), ainsi que Nike et Apple (dont l’un des administrateurs est... Al Gore) ont claqué la porte de l'institution, dénonçant ce révisionnisme.
Et à tel point que que les Yes Men, altermondialistes gonflés, ont monté une conférence de presse bidon dont ils ont le secret. Ils se sont faits passer pour des représentants de la Chambre de commerce et «annoncé» un changement radical de la position de la Chambre concernant le réchauffement climatique.
Au même moment, vendredi, une étude publiée par des scientifiques de l’Utah, assure que le changement climatique est la plus grande menace sur la santé publique du XXIe siècle. Et dix-huit organisations scientifiques, dont l’une des plus prestigieuses, l’American association for the advancement of science, se sont fendues d’une lettre aux sénateurs américains. Il y confirment que le changement climatique est basé sur des «recherches scientifique rigoureuses qui démontrent que les gaz à effet de serre ont une origine avant tout humaine.»
Pendant ce temps, les négociations patinent. Le n°1 des négociations de Copenhague assure qu’frileux sur le réchauffement c:imatiqueun traité post-Kyoto est loin d’être acquis. Et l’Europe, de son côté, qui se rêve en locomotive des négociations, vient piteusement de se diviser sur l’aide financière à apporter aux pays du sud.
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La réduction des deux calottes glaciaires s'accélère nettement
La réduction des deux calottes glaciaires s'accélère nettement
LE MONDE | 16.11.09 | 14h11 • Mis à jour le 16.11.09 | 14h11
Selon des travaux publiés vendredi 13 novembre dans la revue Science, la calotte glaciaire du Groenland perd environ 280 milliards de tonnes (Gt) de glace par an. Cette évaluation, obtenue par deux méthodes différentes - la première par mesures, effectuées entre 2006 et 2008 par les deux satellites américains GRACE (Gravity Recovery and Climate Experiment), la seconde par modélisation - vient confirmer une autre étude, tout juste publiée dans Geophysical Research Letters, selon laquelle la réduction des glaciers du Groenland et de l'Antarctique s'accélère dangereusement. Cette recherche, menée par Isabella Velicogna (université de Californie à Irvine, Jet Propulsion Laboratory), montre qu'entre 2002 et 2003, la calotte groenlandaise a, en moyenne, déversé chaque année dans la mer environ 137 Gt de glace. Entre 2007 et 2009, cette réduction est passée à 286 Gt par an.
Une accélération de même ordre est observée dans l'hémisphère sud. Entre 2002 et 2006, l'Antarctique a ainsi perdu, en moyenne, 104 Gt de glace par an ; entre 2006 et 2009, ce taux est passé à 246 Gt par an. Cette perte de masse accélérée ne provient pas uniquement de la fonte des glaciers, mais principalement de leur instabilité : ces derniers "glissent" sur le socle continental, avancent et s'effondrent dans la mer. Au total, les deux grands inlandsis perdent donc plus de 500 Gt par an, ce qui équivaut à une augmentation du niveau moyen des mers de plus de 1,5 mm par an.
Stéphane Foucart
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19.11.2009
Copenhague recouvre aussi un enjeu de santé publique
Copenhague recouvre aussi un enjeu de santé publique
13/11/2009 11:27 JOURNAL DE LENVIRONNEMENT
Les impacts du réchauffement climatique sur la santé humaine sont trop souvent négligés, ont déploré des experts lors du colloque «Urgence santé-climat» organisé hier 12 novembre par l’Asef (1). En replaçant l’enjeu de santé publique au cœur des débats, ils espèrent contribuer à faire avancer les négociations sur Copenhague.
«La thématique de la santé ne se retrouve jamais dans les discours de préparation au sommet de Copenhague, souligne Sandrine Segovia-Kueny, présidente de l’Asef en Ile-de-France. Pourtant, 300.000 décès par an seraient d’ores et déjà imputables au réchauffement climatique, selon le dernier rapport de la Fondation humanitaire mondiale présidée par Kofi Annan.» Centrer le débat climatique sur l’homme permettrait de le faire avancer plus rapidement, estiment plusieurs intervenants au colloque. La suppression rapide depuis la fin des années 90 des gaz chlorofluorocarbures (CFC), pour limiter le «trou» de la couche d’ozone en aurait apporté une démonstration. La forte mobilisation politique serait en effet née de la prise de conscience des menaces pesant sur la santé publique [risques de cancers liés aux ultra-violets]. «La raison environnementale ne fonctionne pas seule. Elle doit être soutenue par une raison économique ou une raison de santé publique», confirme Jean-Louis Etienne, directeur de l’Institut océanographique de Monaco.
