09.11.2009

Eole Water: "Un projet un peu fou"

Eole Water: "Un projet un peu fou"

Marc Parent a trouvé le moyen de transformer l'air en eau. Une invention qui, dit-il, pourrait régler le problème de la pénurie d'eau dans certaines régions du monde.

Energie | 12 Octobre 2009 JOURNAL DU DIMANCHE

Comment avez-vous eu cette idée géniale?
Cela a germé lorsque je vivais aux Antilles. La maison dans laquelle je vivais n'était pas raccordée à l'eau de la ville, donc j'ai commencé par installer un seau sous mon climatiseur, pour récupérer les gouttes d'eau qui en sortent. Avec ça, je remplissais une cuve qui me permettait de faire une machine à laver le linge ou la vaisselle. C'est là que je me suis dit que ce système de condensation pouvait être une bonne idée.

Et vous vous êtes lancé.
Oui, j'ai d'abord commencé par gribouiller quelques dessins, puis je me suis lancé dans la fabrication. Cela fait dix ans que je travaille sur ce projet, d'abord seul. Depuis 2008, avec des amis convaincus par le projet et qui me soutiennent financièrement, nous nous sommes constitués en SA. On a même procédé à une augmentation de capital en juin dernier, car on dépense beaucoup, mais il n'y a rien qui rentre… Aujourd'hui, on en est à la quatrième version de ma machine. On peut bien sûr encore améliorer le procédé, mais c'est déjà viabilisé.

"On a besoin de moyens"

Qu'est-ce qui vous permet de dire ça?
Tout simplement car une machine est installée dans les Alpes et fonctionne efficacement depuis cinq ans! Alors certes je n'ai pas encore d'agrément, mais je suis en discussion avec nombre de laboratoires.

Et avec des industriels…
Oui, je suis en négociation avec des Américains et des Indiens. Et pour revenir au brevet, je n'ai de toute façon pas l'intention de me lancer moi-même dans la fabrication. Moi c'est la méthode que je vais apporter, ainsi que des conseils. Donc ce sera à chaque industriel de se débrouiller avec les autorités de leur pays, car chacun a des normes sanitaires différentes.

"De grands moments de découragement"

Vous n'avez reçu aucune subvention publique?
Oseo innovations nous a déjà donné 25 000 euros, mais c'est trop peu. Au moment du Grenelle de l'environnement, j'ai tapé à toutes les portes. On m'a toujours encouragé, dit que l'idée était bonne, mais au moment de sortir le chéquier, il n'y avait plus personne… L'Ademe (Agence de l'Environnement et de la Maitrise de l'Energie, Ndlr) par exemple, qui a reçu beaucoup d'argent après le Grenelle, ne m'a pas versé un centime…

Après dix ans de travail, vous n'avez jamais pensé à abandonner?
Bien sûr que si. Il y a de grands moments de découragement. Depuis des années, je survis grâce à de petits travaux que je fais à droite à gauche, mais c'est très difficile. Je ne connaissais pas le monde des affaires, mais je me rends compte maintenant que c'est un monde sans pitié. Certains attendent tout simplement que mon entreprise meure pour prendre ma place.

Cette nouvelle médiatisation doit vous redonner le moral non?
Absolument. Depuis pas mal de temps maintenant, les médias s'intéressent à moi. Je reçois une quantité astronomique de mails, de coups de téléphone. Cela donne du baume au cœur. Moi, je fais ça pour aider les gens, pas pour gagner de l'argent. Je cherche donc des partenaires qui sont dans le même état d'esprit, et ce n'est pas évident… Mais je suis malgré tout optimiste. Il y a des gens responsables en France qui vont comprendre ma démarche et me suivre dans ce projet un peu fou, mais qui pourrait empêcher des milliers de décès chaque année.

31.10.2009

L’incinération vante son potentiel d’énergie «renouvelable»

L’incinération vante son potentiel d’énergie «renouvelable»

28/09/2009 10:58 JOURNAL DE L ENVIRONNEMENT
En s’appuyant sur une enquête inédite sur l’énergie produite par l’incinération en France, le syndicat des exploitants, le SVDU (1), tente de démontrer l’intérêt de ce mode de traitement des déchets dans la perspective d’atteindre 20% d’énergie renouvelable d’ici 2020.

«Les déchets peu ou pas valorisés en France, c’est une réserve de 28 millions de barils de pétrole (2)!», a déclaré Luc Valaize, président du SVDU, vendredi 25 septembre, à l’occasion d’une conférence de presse pour présenter l’enquête du cabinet Localconsult (3). Celle-ci a permis de collecter des données de 2004 à 2006 auprès de 70 collectivités et 75 usines d’incinération d’ordures ménagères (UIOM) -sur un total de 130 interrogées- correspondant à 67% des tonnages incinérés en France (7,5 millions sur un total de 13 millions). Elle s’est également appuyée sur les données de 2006 de la base SINOE (4) de l’Ademe. «Nous avons dû batailler pour obtenir certaines informations pourtant censées être publiques, mais retenues en violation des principes de la convention d’Aarhus», déplore François Delaunay du cabinet Localconsult.

