03.11.2009

Le cerveau jugé défaillant des réacteurs nucléaires EPR

Le cerveau jugé défaillant des réacteurs nucléaires EPR

LE 03/11/2009 LIBERATION

Les autorités de sûreté nucléaire britannique, française et finlandaise ont émis lundi des réserves sur les systèmes de sûreté des réacteurs nucléaires EPR. Elles demandent aux exploitants et fabricant «d'améliorer la conception initiale de l'EPR», selon une déclaration commune. Une déclaration qui intervient alors que deux de ces réacteurs de troisième génération sont en cours de construction en France et en Finlande.

Le niveau de sûreté des systèmes de contrôle-commande, cerveau de l'EPR, avait déjà été mis en cause en avril par l'Inspection britannique des installations nucléaires (NII), pays où les groupes français Areva et EDF se proposent de construire quatre réacteurs.

La critique porte sur la trop grande interconnexion entre deux systèmes de contrôle, supposés être indépendants, l'un faisant fonctionner le réacteur et l'autre assurant sa sécurité. «L'indépendance de ces systèmes est importante. En effet, si un système de sûreté est appelé à servir en cas de perte d'un système de contrôle, alors ces deux systèmes ne doivent pas faillir simultanément», soulignent lundi les autorités de sûreté du nucléaire française (ASN), britannique (HSE/ND) et finlandaise (STUK).

En conséquence, les exploitants se voient demander «d'améliorer la conception initiale de l'EPR». «Il incombe aux exploitants et au fabricant Areva de répondre aux questions techniques soulevées par leurs autorités de sûreté», des solutions différentes pouvant être proposées par chaque exploitant «pour pallier la perte de systèmes de sûreté», selon la déclaration commune.
Dans une lettre adressée au directeur de l'ingénierie nucléaire à EDF, le directeur général de l'ASN, Jean-Christophe Niel, lui demande «d'examiner dès à présent des dispositions de conceptions différentes», car la «certitude d'aboutir in fine à une démonstration de sûreté acceptable fondée sur l'architecture actuelle n'est pas acquise». L'ASN relève que la «complexité» de cette architecture «rend difficile l'élaboration d'une démonstration de sûreté satisfaisante».

Pour le groupe Areva, «la sûreté du réacteur n'est pas mise en cause». Areva «soutient la démarche commune des autorités de sûreté nucléaire qui vont dans le sens d'une standardisation du contrôle-commande», a déclaré à l'AFP une porte-parole du constructeur.

La «renaissance du nucléaire est décapitée», s'est pour sa part réjoui le mouvement «Sortir du nucléaire», qui demande «l'annulation générale du programme EPR», et en particulier du chantier en cours à Flamanville (Manche) et du réacteur prévu à Penly (Seine-Maritime). «Sur le plan technique, les deux principaux réacteurs actuellement sur le marché, l'EPR français et l'AP 1000 américain, rencontrent de très graves difficultés, tant sur le plan de la sûreté que sur les chantiers déjà engagés», ajoute l'association anti-nucléaire dans un communiqué.

Destiné à devenir le premier réacteur EPR de troisième génération au monde, le réacteur d'Olkiluoto en Finlande, prévu initialement pour l'été 2009, accumule les retards et les dépassements de coût. Son entrée en service pourrait être de nouveau retardée au-delà de juin 2012, a prévenu à la mi-octobre le commanditaire TVO.

(Source AFP)

25.10.2009

Plutonium à Cadarache : une affaire "sérieuse", selon les experts

Plutonium à Cadarache : une affaire "sérieuse", selon les experts

LE MONDE | 24.10.09 | 15h05  •  Mis à jour le 24.10.09 | 15h05

A-t-on frôlé l'accident pendant des années au centre nucléaire de Cadarache (Bouches-du-Rhône) ? La question se pose crûment après la découverte, en juin, d'une sous-estimation de la masse de plutonium dispersé sous forme de poudre dans des recoins inaccessibles de l'Atelier de transformation du plutonium (ATPu), géré par Areva sur ce site du Commissariat à l'énergie atomique (CEA).

Au lieu des 8 kg estimés, les opérations de démantèlement de l'ATPu ont révélé que les "boîtes à gants", des enceintes confinées où était fabriqué du combustible MOX mêlant oxydes d'uranium et de plutonium, en contenaient 22 kg. Mais le CEA évalue à environ 39 kg la masse totale de plutonium qui pourrait s'être insinuée dans l'installation.

La question centrale est de savoir si ces accumulations auraient pu conduire à un accident de criticité, une réaction en chaîne susceptible de conduire à un "flash" très irradiant, voire mortel, pour les personnels de l'installation à proximité.

Mardi 20 octobre, l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a été auditionnée par la commission du développement durable de l'Assemblée nationale, les députés souhaitant être éclairés sur cette affaire inédite. Marie-Pierre Comets, commissaire à l'ASN, l'a qualifiée de "sérieuse". Et a précisé le déroulé des faits : le 1er octobre, l'administrateur adjoint du CEA informe oralement la direction de l'ASN de la sous-estimation de l'inventaire de plutonium. L'incident est officiellement déclaré par le CEA le 6 octobre, qui propose son classement au niveau 1 sur l'échelle des événements nucléaires (graduée de 0 à 7).

Le 9 octobre, l'ASN conduit une inspection sur place, accompagnée d'experts de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN). Il apparaît alors que la sous-évaluation était connue depuis juin. Le 14 octobre, l'IRSN remet à l'ASN un avis sur l'incident. L'ASN décide aussitôt de dresser procès-verbal, le CEA étant tenu de déclarer "sans délai" tout incident significatif. Elle reclasse celui-ci au niveau 2 et suspend les opérations de démantèlement. Le parquet d'Aix-en-Provence s'est saisi de l'affaire, afin de déterminer les raisons du retard dans la déclaration de l'incident.