Les premiers impacts sur la santé du réchauffement découleront de l’augmentation des événements extrêmes comme les canicules, sècheresses, cyclones ou inondations. La canicule de l’été 2003 qui a causé 70.000 décès additionnels en Europe dont 15.000 en France pourrait marquer le début d’une longue série. De fait, selon les projections, le nombre de jours de canicule devrait augmenter dans les 50 ans à venir. «Selon le pire scénario du Giec (2), un été sur deux après 2070 sera similaire à celui de 2003», indique Serge Planton, directeur de recherche à Météo France. Les catastrophes naturelles ont également des impacts d’ordre psychologique. Une étude a ainsi révélé que la consommation de psychotropes avait augmenté de 20% dans la population locale suite aux inondations dans le Gard de 2002.
La multiplication des allergies dont l’asthme, liée à l’augmentation des pollens, est également une conséquence directe du réchauffement qui a allongé les périodes de floraison. Le nombre de personnes souffrant d’allergies -20% de la population- a déjà doublé depuis 20 ans. La hausse des températures associée à la pollution de l’air (ozone, particules fines) devrait également engendrer davantage de maladies respiratoires (asthme, rhino-sinusite, BPCO, infections respiratoires et cancers bronchiques), mais aussi cardiovasculaires. Les feux de forêts représentent un facteur de risque d’augmentation des particules dans l’air. «Des études ont montré, en période de canicule, un nombre plus élevé d’admissions à l’hôpital ainsi qu’un doublement du taux de mortalité par maladies respiratoires», avance Gérard Huchon de la Fédération française de pneumologie.
Concernant l’augmentation supposée des maladies infectieuses comme le paludisme, des incertitudes demeurent en raison d’un manque de connaissances. Cependant plusieurs faits semblent attester de la réalité de cette hypothèse. Le virus du Nil occidental est ainsi réapparu en Camargue en 2001 et 2003, tandis que le Chikungunya [qui a provoqué une épidémie sur l’île de la Réunion en 2005 et en Italie en 2007] est installé dans le Sud-est de la France. Jean-Louis Etienne souligne le lien entre santé et déclin de la biodiversité: «En détruisant les écosystèmes, on libère des virus. Les récentes apparitions de la fièvre Ebola en sont certainement une illustration». Les pathologies liées à la raréfaction et la pollution des ressources en eau et à l’alimentation pourraient également réapparaître. Pour Martin Guespereau, directeur de l’Afsset (3), les impacts du réchauffement sur la microbiologie pourraient avoir un rôle majeur.
Dernière touche à ce sombre tableau, le réchauffement climatique risque d’augmenter les inégalités sociales, en touchant en priorité les individus les plus vulnérables, que ce soient les populations des pays pauvres à l’échelle mondiale, ou bien les enfants, les personnes âgées, les personnes souffrant de maladies chroniques ou les travailleurs du BTP, dans les pays riches.
Quelles solutions? «On peut agir dès maintenant en étudiant les maladies déjà présentes, souligne Martin Guespereau. La politique de santé publique peut être efficace devant ces phénomènes.» La France fait partie des 23 pays d’Europe qui ont prévu un plan national d’adaptation au changement climatique, mais peu de ces plans ont été mis en œuvre. La France le fera en 2011 (4). L’Union européenne a également publié un livre blanc sur ce thème en avril dernier. Au final, les experts prônent avant tout des actions de prévention, c'est-à-dire la baisse des émissions de GES grâce à un accord ambitieux à Copenhague, en suivant l’appel lancé par les professionnels de santé de plus de 120 pays, le 4 novembre à Barcelone, lors de l’ultime session de négociations onusiennes avant le sommet de décembre. Bettina Menne, représentante de l’OMS (5) Europe rappelle qu’«une baisse de 20% des émissions de GES d’ici 2020 pourrait permettre de faire gagner entre 4 et 7 mois de vie aux citoyens européens». Sans compter les gains économiques associés.