Cette étude révèle que les incinérateurs produisent en moyenne 1,819 mégawattheure (MWh) d’énergie primaire par tonne de déchets, soit 0,156 tonne équivalent pétrole (tep). Mais la part d’énergie vendue, après transformation en chaleur ou électricité, est plus réduite, en raison de l’autoconsommation ou de l’absence de valorisation sur certains sites. 85% des déchets incinérés en France (11 millions de tonnes) permettraient de vendre de l’énergie. Le rendement énergétique moyen du panel d’UIOM de l’enquête a été évalué à 0,064 tep par tonne. Cela signifie qu’une tonne de déchets -ce que produit en moyenne un foyer français chaque année- permet de fournir autant d’énergie que 64 kg de pétrole. A l’échelle nationale, les déchets incinérés fourniraient donc 704.000 tep sous forme thermique (76%) et électrique (24%). Autre révélation, la valorisation énergétique d’une tonne de déchets rapporterait en moyenne 18 euros aux collectivités, soit un total de 198 millions € par an en France.

Le rendement énergétique des UIOM du panel est toutefois très hétérogène. Près d’un tiers fournit moins de 0,03 tep/t, un tiers fournit entre 0,03 et 0,064 tep/t et le dernier fournit plus de 0,064 tep/t. Le rendement moyen des 10 meilleures usines s’élève à 0,118 tep/t. A partir de ces résultats, la SVDU a réalisé une étude prospective afin d’évaluer différents scénarios de progrès en vue d’accroître la quantité d’énergie fournie par les déchets. La mise à niveau des usines les moins performantes permettrait ainsi une amélioration de rendement de 30% (210.000 tep de plus par an), voire de 80% (550.000 tep de plus), en visant respectivement le rendement moyen (0,064 tep/t) ou élevé (0,118 tep/t). Cette seconde option apparaît néanmoins très hypothétique, car elle supposerait une transformation radicale du parc industriel ou la construction de centaines d’incinérateurs.

Luc Valaize se prend ensuite à rêver que la totalité des déchets français soient incinérés. Le SVDU estime que 28,5 millions de déchets municipaux, aujourd’hui peu ou pas valorisés (incinération sans valorisation, enfouissement, refus de tri et de compostage), constituent une réserve énergétique d’1,8 million de tep (rendement de 0,064 tep/t), voire de 3,4 millions de tep (rendement de 0,118 tep/t). En y ajoutant les hypothétiques 550.000 tep/an issues de la mise à niveau de l’ensemble des UIOM à hauteur des 10 meilleures, le SVDU obtient une réserve de 4 millions de tep, soit 2 millions de tep d’énergie renouvelable, conformément à la définition européenne (5). C’est-à-dire «10% des énergies renouvelables supplémentaires que la France s’est engagée à produire d’ici 2020», conclut le SVDU.

Cette enquête sera remise cette semaine au ministère de l’environnement. Elle devrait être rééditée tous les 2 ans. D’ici fin 2009, à la suite d’un audit site par site, un groupe de travail du SVDU présentera des pistes d’action pour augmenter le rendement énergétique des incinérateurs français et une estimation des coûts nécessaires.

Le SVDU a enfin annoncé qu’il militerait en faveur de la suppression de la taxe générale sur les activités polluantes (TGAP) pour les usines valorisatrices, d’ici le projet de loi de finances pour 2011 en décembre 2010, à l’échéance pour la transposition de la directive Déchets en France. «La Suède a décidé de supprimer au 1er janvier 2010 une taxe équivalente instaurée en 2006, suite à un bilan démontrant l’inefficacité du dispositif pour augmenter la part du recyclage», souligne Luc Valaize.

(1) Le syndicat national du traitement et de la valorisation des déchets urbains et assimilés
(2) Un baril étant assimilé approximativement à 0,14 tonne équivalent pétrole (1 tep = 7,3 barils)
(3) L’enquête est téléchargeable sur le site de Localconsult (www.localconsult.com)
(4) Système d’information et d’observation de l’environnement
(5) Depuis 2001, l’Union européenne reconnaît comme renouvelable 50% de l’énergie produite par incinération

26.10.2009

Développement durable: entre discours et stratégie

Développement durable: entre discours et stratégie

Toutes les grandes entreprises ou presque déclarent aujourd'hui avoir une stratégie de développement durable. Mais si le sujet est largement au cœur de leur communication, leurs pratiques doivent encore s'améliorer.

« Traité de manière plus mâture, le développement durable devient désormais stratégique pour  les entreprises ». Luc Laurentin, fondateur de Limelight consulting, voit dans la deuxième édition de l’Observatoire de la communication et du marketing responsables, toutes les raisons de se réjouir. Preuve en est selon lui : son étude* menée début septembre montre que 90% des entreprises affirment avoir une stratégie de développement durable contre 76% en 2008. Et pour celles qui avouent être à la traîne, ce ne serait qu’une question de temps. L’obligation prochaine pour les entreprises de plus de 500 salariés de produire un bilan social et environnemental, inscrite dans le « Grenelle 2 », n’y est peut-être pas étrangère… Le sujet devient si important que le comité de direction est aujourd’hui autant ou presque à l’initiative des actions de développement durable que le service spécifiquement dédié. Service d’ailleurs de plus en plus courant dans les entreprises, puisque 62% des interviewés déclarent en disposer contre 55% l’an dernier.