Les députés ont constaté que bien des points restaient à éclaircir. "Comment expliquer une telle différence dans la comptabilité des matières radioactives ? Quelle était la marge par rapport à un accident de criticité ? Y a-t-il matière à sanctions ?", s'est interrogé Serge Grouard (UMP).

Rappelant que le risque évoqué n'était "évidemment pas" équivalent à l'explosion d'une bombe atomique, Yves Cochet (Verts) s'est demandé quel était le niveau de connaissance réel des quantités de matières nucléaires dans l'industrie française : "Y a-t-il des risques de trafic ?" Avec son collègue Christophe Bouillon (PS), il a demandé la constitution d'une commission d'enquête parlementaire.

Le CEA et Areva devraient être auditionnés à une date ultérieure par les députés. Pour sa défense, le CEA fait valoir que l'ASN avait été informée oralement de l'incident en juin. "Nous savions qu'il y avait un écart depuis janvier 2008, précise même Henri Maubert, du CEA Cadarache. Cette situation avait été discutée avec la comptabilité des matières nucléaires et l'IRSN."

Selon lui, la ligne rouge n'a pas été franchie : la situation la plus critique concerne le poste 73, où les ingénieurs avaient estimé à 1,8 kg la masse de plutonium restante.

L'incertitude de pesée pour mesurer les entrées et sorties de matière à ce poste de travail serait de plus ou moins 60 grammes, ce qui pourrait expliquer la non-détection des écarts au fil des années : il en a finalement été trouvé 10,5 kg, "alors que la limite maximale autorisée était de 12 kg".

Henri Maubert admet que cette limite réglementaire a pu être dépassée lors de l'exploitation, quand ce poste pouvait voir passer une dizaine de kilogrammes de plutonium sur la chaîne de fabrication du combustible.

"Mais la masse dont on est certain qu'elle ne conduit pas à une réaction de criticité est, pour ce poste, de 60 kg, sous la forme concentrée d'une sphère. Cette configuration ne s'est jamais rencontrée", assure le responsable du CEA.

Hervé Morin

14.10.2009

Le soleil a la cote, pas le nucléaire

Le soleil a la cote, pas le nucléaire

Par Stephanie d'Hooghe, publié le 07/09/2009 10:41 - mis à jour le 07/09/2009 16:44

L EXPRESS

Une colonie de vacances écolo, un double-emploi de la surface des autoroutes et une manifestation anti-nucléaire en Allemagne: l'actualité verte en trois brèves.

Manifestation anti-nucléaire en Allemagne

A trois semaines des élections législatives, l'Allemagne a vu défiler samedi à Berlin plus de 10 000 militants anti-nucléaire. Réclamant une "véritable sortie du nucléaire", le rassemblement avait aussi pour but de militer pour la fermeture d'un site de stockage de déchets radioactifs. Selon Greenpeace, 59% des Allemands sont opposés à une prolongation de la durée de vie des centrales nucléaires

En savoir plus sur le réseau "Sortir du nucléaire".

Les autoroutes du soleil

Solar Roadways, une entreprise américaine, innove avec l'idée de proposer des panneaux solaires destinés à servir de revêtement pour les routes et autoroutes. La production d'électricité des autoroutes n'est pas la seule ambition de ce projet. Le revêtement incorpore aussi des LED et peut donc assurer sa signalisation, et un système de chauffage pourra aussi être utilisé en cas de gel ou de neige. Le projet a reçu une bourse de 100 000 dollars pour concevoir le premier prototype. Selon les premières estimations, 5 milliards de dollars seraient nécessaires pour équiper tous les Etats-Unis, "permettant de produire jusqu'à trois fois plus d'énergie et presque assez pour le monde entier".

Plus de détails sur le site Solar Roadways.

Les colos écolo

Boris Patentreger, chargé de programme forêt du WWF, a changé de casquette le temps d'un été pour devenir directeur de colonie. Le but? Initier la jeune génération à la cause environnementale. Réduction de l'empreinte écologique, comprendre l'effet de serre et les fruits et légumes de saison sont autant de sujets abordés sous forme de jeux avec les plus jeunes durant les vacances.

Lire l'interview de Boris Patentreger sur WWF.

12.10.2009

Faut-il se méfier des lampes basses consommation ?

Faut-il se méfier des lampes basses consommation ?

Decryptage

04/09/2009 à 09h51 LIBERATION

Alors que les ampoules à incandescence classiques, trop énergivores, sont peu à peu retirées du marché, les lampes fluocompactes soulèvent quelques inquiétudes. Fondées ?

On nous bassine depuis des mois - voire des années - avec l’arrivée révolutionnaire des lampes basse consommation (LBC), qui divisent par quatre notre facture électrique. Et notre impact écologique. «C’est bon pour la planète et pour le porte-monnaie», nous dit-on. Sauf qu’ici et là, des petites voix s’élèvent pour alerter sur les dangers potentiels de ces lampes, qui contiennent du mercure, émettent des ondes électromagnétiques, et même des rayonnements ultraviolets selon une étude anglaise. Y a t-il des raisons de s’inquiéter? Les réponses aux questions que vous vous posez (ou pas).  

Pourquoi doit-on se séparer de la bonne vieille ampoule à  filament?

Inventée en 1878 par l’Américain Thomas Edison, la lampe à incandescence classique a bien vécu. On lui reproche sa consommation énergétique excessive, elle produit essentiellement de la chaleur (95%) et très peu de lumière (5%). Dans le cadre du plan climat-énergie, l’Union européenne a arrêté un calendrier de retrait progressif des ampoules traditionnelles (d’ici 2012). La France a décidé d’anticiper, en les interdisant à l’horizon 2010. Ainsi, depuis mardi, les ampoules 100 watts sont retirées du marché, elles disparaîtront progressivement des magasins, une fois les stocks écoulés. Objectif du ministère: tripler d’ici un an la part de marché des lampes basse consommation. Aujourd'hui, on en compte 23 millions sur 180 millions d’ampoules vendues chaque année.

