16.11.2008

Les intempéries ont malmené l'environnement

jeudi 6 novembre 2008 16:00:00

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Les intempéries ont malmené l'environnement
Dans la Nièvre, quelque 70.000 personnes sont privées d'eau potable jeudi dans l'agglomération de Nevers et à Decize. Dans la Loire, une mini marée noire a été signalée mercredi dans un quartier d'Andrézieux-Bouthéon, où une partie des habitants ont dû momentanément quitter leur logement. En raison du risque de crues, la vigilance orange reste en vigueur jusqu'à vendredi matin sur les départements de l'Allier, de la Nièvre, de la Loire et de la Saône-et-Loire.

Météo France a maintenu jusqu'à vendredi matin quatre départements du centre de la France en vigilance orange en raison du risque de crue : l'Allier, la Nièvre, la Saône-et-Loire et la Loire. Après trois jours de montée des eaux de la Loire, le pic de crue a été atteint mercredi matin, selon des sources préfectorales. Mais la vigilance reste de mise car l'environnement a été fortement malmené par ces intempéries.

Dans la Nièvre, quelque 70.000 personnes sont privées d'eau potable dans l'agglomération de Nevers et à Decize et 90 habitants ont été évacués à la suite des crues de la Loire. Des "conteneurs d'eau potable et des distributions d'eau embouteillées sont mis à disposition de la population concernée", a précisé un responsable de la Préfecture. "Il faudra attendre encore 24 voire 48 heures" avant de retrouver une situation normale sur la région de Nevers, a-t-il ajouté.

Dans la Loire, la crue du fleuve du même nom a provoqué une mini "marée noire" dans un quartier d'Andrézieux-Bouthéon, où une partie des habitants ont dû momentanément quitter leur logement, l'air étant devenu irrespirable. La remontée en surface d'huile de vidange s'est en fait échappée de cuves de récupération d'un entrepôt d'une ancienne entreprise de transport.
Mercredi, la secrétaire d'Etat à l'Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, a assuré que l'instruction des dossiers de demande de reconnaissance de catastrophe naturelle allait être "accélérée". Elle a par ailleurs confirmé que le système d'alerte aux crues, qui avait fait l'objet de critiques, serait étendu à de plus petits cours d'eau comme le Gier, affluent du Rhône.

MSN

10.11.2008

EAUX DE BAIGNADE

Environnement
Eaux de baignade : la qualité s'est améliorée en 2008, selon le ministère de la Santé
publié le 29 octobre 2008

Selon le premier bilan de la saison balnéaire 2008 publié par les services du ministère de la Santé (Ddass), la qualité des eaux de baignade s'est améliorée par rapport à 2007. Plus de 3300 sites de baignade en eau douce et en eau de mer ont été contrôlés et près de 32.000 prélèvements réalisés. Ils ont été analysés en fonction de paramètres microbiologiques et chimiques et de contrôles visuels. 80% sont bons, 19% moyens et 1% mauvais.
Pour les 3.306 sites dont le classement a été calculé, 60,2% l'ont été en A (eau de bonne qualité), 36,2% en B (eau de qualité moyenne), 3,3% en C (eau pouvant être momentanément polluée) et 0,3% en D (eau de mauvaise qualité). Ainsi, 96,4% des eaux de baignade ont été jugées conformes, avec une qualité de l'eau meilleure en eau de mer qu'en eau douce (plus de 97% de conformité contre 95%). En 2007, le pourcentage de plages conformes était inférieur (94,3%). Celui des eaux de mer était de 95,7% et celui des eaux douces de 92,5%.
Mais ces chiffres ne satisfont pas les associations de défense de l'environnement. Selon France Nature Environnement (FNE), dont l'une des associations membres, Surfrider Foundation Europe, a réalisé récemment une étude sur la qualité des eaux littorales, "les résultats obtenus durant la saison balnéaire de 2008 ne reflètent pas une réelle amélioration". En effet, "ce mieux fait suite à deux moins bons", souligne FNE, puisque la qualité des eaux de baignade avait précédemment subi deux années de recul en 2006 et 2007. De plus, fait valoir l'association, le pourcentage de plages conformes annoncé pour 2008 est sensiblement le même que celui de 2005 (96,9%). "Nous ne pouvons nous satisfaire de cette situation", prévient FNE, en soulignant le fait que l'évolution générale de la qualité des eaux littorales est bien en deçà des exigences de la nouvelle directive 2006/7/CE sur la qualité des eaux de baignade. Selon la dernière étude de Surfrider Foundation Europe, si rien n'est fait, 1 plage sur 10 risque d'être fermée lorsque la directive entrera en vigueur en 2015.