« Il y a deux ans, le développement durable était la jolie danseuse de la communication, aujourd’hui, il s’agit d’un sujet débattu au moins une fois par mois dans les comités de direction », confirme Fabio Brusa, responsable de la communication pour Nestlé Waters France. Et tous les services sont aujourd’hui sollicités, de la communication, aux RH en passant par les achats et le juridique. Les résultats se feraient donc sentir dans la communication et le développement de produits responsables: « Nous sommes passés d’une communication corporate faite de grandes déclarations généreuses à une communication plus axée produits, basée sur des preuves factuelles et donc plus efficace », estime ainsi Dominique Candellier, directrice communication et développement durable de l’Union des annonceurs (UDA). Exemple : La Poste qui communique sur son parc de vélos et de voitures électriques ou IBM qui présente ses solutions pour permettre aux entreprises de faire des économies d’énergie. Une « preuve de maturité », selon Luc Laurentin, rendue possible par le développement tout azimut de nouveaux produits ou services intégrants les enjeux de développement durable.

Et dans les faits ?

Même la crise n’aurait finalement aucun impact sur les stratégies de responsabilité sociale des entreprises (RSE). « Le développement durable est justement une réponse à la crise », s’enthousiasme Fabio Brusa. Jusqu’ici donc, tout irait bien. Pourtant, peut-on réduire la stratégie RSE au développement de produits et à un marketing plus « responsables » ? Certainement pas. Et c’est bien là les limites de l’étude, qui semble parfois confondre stratégie et communication. Car communiquer sur des produits verts et des éco-gestes est une chose, mais intégrer une politique développement durable à sa stratégie implique aussi des critères sociaux et de gouvernance en interne... Ainsi, les engagements des entreprises portent en grande majorité sur le pilier environnemental  du DD : 77% affirment avoir intensifié leur engagement sur la question depuis un an, mais ils sont moins de 40% à l’avoir fait sur les aspects sociaux (parité, diversité, etc), sociétaux (partenariats avec ONG et associations) ou financiers (investissements responsables).

Et, lorsque l’on observe de plus près la pratique, on note que les déclarations d’intention ne font pas forcément l’objet d’un véritable suivi. Si 69% des entreprises interrogées affirment prendre en compte les impacts environnementaux de leurs actions de communication (et même 76% des entreprises cotées) notamment en choisissant des agences sensibles à la question, elles ne sont que 16% (27% pour les cotées) à avoir mis en place des indicateurs permanents sur le sujet et 14% à faire systématiquement un bilan carbone de leurs campagnes…Pour 1/5ème des répondants,  il s’agit avant tout d’une question de moyens, mais pour 12 % cela ne se justifie tout simplement pas… Sans indicateurs fiables se pose pourtant la question de la crédibilité alors que les risques de greenwashing restent encore d’actualité…

Moins de dialogue avec les parties prenantes

Si elles comptent sur leur service juridique pour écarter la menace ou peut-être aussi sur les nouvelles instances de régulation de la publicité, désormais ouvertes aux parties prenantes, elles semblent aussi avoir oublié l’importance du dialogue direct avec les ONG et les associations de consommateurs, qui s’étaient pourtant imposés comme interlocuteurs privilégiés ces dernières années. « Avant, elles étaient en phase de recherche, de réflexion, elles sont aujourd’hui passées à l’étape suivante », veut croire Luc Laurentin. Pas si sûr, rétorque Jean-Pierre Siquier, qui porte la double casquette de président de l’agence de communication Ligaris et de vice-président de la Fondation Nicolas Hulot. « On peut se dire que les entreprises ont déjà travaillé avec ces parties prenantes et qu’elles connaissent désormais leurs positions mais il y a plus de chance qu’elles pensent surtout que la discussion ne donne pas grand-chose…Au moment où l’effet Grenelle s’essouffle, peut-être ont-elles également peur d’aller au contact des ONG et associations, de prendre des coups. » Certes, mais difficile tout de même d’imaginer que les entreprises ont acquis tant d’expertise en matière de développement durable qu’elles peuvent désormais se passer de discuter avec leurs contradicteurs…d’autant qu’il s’agit là d’une dimension essentielle de la responsabilité sociale des entreprises.

*étude on-line réalisée du 18 août au 4 septembre 2009  par Limelight consulting pour l’association des agences conseil en communication (AACC), le Syntec conseil relations publiques, l’association pour la communication et l’information sur le développement durable (ACIDD), l’Union des annonceurs (UDA) avec le soutien de l’Ademe. 129 entreprises répondantes dans tous les secteurs (avec une prédominance des banques-assurances et services) dont 27 % cotées.

Béatrice Héraud
Mis en ligne le : 18/09/2009
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25.10.2009

Collecte des déchets : le grand retour du cheval

Collecte des déchets : le grand retour du cheval

Marielle Court
18/09/2009 | Mise à jour : 12:50 LE FIGARO

Un cheval à la place d'un camion pour les ordures ménagères peut diminuer les émissions de CO2 de 35 %.

http://www.lefigaro.fr/icones/coeur-.gif

«Ce n'est pas un gadget !» Depuis plusieurs années, Luc Delas se bat avec son association, Equiterra, pour défendre l'usage des chevaux de trait. Et, depuis un peu plus d'un an, les choses bougent. «On quitte le seul rayon du joliment correct», assure-t-il, avec des collectivités qui choisissent de remettre l'animal au cœur des ­villes. Utilisé pour tondre, tirer les minibus scolaires ou des bennes à ordures, le cheval a repris du ­service.