Les lampes basse consommation sont-elles vraiment plus écologiques?

«Oui, sur le plan global, il n’y a aucun doute là-dessus», répond du tac au tac Bernard Duval, délégué général de l’Association française de l’éclairage, qui représente 3.000 professionnels. Selon l’Ademe, «le remplacement aujourd’hui de toutes les ampoules permettrait d’économiser 8 térawatts-heures de consommation d’électricité à l’horizon 2016 (soit l’équivalent de deux fois la consommation annuelle d’électricité des habitants de Paris).»

Si l’ampoule à incandescence classique est très coûteuse en kilowatts-heures, elle n’a en revanche aucun impact sur l’environnement en tant qu’objet (du verre et un filament de tungstène). On ne peut pas en dire autant de la lampe basse consommation (LBC) qui, fabriquée à partir d’un tube fluorescent plié, contient du mercure. «Bien sûr c’est une substance dangereuse à forte dose, mais là, les quantités sont très faibles, insiste Bruno Lafitte, expert à l’Ademe. En moyenne 3 mg de mercure par ampoule. En comparaison, les néons contiennent en moyenne 7 mg de mercure/tube.»

A la différence des ampoules classiques, donc, les LBC ne doivent pas être jetées à la poubelle mais rapportées par exemple dans un magasin en vue d'être recyclées. (Toutes les infos sur Recylum, l'éco-organisme agréé la collecte des LBC).  

Ces lampes présentent-elles un risque pour la santé?

Concernant la présence de mercure, il n'y a pas de risque quand la lampe est allumée. Seul danger: si l'ampoule se casse. Et encore, insiste l’Ademe, «elle ne contient que 0,005 % de mercure mélangé au gaz inerte contenu dans le tube, le risque est donc très faible». L’association de l’éclairage conseille par précaution de bien ventiler la pièce si l’ampoule se brise.

Autre point, qui soulève des inquiétudes, les composants électroniques contenus dans la LBC. Qui dit électronique, dit champ électromagnétique. L’association Criirem, qui milite pour obtenir des normes plus restrictives en matière d’exposition aux ondes, s'est penchée sur ces lampes. «On a découvert que ces ampoules émettaient des ondes importantes, jusqu’à 300 volts/mètre. Ce fut un peu par hasard. On a été appelés pour faire des mesures chez une dame qui se plaignait des dysfonctionnements de son pacemaker. Au départ, on suspectait une antenne relais pour téléphone mobile, installée par très loin de chez elle. C’est en faisant les mesures qu’on s’est rendu compte que ce n’était pas l’antenne mais l’ampoule LBC», raconte Myriam Galbrun, technicien mesureur au Criirem, qui assure avoir alerté les pouvoirs publics dès 2007.

L'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail (Afsset) a alors été chargée d’établir un protocole de mesure (lire ici) pour vérifier ces résultats. «Le protocole nous a été remis en février. On vient de lancer l’appel d’offres, les mesures devraient être réalisées dans les prochains mois, répond Bruno Lafitte de l’Ademe. Mais, nous ne sommes pas inquiets, vous vous doutez bien que de nombreuses études ont été réalisées avant la mise sur le marché de ces lampes, et à part la Criirem, tous les comités d’experts ont conclu à l’innocuité de ces ampoules».

En attendant ces derniers résultats, la Criirem conseille aux consommateurs d’«éviter de les utiliser en lampe de chevet et en lampe de bureau».

A –t-on vraiment le choix ?

Dès lors que les ampoules à filament ont vocation à disparaître, existe-t-il d’autres alternatives aux lampes basse consommation ? «Oui, martèle Bernard Duval, débitant sa plaquette d’information. Il y a par exemple l’halogène amélioré. Avantages: qualité de lumière, allumage instantané, elle ressemble comme deux gouttes d’eau à l’ampoule d’Edison. Inconvénient: elle consomme beaucoup plus qu’une LBC et donc vouée à disparaître à terme.»

Autre option, la diode électroluminescente (LED). Utilisée surtout aujourd’hui à faible puissance comme voyant sur les appareils ménagers, elle est en plein développement. «Et d’ici 2020, la LED pourra concurrencer la LBC», parie Bernard Duval. «C'est important de rappeler ces lampes  alternatives. Car au fond, ce qui irrite les consommateurs, c'est de se sentir obligé, de ne pas avoir le choix. Surtout pour quelque chose qui touche à l'intime comme la lumière.»

07.10.2009

Ce que les lampes basse consommation vont changer chez vous

Ce que les lampes basse consommation vont changer chez vous

Par Anne-Sophie Ladonne, publié le 31/08/2009 17:40 - mis à jour le 01/09/2009 14:28

L EXPRESS

Ce mardi 1er septembre marque l'extinction des ampoules à filaments de 100 W et plus en Europe, qui ne seront plus distribuées. A leur place, des lampes basse consommation (LBC), notamment des fluocompactes. Et ça change tout.

Les LBC vous font faire des économies, mais éclairent différemment. Il faut donc apprendre à les choisir.

Au rayon lampes à basse conso, les fluocompactes (sortes de mini-néons en forme d'ampoules) permettent d'économiser jusqu'à 80% d'énergie par rapport aux ampoules à filament pour une intensité lumineuse comparable. On leur reproche toutefois leur éclairage agressif, blanc et froid, mais la technologie évolue, et l'on peut trouver des ampoules à température de couleur moins froide. Si vraiment vous ne pouvez pas vous y faire, optez pour des lampes halogènes à haute efficacité, dont l'éclairage est plus proche de celui des ampoules à incandescence, mais pour économie d'énergie moindre (pas plus de 50%). Enfin, les lampes à LED (diodes électroluminescentes) permettent d'économiser jusqu'à 90% d'électricité, mais leur puissance n'excède pas les 40 watts, leur faisceau d'éclairage est étroit et leur prix bien plus élevé. Pour voir en un coup d'oeil si la lampe que vous achetez est vraiment économe, regardez l'étiquette: Il existe des classes d'énergie qui indiquent les degrés d'économies: elles vont de A, pour les "très économes", à G pour les plus gourmandes.

