20.11.2009
Nicolas Hulot va nous dégouter de l'écologie
Nicolas Hulot va nous dégouter de l'écologie
Christine Clerc - Journaliste | Samedi 24 Octobre 2009 à 07:01
« Le syndrome du Titanic » n'a pas rencontré le succès escompté. Christine Clerc nous expliquer pourquoi le film l'a déçu : l'écolo chic abandonne le catastrophisme éclairé d'un Al Gore, et désespère le spectateur plus qu'il ne l'incite à agir.
Des trombes, des cataractes d’eau qui s’abattent sur nos toits et sur nos têtes. Des torrents de boue rouge et marron qui emportent nos maisons. Des nuées grises effrayantes où l’on croit apercevoir des sorcières et des fœtus recroquevillés. Des bus jaunes bondés d’hommes, femmes et enfants noirs squelettiques. Des carcasses de ferraille noircies. Et puis, à perte de vue, de monstrueuses décharges où courent, pieds nus, des enfants affamés…
Ce n’est pas la banquise blanche, pure et glacée, ce « Syndrome du Titanic ». C’est « Gomorra » et « Slumdog millionnaire » à la fois. Le ventre de la terre, plein de boue, d’excréments, de détritus. Et pas la moindre lueur au bout du tunnel.
A travers les sifflements de typhons, surgit une voix d’outre-tombe. On dirait Billy Graham, le prédicateur évangéliste qui gagne des millions de dollars en appelant sur nos têtes la foudre céleste pour nous punir de nos péchés. Mais non, c’est bien Nicolas Hulot. Où est donc passé l’ardent explorateur de « Ushuaïa », qui nous faisait aimer la nature et la vie ? Emporté dans une folle course à l’audience contre son concurrent Yann Arthus-Bertrand, il s’enivre d’effets spéciaux, se grise de visions de cauchemars.
J’ai tenu une bonne heure, en me demandant s’il allait enfin mettre en cause la responsabilité des dictateurs africains dans la famine de leur peuple et celle des islamistes et combattants fous en tous genres dans les incendies qui ravagent la planète. Tant pis. Je ne saurai pas dans quelle apothéose se termine le cauchemar de M. Hulot. Je suis partie avant la fin du film. Accablée. Rentrée chez moi, je me suis dit « A quoi bon trier nos déchets ? Et fermer le robinet de l’évier? Puisque tout est fichu. Faisons plutôt la fête ! Consommons, brûlons de l’énergie. Et que jaillissent les fontaines ! »
Au départ, pourtant, j’étais un bon sujet. En 2006, le film d’Al Gore «Une Vérité qui dérange » avait été pour moi un choc. L’effondrement prévisible du glacier Groenland, les inondations gigantesques qui allaient s’ensuivre, les millions de « réfugiés climatiques » … tout cela était affolant. Mais, le choc passé, le solide Pr Al Gore entreprenait de nous rassurer : la calotte de glace prélevée dans l’Antarctique, véritable marqueur de l’évolution de la température de notre planète, apportait la preuve que, lorsque les hommes réduisaient leur production de CO2, l’effet en était immédiat. En rentrant chez moi ce soir-là, je décidai de prendre une douche plutôt qu’un bain et, pour épargner la forêt, de noircir mes feuilles de papier recto-verso.
Mais on se lasse de tout. Et puis, le doute s’insinue : les écolos aiment-ils les hommes ou rêvent-ils d’une planète idéale – sans êtres humains ? Certes, le Vert Daniel Cohn-Bendit a l’air d’un bon vivant. Mais quel cynisme pour parler des ouvriers chassés de leur usine ! Quant à ses disciples … Pourquoi tant de plaisir à punir leurs concitoyens ? Voyez leur taxe carbone : elle poussera les gens qui habitent la campagne à aller s’entasser dans des mégapoles…
Comme huit millions de Français, je regardai pourtant le film de Yann Arthus-Bertrand,«Home», le 5 juin. Comme les images étaient belles ! Tous ces champs rectangulaires, si patiemment labourés et coloriés par des générations avant que, brutalement, en moins de 50 ans, les hommes ne modifient le visage de la terre qui les portait depuis 6 millions d’années. « Tout s’accélère », répétait sombrement Arthus-Bertrand, et l’on croyait entendre «La terre, elle, ne ment pas».Je m’endormis.
Pourquoi, malgré tout, être allée voir « Le Syndrome du Titanic »? J’espérais y trouver des réponses raisonnables aux angoisses de citoyens responsables. Mais voilà : Hulot a découvert qu’on ne suscite l’intérêt des petits enfants qu’en leur racontant des histoires d’ogres.