L'usage du passé redeviendrait-il une solution d'avenir ? «Soyons clair, il s'agit bien d'une niche, mais aujourd'hui, avec le développement durable, c'est le moment de réintroduire l'énergie cheval.» À Lyon, l'une des très rares villes de France dont la direction des espaces verts a obtenu la certification ISO 14001, le cheval a été réintroduit il y a deux ans pour collecter les déchets dans le parc de la Tête-d'Or, qui accueille l'été plus de 55 000 promeneurs par jour.

«C'est aussi efficace qu'une machine et neutre en termes de coût», insiste Gilles Burna, l'adjoint à l'urbanisme et aux espaces verts de la Ville. Imitée par Strasbourg, Lyon envisagerait à présent le recours aux équidés pour le ramassage des feuilles et des bois morts et des actions d'animation pédagogiques. Si l'on exclut les agglomérations qui proposent des calèches pour promener les touristes, une trentaine de communes se seraient lancées dans l'aventure cheval.

Enfants et parents conquis

Avec la taxe carbone, l'association Equiterra estime également détenir un argument de poids. Utiliser un cheval pour le ramassage d'ordures à la place d'un camion permet d'enregistrer un gain de carbone de 35 %. Un gain qui pourrait monter à 40 % pour la tonte des espaces verts, et même à 90 % pour les activités de maraîchage. Passé les écueils du départ (convaincre les conseillers municipaux sceptiques, former les agents…), les collectivités qui ont franchi le pas sont toutes enthousiastes. «On est même victimes de notre succès », s'étonne Edwige Franzetti, adjointe au maire de Maxéville, en banlieue de Nancy, où l'équibus scolaire a conquis enfants et parents.

Sans oublier la nécessaire préservation des espèces. «Sur cent poulains de trait, 95 partent à la boucherie », souligne encore le président de l'association, qui s'interroge : alors qu'en Allemagne on compte encore entre 400 et 500 chevaux de trait pour le seul débardage, il n'y en a pas un seul en France ! «Dans quinze ans, il y aura des éléphants, des lions et des girafes, mais il n'y aura plus un seul cheval de trait si on ne maintient pas les efforts », assène-t-il.

19.10.2009

Un nouveau Conseil national des déchets "grenellisé"

Un nouveau Conseil national des déchets "grenellisé"

publié le  10 septembre 2009 LOCALTIS

Le nouveau Conseil national des déchets (CND)installé le 9 septembre a été élargi aux représentants des cinq collèges du Grenelle de l'environnement. Sa mise en place s'accompagne de la création d'une commission d'harmonisation des filières de collecte sélective et de traitement des déchets.

 

Fabienne Labrette-Ménager, députée et vice-présidente du conseil général de la Sarthe, a pris les rênes du nouveau Conseil national des déchets (CND) installé le 9 septembre par la secrétaire d'Etat à l'Ecologie, Chantal Jouanno. Créée par décret en 2001, cette instance consultative peut être saisie pour avis par le ministre de l'Ecologie pour toute question relative aux déchets et consultée sur les projets de textes législatifs ou réglementaires relevant de ce domaine. Successivement présidé par les députés-maires Jacques Pélissard (l'actuel président de l'AMF) et Franck Gilard, son dernier avis portait sur les travaux du Grenelle et remontait à la fin 2007. Relancé par un décret du 27 août 2009, le CND s'est "grenellisé" dans sa composition, désormais structurée autour de cinq collèges dont celui des élus, lequel comprend huit représentants. "Le Conseil sera ouvert, attentif aux problématiques de terrain et pourra être également saisi par des acteurs locaux, des représentants associatifs, des producteurs de déchets, etc. Les recommandations qu'il formulera s'adresseront au gouvernement mais aussi aux collectivités ou aux éco-organismes. Encore au stade de projet, les groupes de travail qui le composeront devraient entre autres porter sur la prévention, le recyclage, la valorisation organique, la directive-cadre et les déchets du BTP", a expliqué Fabienne Labrette-Ménager.

Le CND est rattaché à une nouvelle commission elle-même créée par le décret du 27 août 2009, la commission d'harmonisation et de médiation des filières de collecte sélective et de traitement des déchets, dite commission REP (responsabilité élargie du producteur). Celle-ci a vu le jour en réaction au scandale lié à la gestion des fonds de l'éco-organisme Eco-Emballages et rendra annuellement compte de son activité au CND. "Le premier dossier qu'elle va traiter vise à harmoniser au niveau national les consignes de tri, qui diffèrent beaucoup selon les territoires. Mais harmonisation ne signifie pas uniformisation et il faudra tenir compte des spécificités locales et exutoires existants, le but étant d'aider les usagers à s'y retrouver", a précisé Chantal Jouanno.