Les LBC sont plus chères

Une fluocompacte de 20 W coûte en moyenne 8 ou 9 euros alors qu'une ampoule à filaments de 80 W (éclairage similaire) ne coûte qu'un euro. Une ampoule à LED de 40 W coûte environ 19 euros... Les ampoules basse consommation sont bien plus chères que les ampoules à incandescence! Raison avancée par les constructeurs: elles sont issues de technologies plus innovantes et complexes, donc plus coûteuses, la fabrication des lampes à LED et des fluocompactes nécessitant en particulier du travail manuel. Les fabricants expliquent que c'est aussi parce qu'ils investissent dans la recherche pour développer les ampoules basse conso et que les prix vont chuter avec le temps.

Les LBC fluocompactes dégagent des ondes électromagnétiques, mais elles ne sont pas dangereuses, assure l'Ademe.

Le Criirem (association militante indépendante) avait dénoncé, en 2007, la relative nocivité des LBC, notamment des fluocompactes qui dégagent des ondes électromagnétiques (potentiellement cancérigènes) et qui contiennent du mercure. Le Criirem avait alors déconseillé de les utiliser dans des conditions où l'utilisateur est souvent à moins de 1 mètre de la lampe (lampe de chevet, de bureau, etc.). L'Ademe a publié, la semaine dernière, un avis sur les ampoules basse consommation. Elle conclut à "l'innocuité des champs électromagnétiques". L'Ademe recommande de les utiliser correctement: "à plus de 30 cm d'une personne, elles ne sont pas dangereuses pour la santé humaine".  Cela dit, il n'existe actuellement aucune norme de mesure des ondes électromagnétiques à moins de 30 cm. L'Ademe, en collaboration avec l'Afsset et le Criirem, a donc lancé une grande campagne de mesure sur 100 LBC. Les résultats devraient être publiés début 2010. L'Ademe parle également d'un projet de normes internationales.

Les LBC doivent être recyclées.

Les consommateurs ont deux solutions: la déchetterie et les bacs spéciaux dans les grandes surfaces. Les lampes sont acheminées dans des centres de triages spécifiques, et tous les matériaux sont réutilisés: verre, métaux etc. Pour les lampes fluocompactes, qui contiennent du mercure, la filière de recyclage est la même. Le mercure est stabilisé puis mis dans des fûts eux-mêmes stockés dans des centres spéciaux. Les LBC sont recyclées à 90%, selon Recyclum, même si ce chiffre, élevé, est mis en doute par certains acteurs de la filière.

05.10.2009

Crise de croissance pour le secteur de l'énergie solaire photovoltaïque

Crise de croissance pour le secteur de l'énergie solaire photovoltaïque

LE MONDE | 31.08.09 | 16h13  •  Mis à jour le 31.08.09 | 16h13

L'euphorie est quelque peu retombée sur le marché du solaire. Depuis le début de l'année, les industriels cherchent leurs marques, les marchés sont bousculés et les gouvernements hésitent encore quant à la place à donner au solaire photovoltaïque dans leur portefeuille énergétique. Du coup, le secteur est entré dans une période d'adaptation parfois chahutée.

Face à ces turbulences, les fabricants de panneaux subissent un coup de froid. Mi-août, l'allemand Q-Cells, l'un des tout premiers producteurs mondiaux, a annoncé avoir accusé une perte de près de 700 millions d'euros sur le premier semestre 2009, contre un bénéfice de 82,1 millions d'euros sur la même période en 2008. Un revers brutal, qui survient après des annonces de licenciements chez des fabricants chinois.

Le cabinet d'analyses américain iSuppli estime même qu'un engorgement du marché pourrait se produire en 2009, qui verrait la production de panneaux atteindre une puissance totale de 7,5 gigawatts, alors que les installations nouvelles représenteraient seulement un peu moins de 4 gigawatts. En 2008, les ventes mondiales avaient atteint 5,6 gigawatts, selon l'Association européenne de l'industrie photovoltaïque (EPIA).

ENGORGEMENT

Outre l'impact de la crise économique mondiale sur les dépenses d'installation et sur les investissements dans des parcs solaires, le marché du solaire souffre, ces derniers mois, de maux qui lui sont propres. L'Espagne, qui représentait plus de 45 % du marché mondial en 2008, a drastiquement réduit sa politique d'aide financière au solaire, trop coûteuse pour les finances publiques. "L'instabilité des règles, économiques et techniques, est une très mauvaise chose pour la filière", note André Antolini, président du Syndicat des énergies renouvelables.

Malgré les signes avant-coureurs de la décision espagnole et d'un engorgement du marché, beaucoup d'industriels, engagés dans une bagarre de parts de marché, ont continué à produire. Henning Wicht, du cabinet iSuppli, note non seulement que le secteur du solaire a récemment attiré un très grand nombre de nouveaux acteurs, qui peinent parfois à y trouver leur place, mais aussi que la production de panneaux est une activité à forts coûts fixes, qui s'accommode mal de variations de marché. Les à-coups conjoncturels ne paraissent pas pour autant remettre en cause la tendance à la croissance sur le long terme. D'autant que le coût du polysilicium, la matière première des modules photovoltaïques, devrait baisser, suite à la récente augmentation de la production mondiale.