En rentrant chez moi, décidée à ne plus me laisser mener en bateau, j’allume ma télé et tombe ( « Ce soir ou jamais», France 3) sur un débat écologiste ! Une jeune femme appartenant, dit-elle, à la tribu des « sachant » et un quadra très sec qui prétend clouer le bec du géophysicien Claude Allègre au motif que «les projets positifs, c’est mon business : je passe mon temps à envoyer des factures aux entreprises que je conseille( en écologie)» vantent l’énorme projet de groupes industriels allemands : produire de l’énergie dans le Sahara grâce à des millions de panneaux solaires. Emerveillé, Arthus Bertrand opine : il se voit déjà en hélicoptère, photographiant cette nouvelle «terre vue du ciel». Enfin, la parole est à Claude Allègre. « On ne va pas fiche en l’air les déserts ! » s’exclame –t-il. Mais il ajoute, sans colère « Les jeunes ne seront pas optimistes si on ne cesse de leur prédire un avenir plus sombre». » Il dit aussi qu’on « va vers le plus petit, mieux distribué », c’est-à-dire vers la production d’énergie locale. Enfin, Allègre parle démographie. « Savez-vous qu’en Iran, le taux de fécondité est tombé, en 40 ans, de 7 enfants par femme à 1, 9 ? » Il enchaîne sur l’importance de l’éducation des femmes. « Il faudrait une mobilisation mondiale, un nouveau Copenhague ». Quel beau projet !
Vive Allègre ! Voilà un écolo qui nous redonne l’espoir d’une croissance heureuse. Les autres se taisent. Ils n’avaient pas pensé à ca : les femmes. Et puis, comment prendre le pouvoir si l’on ne fait pas peur ? Si l’on n’annonce pas tous les matins que nous allons sombrer cette nuit à bord du Titanic ?
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18.10.2009
Deux conceptions de l’écologie
Deux conceptions de l’écologie
jeudi 10 septembre 2009, par Denis Sieffert POLITIS
Ce n’est pas une découverte : le social et l’écologie ne font pas spontanément bon ménage. Longtemps, la gauche issue du marxisme a été rétive – c’est peu dire – aux questions d’environnement. L’emploi, les salaires, le « pouvoir d’achat » étaient au cœur de son action, à l’exclusion de toute autre préoccupation. Et le productivisme était sa religion. Il lui a fallu progressivement intégrer l’impératif du sauvetage de la planète face aux périls qui la menacent. Hélas, l’affaire de la taxe carbone exacerbe de nouveau cette dualité, pour ne pas dire cet antagonisme : bobos contre archéos. Ce n’est pas la moindre de ses turpitudes. Car, depuis quelques années, les mentalités ont évolué, même si, peu ou prou, l’idée qu’il y a tout de même une hiérarchie dans l’urgence continue d’imprégner les esprits. Le mérite historique de cette prise de conscience revient principalement aux Verts. C’est en se définissant très tôt comme un mouvement de gauche (c’est la grande œuvre au début des années 1990 des « Verts pluriels » de Voynet, Cochet, Lipietz et quelques autres), et en intégrant toujours le social à leur réflexion, qu’ils ont pu agir sur la culture collective. Plus modestement, Politis y a travaillé, aussi, depuis son origine. De l’autre côté, tout ce qui gravitait dans la sphère d’influence du parti communiste et de la CGT a eu bien du mal à considérer l’écologie comme autre chose qu’une lubie de « petits-bourgeois ». Là aussi, les choses ont progressivement changé. Pas complètement. Voir le délicat débat sur le nucléaire qui anime toujours les universités d’été…
Mais la décroissance, ou à tout le moins la sobriété et la modération dans la consommation d’énergie, aura toujours besoin d’être « politisée », au vrai sens du mot. Si elle n’est pas pensée et organisée, elle apparaîtra toujours comme injuste. Il ne peut y avoir d’incitation à consommer moins, ni a fortiori d’obligation, sans redistribution. Sans une politique d’ensemble. C’est ici, à notre humble avis, que Nicolas Hulot – lequel avoue ne pas savoir se situer politiquement – fait erreur [1]. En soutenant coûte que coûte une taxe carbone mal ficelée et détournée de son objectif par un gouvernement de droite, il se comporte à peu près comme la gauche traditionnelle se comportait avec l’écologie il y a encore quelques années. En substance, il nous dit : « Appliquons immédiatement la taxe élaborée par le trio Rocard, Fillon, Sarkozy, et renvoyons à plus tard les promesses de compensation sociale. » Certes, il s’empresse d’ajouter qu’il faut « des dispositifs d’accompagnement ». Il nous parle de « crédits d’impôts » et de « subventions ». Il évoque même une « allocation universelle ». C’est nous parler de social comme la CGT énergie parlait d’écologie en 1975… Aperçoit-il aujourd’hui l’ombre du commencement de tels projets dans le dispositif de la taxe carbone ? Voit-il poindre à l’horizon de vastes programmes de développement des transports publics pour les banlieusards ? Pas besoin d’être très « politisé » pour comprendre que le gouvernement de M. Sarkozy n’est pas vraiment engagé dans cette voie. Toute sa politique va même exactement à l’opposé. Les services publics sont sacrifiés, et lorsqu’il est question de redistribution par l’impôt, c’est au profit des grosses fortunes. Voir le « bouclier fiscal ».
Ainsi conçue, avec, de surcroît, la forte présomption que cette taxe ne soit pas autre chose qu’une opération budgétaire pour récupérer le manque à gagner qui résulte de la suppression de la taxe professionnelle, il ne s’agira que d’un prélèvement de plus. La question du prix de la tonne de carbone apparaît dans ces conditions presque secondaire. À 14 euros (version Fillon), l’inefficacité écologique est à peu près garantie. C’est l’aveu que ce gouvernement se moque de l’écologie comme d’une guigne. À 34 euros (version Rocard), c’est un peu moins inefficace, mais un peu plus injuste : les augmentations étant évidemment plus douloureuses pour les petits revenus. Cependant, l’urgence écologique est bien là. Et pas question d’attendre « le grand soir » (pour ceux qui y croient) !