(1) L’Association santé environnement France regroupe plus de 2.500 médecins
(2) Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat
(3) Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail
(4) Dans le JDLE «Réchauffement: un coût de ‘centaines de millions d’euros par an’»
(5) Organisation mondiale de la santé
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CLIMAT : La bataille Franco Américaine commence
CLIMAT : La bataille Franco Américaine commence
09.11.17 NOUVEL OBSERVATEUR
De Copenhague,
Ca y est.
La grande bataille diplomatique sur le climat commence.
Et il flotte comme un air de déjà vu, une sorte de remake de l'Irak 2003, lorsque Jacques Chirac s'était ouvertement opposé à Bush et avait cherché à mobiliser les pays du Sud contre Washington.
Voici pourquoi.
Hier, Jean Louis Borloo a fait circuler, auprès de ses quarante homologues présents ici, son plan pour sauver le sommet de Copenhague de décembre.
Il s’agit d’un texte de 15 pages, qui est officiellement soutenu par le président Lula, qui l'appelle " la bible".
Son but: isoler les Etats-Unis.
Afin 1/ soit de les contraindre à accepter des engagements ambitieux en matière de réduction d'émission de CO2 et d'aide aux pays pauvres,
2/ soit d’éviter que l’Europe ne devienne le bouc-émissaire d’un échec de Copenhague (laisser ce statut international peu enviable à Washington et, dans une moindre mesure, à Pékin).
Le plan, très habile, est taillé de façon à séduire différents groupes de pays.
Ses grandes lignes :
- Pour les pays les moins avancés : une aide de 410 milliards de dollars étalée sur 20 ans et destinée à atténuer les effets du changement climatique dans les PMA et y instituer des sources d’énergie renouvelables.
Ses bénéficiaires : l’Afrique, les petits Etats insulaires directement menacés par la montée des eaux et neuf autres PMA (dont le Bangladesh, le Cambodge et l’Afghanistan).
Ce plan serait financé par une taxe globale de 0,01% sur les transactions financières qui rapporterait 20 milliards de dollars par an. Ou, à défaut, par une taxe universelle, calculée en fonction de la part des pays dans le PNB mondial et de leurs émissions de carbone.
- Pour les pays pauvres (moins de 1500 dollars par habitant et par ans), peu émetteurs d’énergie (moins de 2 tonnes par an, c'est-à-dire l’objectif mondial en 2050 pour l’ensemble de la planète)) mais en croissance (c'est-à-dire essentiellement l’Inde), une aide de 80 milliards de dollars en échange de l’établissement de plan climat nationaux mais sans fixation d’objectifs contraignant de réductions d’émissions.
Les 80 milliards, destinés à développer les sources d’énergie renouvelable, à améliorer l’efficacité énergétique et peut-être aussi l’accès à l’eau, proviendraient eux aussi de la taxe globale.
- Pour les grands émergents (la Chine surtout qui est le premier émetteur de carbone au monde), un engagement à « contribuer à atteindre le pic mondial d’émission en 2020 » et à fixer le pic national « aux alentours de 2030 » - des contraintes somme toute modestes.
- Pour les pays industriels, un engagement à réduire massivement les émissions de carbone.
Le plan propose que l’Europe annonce d’ores et déjà moins 30% d’émission en 2020 (par rapport à 1990) alors que le paquet Energie Climat adopté fin 2008 prévoit d'aller au delà de 20% seulement si les autres pays s'engagent dans cette voie.
Quant aux Etats-Unis, Jean Louis Borloo propose de les traiter comme « un pays à problèmes » et de les autoriser à ne réduire que « de 15 à 25% leurs émissions en 2020 » et de ne rejoindre les autres pays industrialisés dans leur effort global qu’en 2030.
Comme on peut s’en douter l’accueil du plan est très contrasté.
Les pays très pauvres, les grands bénéficiaires, sont enthousiastes.
La Chine, qui n'est pas trop contrainte par le plan mais qui vient de s'allier à Washington sur le sujet, hésite.
L’Amérique, dont les parlementaires ne veulent pas entendre parler de tels objectifs, ne dit rien mais travaille en coulisse à son échec.
Elle est aidée par son allié indéfectible danois (qui accueille le sommet de décembre.)
Qui va gagner ?