"L'attractivité du solaire reste solide, sans inspirer de crainte sur le marché", affirme Eleni Despotou, directrice de la stratégie politique de l'EPIA. L'énergie solaire représente actuellement moins de 1 % de la consommation européenne d'électricité, mais pourrait en fournir entre 4 % et 6 % en 2020, selon le cabinet de conseil A. T. Kearney. Cette proportion pourrait même atteindre jusqu'à 12 %, selon Eleni Despotou, si les décideurs politiques européens établissaient "des conditions plus favorables, par exemple en matière de réseaux intelligents (smart grid) et de techniques de stockage de l'énergie".

De nombreux pays projettent de développer nettement la part du solaire dans leur production d'énergie. En France, le Grenelle de l'environnement a fixé un objectif d'une puissance installée de 5,4 gigawatts en 2020. Ces engagements à long terme ont conduit EDF à présenter, fin juillet, un projet d'usine de panneaux solaires avec l'américain First Solar.

Plus important marché mondial ces dernières années, excepté en 2008 avec la brusque montée en régime de l'Espagne, l'Allemagne devrait reprendre la tête en 2009, tandis qu'aux Etats-Unis, la baisse des prix et les aides fédérales vont soutenir la demande.

Les fabricants chinois, déjà très présents dans le Top 10 mondial, vont, de leur côté, profiter non seulement du plan de relance économique initié par leur gouvernement, mais aussi de la politique d'équipements en installations solaires des provinces. Cela leur permettra de se constituer une base nationale propice à une stratégie de développement encore plus offensive à l'étranger.

Bertrand d'Armagnac

04.10.2009

De l’eau dans le gazoduc Nord Stream

De l’eau dans le gazoduc Nord Stream

Energie. L’impact écologique du projet, qui doit traverser la Baltique, inquiète les pays frontaliers.

31/08/2009 à 06h52 LIBERATION

Par ANNE-FRANÇOISE HIVERT SCANDINAVIE, de notre correspondante

E-FRANÇOISE HIVERT SCANDINAVIE, de notre correspondante

Les 168 premiers tubes d’acier de 12 mètres de long viennent d’arriver dans le port de Karlskrona, au sud-ouest de la Suède. 13 000 autres devraient y êtres acheminés d’ici la fin de l’année. Nord Stream espère débuter la construction du gazoduc, qui doit relier l’Allemagne à la Russie par la mer Baltique, dés le printemps 2010. Le consortium, contrôlé à 51% par le géant russe Gazprom, n’attend plus que le feu vert d’Helsinki, de Stockholm et Copenhague, pour lancer les travaux, dont le coût est évalué à 7,4 milliards d’euros. Mais autour de la Baltique, on se fait prier.


En Suède, les consultations menées par le ministère de l’Industrie et l’Agence suédoise de protection de l’environnement viennent à peine de prendre fin. Elles portaient sur l’impact environnemental du projet, qui doit traverser la zone économique du royaume. Les critiques sont multiples.


Les organismes consultés mettent en garde contre l’impact de l’ouvrage de 1220 km, sur une mer déjà bien abîmée, dont les fonds sont truffés d’anciennes munitions et de matières dangereuses. «Les inquiétudes concernent la modification des courants d’eau, les conséquences sur les stocks de poisson, la pêche ou les oiseaux, ainsi que la sécurité du trafic maritime», résume Egon Enochsson, de l’Agence de protection de l’environnement.


L’Institut météorologique et hydrologique suédois s’interroge aussi sur le sérieux de l’étude d’impact environnemental, y relevant un certain nombre d’informations «fausses» et «trompeuses». A Helsinki, Seija Rantakallio, conseillère au ministère de l’Environnement, affirme, pour sa part, «manquer d’informations de fond, permettant de comprendre comment le promoteur est parvenu aux conclusions qu’il présente».


Consultés sur l’impact transfrontalier du projet, la Pologne et les Pays Baltes ne cachent par leur opposition à la construction du gazoduc. Le géologue Ivar Puura, de l’Académie estonienne des sciences, dénonce «la faiblesse générale de la coordination scientifique». Il accuse «la direction et les leaders de Nord Stream de ne pas avoir pris leur rôle, ni celui de leurs experts, au sérieux», choisissant de «dépenser beaucoup de ressources en relations publiques, plutôt que de viser une cohérence et une clarté scientifiques».

Il est vrai que depuis le lancement du projet en 2005, Nord Stream n’a pas ménagé ses efforts, en recrutant, d’abord, l’ex-chancelier allemand Gerhard Schröder, propulsé président de comité des actionnaires. Puis, l’ancien premier ministre finlandais, Paavo Lipponen, et son assistant, nommé chef de la représentation européenne du consortium. En Suède, la communication de Nord Stream est assurée par un ancien attaché de presse, ayant servi sept ministres sociaux-démocrates, ainsi que l’ex-directrice de cabinet du premier ministre Fredrik Reinfeldt.


Heidi Hautala, député verte finlandaise, parle d’une stratégie consistant à «approcher d’aussi près que possible le cercle des preneurs de décision». Car, dit-elle, «le temps presse». Lors d’une conférence de presse à Berlin, mi-juillet, le président russe, Dmitri Medvedev, et la chancelière allemande, Angela Merkell, ont manifesté leur impatience, à l’égard de Stockholm notamment, qui préside actuellement l’Union européenne, et devrait comprendre «à quel point le projet est stratégiquement important et nécessaire».


En Suède, on dénonce des tentatives de corruption. Une enquête préliminaire a été ouverte contre un professeur de l’Université de l’île de Gotland, à qui Nord Stream a versé une subvention de 5 millions de couronnes (0,5 million d’euros). «Ce projet fait partie d’un programme international de recherche soutenu par Nord Stream», assure Jens Müller, porte-parole du consortium. Le problème, note le procureur Malin Palmgren,  «c’est que le professeur est un des experts de l’Université qui doit donner son avis sur la construction du gazoduc».