Mais rien ne se fera sans un minimum de justice sociale, des compensations immédiates et des offres concrètes d’alternatives. Le drame, c’est que cette taxe carbone (qui, au passage, laisse de côté la question de la consommation d’électricité) est plutôt de nature à faire reculer une conscience écologique encore vacillante. Ce n’est pas tant qu’elle ranime le vieil antagonisme entre productivistes de gauche et écolos, mais elle creuse le fossé entre deux conceptions de l’écologie. L’une qui se dit apolitique ou qui feint de croire que Sarkozy peut être l’artisan d’une fiscalité juste. L’autre, ancrée à gauche.
P.-S. : On lira sur le même sujet, la chronique de Liêm Hoang Ngoc, la tribune de Benjamin Dessus, et le bloc-notes de Bernard Langlois. Le débat confirme s’il en était besoin la nécessité de renforcer les convergences politiques entre social et écologie. C’est l’un des objectifs que s’assignent les « Assises pour le changement » que nous organiserons les 7 et 8 novembre à Saint-Denis. On en reparle la semaine prochaine. Promis ! Et ce n’est pas un teasing (j’avais fait la même promesse la semaine dernière !), mais un vrai manque de place.
Notes
[1] Libération du 7 septembre.
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16.10.2009
La Défense s’attaque à l’écologie
La Défense s’attaque à l’écologie
09/09/2009 10:52 LE JOURNAL DE L ENVIRONNEMENT
Premier ministère à établir un rapport Développement durable, le ministère chargé de la défense vient également de signer une convention de partenariat avec la fédération des conservatoires des espaces naturels pour la gestion écologique des terrains militaires.
Il n’est pas courant de voir ensemble le ministre de la défense Hervé Morin et la secrétaire d’Etat à l’écologie Chantal Jouanno lors d’un déplacement officiel. Jeudi 3 décembre, ils se sont pourtant retrouvés sur le camp militaire de Sissonne (Aisne) pour annoncer la publication du rapport Développement durable du ministère de la défense, premier ministère français à le faire. «On espère que le ministère de l’écologie, de l’énergie, du développement durable et de la mer sera le prochain», a indiqué Chantal Jouanno qui a salué «l’exemplarité du ministère de la défense».
Avec 250.000 hectares utilisés pour l’entrainement des forces armées, ce ministère est le premier propriétaire foncier de France. Les terrains militaires ayant échappé à l’urbanisation, l’industrialisation et certains modes d’agriculture intensive, ils présentent souvent un intérêt faunistique et floristique. Ainsi, 20% de ces espaces sont classés dans le réseau Natura 2000 et 25 accords de gestion écologique ont déjà été signés. Parmi eux, 6 conventions de partenariat ont été conclues entre les Conservatoires régionaux d’espaces naturels (Cren) et différents camps militaires depuis les années 1980. «Aujourd’hui, la convention-cadre entre le ministère et la fédération des Conservatoires d’espaces naturels doit nous permettre d’aller plus loin, plus vite, pour promouvoir la protection de la biodiversité sur les terrains militaires», a expliqué Hervé Morin lors de la signature.
Ce nouvel accord devrait favoriser la mise en place dans les prochains mois d’autres conventions locales comme celle de Sissone. Sur ce camp militaire, qui a la particularité d’héberger un centre d’entrainement aux actions en zone urbaine, ce sont des moutons qui font la «maintenance» des zones débroussaillées. L’accord est tripartite: les militaires, l’agriculteur et le Cren de Picardie; chacun y trouve son compte. Le camp dispose d’un réseau de clairières débroussaillées propices à ses activités, l’éleveur de zones de pâturage, et le Cren d’un accès au site sur lequel fleurissent notamment des milliers d’anémones sauvages, fleur légalement protégée et en voie de disparition en France.
Outre la biodiversité, le ministère de la défense a également un rôle important à jouer en ce qui concerne l’efficacité énergétique. Il détient en effet 43% (en valeur) du patrimoine immobilier de l’Etat et une très importante flotte de véhicules. Le rapport Développement durable indique qu’en 2008, la consommation d’énergie primaire a atteint 27 millions de gigajoules (GJ), dont les trois quarts de pétrole et gazole. Les activités du ministère sont responsables de l’émission de plus de 7,3 millions de tonnes de CO2 et nécessitent de prélever plus de 18 millions de mètres cubes d’eau.
D’ores et déjà, à travers le «Brienne de l’environnement», équivalent du Grenelle à l’échelle du ministère de la défense, une quarantaine d’actions en matière d’infrastructure, de gestion des déchets, de l’eau, de déplacements et de politique d’achats ont été engagées. Ainsi, 20.000 mètres carrés de panneaux photovoltaïques seront installés l’an prochain sur les toits de la base aérienne d’Istres (Bouches-du-Rhône) et 80 navires (soit 60 de plus qu’aujourd’hui) de la marine nationale seront dotés du passeport vert qui répertorie les substances dangereuses afin de faciliter leur démantèlement. Au total, ce sont 180 millions d’euros qui sont engagés pour le plan d’action Environnement de la Défense sur la période 2008-2010.