 

Priorité au recyclage

Par ailleurs, le plan national d'actions déchets 2009-2012 a été soumis ces derniers jours au CND. Ses grandes lignes ont été dévoilées. Il vise essentiellement à mettre en œuvre les engagements du Grenelle de l'environnement et "à faire de la France un des piliers de la société européenne du recyclage". Doté de moyens renforcés à hauteur de 259 millions d'euros en 2011, il implique toutes les parties prenantes à la politique des déchets et l'ensemble de ses cinq axes concernent donc bien évidemment les collectivités.
Il vise en premier lieu une réduction de 7% de la production de déchets ménagers et assimilés par habitant sur les cinq prochaines années, notamment via l'introduction d'une part variable dans la tarification de collecte. Autre objectif : faire porter le taux de recyclage matière et organique à 35% en 2012 et 45% en 2015 pour les déchets ménagers. Pour ce faire, l'accent est mis sur la prévention et le recyclage. "On attend beaucoup des filières REP existantes mais aussi des nouvelles, notamment celles des déchets d'activité de soins à risques infectieux (Dasri) et des déchets dangereux diffus des ménages, toutes deux mises en place dès 2010", a indiqué Chantal Jouanno. D'ici à ce que le décret sur le compostage et la méthanisation soit publié par le Conseil d'Etat en fin d'année, ces deux filières figurent d'ores et déjà en bonne place dans ce plan. En effet, la collecte et le tri des déchets organiques et l'objectif de "faire passer de 10 à 12 millions les foyers pratiquant le compostage domestique" y sont clairement affichés.

Les problèmes, existants et à venir, de déficit des moyens de traitement des déchets dans certains départements sont aussi abordés dans ce plan. En annexe figure ainsi une première au niveau national : une cartographie élaborée par l'Ademe et les services déconcentrés de l'Etat (Dreal), qui distingue les départements disposant d'une autonomie suffisante de gestion et ceux où les capacités de traitement posent d'ores et déjà problème, ou en poseront à très court terme (l'Ariège, les Alpes-Maritimes, les Bouches-du-Rhône, la Charente-Maritime, le Lot, la Lozère, le Morbihan et les Hautes-Pyrénées, notamment).
Aussi utile soit-elle, cette carte n'en comporte pas moins un défaut majeur : elle ne tient pas compte des transferts de déchets existants entre les départements actuellement déficitaires vers ceux qui sont auto-suffisants. Cette pratique est pourtant relativement courante et fait l'objet d'accords inter-départementaux mais selon un proche du dossier, elle est "difficilement chiffrable en termes de volumes précisément transférés".

 

Morgan Boëdec / Victoires-Editions

08.10.2009

Le Robinier, un teck made in France

Le Robinier, un teck made in France

1er septembre 2009. –ECO LIFE

Méconnu du grand public, le bois de robinier possède des qualités semblables au teck. Tandis que la déforestation détruit les forêts exotiques, ce bois produit en France se popularise et s'impose comme un substitut crédible et écologique.

Exploité principalement en Gironde, l'acacia Robinia pseudoacacia - nom scientifique du robinier - coûte 20 à 40% moins cher que ses concurrents exotiques, estampillés "teck". Affublé des mêmes dispositions que ceux-ci, il affiche un potentiel de productivité équivalent et une durée de vie d'au moins 40 ans. "Le robinier est très robuste, résistant aux intempéries et pourvu d'une forte capacité de valorisation", explique Michel Bogé, Président de l'association des Consom'Acteurs Associés. Un petit bijou, qu'il ne connaissait pas, il y a encore 6 mois, et qu'il commercialise désormais dans la boutique créée par l'association. "Comme il n'y a pas de filière structurée, le robinier reste méconnu en France et en Europe".

Troisième essence feuillue de production après les peupliers et les eucalyptus, le robinier couvre 3,2 millions d'hectares dans le monde. On en compte un million en Chine et 350 000 en Hongrie. En France, en 2004, l'Inventaire Forestier National en totalisait 131 000 hectares. Une brindille au regard des 15,71 millions d'hectares de forêt qui poussent sur le sol hexagonal, soit près de 30% du territoire.

- "Les pressions commerciales sur les forêts primaires pourraient être réduites" -

Compris entre 35 et 40 centimes d'euro l'unité, le plant de robinier mesure entre 4 et 25 mètres de hauteur et peut-être exploité à partir de la troisième année de pousse. Vendu 39 euros, hors taxes, le mètre, ce teck français gagne le coeur des propriétaires de terrasses et pourrait envahir le marché du bac à fleur, du mobilier de jardins et du caillebottis. "Les clients sont ravis et les ventes ont bien démarré", raconte Michel Bogé.

"Ses qualités sont indéniables, reste à changer les habitudes des consommateurs", explique Philippe Lorette, gérant d'Alternabois, société spécialisée dans l'exploitation de robinier. "Traditionnellement, le robinier est utilisé pour les piquets de vigne, nous tentons désormais de structurer et d'étoffer la filière française". Une initiative qui pourrait rapporter gros et participer activement à une diminution de la déforestation des forêts primaires (forêts anciennes et rares de plus en plus menacées). "Grâce au développement de filières locales, les pressions commerciales sur les forêts primaires pourraient être réduites. Son exploitation créerait des emplois en France, et participerait à une baisse des transports de bois à travers le monde", note Michel Bogé.

Avec moins de CO2 au compteur et la promesse d'un essor économique local, le robinier est un "cas d'école", selon Michel Bogé.