Autre sujet qui fait scandale: la rénovation du port de Slite, sur l’île de Gotland, financée par le consortium, qui veut en faire son centre logistique en Suède, pour un budget évalué à 6,5 millions d’euros. Stefaan De Maecker, élu vert, s’insurge: «Quand il a fallu voter la motion que nous avions préparé en 2006, disant que nous ferions tout pour que le gazoduc soit construit on shore, la majorité a voté contre, y compris l’élu centriste, qui en était à l’origine». Mais aujourd’hui, la municipalité assure de sa bonne foie. Consultée par le ministère de l’Industrie, elle vient de s’opposer à la construction du gazoduc.

02.10.2009

Solaire. Pourquoi on peut enfin y croire.

Solaire. Pourquoi on peut enfin y croire.

30.08.2009 Yves Sciama LE TELEGRAMME

A condition de tirer le meilleur parti des ressources locales, de décentraliser au mieux la production, de trouver les bonnes solutions pour abaisser les coûts, il est désormais raisonnable de penser que le soleil fournira, dès 2030, une part de mix énergétique mondial équivalente à celle du nucléaire aujourd’hui, soit 16% environ. Avant de passer à 50% voire plus, vingt ans plus tard.

Premier défi relevé : la capacité à délivrer en permanence de grosses puissances, à l’instar des centaines de mégawatts (MW) d’une centrale thermique ou nucléaire.

La solution ? Des centrales solaires thermiques nouvelle génération, c’est-à-dire transformant la lumière en chaleur avant de conversion en électricité, sont désormais capables de stocker l’énergie sous forme de sels fondus dans d’énormes cuves pour continuer à tourner la nuit.

De telles installations géantes (de l’ordre de 25km²) construites dans les déserts, là où le soleil donne son maximum, vont offrir, pour la première fois, des puissances considérables. Mais relever le défi de la production de masse oblige donc à en relever un second : l’acheminement de l’électricité avec le moins de déperdition possible.

Des « autoroutes » de l’énergie

La solution : c’est le courant continu à très haute tension, qui laisse entrevoir des « autoroutes » de l’énergie, apportant, par exemple, le soleil du Maghreb aux mégalopoles d’Europe du Nord. L’idéal serait, puisque le soleil éclaire toute chose, de le puiser là où il est ! Reste à savoir comment …

Des capteurs ultraperformants, qui récupèrent des longueurs d’ondes de la lumière solaire encore inexploitées, auront par exemple pour vocation d’équiper de petites centrales d’appoint, ou pourront être installées sur les meilleurs sites, comme les toits des maisons.

Meilleur marché et écologique

Parallèlement à cette démarche l’industrie a fait un grand pas dans la réduction des coûts : elle fabrique des capteurs à base de plastique qui s’avère très bon marché. La souplesse de ces capteurs facilite également leur intégration : vitrages, stores, véhicules, équipements électroniques et même vêtements deviennent producteurs d’énergie.

De plus, la production de capteurs émet très peu de gaz à effet de serre : 50 g d’équivalent CO² par Km/h maximum émis lors de la fabrication des panneaux, soit vingt fois moins que le charbon ! En outre, l’énergie peut être produite localement sans dépendance vis-à-vis de fournisseurs capricieux.

Pas de problème non plus du côté des matières premières, du moins aujourd’hui : la silice, premier minéral nécessaire &aux capteurs solaires, existe en abondance sur terre.

Enfin, face au nucléaire, le solaire a des atouts à faire valoir. Pas de matières radioactives à manipuler, pas de combustible, pas de déchets problématiques et, en fin de vie, le démantèlement d’un panneau est facile et ses matériaux sont recyclables. Et nulle crainte de terrorisme ou d’accidents.

Peut-on alors réellement sortir le solaire de sa petite niche ? Pour croître rapidement, le solaire peut compter sur la « progression géométrique » : la surface de panneaux installés augmente d’au moins 30% par an depuis la fin des années 1970. Autrement dit, elle est multipliée au moins par treize tous les dix ans. Début 2008, la puissance photovoltaïque mondiale était de l’ordre de 10GW : soit celle d’une malheureuse dizaine de centrales nucléaires ou thermiques. Mais il suffit que ces chiffres se maintiennent, pour qu’avec 1000GW en 2030, le soleil dépasse l’atome en puissance instantanée.

Une volonté politique

Cela implique un « coup de rein » politique. Et justement, cette volonté semble aujourd’hui de mise outre-Atlantique.

Car c’est un véritable séisme qui secoue le monde de l’énergie depuis l’avènement de Barack Obama et, surtout, la nomination à la tête de la politique énergétique américaine de Stewen Chu.

Nobel de physique 1997, cet ex-directeur du programme de recherche Hélios, consacré au solaire et aux biocarburants de deuxième génération, est en effet un avocat déclaré des énergies renouvelables et de la cause climatique.

Technologiques, économiques, industriels, politiques…Tous les éléments sont réunis pour donner au soleil une place majeure dans le mix énergétique planétaire bien avant 2050. Mais un krach mondial retarderait certainement l’avènement du soleil comme source majeure d’énergie.

Pour combien de temps ? Impossible à dire. Ce qui est certain, en revanche, c’est que le soleil brillera pour nous pendant au moins 1,6 milliard d’années

17.09.2009

Non, l'ampoule basse conso n'est pas dangereuse

Non, l'ampoule basse conso n'est pas dangereuse

Par Sophie Verney-Caillat | Rue89 | 22/08/2009 | 12H20

« Les ampoules basse consommation émettent des ondes électromagnétiques, sont des mini-usines d'éclairage, et contiennent du mercure, toxique » : c'est ce que prétend Annie Lobé, qui se présente comme « journaliste scientifique » dans une longue pseudo-démonstration vidéo que l'on reçoit de plus en plus souvent, accompagnée du message « il ne nous reste plus qu'à nous éclairer à la bougie ».