Pour cette première réalisation d’un rapport Développement durable par un ministère, le travail a été fait en interne. Il a nécessité 8 mois de travail, chapeautés par Eric Lucas, haut fonctionnaire au développement durable de la Défense. L’expérience sera reconduite l’an prochain, et Hervé Morin s’y est engagé: l’année prochaine, le ministère fera certifier le rapport par un organisme indépendant.
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13.10.2009
Le grand voyage de la végétation alpine
Le grand voyage de la végétation alpine
Régulièrement broyée par les glaces, la flore reconquiert tout aussi régulièrement les sommets. Des chercheurs suisses ont étudié l’histoire des plantes des Alpes au fil des épisodes glaciaires.
01.08.2009 | Lucia Sillig | Le Temps
C’est un peu comme un cycle de respiration très lent, qui dure des dizaines de milliers d’années. La glace descend, remonte, puis redescend des sommets alpins. Chassant – raclant – devant elle toute la végétation. Mais, chaque fois, des survivantes, des plantes réfugiées sur quelque îlot émergé, recolonisent la roche mise à nu par la puissance abrasive de la masse glaciaire, les pionnières préparant un terrain que d’autres espèces viendront occuper. Chacune sa route. En comparant la généalogie de ces plantes et en étudiant l’évolution de leur répartition spatiale, des scientifiques de l’Université de Neuchâtel et de l’Institut fédéral de recherche sur la forêt, la neige et le paysage (WSL) en Suisse parviennent aujourd’hui à raconter l’histoire de ces migrations alpines.
Grâce à un projet européen sur la biodiversité, les botanistes disposaient d’une analyse approfondie de la répartition de 27 plantes alpines, dont des données génétiques déterminant non seulement l’implantation des espèces, mais aussi celle des différentes lignées au sein d’une même espèce. Un point essentiel car, au cours des glaciations, des espèces ont été géographiquement séparées les unes des autres. Celles qui ont survécu ont été isolées dans des refuges en divers endroits de la périphérie du massif montagneux et se sont ensuite redéployées. Les différentes lignées portent encore les traces génétiques de ces séparations.
L’acidité des sols, facteur déterminant
Les chercheurs suisses ont décidé d’exploiter cette vaste base de données génétiques pour déchiffrer l’histoire des migrations de ces plantes comme on le fait pour étudier les déplacements des populations humaines. “Nous nous sommes demandé si la répartition était complètement aléatoire et dépendait de l’histoire unique de chaque espèce ou s’il y avait de grands facteurs écologiques qui régissaient la disposition géographique des lignées”, explique Nadir Alvarez, de l’université de Neuchâtel, auteur de l’étude avec, notamment, Conny Thiel-Egenter, du WSL. Les chercheurs ont étudié l’impact de différents facteurs : l’ensoleillement, la température, l’humidité, la concentration de nitrates et le PH du sol. Ce dernier aspect est prépondérant. “En statistique, on a rarement des résultats aussi flagrants, commente Nadir Alvarez. On n’imaginait pas que l’effet de l’acidité du terrain était si fort, beaucoup plus que celui de l’ensoleillement, par exemple.” “L’influence du type de sol sur les plantes est connue depuis le XIXe siècle”, relève David Aeschimann, conservateur du Jardin botanique de Genève. “En fonction de leur physiologie, elles sont adaptées soit à un sol acide, soit, au contraire, à un sol alcalin.” Le PH dépend du type de roches sédimentaires. Le calcaire, par exemple, donne un sol alcalin, tandis que les roches où la silice est très présente rendent le sol acide. Les autres facteurs étudiés ont un impact moins immuable, notent les chercheurs, et laissent donc une empreinte moins marquée sur les routes de migration et la structure génétique des espèces. En outre, dans les Alpes, le phénomène de dépendance à l’acidité est particulièrement marqué parce que la couche de terre est mince. “Quand la glace descend dans les vallées, l’abrasion est très forte, souligne Nadir Alvarez. Il n’y a plus de sol, il ne reste que la roche mère. Après la glaciation, le cycle de recolonisation commence avec les pionnières, qui arrivent à pousser là où il n’y a rien, à même la roche. En mourant, elles créent peu à peu un substrat.”
la glace sépare les lignées d’une même espèce
Le type de roche dépend de la formation des massifs, de leur histoire. “Il est en général assez constant à grande échelle, poursuit le biologiste. Tout le Jura est calcaire, donc alcalin. Les Alpes en revanche sont nées d’un mouvement en profondeur qui a fait remonter des couches profondes de roche à forte proportion de silice.” Ainsi, les hauts sommets et les vallées concomitantes du centre du massif sont très acides. “Mais il y a eu un tel remue-ménage dans les Alpes que certaines zones sont aussi alcalines.” L’effet est particulièrement frappant sur les plantes calcicoles, telle la dryade à huit pétales, qui détestent la silice. Les différentes lignées d’une espèce qui se sont réfugiées au sud ou au nord du massif pendant les épisodes glaciaires ne se sont plus mélangées parce qu’elles étaient incapables de franchir le cœur des Alpes. “Elles ont recolonisé la zone de manière longitudinale, sur des bandes qui s’étendent d’est en ouest”, précise Nadir Alvarez.
