08.07.2009

L'Europe relance la polémique sur les aliments clonés

L'Europe relance la polémique sur les aliments clonés

Les ministres de l’Agriculture de l’UE ont relancé lundi la polémique sur les aliments clonés en Europe, en ouvrant la possibilité d’autoriser leur commercialisation, malgré les fortes réserves de l’opinion et les incertitudes scientifiques.

Lors d’une réunion à Luxembourg, ils ont adopté un nouveau projet de réglementation en Europe concernant ce qu’ils appellent «les nouveaux aliments».

Cela concerne toute une série de produits exotiques allant des algues, au plancton, jusqu’aux larves de scarabées, mais aussi et surtout les produits alimentaires tirés d’animaux clonés et de leurs descendance.

Le texte vise officiellement, en imposant une procédure d’autorisation stricte et uniformisée dans l’UE, à stimuler le développement et la mise sur le marché de l’UE «d’aliments innovants sûrs» tout en garantissant «un niveau élevé de sécurité des aliments et de protection de la santé humaine».

Coût énorme

Ainsi, avant toute commercialisation, ces produits devront obtenir le feu vert de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) et de la Commission européenne. Aujourd’hui leur commercialisation n’est pas clairement réglementée.

La question ne se pose pas aujourd’hui pour les animaux clonés eux-mêmes, vu le coût énorme de leur conception qui rend irréaliste toute tentative de commercialisation. Elle pourrait en revanche se poser beaucoup plus rapidement pour leur descendance et les produits qui en sont dérivés, comme le lait ou la viande.

Ainsi, le projet adopté lundi à Luxembourg concerne aussi la descendance de première génération (issue par exemple d’un accouplement naturel de deux ovins clonés), qui ne fait actuellement l’objet d’aucune réglementation.

Grâce à ce dernier point, la ministre allemande de l’Agriculture, Ilse Aigner, a parlé d’un progrès et d’un «durcissement très net des règles en vigueur sur la viande clonée».

Le Parlement pour une interdiction pure et simple

Malgré tout, la décision des ministres a été sévèrement critiquée par les écologistes au Parlement européen. Dans un communiqué ils se sont dits «profondément préoccupés par le fait que les gouvernements européens laissent la porte ouverte à la vente de viande clonée».

Le Parlement européen s’était en début d’année prononcé pour une interdiction pure et simple de toute commercialisation.

Il va à présent examiner le projet de réglementation, ce qui augure d’une longue bataille avec les Etats, soucieux à la fois d’être à l’écoute des craintes de leurs citoyens sur se sujet sensible, tout en ne barrant pas définitivement la route à de s avancées scientifiques possibles.

Un bras de fer qui rappelle celui déjà en cours en Europe au sujet de l’autorisation de la culture des produits génétiquement modifiés.

«Parfait scandale»

«C’est un parfait scandale», a estimé le député européen Vert français José Bové, interrogé par l’AFP à propos de la décision des ministres de l’Agriculture.

«Il y a une soumission des ministres à l’égard d’un petit lobby de la viande clonée», a-t-il ajouté, «cette décision est aberrante car elle ne se justifie en rien aujourd’hui sur le plan des besoins alimentaires dans le monde», a-t-il dit.

Le sujet reste très controversé dans l’opinion. Selon une enquête européenne de fin 2008, 58% des Européens pensent que le clonage des animaux pour la production alimentaire «n’est pas justifiable» et plus de 43% affirment qu’ils n’achèteront «probablement jamais de tels produits».

Il y a un an, en juillet 2008, l’EFSA avait elle-même émis des réserves sur la commercialisation future d’aliments provenant d’animaux clonés, contrairement à son homologue américaine (FDA) qui n’avait rien trouvé à redire.

(Source AFP)

25.05.2009

Bio, équitable, éthique, local, d'élevage ou sauvage...

Bio, équitable, éthique, local, d'élevage ou sauvage... que mettre dans mon caddy ?

4 mai 2009. - Le consommateur ne sait plus où donner de la tête tant on lui vante de nouveaux bénéfices pour la santé, l'environnement, les pays pauvres, engendrés par les produits qu'il choisit. L'acte d'achat est devenu un acte responsable et engageant.