Alors que les ampoules à incandescence sont sur le point de disparaitre de la circulation, il est tem ps de démonter la rumeur. (Voir la vidéo :

http://www.dailymotion.com/video/x9lecu_ampoules-basse-co... )

1 - Pourquoi cette rumeur ?

Dans la série des scandales des ondes cancérigènes, vieux comme le micro-ondes et récemment réactivés par la polémique sur les téléphones portables et leurs antennes-relais, les ampoules ne sont pas les pires.

Mais le 1er septembre prochain, les lampes à incandescence de plus de 75 watts, halogènes non claires et autres lampes vont être bannies de la vente (consulter le calendrier ci-contre). Et un marché plus vaste s'ouvre alors pour les lampes basse consommation, puisqu'elles deviennent la règle : sur les 180 millions de lampes vendues en 2008, les « basse consommation » ne représentaient que 30 millions. Elles sont vendues six fois plus cher (pour une durée d'utilisation prétendue au moins six fois supérieure).

Bref, tous les ingrédients sont rassemblés : un « marché de la peur » avec toutes les personnes inquiètes des ondes dégagées par tous les appareils électriques, une obligation d'achat et un marché de masse. Le « journalisme d'épouvante » peut commencer.

2 - Qui est Annie Lobé ?

On ne sait pour quelle obscure raison la journaliste Annie Lobé a pris l'initiative de cette vidéo amateur, qui a fait rire tous les scientifiques l'ayant vue. Auteure de « La Fée électricité », livre où elle donne ses conseils pour lutter contre la « pollution électrique », elle publie essentiellement aux éditions Santé Publique, qui n'ont pas répondu à nos sollicitations et ne nous ont donc pas permis de la joindre. Elle a été condamnée pour diffamation après un procès contre SFR pour avoir écrit « les gens meurent sous les antennes » .

Cela n'avait pas suffit à faire d'elle une journaliste connue… Mais depuis sa vidéo sur les ampoules, son nom est souvent cité en lien avec cette polémique résumée en « ampoule basse conso égale danger ». Sa rigueur journalistique s'illustre bien dans la dernière séquence de la vidéo, qu'on vous détaille (si vous n'avez pas le courage d'aller à la sixième minute) :

« Il y aurait actuellement un pic mondial de l'incidence du cancer de la prostate en Guadeloupe, où 350 000 lampes ont été acquises par 43 000 foyers au début des années 90 » (…) « Je vous conseille de ne pas utiliser ces ampoules basse conso. »

3 - Les lampes dégagent-elles des ondes ?

Oui, comme tous les appareils électriques. Le ballast électronique inclus dans l'ampoule et qui permet de produire la lumière en émet, mais dans des proportions jugées non dangereuses pour la santé. Le Scientific Committee on Emerging and Newly Identified Health Risks (SCEHNIR), organisme indépendant qui a publié pour la Commission européenne, a publié le plus récent et officiel rapport sur les risques liés à la sensibilité lumineuse.

Il prévient seulement les autorités contre l'exposition prolongée, dans des conditions extrêmes et à une distance inférieure à 20 cm, à la lumière de ces lampes dites « fluo-compactes », et met en garde contre d'éventuelles séquelles pour la peau et les yeux. Oui mais « ces lampes ne sont pas faite pour être collées à la joue, dès qu'on s'éloigne, le champ magnétique diminue considérablement », remarque le Syndicat de l'éclairage.

Ce n'est donc pas à 5 cm qu'Annie Lobé aurait dû faire ses mesures mais à 30 cm, et de toutes façons avec un autre appareil que un gaussmètre incapable de mesurer les ondes produites sous cette distance. La question de la mesure exacte de ces lampes est si complexe que l'Afsset (l'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail) vient d'y consacrer, à la demande de l'Ademe, Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie, un rapport d'une trentaine de pages.

A l'Ademe, Bruno Laffitte, l'expert en charge du sujet explique ainsi :

« Dans le but de rassurer le consommateur et d'actualiser les mesures sur les nouvelles lampes, l'Ademe va lancer des grandes campagnes de mesure du champ électromagnétique. »

Citons aussi cette mise au point de Martine Souques, médecin de santé publique à EDF, dans un article paru sur le site de la sérieuse Association française pour l'information scientifique (AFIS) :

« Les lampes basse consommation émettent des champs électromagnétiques dans plusieurs gammes de fréquences, de 50 Hz à 10 MHz. Cependant, les mesures effectuées dans ces différentes gammes (…) sont très inférieures aux niveaux indiqués dans la recommandation européenne de juillet 1999 sur l'exposition du public aux champs électromagnétiques. »

4 - Les lampes dégagent-elles du mercure ?

Oui, mais ce n'est ni nouveau ni un secret. La directive européenne ROHS impose un maximum de 5 mg de mercure par lampe. Le Syndicat de l'éclairage nous assure :

« Il faudrait des centaines de lampes fluo-compactes pour obtenir l'équivalent du contenu en mercure d'un thermomètre à l'ancienne. De plus, le contenu en mercure est passé en 20 ans de 100 mg par lampe à 2 à 5 mg aujourd'hui. »

Pour l'instant, on ne connait pas d'alternative au mercure pour produire des lampes peu énergivores. « L'avenir, ce sont sans doute les diodes électro-luminescentes (LED), tout le monde cherche la lampe du futur dans cette direction », nous dit-on au Syndicat de l'éclairage. Mais personne n'a encore trouvé…

Si le mercure était potentiellement dangereux, ce serait à l'occasion d'un bris de lampe. Mais les vapeurs qui sortent ne sont pas dangereuses à ces dosages, d'autant que le mercure s'incorpore dans le verre de la lampe au fur et à mesure de son utilisation et en fin de vie il y a encore moins de mercure dans la lampe.

5 - Faut-il recycler ces lampes ?