Bien malin qui peut le dire.
Un passionnant combat s'engage, dans lequel l'infatigable Borloo tient indéniablement le beau rôle.
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Protocole de Kyoto, un bilan mitigé
Protocole de Kyoto, un bilan mitigé
16/11/2009 14:28 JOURNAL DE L ENVIRONNEMENT
A 21 jours du lancement du sommet de Copenhague, le JDLE revient sur les enjeux d’un futur accord international pour lutter contre le changement climatique dans une série d’articles. Le premier est consacré au bilan du protocole de Kyoto, dont les règles de fonctionnement devraient très fortement influencer l’architecture de ce futur –et pour l’instant hypothétique– accord.
Faut-il jeter le protocole de Kyoto aux orties? Il aurait pu être un succès politique, les 38 Etats industrialisés réunis dans l’annexe B du protocole s’étant mis d’accord pour réduire leurs émissions de 6 gaz à effets de serre (1) d’au moins 5% en 2012 par rapport à 1990 (de 8% pour l‘UE à 15). Il amorce une sorte «d’âge de la sobriété», l’humanité se fixant pour la première fois un objectif de limitation de l’impact de son activité économique. «Son seul défaut est qu’il n’a pas été ratifié par les Etats-Unis», relève Brice Lalonde, ambassadeur chargé des négociations internationales sur le changement climatique pour la France.
Paradoxalement, ce pays est l’inspirateur des instruments de réduction des émissions de GES, parmi lesquels le marché des droits à polluer, dont le fonctionnement est calqué sur le marché américain de quotas de dioxyde de soufre (SO2) instauré dans les années 1990 dans le cadre de la loi sur l’air (Clean air act), ainsi que d’un système innovant de sanctions à l’échelle internationale (2). Le protocole met aussi deux autres mécanismes en œuvre: le mécanisme de développement propre (MDP), et la mise en œuvre conjointe (MOC). Tous deux permettent de réaliser une partie des réductions d’émissions hors du territoire national –dans les pays en développement pour le premier, dans les pays en transition économique d’Europe centrale et orientale pour le second.
Difficile pour l’instant de réaliser le bilan environnemental de ces mécanismes, même si le MDP est fortement critiqué (3). La mise en œuvre la plus aboutie d’un marché de quotas de CO2 a été réalisée dans l’Union européenne, où l’immense majorité de quotas de CO2 a été allouée gratuitement depuis 2005 aux industriels, jusqu‘à la fin de la première période d‘engagement du protocole (2012). Ce marché a d’ailleurs généré une importante bureaucratie –destinée à l’allocation et au contrôle des quotas, un paradoxe quand la réduction des charges administratives fait presque systématiquement partie des motifs de révision de la réglementation européenne. Sans parler des deux crises qu’il a connues en moins de 5 années d’existence (4).
Le protocole a aussi été diversement pris en considération par les Etats qui l’ont ratifié. Si le Japon a une distance à l’objectif de 11,4%, il prévoit au moins de la combler par l’achat de droits à polluer, respectant Kyoto en cela. Il en va de même pour l’Espagne (distance à l'objectif: 35,6%). «Le fait que le Canada ait dépassé ses quotas d’émissions et ne compte pas acheter les quotas de CO2 nécessaires pour respecter son objectif est un élément négatif», considère Dominique Auverlot, chef du département Recherche, technologie et développement durable au sein du Centre d’analyse stratégique. Résultat : le pays se situe à une distance de 27,7% de son objectif (5).
Quant à l’Union européenne, «le bilan est positif», note Brice Lalonde. L’UE à 15 devrait réduire ses émissions de 13% en 2012 par rapport aux niveaux de 1990, relève l’Agence européenne pour l’environnement (AEE) dans un rapport du 13 novembre, dont 2,2% à l’extérieur de son territoire. Soit au-delà de son objectif de 8%. L’UE à 27, qui ne poursuit pas d’objectif commun au titre du protocole -un bilan commun devrait être réalisé en 2010- a réduit ses émissions de 7% en 2005 par rapport à 1990, selon un rapport de l’AEE de 2007. Mais cette chute d’émissions est principalement due à l’effondrement économique des pays de l’ancien bloc soviétique. L’Allemagne a elle aussi bénéficié de la baisse immédiate de moitié des émissions de la RDA après la chute du mur, qui lui a permis de réduire de -18,2% ses émissions en 2006 par rapport à 1990 (pour un objectif de -21%).