Nous pouvons encore en toute conscience prendre notre Range Rover pour nous rendre chez Carrefour, puis mettre dans notre caddy un kilo de haricots verts kenyans, une mangue égyptienne et barrer ces éléments de notre liste de courses grâce à un stylo chinois. Pour enfin ranger notre marché dans divers sacs plastique. La loi ne nous l'interdit pas, nous sommes libres de choisir ce que bon nous semble. Oui mais voilà, ce qui nous semble bon, est-il bon pour nous ?
Les sondages convergent pour souligner le fait que nous sommes plus enclins à nous émouvoir de ce qui nous est le plus proche et peut le plus nous toucher. La "grippe mexicaine" avait peu d'importance à nos yeux jusqu'à ce qu'elle pénètre l'hexagone. Nous faisant passer de la compassion à l'anxiété, voire à la peur.

 

Nos actes d'achats vont dans le même sens. Nous sommes d'abord préoccupés par ce qui nous fait du bien, en terme de plaisir, puis sur le plan de la santé. J'en veux pour preuve, le succès de l'Actimel, du Danacol et autre bifidus actif qui nous redonne bonne mine, le sourire et la vie plus légère.

 

D'autres questions se posent aujourd'hui à nous et requièrent d'étendre notre champ de réflexion. D'abord à l'environnement : ce que j'achète nuit-il à la terre (à cause de l'utilisation de pesticides), aux animaux (poulets en batterie) ? A l'atmosphère (les haricots et la mangue qui prennent l'avion avant d'arriver sur nos étalages) ? Aux hommes (le travail des enfants, les petits producteurs surexploités)... ?

 

En résumé, même si je suis venu à bicyclette faire mon marché chez les commerçants de mon quartier avec mon panier en osier, tout ce que je vais y mettre a une provenance, un impact, des conséquences, parfois douloureuses et inutiles. Comment le savoir, sans pour autant s'en vouloir ou transformer ses courses en chemin de croix culpabilisant ?
De nombreux outils voient le jour pour aider les consommateurs à faire des choix raisonnés et raisonnables. Si les labels sont nombreux et parfois pas suffisamment clairs, d'aucuns restent utiles et sont en pleine démarche de progrès. C'est le cas du commerce équitable, dont la quinzaine démarre la semaine prochaine. Le principe originel était d'assurer aux producteurs du Sud un revenu décent. Il s'étend désormais à la production biologique, la compensation des émissions de CO2 que ses produits (café, thé, coton...) suscitent et cherche à faire partager sa volonté de faire changer le comportement du consommateur en accompagnant les grands distributeurs dans leur démarche environnementale et sociale.

Rien n'est encore parfait et il reste de gros efforts à fournir en terme de communication, de lisibilité et d'accessibilité de toutes ces notions, mais il est certain que le caddy est en train de devenir un véritable "bulletin de vote", comme le souligne Tristan Lecomte, fondateur d'Alter Eco, distributeur de produits équitables, bio et compensés.

Par Julie Renauld ECO LIFE

L’Etat veut ranger le bazar du commerce équitable

L’Etat veut ranger le bazar du commerce équitable

Guillaume Launay LIBERATION 09.05.09

C’est une décision que les pionniers de la filière attendaient depuis des mois. Alors que s’ouvre ce samedi la Quinzaine du commerce équitable (1), le gouvernement se décide à relancer le processus de normalisation du secteur. Hervé Novelli, secrétaire d’Etat chargé du Commerce a annoncé mercredi qu’un groupe de travail se réunira «très rapidement» pour établir les critères de reconnaissance des organismes qui labellisent les produits issus du commerce équitable. Pour pouvoir mettre en place, avant la fin de l’année, la Commission nationale du commerce équitable (CNCE), créée il y a trois ans et qui ne s’est jamais réunie.

Créneau.Il y a urgence : l’équitable fleurit sur les étiquettes, le secteur pèse 250 millions d’euros (contre moins de 10 en 2000) et les géants de l’agroalimentaire s’engouffrent désormais dans ce créneau «éthique». Du seul café des origines, l’équitable s’est élargi au thé, au sucre, à la banane, aux produits transformés. Mais, aujourd’hui, aucune autorité publique ou indépendante ne garantit leur caractère équitable ou ne définit ses critères.

Il existe bien une définition légale, d’août 2005, qui précise que le commerce équitable, «vise à l’établissement de relations commerciales durables entre des pays développés et des producteurs situés dans des pays en développement désavantagés». Mais on attendait toujours cette CNCE, chargée de mettre un peu d’ordre, alors qu’une étude de la répression des fraudes avait pointé des anomalies «trop fréquentes» dans le secteur. Chaque label ou marque suit son propre cahier des charges et développe ses mécanismes de contrôle, sans évaluation officielle.