Rappelons enfin qu'il est impératif de les recycler une fois qu'elles sont arrivées à la fin de leur (longue) vie. Pour cela, la filière est organisée autour de Récylum, organisme collecteur agréé dont les points de collecte, sont disponibles sur ce site. Mais la filière a encore des progrès à faire et les consommateurs ne sont pas tous au courant. Il suffirait pourtant de lire sur l'ampoule qu'il est interdit de les jeter à la poubelle.

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10.09.2009

La Chine à la conquête des sources d'énergie

La Chine à la conquête des sources d'énergie

LE MONDE | 17.08.09 | 15h39  •  Mis à jour le 17.08.09 | 15h39

Shanghaï, correspondant

Depuis quelques mois, les géants chinois de l'énergie et des ressources naturelles sont pris d'une nouvelle frénésie d'achats, alimentée par la crise financière mondiale et par le rebond de l'économie chinoise, favorisé par un mégaplan de relance, qui a ouvert toutes grandes les vannes du crédit.

Quelque 13,4 milliards de dollars de contrats (9,5 milliards d'euros) ont été annoncés - mais pas forcément confirmés - depuis le début de l'année rien que dans le secteur des hydrocarbures, selon le consultant britannique Dealogic, soit 22 % de plus qu'il y a un an. Et c'est sans compter avec la dernière opération en cours de discussion : le rachat à l'espagnol Repsol YPF de ses 84 % dans YPF, le premier pétrolier argentin, pour 17 milliards de dollars, par un duo de pétroliers chinois, la CNPC et la Cnooc.

L'avancée des négociations, révélée par l'agence d'informations financières Dow Jones fin juillet, n'a pas encore fait l'objet de commentaires officiels. L'affaire est cependant loin d'être conclue, malgré l'endettement de Repsol YPF : le gouvernement argentin, qui n'a pas de part dans YPF, dispose en effet d'un droit de veto. En 2008, le gouvernement espagnol avait déjà bloqué la vente de 20 % de Repsol YPF au russe Gazprom. Et, en février, le chinois Sinopec avait aussi tenté, en vain, d'acquérir 20 % de Repsol YPF. Mais, si le rachat d'YPF se concluait, ce serait le plus gros investissement chinois à l'étranger de tous les temps.

Un succès chinois en Argentine pourrait faire tomber un verrou qui a pour l'instant maintenu les Chinois à distance d'actifs trop "voyants" par leur poids et la charge patriotique qui leur est associée : en 2005, Cnooc avait ainsi dû retirer son offre de 18,5 milliards de dollars sur le pétrolier américain Unocal à cause des réactions très négatives que ce projet avait suscitées aux Etats-Unis.

Mêmes déboires pour Chinalco, qui a dû renoncer, en juin, à doubler sa participation dans Rio Tinto, en grande partie à cause de considérations politiques : le géant de l'aluminium chinois doit pour l'instant se satisfaire des 9 % acquis en février 2008 pour 14 milliards de dollars dans le groupe minier australien.

Mais tout milite dans le sens d'un rôle accru des Chinois dans la course aux actifs énergétiques et miniers à travers le monde : en montrant la vulnérabilité de leurs placements financiers en bons du Trésor américain, la crise financière mondiale a rendu encore plus attrayants les investissements directs à l'étranger pour le recyclage des quelque 2 000 milliards de dollars de réserves monétaires chinoises. L'énergie et les ressources naturelles, dont la Chine a des besoins colossaux, en sont des cibles privilégiées.

ENTRÉE DANS LE GOTHA

Enfin, les Chinois reconnaissent qu'ils auraient tort de ne pas profiter d'un marché favorable aux acheteurs. "La crise nous offre des opportunités sans précédent", déclarait récemment, au China Daily, un cadre de la CNPC interrogé sur les affaires en cours du pétrolier chinois, présent dans vingt-neuf pays.

La liste des acquisitions ou des accords signés ces derniers mois par les compagnies chinoises témoigne de plusieurs évolutions, selon les analystes. Alors que les trois groupes pétroliers, qui sont tous contrôlés in fine par l'Etat, ont souvent été en concurrence les uns avec les autres par le passé, ils ne rechignent plus à allier leurs forces : c'est le cas de l'offre sur YPF, qui rassemble CNPC et la Cnooc, spécialisée à l'origine dans l'exploitation offshore. Ou encore, en juillet, du rachat par Sinopec et Cnooc d'un bloc off-shore en Angola à l'américain Marathon Oil, pour 1,3 milliard de dollars.

De plus en plus, des compagnies chinoises font également équipe avec des partenaires étrangers, signe de leur acceptation croissante par le gotha mondial du pétrole : en juin, c'est aux côtés de BP que la CNPC a remporté, face à ExxonMobil, l'exploitation du champ pétrolier de Rumalia en Irak. Shell était de son côté en lice aux côtés de Sinopec et CNPC, pour un autre des champs proposés, Kirkuk.

Au Venezuela, la CNPC collabore avec Total pour l'obtention de deux blocs pétroliers et la construction d'installations pour le traitement de pétrole brut lourd. Les résultats de l'appel d'offres, attendus le 14 août, ont été repoussés.

Les groupes étrangers tirent plusieurs avantages de cette coopération : ils profitent des capacités de financement chinoises, des économies sont possibles grâce aux faibles coûts de main-d'oeuvre, et ils espèrent de nouveaux contrats en Chine.

Le pilotage plus rationnel de la politique énergétique chinoise est, lui, le résultat direct de l'établissement, en juillet 2008, d'une sorte de super-ministère de l'énergie, la National Energy Administration (NEA), rattachée à l'agence de planification. Pourtant, selon certains analystes, Pékin paie parfois le prix fort : ainsi, l'offre de Sinopec sur le suisse Addax Petroleum, qui s'est conclue pour 7,2 milliards de dollars en juin, représentait une prime de 47 % sur le cours de l'action de la société, bien plus que ce qu'avait proposé son concurrent coréen.

Brice Pedroletti

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