Cette baisse brutale des émissions n’est d’ailleurs pas sans poser problème: les objectifs très avantageux de réduction des émissions des pays de l’ex-URSS sont très au-delà de leurs émissions réelles (distance à l’objectif de -51,9% pour l’Ukraine, -34,2% pour la Russie, -29,9% pour la Pologne par exemple). Ce surplus appelé «air chaud» est de 1,1 milliard de crédits Kyoto par an entre 2008 et 2012 pour la Russie, 478 millions pour l’Ukraine et 439 millions pour les 10 «nouveaux» Etats membres de l’UE. Cet excès de permis, équivalent aux allocations annuelles de quotas de CO2 de l’UE, est de nature à faire imploser le marché des droits à polluer s’il était reportable pour la seconde période d’engagement du protocole de Kyoto (2013-2020).
Ambitieux politiquement, le protocole de Kyoto l’est donc peu climatiquement. Représentant 40% des émissions mondiales lors de sa signature –contre 30% environ actuellement–, il ne vise «que» la baisse de 5% des émissions mondiales. «En 1997, au moment de la signature du protocole, les Etats avaient déjà réduit leurs émissions de 4,8% par rapport à 1990, son année de référence. L’objectif de 5% est donc fictif, puisque la réduction était déjà atteinte», pointe Aurélien Bernier, auteur de «Le climat, otage de la finance» (6).
Cet objectif est aussi «malhonnête» selon l’auteur, puisque le protocole de Kyoto n’inclut pas les émissions liées au commerce international. «Il suffit de fermer des hauts fourneaux en Europe et de faire produire en Chine pour réduire les émissions européennes.» 30% des émissions de ce pays seraient d’ailleurs liées à la production de biens destinés à être exportés en Occident (7).
Pour autant, le protocole de Kyoto est «le seul traité que l’on ait, temporise Brice Lalonde. Le bilan est positif, insuffisant mais positif». «Il a permis d’arriver à des résultats qui peuvent aboutir à l’élaboration d’un ‘Kyoto +’ à Copenhague», ajoute Dominique Auverlot.
(1) Dioxyde de carbone (CO2), méthane (CH4), protoxyde d’azote (N2O), hydrofluorocarbures (HFC), perfluorocarbures (PFC) et hexafluorure de soufre (HF6)
(2) Qui fera l'objet d’un article dans le cadre de notre dossier «Copenhague»
(3) Dans le JDLE «Les mécanismes de développement propre se développent sans contrôle»
(4) Dans le JDLE «Le marché du carbone pâtit aussi de la crise»
(5) Dans le JDLE «Canada: la politique climatique du gouvernement épinglée»
(6) Aurélien Bernier, «Le climat otage de la finance. Ou comment le marché boursicote avec les ‘droits à polluer’», Mille et une nuits, août 2008
(7) Dans le JDLE «L’export pour l’Occident à l’origine du tiers des émissions chinoises»
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Climat : les biocarburants ne sont pas toujours une solution au réchauffement
Climat : les biocarburants ne sont pas toujours une solution au réchauffement
LEMONDE.FR avec AFP | 22.10.09 | 21h11
C'est une faille dans les lois sur le climat où les industriels pourraient bien s'engouffrer : aucune grand pays ne comptabilise les émissions de dioxyde de carbone (CO2) provenant des changements d'utilisation des terres en vue de produire des biocarburants, souligne une étude publiée dans la revue américaine Science du 23 octobre. Or, les émissions peuvent être importantes, prévient Jerry Melillo, chercheur au Marine Biological Laboratory, un organisme de recherche privé réputé.
Avec les autres experts, il a développé un modèle informatique basé sur deux hypothèses découlant de la faille législative : la première consiste à convertir des zones naturelles, y compris des forêts, pour répondre à la demande croissante de biocarburants, tandis que la seconde privilégie une utilisation plus intensive des terres déjà cultivées.