«On est à une période charnière, explique Pierre Rasse, directeur marketing du torréfacteur Lobodis. Au départ, le commerce équitable c’était un travail entre des producteurs et des PME. Mais aujourd’hui des acteurs différents arrivent sur ce secteur, la grande distribution ou des multinationales. Il faut faire attention aux dérives.» Jean-Pierre Blanc, directeur des cafés Malongo, poursuit : «L’urgence, c’est de rassurer le consommateur sur la validité des éléments qui participent au commerce équitable.» «Les Français ont besoin de réassurances», renchérit Chantal Jouanno, secrétaire d’Etat à l’Ecologie, qui s’est cosaisie du dossier au nom du développement durable. «Il y a trop de green washing. L’écologie et le partage ne sont pas des phénomènes de mode.»

Logo. Reste à connaître la composition et la mission précise de la CNCE. «Ce qu’on souhaite, c’est une reconnaissance des acteurs et une sorte de supra reconnaissance des labels», précise Nicolas Gauthy, de Max Havelaar France, qui pose son logo sur près de 90 % des produits équitables en France. Quand Lobodis évoque la piste «d’un label à plusieurs niveaux, en fonction de l’engagement réel des acteurs».

Reste que la définition même, telle qu’elle est inscrite dans la loi, ne convient pas à tout le monde. «Pourquoi cette restriction de l’équitable aux échanges Nord-Sud, s’interroge Elie Preveral, de l’association Minga. Le travail pour l’équité commerciale n’est pas réservé aux producteurs de matières premières… Il y a aussi la transformation, le transport, la commercialisation, où la précarité existe.»

(1) www.quinzaine-commerce- equitable.fr

23.05.2009

La bouteille d'eau 100% végétale

La bouteille d'eau 100% végétale
Par François SCHOTT
Eco-Life.fr
Une société champenoise, Vegetal & Mineral Water, commercialisera cet été des bouteilles d'eau fabriquées à base d'amidon de maïs et de fécule de pomme de terre. Objectif: les rendre parfaitement biodégradables de façon naturelle, par le compostage. D'ici 2012, la production annuelle doit atteindre les trois millions d'unités. Anecdotique ou visionnaire?
"L'incohérence entre la pureté de l'eau et son contenant extrêmement écotoxique m'a toujours préoccupé", déclare Pascal Bastien, fondateur de la société Vegetal & Mineral Water. Confiant cette inquiétude aux chercheurs de l'Ecole supérieure d'ingénieurs en emballage et conditionnement de Reims (Esiec) en 2006, l'entrepreneur leur commande une bouteille parfaitement biodégradable de façon naturelle, par le compostage. Deux ans de recherches aboutissent à un résultat surprenant: une bouteille d'eau 100% végétale.

Les chercheurs ont remplacé le polyéthylène téréphtalate (PET) des bouteilles classiques par un bioplastique à base d'amidon de maïs. "La difficulté résidait surtout dans la transparence du produit, pour être conforme avec l'image de pureté de l'eau", souligne Lan Tighzert, directrice des recherches. Pour le bouchon, les ingénieurs ont fait appel à la fécule de pomme de terre, tandis que l'étiquette en acétate de cellulose est apposée grâce à une colle végétale. Loin d'être un simple exercice technique, cette bouteille devrait être commercialisée cet été en France. Une unité d'embouteillage est en cours de construction dans la ville thermale de Bourbonne-les-Bains (Haute-Marne), qui compte trois sources propres à la consommation.

Baisse de la consommation de l'eau en bouteille

Avant d'être mises sur le marché, les bouteilles devront faire la preuve de leur sécurité sur le plan sanitaire, mais aussi de leur résistance et de leur durabilité, précise Philippe Osset, expert auprès d'Ecobilan, société de conseil dans l'évaluation de la performance environnementale de produits et de services. "En outre, il faut se poser la question de la fin de vie recommandée. Peut-elle aller dans les ordures ménagères? Va-t-elle gêner les trieurs? Qu'arrive-t-il si elle est mélangée à un plastique traditionnel?" "Nous visons une petite niche délaissée par les grands minéraliers : les magasins bio, l'hôtellerie-restauration et la création de bouteilles customisées destinées à la communication événementielle", explique Pascal Bastien. Lors d'un événement, l'entreprise propose d'assurer la collecte des bouteilles, mais celles vendues en magasin bio devront être rapportées par les acheteurs afin d'être correctement recyclées. Le prix de la petite bouteille devrait se situer entre un et deux euros.