Par Marie Varasson

05.10.2009

La filière bio commence à être victime de son succès

La filière bio commence à être victime de son succès

LE MONDE | 31.08.09 | 16h34  •  Mis à jour le 31.08.09 | 17h41

Bio", mais pas local. C'est un paradoxe, et surtout une réalité dans les rayons français. Alors que la production en mode biologique prône le respect de l'environnement, l'essor rapide de la consommation de ce type de produit a pour effet un recours massif aux importations, et donc au transport sur longue distance de marchandises. La preuve que la sortie de la confidentialité de ce marché de niche est difficile, voire mal maîtrisée.

En 2008, le marché a affiché une croissance de 25 %, à 2,6 milliards d'euros. Entre 2000 et 2007, la hausse était déjà de 10 % par an. Revers de la médaille, en 2008, tous produits confondus, les importations se sont élevées à 30 %, contre moins de 20 % en 2005, selon l'Agence Bio, organisme public chargé de la promotion du secteur. La France manque de lait bio, de céréales, surtout de fruits et légumes.

Le problème est simple. D'un côté, l'offre ne peut que progresser lentement car il faut deux ans pour convertir un élevage laitier au bio, trois pour une exploitation céréalière, le temps que les produits chimiques utilisés jusque-là ne laissent plus de traces dans le sol. De l'autre, la demande s'est beaucoup accrue dernièrement, dopée, selon les observateurs, par deux événements qui ont fait prendre conscience des risques d'une consommation non durable : le Pacte écologique de Nicolas Hulot, puis le Grenelle de l'environnement.

Du coup, industriels de l'agroalimentaire et marques de distributeurs, qui avaient investi plus récemment le secteur, ont augmenté leur offre. Sans pour autant trouver de matière première sur le marché français. "Ceux qui sont impliqués depuis longtemps dans la filière ont moins de difficultés car ils ont passé des contrats avec les agriculteurs", explique Cécile Frissur, déléguée générale du Synabio, le syndicat des transformateurs de produits alimentaires bio, qui compte plus de 5 600 entreprises. Un chiffre en hausse de 12 % en 2008. Elle juge que les nouveaux venus, comme l'ont fait les anciens, devraient adapter leurs objectifs de croissance dans le bio au rythme d'évolution de l'offre de matières premières. En bref, être patients, et moins gourmands.

Même des "historiques" doivent importer. "La situation est loin d'être idéale, nous sommes en tension permanente. Nous voudrions trouver près de chez nous, sinon cela n'a pas de sens", reconnaît Christophe Barnouin, directeur général de Distriborg (marques Bjorg et Bonneterre).

Chez Biolait aussi, l'approvisionnement est une question-clé. Ce groupement de près de 500 producteurs est l'acteur incontournable de la collecte de lait biologique en France. En 2009, il a dû en importer du Royaume-Uni pour livrer ses clients. "Nous pouvons fournir 40 millions de litres, mais la demande frôle les 50 millions", explique Loïc Dété, le directeur général. Vu que des éleveurs plus nombreux, en cours de conversion, pourront à l'avenir fournir l'entreprise, dans deux ans, la production aura augmenté de 50 %. Les importations ne seront alors plus de mise.

Pour les céréales aussi, c'est un passage obligé. Les principaux moulins bio ont pris l'habitude d'importer du blé d'Italie. Selon les prévisions du ministère de l'agriculture, la collecte de blé biologique sera en hausse de 19 % en 2009, mais le recours aux importations restera nécessaire.

A l'Agence Bio, l'optimisme règne pourtant, car l'on juge l'inadéquation entre offre et demande "conjoncturelle". "Vue la dynamique des conversions, la situation n'a pas vocation à perdurer", assure la présidente, Elisabeth Mercier, mettant en avant les efforts financiers du ministère pour aider au développement de la filière. Il prévoit un passage de 2 % à 6 % des surfaces d'ici à 2012. Un taux que certains jugent inatteignable.

Pour s'assurer que la hausse de la production aura bien lieu, et le plus rapidement possible, les fabricants tentent eux-mêmes de convaincre les agriculteurs d'opter pour le bio. Ils ajoutent ainsi au prix du lait une prime de 30 euros pour 1 000 litres durant le temps de conversion des élevages. Pendant cette période, l'éleveur produit selon les principes du bio, mais est payé le prix du lait conventionnel, tout en produisant moins. Il se dit que pour s'attacher de nombreux producteurs, certaines entreprises offriraient une prime plus conséquente que les autres.

Autre moyen d'agir, le conseil technique. C'est ce que propose Danone à ses éleveurs, autour de son usine du Molay-Littry (Calvados) d'où sortent ses produits Les 2 Vaches, sa marque bio. S'assurer leur collaboration est le meilleur moyen d'acheter local, et de sécuriser la croissance de ses approvisionnements, alors que le groupe lance en octobre une gamme de produits pour enfants sous la même marque. Il se fournit par ailleurs auprès de Biolait, exclusivement en lait français.

Terrena, principale coopérative agroalimentaire française, finance aussi les services de conseillers techniques. Le groupe ne veut plus se faire piéger. En 2008, ses déboires ont fait grand bruit. Pour produire ses volailles bio, il doit importer du soja, bio lui aussi, dont la France manque. Son fournisseur habituel, un brésilien, ne pouvant ponctuellement le livrer, il s'était approvisionné en Chine. Et dans le soja, de la mélamine a été retrouvée...