Dans les deux cas, les surfaces consacrées à la production de biocarburants seront plus étendues que les terres de cultures d'ici la fin du siècle. Couper des forêts, qui capturent de vastes quantités de CO2, pour les remplacer par des plantations destinées à produire des biocarburants se traduit par d'importantes émissions de gaz carbonique. En revanche, la conversion des terres cultivées pour la production de biocarburants pourrait permettre une nette réduction des émissions. Mais Jerry Melillo estime que "sans changement de comptabilité, l'utilisation des biocarburants aggravera notre problème de gaz à effet de serre plutôt qu'il nous aidera à le résoudre".
Le modèle montre par ailleurs que l'utilisation accrue d'engrais nécessaire pour les cultures destinées aux biocarburants va fortement accroître les dégagements d'oxyde nitreux, un puissant gaz à effet de serre qui pourrait supplanter le CO2 à la fin du siècle.
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18.11.2009
Climat: Pékin et Washington veulent un succès à Copenhague
Climat: Pékin et Washington veulent un succès à Copenhague
LE 17/11/2009 LIBERATION
Les présidents américain Barack Obama et chinois Hu Jintao ont loué mardi à Pékin, à l’issue de leur rencontre, la coopération entre leurs deux pays, soulignant travailler pour «obtenir un succès» à la conférence sur le climat le mois prochain à Copenhague.
Après une étape à Shanghai lundi où il a rencontré des étudiants pour sa première visite dans le pays asiatique, M. Obama a affirmé mardi que les Etats-Unis et la Chine, les deux plus grands pollueurs de la planète, travaillaient ensemble pour «obtenir un succès» à Copenhague.
Faisant état de «progrès» sur la question du réchauffement climatique dans ses discussions avec le président Hu, Barack Obama a déclaré que «sans les efforts à la fois de la Chine et des Etats-Unis, les deux plus gros consommateurs et producteurs d’energie, il ne peut y avoir de solutions», dans une déclaration à la presse.
«Notre but (…) n’est pas un accord partiel ni une déclaration politique, mais plutôt un accord qui couvre toutes les questions dans les négociations et ait un effet immédiat», a-t-il souligné.
De nombreux pays attendent des initiatives des 1ère et 3e puissances économiques mondiales à la conférence sur le climat prévue du 7 au 18 décembre.
Sur un des principaux dossiers litigieux, le commerce, le président chinois Hu Jintao a affirmé que les deux pays devaient repousser la tentation du protectionnisme, dans le contexte de la crise économique. «Nos deux pays doivent s’opposer au protectionnisme et le rejeter», a déclaré M. Hu, tout en soulignant que Pékin et Washington avaient réaffirmé leur volonté de continuer à travailler ensemble pour «résoudre de manière appropriée leurs divergences économiques et commerciales».
Au plan commercial, les relations bilatérales se sont tendues ces derniers mois avec une série d’enquêtes antidumping lancées de part et d’autres, ou de taxes douanières, comme celles décidées par Washington contre les pneus chinois importés, vivement dénoncées par Pékin.
Sur le plan international, les deux présidents ont appelé à une reprise des négociations sur le dossier nucléaire nord-coréen que Pyongyang a abandonnées en avril.
«Nous sommes d’accord pour une reprise des négociations à Six dès que possible», a déclaré M. Obama. M. Hu a souligné pour sa part que les deux parties avaient réaffirmé leur volonté de «dialogue et de consultation pour résoudre la question nucléaire de la péninsule coréenne».
La Corée du Nord a claqué en avril la porte de ces discussions à six (Etats-Unis, deux Corées, Chine, Russie, Japon) sur l’arrêt de son programme nucléaire. Elle s’est cependant déclarée prête, début octobre, à reprendre les tractations entamées en 2003, à condition d’avoir au préalable un dialogue bilatéral avec les Etats-Unis.
Quant au dossier nucléaire iranien, les deux pays ont mis en garde l’Iran. Les Etats-Unis et la Chine ont averti l’Iran qu’il devrait assumer «les conséquences» d’un blocage sur la question de son programme nucléaire, a déclaré M. Obama. La Chine est traditionnellement très réticente à des sanctions contre l’Iran et préfère la diplomatie.
Sur le Tibet, un autre sujet de friction entre les deux pays, M. Obama, tout en reconnaissant que «le Tibet fait partie de la République populaire de Chine,» s’est déclaré favorable à une «reprise dès que possible du dialogue» entre les représentants du dalaï lama, le chef spirituel des Tibétains et Pékin.