D'ici 2012, l'usine de Bourbonne-les-bains devrait atteindre une production annuelle de trois millions de bouteilles... une goutte d'eau dans la consommation des Français, qui en vident chaque année plusieurs milliards. En 2006, 5 845 milliards de bouteilles d'eau ont été consommées dans l'Hexagone, soit 252 000 tonnes d'emballage, selon les chiffres de l'Ademe. Même si le tri est en amélioration constante, une partie non négligeable de ces plastiques se retrouve dans la nature, où ils mettent 500 ans à se dégrader. Cependant, la préoccupation écologique commence à prendre le dessus. En 2008, en France, les ventes d'eau en bouteille ont baissé de 7,5%, à 5,2 milliards de litres, selon les données du cabinet ACNielsen. Les Français préfèrent désormais l'eau du robinet, moins chère et moins gourmande en énergie. Avant même d'être née, la bouteille bio est confrontée à un sérieux concurrent: la carafe.

21.05.2009

Panique dans les labels

Panique dans les labels

Par Anne de MALLERAY
Eco-Life.fr, le journal de l’économie durable

>>Quatre-vingt-onze pour cent des Français jugent les labels utiles pour guider leurs achats. Fortes de ce constat, les marques de distribution créent leurs gammes vertes et les labels privés se multiplient. Dans la confusion. Derrière la profusion de logos d'étiquettes, la nécessité commerciale de se démarquer prendrait-il le pas sur le strict marquage de la 'qualité' des produits?

En se multipliant, les labels écologiques ou ceux issus du commerce équitable se sont imposés aux consommateurs. "Ils sont désormais considérés comme le meilleur gage de respect de l'environnement, devant la marque ou la provenance", souligne Christophe Jourdain, responsable de l'étude Green Label Equity menée par l'Ifop pour évaluer la façon dont les Français perçoivent les labels. "Mais 50% de gens font mal la différence entre un label officiel et un label autoproclamé. Les marques l'ont bien compris et développent leurs propres gammes de produits en jouant parfois sur l'ambiguïté".

"Auchan, mieux vivre", "Monoprix vert", "Renault ECO2", il faut bien s'assurer que les déclarations des marques s'appuient sur des labels aux chartes fiables et accessibles. "C'est la seule garantie de qualité", estime Sylvain Czaryski, auteur du Guide des produits responsables labellisés. "Les consommateurs ne doivent pas se fier au logo mais vérifier ce qu'il y a derrière". En gros, aller faire ses courses guide à la main? "S'informer n'est pas si compliqué", affirme ce juriste spécialisé dans le droit de l'environnement. "Il y a des guides en ligne réalisés par les associations et facilement accessibles".

Faut-il souhaiter la mise en place de labels publics?

Sur fond de vague verte, de nouveaux labels essaient d'occuper des terrains non conquis. Par exemple, le dénommé "produit conso-responsable" que l'on devrait trouver à partir de septembre prochain. Il serait le premier à associer des critères sociaux, environnementaux et sanitaires. La charte et les outils de contrôle paraissent sérieux, basés sur le rapport de responsabilité sociale et environnementale des entreprises et des tests de leurs produits (contenant et contenu).

Mais le label "produit conso-responsable" est comparatif et classifie les produits en fonction de leur performance par rapport à leurs concurrents sur le marché. "Aucun produit n'est exclu a priori", souligne Didier Barut, co-créateur du label. "L'idée est de créer une dynamique vertueuse pour pousser les industriels à améliorer leurs pratiques". Cette ambition peut conduire "à labelliser des produits exemplaires mais aussi des produits simplement meilleurs que leurs concurrents". Un principe qui peut créer le trouble chez le consommateur.

A chacun sa charte

Faut-il souhaiter la mise en place de labels publics qui s'imposeraient comme des références sûres ? Il y a d'abord un problème de faisabilité. "Si l'on espère un label universel qui garantisse qualité environnementale, approche du cycle de vie et dimension sociale, on peut attendre longtemps", estime Sylvain Czaryski. Attentes et produits sont trop différents selon les filières. Autre problème, plus les labels sont larges, plus ils sont laxistes. C'est le cas de la norme européenne Agriculture Biologique, moins exigeante que les règles qu'applique la filière bio française.