Tout cela va-t-il trop vite ? Bien trop, estiment certains. "Le Grenelle de l'environnement a eu pour effet pervers un emballement. La demande a explosé, notamment pour les cantines. Résultat : c'est l'échec assuré", s'énerve Etienne Gagneron, producteur et responsable de la commission bio de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA). Les importations à bas coûts font leur place, selon lui, et il sera impossible après coup pour les productions françaises de récupérer ces débouchés.

Une autre question se pose. La crise ne va-t-elle pas remettre en cause l'essor actuel ? En Allemagne et au Royaume-Uni, déjà, les chiffres s'affichent en baisse. Les Français restent sereins, car ici le marché est n'est pas encore mature.

Laetitia Clavreul

Une part de marché de 1,7 % dans l'alimentation

Principes Une gestion durable de la production, ne nuisant pas à l'environnement, à la santé humaine, à celle des animaux et des végétaux. L'agriculture biologique interdit par exemple l'utilisation des produits chimiques de synthèse ou des OGM.

Production Selon l'Agence Bio, en 2008, 2,12 % de la surface agricole était consacrée à la production biologique, en hausse de 4,8 % sur un an (avec + 11,6 % pour les céréales et + 25 % pour le vignoble). Elles devraient augmenter de 10 % en 2009.

Marché Dans l'alimentation, la part de marché des produits bio atteint 1,7 %. C'est désormais en grandes surfaces qu'il s'en écoule le plus (42 %), et là aussi que la croissance des ventes est la plus forte (+ 39 % sur un an). En trois ans, les ventes de lait bio ont doublé. Celles des oeufs ont été presque multipliées par deux. En 2008, 46 % des cantines scolaires ont intégré au moins ponctuellement des produits bio dans leurs menus, un chiffre qui devrait atteindre 77 % en 2012.

29.09.2009

La fin des ampoules à incandescence de 100 watts

La fin des ampoules à incandescence de 100 watts

Le Figaro
27/08/2009 | Mise à jour : 08:46

À partir de mardi prochain, les ampoules de 100 watts vont disparaître des rayons des magasins de l'Union européenne. Ce retrait marque le coup d'envoi de la mort annoncée de toutes les ampoules classiques d'ici à trois ans, remplacées par les lampes de nouvelle génération consommant 80 % d'électricité en moins.

Si ces nouvelles ampoules sont certes plus chères à l'achat, elles ont une durée de vie plus longue.

Et utiliser des ampoules ­économiques à la place d'ampoules à incandescence devrait permettre à un foyer moyen d'économiser 166 euros sur sa facture d'électricité en un an, selon une étude allemande citée par les organisations de consommateurs.

La Commission européenne calcule plus modestement qu'en troquant les ampoules classiques pour la génération d'ampoules «fluo compactes», dites aussi lampes basse consommation (LBC) fabriquées en Asie, les ménages peuvent économiser 50 euros en moyenne par an.

À l'échelle de l'Union, l'économie se chiffrerait entre 5 et 10 milliards d'euros chaque année.

20.09.2009

L'Allemagne mise sur les voitures électriques

L'Allemagne mise sur les voitures électriques
Le 23.08.2009
Maxisciences
Allemagne - Le gouvernement allemand a adopté mercredi son "plan national pour le développement de l'électromobilité". Extrêmement ambitieux, celui-ci table sur la vente de 100 000 voitures électriques par an, soit un million d'ici 2020.
Pour réaliser son objectif et voir, dans 10 ans, un million de voitures électriques circuler sur les routes allemandes, le gouvernement ne semble pas avoir prévu la mise en place d'un budget spécifique. D'après l'AFP, le plan adopté par le Conseil des ministres ne mentionne en effet aucun chiffre et indique seulement que le "gouvernement étudie un programme d'incitations pour l'achat de 100 000 voitures électriques".
Face aux critiques des associations écologistes, Berlin rappelle que l'enveloppe de 500 millions d'euros comprise dans les plans de relance budgétaires déjà adoptés "profite pour l'essentiel à l'électromobilité". Il appartiendra au nouveau gouvernement issu des élections législatives du 27 septembre de gérer la question de l'incitation à l'achat, a indiqué le ministre des Transports Wolfgang Tiefensee.
Alors que l'Allemagne s'inquiète du retard pris sur les constructeurs asiatiques, le plan prévoit notamment d'encourager la recherche et l'adoption de normes harmonisées pour les voitures électriques, depuis les batteries jusqu'aux systèmes de recharge.
Aux États-Unis, Barack Obama a prévu d'offrir 2,3 milliards de dollars aux constructeurs de voitures électriques, ainsi qu'une prime de 7 500 à 10 000 dollars à l'achat pour atteindre son objectif fixé lui aussi à un million de véhicules électriques sur les routes américaines d'ici 2015.

14.09.2009

Chantal Jouanno dévoile le plan Déchets 2009-2012

Chantal Jouanno dévoile le plan Déchets 2009-2012

14/09/2009 10:32
Dessinées lors des discussions du Grenelle de l’environnement, les lignes du plan d’action gouvernemental sur les déchets pour la période 2009-2012 sont désormais tracées noir sur blanc. Le Conseil national des déchets (CND), en version recyclée, a pour mission de suivre leur mise en œuvre.