Anne Lenormand

LOCALTIS

22.10.2008

BIODIVERSITE MARINE

mardi 30 septembre 2008 13:08:00

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La biodiversité marine
Dans Europe 1 Matin avec Marc-Olivier Fogiel, Christian Buchet consacre sa chronique "environnement" à la biodiversité marine à l'occasion de la Journée mondiale de la mer. A écouter et réécouter à la fin de cet article.
C'est aujourd'hui la journée mondiale de la mer, des mers et océans qui n'ont pas fini de nous surprendre...
Oui et c'est le moins que l'on puisse dire, si les espèces terrestres sont assez bien recensées, la biodiversité marine s'apparente encore à une Terra Incognita. Pensez que moins de 20% du fond des mers ont été explorés alors qu'elles représentent près des ¾ de la surface terrestre. Chaque semaine en moyenne, ce sont 35 espèces nouvelles qui sont découvertes dans les mers. Au dernier pointage, on en est à 1.746.000 espèces marines recensées alors que 10 millions d'espèces vivent dans les grandes profondeurs. La biodiversité marine, c'est plus de 80% de la biodiversité terrestre et l'un des plus extraordinaires paradoxes de la biodiversité marine, c'est que l'essentiel en est invisible (un peu comme la fameuse matière noire de l'univers). Plus de 90% des organismes marins sont microscopiques unicellulaires (d'un taille inférieure à 3 microns).
Cette biodiversité est formidable comme fond de tableau, mais nous sert-elle à quelque chose ?
Oh que oui ! Depuis 20 ans, les ressources marines sont à l'origine de 12.000 nouveaux produits chimiques. On ne cesse chaque jour de découvrir de nouvelles applications pour la santé, la cosmétologie. A l'Institut de France, tout à l'heure, la Fondation Daniel Jouvance remettra un prix à un jeune chercheur australien qui vient de mettre en évidence les propriétés étonnantes d'un mollusque marin : la CHITON, capable de biominéraliser du fer ce qui ouvre la voie à de nouveaux matériaux composites. Il y a peu, on a découvert qu'un ver marin, l'Arenicola Marina, dispose d'un sang très proche de l'hémoglobine humain, ce qui pourrait bien diminuer fortement dans un proche avenir la pénurie mondiale de sang. Que de raisons d'espérer quand l'on sait que l'on n'a pas inventorié plus de 20% de ce que les océans contiennent.
(Prix de Biologie Marine Daniel Jouvance 2006 attribué à Morgane Rousselot).

20.10.2008

SI LE METHANE REMONTE

Si le méthane remonte...
Par Gilbert Charles, mis à jour le 02/10/2008 - publié le 02/10/2008
Le dégel du pôle Nord inquiète. Car d'énormes quantités de ce gaz à effet de serre gisent au fond des mers arctiques.
Encore une nouvelle catastrophique ? Un chercheur suédois embarqué à bord d'un navire de recherche russe affirme avoir découvert pour la première fois des bulles de méthane s'échappant au large de la mer de Sibérie. Des quantités colossales de ce gaz à effet de serre 20 fois plus nocif pour le réchauffement du climat que l'oxyde de carbone s'accumulent dans les sédiments présents au fond des océans. Une bonne partie gît dans le permafrost et au fond des mers du cercle arctique, où il reste piégé par la glace et la pression, qui jouent le rôle d'un couvercle. Certains scientifiques redoutent que le dégel du pôle Nord ne libère ces gisements de méthane dans l'atmosphère, entraînant l'accélération brutale du réchauffement climatique.
Des expéditions océanographiques avaient mesuré des taux de méthane dissous dans l'eau 100 fois plus élevés que la normale dans la mer de Sibérie orientale et dans la mer des Laptev, mais n'avaient pas vu de bulles s'échappant dans l'atmosphère. Ce que vient d'observer Örjan Gustafsson, géologue de l'université de Stockholm, qui estime que le couvercle est en train de se fissurer.
« Il convient de mettre un bémol à ce cri d'alarme », tempère Jérôme Chappellaz, directeur adjoint du Laboratoire de glaciologie et géophysique de l'environnement (CNRS). Ce phénomène d'ébullition a déjà été observé en mer Noire : il est dû à l'oxydation du méthane par les bactéries dans la colonne d'eau. Mais il ne signifie pas forcément que le gaz soit dégagé dans l'atmosphère. Lors du précédent âge interglaciaire, il y a 130 000 ans, la Terre a connu un réchauffement important, mais l'analyse des carottes de glace de cette époque révèle que le taux de méthane dans l'air est resté stable.

