25.12.2008
"La crise peut être une chance"
Jeudi 11 Décembre 2008
"La crise peut être une chance"
Propos recueillis par Marie VARASSSON
Eco-Life.fr, le journal de l’économie durable
Auteur de "La vie après le pétrole, De la pénurie aux énergies nouvelles" (aux éditions Autrement), Jean-Luc Wingert, spécialiste des questions énergétiques, revient sur la baisse des prix du pétrole et les conséquences de la crise sur la situation énergétique mondiale. Sans oublier d'appeler à poursuivre les efforts de développement sur les énergies alternatives au pétrole.
Comment peut-on expliquer la baisse actuelle des cours du pétrole?
Les perspectives ne sont plus les mêmes qu'il y a quelques mois. Après les records de juillet dernier, une phase de détente s'est opérée, mais il ne faut pas se tromper, à long terme les cours devraient remonter. La vraie question est comment. Car désormais deux scénarios sont possibles: une crise douce ou une crise brutale. De nouvelles tensions se dessinent. D'un côté, les prix bas ont déjà compromis la mise en chantier de nombreux projets pétroliers. De l'autre, l'émergence de la Chine n'aidera pas à une détente de la demande, une fois la crise actuelle passée.
Nous traversons une crise qui ne fait que débuter, quelle sera son influence sur l'évolution des cours du pétrole?
Le pic de production que j'envisageais pour 2015, hors crise financière, risque de se produire plutôt en 2020. La crise actuelle l'a retardée en détendant la demande de certains pays, dont les Etats-Unis. Les prix sont toujours délicats à prévoir, depuis quelques années le pétrole est devenu un produit financier et la spéculation joue fortement. En ce moment c'est à la baisse. Mais les réserves se réduisent et la crise actuelle ne fait que retarder ce qui doit arriver. La seule issue est d'améliorer notre efficacité énergétique.
"Engager rapidement une relance intelligente"
Quelles conséquences pour les éco-industries?
Avec la baisse des prix du pétrole, certaines filières, telles que les voitures vertes ou les énergies renouvelables, risquent de ne plus être aussi compétitives. Pourtant il faut soutenir ces filières, car les laisser tomber serait une erreur grave. Nous devons préparer l'avenir, que ce soit pour 2015 ou 2020. Les efforts engagés en matière d'efficacité énergétique doivent être poursuivis. L'expérience nous a montré qu'il est laborieux de relancer une filière. Dans les années 80, les dynamiques ont été cassées lorsque les prix de pétrole ont chuté. Ce fut une erreur stratégique car une filière naissante est fragile.
Comment envisagez-vous cette action?
Il y a deux chantiers qui conduisent finalement à refondre nos systèmes économiques et gouvernementaux, en tenant compte de l'importance de la situation. Un important effort de réflexion sur le concept de développement durable et les priorités que nous nous fixons doit être engagé. Pour cela, il faut sortir de la logique économique standard et changer de cadre d'analyse. Il s'agit d'un travail de fond mais nous apprendrons aussi en marchant. Le deuxième chantier est tout aussi urgent. J'avais proposé un Plan Marshall de l'efficacité énergétique il y a déjà deux ans, la crise actuelle fait plutôt penser au New Deal. Il faut engager rapidement une relance intelligente de grande ampleur. Cette crise pourrait paradoxalement être une chance.
05:25 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : LOC MARIA PLOUZANE
29.11.2008
L'Europe veut prendre sa part dans l'exploitation de l'Arctique
L'Europe veut prendre sa part dans l'exploitation de l'Arctique
il y a 11 heures 54 min
LeMonde.fr
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A son tour, l'Union européenne (UE) veut se positionner dans l'Arctique pour accéder aux ressources libérées par la fonte de la banquise. Pour Benita Ferrero Waldner, commissaire chargé des relations extérieures qui présentait, jeudi 20 novembre, une communication sur les relations entre l'UE et la région, il s'agit de trouver "le juste équilibre entre l'objectif prioritaire que constituent la préservation de l'environnement et la nécessité d'une exploitation durable des ressources naturelles". Lire la suite l'article
Ces réflexions sont rendues publiques alors que les cinq pays riverains - Russie, Canada, Etats-Unis (via l'Alaska), Norvège, et Danemark (avec le Groenland) - rivalisent d'initiatives pour affirmer leur présence dans la région. La Commission plaide pour la mise en oeuvre d'un système de gouvernance multilatérale susceptible de garantir un triple objectif : la stabilité et la sécurité, la gestion stricte de l'environnement et l'exploitation durable des ressources libérées par le réchauffement climatique.
Sa démarche suscite les critiques des défenseurs de l'environnement : "La Commission cherche surtout à sécuriser les intérêts de l'Union, déplore Saskia Richartz, de Greenpeace. Sa vision n'est pas de transformer l'Arctique en un espace de paix et de science."
S'ils se disent préoccupés par le recul de la banquise, les Européens semblent surtout soucieux de préserver leur part du gâteau libéré chaque jour davantage par ce phénomène. "Les ressources de la région pourraient contribuer à accroître la sécurité d'approvisionnement de l'UE en énergie et en matières premières en général", assure le document de la Commission, tout en soulignant sans complexe que "les industries européennes sont en première ligne en ce qui concerne l'élaboration de technologies permettant d'opérer de manière sûre et durable dans des conditions difficiles - que ce soit à terre, dans les zones côtières ou en mer".
FONTE DES GLACES
L'appétit européen n'est pas moins grand dans le domaine des transports maritimes, au moment où de nouvelles routes semblent s'ouvrir dans le Grand Nord. "Il est de l'intérêt de l'UE d'étudier et d'améliorer les conditions de l'introduction progressive de la navigation commerciale dans l'Arctique", relève la Commission. La fonte des glaces "devrait avoir pour effet de raccourcir considérablement la durée des traversées entre l'Europe et le Pacifique, d'économiser de l'énergie, de réduire les émissions (polluantes), de promouvoir les échanges et de délester les principaux axes de navigation transcontinentaux", justifie le document.
Enfin, l'UE considère que "de nouvelles zones peuvent devenir intéressantes pour la pêche du fait de l'amélioration de leur accès". Afin de limiter les excès, la Commission suggère d'imposer un moratoire dans les eaux arctiques non encore couvertes par un régime international de gestion de la pêche. Mais elle entend surtout oeuvrer pour la définition d'une convention lui permettant de pallier l'épuisement des stocks européens.
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