Officiellement relancé jeudi 10 septembre, le Conseil national des déchets renaît sous une nouvelle forme, en intégrant les 5 collèges du Grenelle (l’Etat, les collectivités locales, les ONG, le patronat et les syndicats) (1), avec à sa tête Fabienne Labrette-Ménager, députée de la Sarthe et vice-présidente de la Commission du développement durable et de l’aménagement du territoire. Créé en 2001, le CND était une instance plutôt effacée. «Depuis 1992, nous n’avions pas de vraie politique des déchets. Le Grenelle a relancé ce sujet, nous relançons donc le CND», a expliqué Chantal Jouanno. Sa mission: assurer le suivi du plan d’action gouvernemental pour la gestion des déchets 2009-2012, tel que défini lors du Grenelle Environnement.

Ce plan est conçu selon 5 axes, avec comme priorité la prévention des déchets. L’objectif à atteindre est de réduire la production d’ordures ménagères et assimilées de 7% par habitant sur les 5 prochaines années. Pour cela, une part variable dans la tarification des déchets sera introduite d’ici là et un plan de financement des programmes de prévention des collectivités locales sera mis en œuvre.

Comme pour la directive-cadre Déchets, qui hiérarchise les modes de traitement des déchets, le second axe du plan français est consacré au recyclage. Il faudra passer d’un taux de recyclage en 2008 de 24% à un taux de 35% en 2012, puis 45% en 2015. Pour y arriver, le gouvernement a déjà prévu une réforme sur le statut des déchets et l’extension des filières de responsabilité élargie du producteur (Rep) aux déchets dangereux des ménages, aux déchets d’activités de soins à risques infectieux et aux déchets encombrants. Sur ce point, ce sera la toute nouvelle commission d’harmonisation et de médiation des filières de collecte sélective et de traitement des déchets (2), rattachée au CND, qui œuvrera. «Pas assez indépendante», estime Amorce, qui salue tout de même un «premier pas».

L’ensemble des consignes de tri sera également progressivement harmonisé. «C’est le premier dossier du CND», a indiqué Fabienne Labrette-Ménager. S’il n’y a pas encore de délai fixé, on ne sait pas non plus si cette harmonisation se fera sous forme d’un texte réglementaire ou d’une simple recommandation. Une étude de l’Ademe, à paraître fin 2009, devrait permettre d’y voir plus clair. Pour rassurer les collectivités locales, Chantal Jouanno a cependant tenu à préciser qu’«harmonisation ne veut pas dire uniformisation». Pour Amorce, représenté au CND par son délégué général, la priorité n’est cependant pas à l’harmonisation des consignes de tri mais au Point vert (3). «L’ambigüité liée au Point vert est le chantier prioritaire», estime Loïc Lejet, adjoint Déchets à Amorce. «Certes, il y a une marge d’amélioration sur les consignes de tri en termes de choix du contenant, mais la plupart des erreurs de tri sont liées à la mauvaise compréhension du Point vert», insiste-t-il. Dans un amendement au projet de loi dit Grenelle II, Amorce propose par exemple que la signalétique du Point vert soit systématiquement accompagnée d’une mention sur la consigne de tri.

Troisième axe du plan Déchets, doubler la valorisation des déchets organiques d’ici 2015. Aujourd’hui, seuls 14% des déchets collectés par le service public font l’objet d’une gestion biologique, alors que les déchets organiques représentent plus de 50% des ordures ménagères résiduelles. Le CND sera donc chargé de trouver les moyens pour multiplier par deux les capacités de valorisation biologique et de mettre en œuvre un nouveau plan de compostage domestique. A partir de 2012, les gros producteurs de déchets organiques (cantines, entreprises, etc.), dont le niveau sera fixé par décret, auront obligation de trier ces derniers.

Autre sujet majeur du plan, la réforme de la planification de la gestion des déchets, avec comme objectif la réduction à hauteur de 15% des flux mis en décharge ou incinérés. Outre l’augmentation de la TGAP concernée et la suppression des clauses de tonnages minimum dans les contrats liant les incinérateurs aux collectivités, une attention soutenue sera portée aux plans départementaux de gestion des déchets. «Tous les départements doivent pouvoir être autonomes», a rappelé Fabienne Labrette-Ménager. Or aujourd’hui, encore 31 départements métropolitains ne le sont pas et n’ont pas de plan défini pour l’être rapidement.

Enfin, la gestion des déchets du BTP sera le 5e axe du plan national. Représentant 360 millions de tonnes par an, un tiers aujourd’hui n’est pas valorisé. Dès 2010, un instrument économique spécifique à ce secteur devrait encourager la prévention et la réduction de ces déchets, ainsi que leur recyclage en amont.

«Ce plan d’action sera doté de moyens renforcés», a averti Chantal Jouanno, précisant que le budget Déchets passerait de 55 millions d’euros en 2008 à 259 millions en 2009. Elle a également indiqué que la recette de la TGAP serait affectée au fonds Déchets de l’Ademe, afin de financer les programmes de prévention, de recyclage et de valorisation des déchets.

(1) L’arrêté de la composition du CND est signé, il devrait être publié au JO très prochainement
(2) Dans le JDLE «Un premier pas vers l’harmonisation des filières de collecte sélective»
(3) Dans le JDLE «Déchets ménagers: après-Grenelle sur fond de polémique»

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