(Source AFP)
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Les Américains de plus en plus sceptiques sur la réalité du réchauffement climatique
Les Américains de plus en plus sceptiques sur la réalité du réchauffement climatique
LE 22/10/2009
De plus en plus d'Américains sont sceptiques sur la réalité du réchauffement climatique à cause de la pollution, selon un sondage rendu public jeudi.
Selon l'enquête du Pew Research Center pour People & the Press réalisée auprès de 1.500 adultes du 30 septembre au 4 octobre, seules 57% des personnes interrogées pensent qu'il existe des preuves scientifiques du réchauffement climatique. En avril 2008, ce chiffre était de 71%.
Au cours de la même période, le nombre d'Américains reconnaissant que les températures augmentent à cause de l'activité humaine est passé à 36%, contre 47% l'année dernière.
Par ailleurs, ils sont 35% à dire que le réchauffement climatique est un grave problème, contre 44% en avril 2008.
Enfin, 50% des personnes interrogées sont favorables à une limitation des émissions de gaz à effet de serre, alors que 39% s'y opposent. Onze pour cent ne se prononcent pas. AP
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16.11.2009
Sarkozy et Lula s'engagent
Sarkozy et Lula s'engagent
Nicolas Sarkozy et Luiz Ignacio Lula da Silva sont tombés d'accord samedi à Paris pour faire de la conférence de Copenhague sur le climat "un succès". Les deux chefs d'Etat iront défendre ensemble leur point de vue au Danemark le 7 décembre prochain.
Le climat est au beau fixe entre Nicolas Sarkozy et Luiz Inacio Lula da Silva. Le président français recevait samedi son homologue brésilien à l'Elysée et les deux hommes ont expliqué qu'ils ne voulaient pas d'un "accord au rabais" à la conférence de Copenhague sur le climat, qui s'ouvre le 7 décembre. La France et le Brésil sont parvenus à un texte commun, "parce que nous voulons que Copenhague soit un succès", a ajouté le chef de l'Etat Français. Il a également précisé que le Brésil soutenait la proposition française de création d'une organisation mondiale de l'environnement
"Notre texte est plus qu'une lettre d'intention, il doit être notre bible climatique", a déclaré le président brésilien lors d'une conférence de presse commune. L'objectif est d'empêcher les Etats-Unis et la Chine de s'entendre sur le dos des 190 autres pays participants à la conférence de Copenhague et de former un "G2", a-t-il souligné. "Nous n'avons pas le droit de laisser le président Obama et le président Hu Jintao célébrer un accord prenant pour base les réalités économiques de leurs seuls pays (...) sans tenir compte des responsabilités que nous devons avoir avec l'ensemble de l'humanité", a-t-il ajouté.
Des propositions "ambitieuses"
Dans leur déclaration commune, la France et le Brésil présentent des propositions "ambitieuses" mais "raisonnables". Les deux pays affirment notamment soutenir les objectifs de limitation du réchauffement climatique à 2°C au-dessus des niveaux pré-industriels et de réduction des émissions mondiales de CO2 d'au moins 50% d'ici 2050 par rapport à 1990. Ils plaident pour un soutien financier "nouveau et substantiel" aux pays les plus pauvres et les plus vulnérables au réchauffement climatique, particulièrement ceux d'Afrique et les petits Etats insulaires.
Et désormais, le but est de "tout faire pour rassembler le plus grand nombre", a souligné Nicolas Sarkozy. Il a annoncé que la France agirait également de concert avec l'Allemagne et qu'il irait au sommet du Commonwealth fin novembre à Tobago mais aussi en Afrique pour convaincre de nombreux partenaires. "Nous voulons entraîner toute l'Afrique", a ajouté le président français. Il s'est également dit prêt à participer à un sommet intermédiaire organisé par le Brésil à Manaus.
Sarkozy et Lula à Copenhague
Mais, déjà, la semaine prochaine il devrait rencontrer, avec la chancelière allemande Angela Merkel, le Premier ministre danois Anders Fogh Rasmussen. L'idée est de tout faire pour sauver la conférence sur le climat alors que tout semble indiquer qu'aucun accord n'en sortira. Le marathon de rencontres et autres réunions se terminera en décembre donc, à Copenhague, où Nicolas Sarkozy a annoncé samedi qu'il irait avec son homologue brésilien pour porter leurs propositions "ambitieuses".