Les conclusions des chercheurs permettent théoriquement de reconstruire l’histoire de n’importe quelle plante ayant survécu aux épisodes glaciaires, en fonction de ses préférences en matière d’acidité. Quelle route a-t-elle emprunté pour fuir la glace ? Où a-t-elle trouvé refuge ? Par quelle voie a-t-elle reconquis le massif ? Des épopées végétales sûrement dramatiques, mais vraisemblablement faites de nombreux allers-retours.
Les conclusions des chercheurs permettent théoriquement de reconstruire l’histoire de n’importe quelle plante ayant survécu aux épisodes glaciaires, en fonction de ses préférences en matière d’acidité. Quelle route a-t-elle emprunté pour fuir la glace ? Où a-t-elle trouvé refuge ? Par quelle voie a-t-elle reconquis le massif ? Des épopées végétales sûrement dramatiques, mais vraisemblablement faites de nombreux allers-retours.
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Nicolas Hulot. Son nouveau cri d'alarme
Nicolas Hulot. Son nouveau cri d'alarme
5 septembre 2009 LE TELEGRAMME
«Et maintenant que fait-on pour sauver la planète?». C'est en substance la question cruciale que l'écologiste Nicolas Hulot pose dans son premier long métrage, «Le syndrome du Titanic», qui sort début octobre sur les écrans.
«C'est un cri d'espoir et de désespoir», résume Nicolas Hulot à propos de son premier long métrage, «Le syndrome du Titanic», film documentaire réalisé avec Jean-Albert Lièvre, à la fois constat accablant de l'état de la planète et ode à la vie. Présenté en avant-première jeudi soir à Bordeaux, avant sa sortie nationale le 7octobre, «Le syndrome du Titanic» est un «film personnel», à la première personne, dans lequel l'écologiste Nicolas Hulot livre en voix off ses réflexions sur la notion de progrès, la société de consommation... À l'écran, les plans fixes à la photo léchée s'enchaînent dans un lent kaléidoscope d'images déjà vues mais toujours efficaces. Pour alerter le spectateur, lui faire prendre conscience que crise écologique et crise sociale sont deux aspects d'un même problème, les réalisateurs interrogent des paradoxes: aux plans de vieillards chinois contraints de vivre dans de minuscules cages grillagées alors que poussent les gratte-ciel, ils opposent des chiens japonais se refaisant une santé dans des caissons à oxygène. Aux mouches sur les yeux d'un enfant namibien, les touristes blancs venus visiter son village, tel un zoo. À l'opulence occidentale les cimetières d'ordinateurs africains. «Ça n'est pas un film écologique», soutient d'ailleurs Nicolas Hulot. Plutôt un document sur «la combinaison des crises»: écologique, mais également économique, sociale et culturelle. Son leitmotiv: pour réduire les inégalités, il faut «partager» mais pour avoir de quoi partager, il est indispensable d'«économiser» et de «préserver».
Urgence
Aujourd'hui, «on ne consomme pas, on consume», assène la voix off. Or, le temps presse. «La complexité et la gravité des crises auxquelles nous sommes confrontés sont sans précédent dans l'histoire de l'humanité», martèle NicolasHulot qui estime que «nous avons une opportunité inespérée» de «redéfinir l'ambition du projet humain», mais une opportunité «à un coup». «Si nous laissons la nature réguler, elle le fera dans des proportions violentes», prévient-il. Alors que «quand il le veut, l'homme est capable de faire de grandes choses», ajoute-t-il. Pour son auteur, ce film, fruit de 48 semaines de tournage sur quatre continents (300heures de rush et treize mois de montage), «n'a pas l'ambition d'être une boîte à outils» pour définir le «nouveau modèle de société» qu'il appelle de ses voeux, mais «il ouvre un champ de réflexion et de propositions».
Commentaires partagés
À l'issue de la projection, suivie d'un débat avec les auteurs, les commentaires sont partagés, entre effroi - «Je savais que c'était grave, mais pas à ce point», tremble une spectatrice - et déception - «C'est un peu simpliste, je ne vois pas ce qu'on apprend de nouveau», regrette un autre. Et cette question, LA question, toujours posée depuis les films d'Al Gore («Une vérité qui dérange», 2006) ou de Yann Arthus-Bertrand («Home», 2009): que fait-on maintenant? Dans un monde passé de l'abondance à la rareté - et bientôt à la pénurie -, Nicolas Hulot répond «mutation radicale». Et appelle l'humanité à apprendre à conjuguer les verbes «préserver, partager, renoncer, réduire».
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19.09.2009
La fable de l'eau
La fable de l'eau
LE MONDE | 21.08.09 | 18h39 • Mis à jour le 21.08.09 | 18h45
On connaissait le Mouvement des sans-terre, né parmi les paysans déshérités brésiliens. Voici celui des sans-eau, lancé par des Péruviens qui n'en peuvent plus de devoir payer au prix fort une eau de qualité douteuse, délivrée par des camions-citernes dans les zones non raccordées aux réseaux de distribution. Six millions de Péruviens (sur vingt-huit millions) sont privés d'accès à l'eau potable, dans une région, l'Amérique du Sud, qui abrite pourtant le quart des réserves d'eau douce disponibles dans le monde.