Enfin, dans certains cas, comme le commerce équitable, il n'existe pas encore de cadre juridique public. Les critères reposent donc sur les chartes des marques et les fraudes sont du ressort de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes. Une commission nationale du commerce équitable est dans les cartons depuis 2005 mais elle n'a toujours pas vu le jour. Devant la profusion des labels, les consommateurs doivent être vigilants et ne pas se fier au vert des emballages. Les démarches privées ne sont pas forcément à rejeter, certaines exigent plus que les critères des labels privés, mais il faut savoir faire le tri.

Panique dans les labels

Panique dans les labels

Par Anne de MALLERAY
Eco-Life.fr, le journal de l’économie durable
>> Quatre-vingt-onze pour cent des Français jugent les labels utiles pour guider leurs achats. Fortes de ce constat, les marques de distribution créent leurs gammes vertes et les labels privés se multiplient. Dans la confusion. Derrière la profusion de logos d'étiquettes, la nécessité commerciale de se démarquer prendrait-il le pas sur le strict marquage de la 'qualité' des produits?

En se multipliant, les labels écologiques ou ceux issus du commerce équitable se sont imposés aux consommateurs. "Ils sont désormais considérés comme le meilleur gage de respect de l'environnement, devant la marque ou la provenance", souligne Christophe Jourdain, responsable de l'étude Green Label Equity menée par l'Ifop pour évaluer la façon dont les Français perçoivent les labels. "Mais 50% de gens font mal la différence entre un label officiel et un label autoproclamé. Les marques l'ont bien compris et développent leurs propres gammes de produits en jouant parfois sur l'ambiguïté".

"Auchan, mieux vivre", "Monoprix vert", "Renault ECO2", il faut bien s'assurer que les déclarations des marques s'appuient sur des labels aux chartes fiables et accessibles. "C'est la seule garantie de qualité", estime Sylvain Czaryski, auteur du Guide des produits responsables labellisés. "Les consommateurs ne doivent pas se fier au logo mais vérifier ce qu'il y a derrière". En gros, aller faire ses courses guide à la main? "S'informer n'est pas si compliqué", affirme ce juriste spécialisé dans le droit de l'environnement. "Il y a des guides en ligne réalisés par les associations et facilement accessibles".

Faut-il souhaiter la mise en place de labels publics?

Sur fond de vague verte, de nouveaux labels essaient d'occuper des terrains non conquis. Par exemple, le dénommé "produit conso-responsable" que l'on devrait trouver à partir de septembre prochain. Il serait le premier à associer des critères sociaux, environnementaux et sanitaires. La charte et les outils de contrôle paraissent sérieux, basés sur le rapport de responsabilité sociale et environnementale des entreprises et des tests de leurs produits (contenant et contenu).

Mais le label "produit conso-responsable" est comparatif et classifie les produits en fonction de leur performance par rapport à leurs concurrents sur le marché. "Aucun produit n'est exclu a priori", souligne Didier Barut, co-créateur du label. "L'idée est de créer une dynamique vertueuse pour pousser les industriels à améliorer leurs pratiques". Cette ambition peut conduire "à labelliser des produits exemplaires mais aussi des produits simplement meilleurs que leurs concurrents". Un principe qui peut créer le trouble chez le consommateur.

A chacun sa charte

Faut-il souhaiter la mise en place de labels publics qui s'imposeraient comme des références sûres ? Il y a d'abord un problème de faisabilité. "Si l'on espère un label universel qui garantisse qualité environnementale, approche du cycle de vie et dimension sociale, on peut attendre longtemps", estime Sylvain Czaryski. Attentes et produits sont trop différents selon les filières. Autre problème, plus les labels sont larges, plus ils sont laxistes. C'est le cas de la norme européenne Agriculture Biologique, moins exigeante que les règles qu'applique la filière bio française.

Enfin, dans certains cas, comme le commerce équitable, il n'existe pas encore de cadre juridique public. Les critères reposent donc sur les chartes des marques et les fraudes sont du ressort de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes. Une commission nationale du commerce équitable est dans les cartons depuis 2005 mais elle n'a toujours pas vu le jour. Devant la profusion des labels, les consommateurs doivent être vigilants et ne pas se fier au vert des emballages. Les démarches privées ne sont pas forcément à rejeter, certaines exigent plus que les critères des labels privés, mais il faut savoir faire le tri.