De l'ambition il en faudra. En effet, la Chine a annoncé samedi qu'elle insistera pour que les grands principes du protocole de Kyoto soient préservés dans tout nouveau traité sur la lutte contre le réchauffement climatique. La République populaire pense avant tout à la référence aux "responsabilités communes mais différenciées", principe sur lequel s'appuie le protocole de Kyoto. Selon ce texte, les pays riches doivent prendre l'initiative pour ce qui est de la réduction des émissions de gaz à effet de serre, tandis que les pays moins avancés, comme la Chine et l'Inde, ne sont pas tenus de se fixer des objectifs contraignants avant 2020. Un privilège que Pékin souhaite conserver.
V.V. (avec Reuters) - leJDD.fr
Samedi 14 Novembre 2009
Climat : France et Brésil adoptent un texte commun pour Copenhague
Lefigaro.fr (avec AFP)
14/11/2009 | Mise à jour : 18:52
Les deux pays y rappellent l'objectif final d'une «réduction mondiale d'au moins 50% d'ici à 2050 par rapport à 1990. Le texte pourrait servir de cadre pour les discussions à Copenhague.
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A un mois de la conférence de Copenhague, la France et le Brésil ont engagé samedi une course contre la montre pour tenter d'y arracher un accord «ambitieux» sur le climat, en présentant un texte commun que leurs deux présidents veulent «vendre» au reste du monde.
Dévoilé à l'issue d'un entretien d'une heure entre Nicolas Sarkozy et Luiz Inacio Lula da Silva, ce document, qualifié de «bible climatique» par le chef de l'Etat brésilien, détaille les grandes lignes minimales de l'accord qu'ils souhaitent à Copenhague. Mais il n'entre dans les détails, notamment chiffrés, sur lesquels renâclent notamment les Etats-Unis et la Chine.
Les deux pays y rappellent l'objectif final d'une «réduction mondiale d'au moins 50% d'ici à 2050 par rapport à 1990» des réductions des émissions mondiales de gaz à effet de serre avec, pour les pays développés, des «objectifs ambitieux de réduction à moyen terme». Ils s'accordent également sur la création d'une Organisation mondiale de l'environnement, qui pourrait être mise en place dès 2012.
«Nous rendons public aujourd'hui un texte brésilien-français parce que le Brésil et la France nous voulons que Copenhague soit un succès (...) nous n'accepterons pas un accord au rabais», a menacé Nicolas Sarkozy. «C'est un document historique. J'espère qu'il pourra servir de paradigme pour encadrer les discussions que les chefs d'Etat et de gouvernement devront avoir à Copenhague», a renchéri Lula.
Obama et Hu Jintao, «freins aux discussions»
Pour y parvenir, les deux chefs d'Etat ont annoncé qu'ils allaient sans tarder multiplier les contacts pour tenter de rallier un maximum de partenaires autour de leur texte. Le président français a détaillé un programme de contacts et de visites qui débutera jeudi soir à Bruxelles, avant le sommet européen qui doit attribuer les nouveaux postes européens prévus par le traité de Lisbonne, par un entretien avec la chancelière allemande Angela Merkel et le Premier ministre danois Lars Lokke Rasmussen.
Nicolas Sarkozy a annoncé qu'il se rendrait le 26 novembre à Manaus au Brésil, où doivent se réunir dix pays amazoniens, puis au sommet des pays du Commonwealth prévu les 27 et 28 novembre à Trinidad et Tobago, auquel participeront la Grande-Bretagne, l'Inde, le Canada ou l'Australie, et enfin en Afrique, sans autre précision.
Le président Lula a pour sa part indiqué qu'il téléphonerait, probablement lundi, au président américain Barack Obama, qu'il a clairement présenté avec son homologue chinois Hu Jintao comme les principaux freins aux discussions. Les deux dirigeants doivent se rencontrer mardi à Pékin. «Il ne faut pas permettre à Obama et Hu Jintao de célébrer un accord qui prenne pour base les seules réalités économiques de leurs deux pays», a-t-il lancé, fustigeant un «G2 aux intérêts très particuliers». «Il faut qu'Obama et la Chine aient un peu plus d'audace», a-t-il insisté.
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