Environ 900 millions d'habitants de la planète sont dans le même cas. Les Etats membres des Nations unies s'étaient engagés, en 2000, à travers les Objectifs du millénaire pour le développement, à diviser ce nombre par deux d'ici à 2015. Il est à peu près certain aujourd'hui que cet objectif ne sera pas tenu.
L'eau n'a pourtant jamais fait couler autant de salive et d'encre. Comme chaque année depuis 1991, des centaines d'experts se sont réunis à Stockholm à l'occasion de la Semaine mondiale de l'eau, du 16 au 21 août. Le thème choisi, "L'accès à l'eau pour le bien de tous", a eu au moins le mérite de ne fâcher personne.
Pourtant, à en croire un rapport des Nations unies publié au mois de mars, en préambule au Forum de l'eau qui s'est tenu à Istanbul, la communauté internationale est bien loin de mettre en oeuvre les moyens requis par la gravité de la situation. "Le secteur souffre d'un manque chronique d'intérêt politique, d'une mauvaise gouvernance", peut-on y lire sous la plume de Koïchiro Matsuura, le directeur de l'Unesco. Le Forum de Davos a même rédigé en janvier, un premier rapport - aux conclusions inquiétantes - sur les ressources mondiales en eau.
Les pays rassemblés au Forum d'Istanbul se sont pourtant montrés incapables de répondre aux espoirs placés en cette manifestation, qui s'est achevée sur une déclaration décevante. Quelques pays, dont les Etats-Unis, ont ainsi refusé d'y voir inscrit le droit à l'accès à l'eau potable et à l'assainissement.
Voeux pieux et cris d'alarme se succèdent donc au rythme de conférences internationales qui aboutissent à un constat désormais bien établi : raréfaction de la ressource, incurie de la gestion de l'eau dans de nombreuses régions du monde. Alors, oui, il y a urgence. Mais urgence à agir et à prouver que les Objectifs du millénaire sont bien l'expression d'une volonté commune, et non une fable inventée par la communauté internationale pour se donner bonne conscience.
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Faire pipi sous la douche pour sauver la planète
Faire pipi sous la douche pour sauver la planète
LEMONDE.FR | 22.08.09 | 18h18 • Mis à jour le 22.08.09 | 18h19
Pour sauver la planète, ce sont les petits gestes cumulés qui comptent. Partant de ce postulat, l'ONG brésilienne SOS Mata Atlântica (SOS Forêt atlantique) a lancé, au printemps, une campagne, intitulée "Pipi dans la baignoire" visant à inciter les citoyens brésiliens à uriner sous la douche. Selon les calculs de l'organisation, chaque personne qui évite de tirer la chasse d'eau une fois par jour, en profitant de l'eau utilisée pendant une douche, économise 4 380 litres d'eau potable par an.
L'organisation explique vouloir ainsi montrer à quel point il peut être facile d'aider à la préservation de la forêt la plus menacée du Brésil : la forêt atlantique. Forêt tropicale humide riche d'une biodiversité exceptionnelle, la forêt atlantique a été détruite à plus de 90 %, principalement au XXe siècle pour les besoins de la culture de la canne à sucre et du café et continue d'être menacée par l'extension des mégapoles de Rio de Janeiro et Sao Paulo.
Pour appuyer sa campagne, SOS Mata Atlântica a produit un film d'animation, diffusé sur Internet et sur plusieurs chaînes de télévision brésiliennes. Un site Internet également créé pour les besoins de la campagne propose de balayer les doutes des sceptiques, en expliquant, notamment que l'urine, constituée à 95 % d'eau, sera immédiatement évacuée, sans risque sanitaire ni mauvaises odeurs, pour peu qu'on pense à uriner au début de sa douche. Le site suggère également nombre d'autres gestes simples qui peuvent aider à la préservation de l'environnement, comme ne pas laisser couler l'eau lorsqu'on fait la vaisselle, faire la chasse aux fuites, fermer la porte du réfrigérateur ou encore recycler les emballages.
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06.09.2009
"Il n'y a que de mauvaises options pour les déchets nucléaires"
"Il n'y a que de mauvaises options pour les déchets nucléaires"
Par Anne-Sophie Ladonne, publié le 12/08/2009 16:51 - mis à jour le 13/08/2009 12:04
L EXPRESS
Plus aucune commune ne se porte candidate au projet d'implantation d'un centre d'enfouissement de déchets nucléaires en France. La réaction de Stéphane Lhomme, porte-parole de Sortir du Nucléaire.
Que pensez-vous du retrait de la candidature de la commune d'Auxon?
C'est une bonne chose. Il ne reste plus aucun candidat prêt à répondre aux offres utopiques de l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactif. Il faut arrêter de penser qu'en enfouissant des déchets dans des zones "sécurisées", les problèmes du nucléaire seront réglés. A titre d'exemple, dans les années 1980, un site avait été créé dans une ancienne mine de sel à Asse en Allemagne. Aujourd'hui, c'est une catastrophe nucléaire: le site, mal sécurisé, pollue les terres et nappes phréatiques des alentours.
Que préconisez-vous en matière de stockage des déchets?
Il n'y a pas de solution, que des options... de mauvaises options. Mais, pour nous, l'enfouissement est la pire de toutes. Cette méthode ne fera pas disparaître les déchets comme par magie, et tôt ou tard, ça se finira en carnage. De manière générale, nous souhaitons l'arrêt de la production de déchets nucléaires. C'est pourquoi nous refusons de nous asseoir autour d'une table et de chercher des solutions car, sinon, la production de déchets continuera. Grâce à l'acharnement des associations américaines, le projet de site d'enfouissement de UK Mountain a été annulé par Barack Obama. Une initiative qui a porté ses fruits puisqu'il n'y a plus de site de ce genre aux Etats-Unis.
De manière générale, que pensez-vous de la situation nucléaire en France?
Globalement, le réseau Sortir du nucléaire est plutôt optimiste. Alors que le monde se trouve face à un fort effet d'annonce, on constate que depuis le début de la crise économique il y a de plus en plus d'annulations. L'industrie nucléaire est un gouffre financier, et la crise économique amorce son déclin. Bien sûr, il reste encore 58 réacteurs nucléaires en France, plus un en construction, mais il est peu probable d'assister à de nouvelles constructions. Cette tendance nous rassure, bien que nous soyons toujours exposés aux déchets et bien entendu aux risques de catastrophes.
Recherche commune acceptant de stocker des déchets radioactifs, bonne récompense...
Par LEXPRESS.fr, publié le 12/08/2009 16:40
Les communes de l'Aube retenues par l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactif (Andra) ont finalement retiré leur candidature.
Il n'y a plus de commune candidate au projet de stockage de déchets radioactifs. Les deux dernières villes présenties, Auxon et Pars-lès-chavanges, se sont finalement rétractées. L'Andra avait annoncé le 24 juin la présélection de ces deux villes, qui avaient fait acte de candidature pour la construction d'un site de stockage souterrain de déchets radioactifs de faible activité à vie longue (FAVL) à l'horizon 2011.
Mais face à l'opposition de la population, les élus d'Auxon ont fait marche arrière. Au début du projet, ils avaient voté à une très large majorité pour cette candidature, mais ont finalement voté contre, mardi 11 août, à une large majorité.
Les élus de Pars-les-Chavanges avaient eux aussi voté le 4 juillet à l'unanimité en faveur du retrait de la candidature "pour apaiser un climat délétère", selon les termes de la maire Joëlle Pesme, qui dit avoir reçu des "menaces de mort".
Le maire d'Auxon, Jean-Louis Caillet, toujours fervent partisan du projet, a indiqué avoir adressé sa démission au préfet par lettre recommandée le 4 août, à cause du revirement des élus. "Le préfet a jusqu'au 5 septembre pour donner sa réponse, a-t-il précisé. Pour moi, la commune n'est pas gérable. Je n'ai plus confiance dans une grande partie du conseil municipal."
"Le projet a toujours été fondé sur le volontariat", avait indiqué en juillet le député de l'Oise François-Michel Gonnot, président de l'Andra, qui avait dénoncé "une campagne de dénigrement, de violences et de mensonges inimaginables" envers les élus. Il avait souligné que le gouvernement allait poursuivre le processus engagé et trouver deux nouvelles communes sur la base des candidatures enregistrées lors de l'appel d'offres.
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04.09.2009
Ecologie : le Grenelle lâche la bride aux bétonneurs en catimini
Ecologie : le Grenelle lâche la bride aux bétonneurs en catimini
Par Lapin Bleu | Journaliste n°89910 | 10/08/2009 | 18H57
Attendue depuis longtemps par les défenseurs de l'environnement, la loi Grenelle I, survendue par le gouvernement comme le gage de son engagement pour la planète, supprime la nécessité d'un « avis conforme » de l'architecte des bâtiments de France pour les projets immobiliers en zone de protection du patrimoine architectural urbain et paysager (ZPPAUP).
L'architecte des bâtiments de France est un empêcheur de bétonner en rond bien connu des promoteurs. Son pouvoir est énorme dans les ZPPAUP, dans lesquelles aucun projet ne pouvait voir le jour sans son « avis conforme ». En adoptant la loi « Grenelle I » le 23 juillet, le législateur vient de muer ce pouvoir en « avis simple », qui pourra être outrepassé.
La clef de voute de la protection du patrimoine
Mais que fait cette mesure dans la loi sur le Grenelle ? Elle y a été introduite à la hâte, après avoir été invalidée au sein de la loi pour l'accélération des programmes de construction et d'investissement votée en février.
A l'époque le Conseil Constitutionnel avait jugé qu'il s'agissait d'un cavalier parlementaire (un article de loi qui introduit des dispositions qui n'ont rien à voir avec la loi en question). Quelques mois plus tard, les députés l'ont introduite dans la loi Grenelle, les sénateurs l'en ont rejetée, avant qu'elle ne soit réinjectée finalement en commission mixte parlementaire, à une voix près !
Le motif officiel, alors invoqué lors des débats parlementaires pour justifier cette mini-libéralisation, était que les architectes des bâtiments de France se montrent trop regardants sur les projets photovoltaïques…
Mais le changement émeut l'Association nationale des villes et pays d'art et d'histoire, qui a écrit le 22 juillet au ministre de la Culture pour lui demander « de tout mettre en oeuvre pour que cette décision puisse être reconsidérée dans l'immédiat ou, au plus tard, à l'occasion de l'examen de la loi Grenelle II ».
Estimant que le projet est susceptible de porter atteinte « à la protection du patrimoine dans des centaines de villes qui se sont précisément engagées dans des politiques volontaires de préservation », l'association d'élus locaux interpelle Frédéric Mitterrand :
« La motivation de ceux qui ont emporté ce choix me paraît liée bien davantage à quelques différends locaux qu'à la vision globale qui doit être celle de votre ministère. »
Les maires en première ligne
Pour l'association des villes et pays d'art et d'histoire, l'enjeu dépasse de loin la simplification administrative d'un dispositif ZPPAUP que les communes apprécient parce qu'il les implique activement dans la gestion de leur patrimoine urbain. Dans une lettre écrite à Jean-Louis Borloo le 27 mai, l'association liste 6 arguments.
L'un rappelle que l'architecte des bâtiments de France engage l'Etat, ce qui assure une cohérence nationale au droit dans les ZPPAUP :
« Sans règle commune à tous les territoires, c'est l'avis de l'ABF qui garantit la cohérence, l'unicité d'une vision politique culturelle sur l'ensemble du territoire. »
Mais surtout, l'association craint une loi laissant les élus locaux seuls face aux promoteurs, avec tous les risques induits de pressions, qu'elles soient électorales, financières, voire même judiciaires. L'association relève une autre conséquence du changement, juridiquement pas neutre :
« Dans la pratique, si l'avis du maire qui délivre l'autorisation d'urbanisme est différent de l'avis simple de l'ABF, cela ouvre un risque de contentieux a posteriori auprès du tribunal administratif et non auprès de la commission ad hoc. »
Mais au-delà de la responsabilité des maires, l'association des villes et pays d'art et d'histoire lève le plus gros lièvre de la suppression de l'avis conforme :
« Une telle loi laisserait sans protection l'abord des monuments historiques en ZPPAUP [dans lesquelles] le périmètre de protection des monuments historiques inscrits ou classés a été supprimé puisque les pouvoirs de l'ABF sur les permis de construire et de démolir dans le périmètre sont encadrés par l'avis conforme du fait de la ZPPAUP ».
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26.08.2009
Les Etats-Unis placardent sur le Net la liste des criminels de l'écologie en fuite
Les Etats-Unis placardent sur le Net la liste des criminels de l'écologie en fuite
LE MONDE | 04.08.09 | 14h59 • Mis à jour le 04.08.09 | 14h59
MOST WANTED". Leur tête n'est pas officiellement mise à prix. Mais leur photographie a été placardée sur Internet par la police écologique américaine. La division "investigation criminelle" de l'Agence de protection de l'environnement (EPA) a mis en ligne, en décembre 2008, une liste qui comporte 20 "fugitifs".
Pollutions diverses, détournements de fonds, faux certificats concernant l'amiante, importation de voitures polluantes, etc., font partie des crimes et délits dont ils sont accusés, ou pour lesquels ils ont été condamnés. Ils ne se sont pas présentés devant diverses cours de justice et certains ont même fui à l'étranger.
L'EPA, qui partageait ces informations avec des services de police, dont Interpol, a estimé que l'appel aux internautes "augmenterait le nombre d'"yeux" pour chercher ces fugitifs et fournir des informations pouvant conduire à leur capture ou leur reddition". Pari gagné : le 14 juillet, Robert Wainwright, un "fugitif" de 65 ans recherché dans l'Indiana où il est accusé d'avoir pollué la rivière éponyme, a été capturé au Mexique. Grâce à des renseignements fournis par deux informateurs anonymes qui avaient vu sa photographie sur le site de l'EPA, indique l'agence de presse Environment News Service.
HOLLYWOOD INTRIGUÉ
"Depuis la mise en ligne de la liste, nous avons reçu des informations aussi bien du public que de sources policières qui ont aidé à la capture de plusieurs fugitifs", confirme l'EPA. L'agence met cependant en garde : "N'essayez pas d'appréhender ces individus", dont certains sont recherchés pour port d'arme illégal.
La force brute n'est pas toujours nécessaire. L'agence met aussi au crédit de sa politique de publicité la reddition de Bhavesh H. Kamdar, accusé d'avoir détourné quelque 6 millions de dollars dans un contrat d'assainissement passé avec l'état de New York. Arrêté en Inde au titre de la liste rouge d'Interpol en 2006, il avait été remis en liberté sous caution. Il s'est finalement livré aux agents de l'EPA, le 18 février à New York.
Certains fugitifs seront plus difficiles à coincer. Pour trois d'entre eux, aucune photographie n'est disponible. Le destin de ces criminels d'un nouveau genre sera-t-il de rester sans visage ? Pas si sûr. "Notre liste a aussi intrigué Hollywood, qui nous a appelés pour se renseigner", glisse-t-on à l'EPA. Reste à voir si des criminels de l'environnement seront aussi glamour que les pilleurs de banques.
Hervé Morin
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