30.09.2008

BIODIVERSITE

Environnement
L'implication des collectivités en faveur de la biodiversité au coeur du congrès des conservatoires d'espaces naturels
publié le 18 septembre 2008

Du 18 au 21 septembre, la Fédération des conservatoires d'espaces naturels et le Conservatoire des sites naturels de Picardie organisent à Chamouille (02) le 15e congrès national des Conservatoires d'espaces naturels (CEN). Ces structures étant présentes dans la plus grande partie des régions métropolitaires (et depuis peu également à la Réunion), nombre de conseils régionaux ont répondu positivement à l'appel de cette manifestation qui a lieu tous les deux ans. En tant que région d'accueil, la Picardie en profitera pour se positionner, selon l'expression de Christophe Lépine, secrétaire général de la Fédération des conservatoires d'espaces naturels, "en région leader dans la préservation des espaces naturels et où les actions déployées devraient intéresser l'ensemble des participants". Sur les 400 participants attendus, une forte majorité de gestionnaires d'espaces naturels ont pu dès aujourd'hui revenir sur les rapports qu'ils entretiennent avec ces collectivités. Qu'il s'agisse de soutiens financiers (le département de l'Hérault vient ainsi d'allouer cet été 47.777 euros au CEN du Languedoc-Roussillon), d'appui technique ou stratégique à la mise en réseau ou à la solidarité inter-réseaux, cette culture du partenariat se décline sous diverses formes dans le programme de ce congrès.

Un atelier technique se concentre plus particulièrement sur l'objectif de cohérence visé dès qu'il s'agit de "ressouder" entre eux des espaces naturels trop souvent disparates et morcelés. A l'heure où les régions Alsace et Nord-Pas-de-Calais développent leurs trames vertes et bleues, cet enjeu de maillage est au coeur de l'actualité. D'autant qu'il a été amplement repris par le Grenelle de l'environnement. Il implique toutefois des rapprochements en cours entre les acteurs territoriaux de la biodiversité. Et bien sûr de parler le même langage, en harmonisant au passage les méthodes et les modes de valorisation des données récoltées dans ces espaces naturels. Un éclairage est aussi prévu sur les expériences collectivement menées à l'étranger pour les préserver. La prise en compte de la biodiversité par les politiques territoriales s'étant fortement développée et le projet de loi Grenelle I ouvrant la voie à de nouveaux modes de gouvernance, un atelier portera enfin sur les dynamiques et les outils de planification proposés par les collectivités.



Morgan Boëdec / Victoires Editions

LOCALTIS

28.09.2008

INOVER POUR ACCUEILLIR DURABLEMENT

Environnement
"Innover pour accueillir durablement", mot d'ordre du prochain congrès des parcs naturels régionaux
publié le 17 septembre 2008

Environ 600 personnes sont attendues du 8 au 10 octobre à La Bourboule, dans le parc naturel régional des Volcans d'Auvergne, pour le Congrès 2008 des parcs naturels régionaux qui aura pour thème central "Innover pour accueillir durablement". Au cours de deux forums, cinq ateliers et douze circuits-découvertes, les représentants des 45 parcs et leurs partenaires (ministères et services déconcentrés, organismes de protection de l'environnement et de développement rural, chambres consulaires, collectivités locales...) pourront débattre autour des démarches et des conditions d'accueil des différents publics, qu'il s'agisse de la clientèle touristique ou des nouvelles populations attirées par les territoires d'exception que sont les parcs. Un marché aux initiatives permettra par ailleurs de présenter une trentaine d'actions innovantes des parcs et de leurs partenaires sur tous leurs domaines d'intervention.

Hasard du calendrier, le congrès des parcs naturels régionaux se déroulera en pleine discussion du projet de loi Grenelle 1 au Parlement. Cette édition 2008 sera l'occasion de présenter le résultat de l'appel à projets innovants lancé par le ministre de l'Ecologie auprès des parcs lors de l'édition 2007 pour tester les mesures envisagées par le Grenelle autour de trois enjeux majeurs (qualité des paysages périurbains, trame écologique, plans climat). Enfin, à l'occasion de ce Congrès 2008, les parcs signeront trois conventions de partenariat, avec la Fédération des conservatoires d'espaces naturels, le Réseau des grands sites de France et les Villes d'art et d'histoire.

A.L.
LOCALTIS

09.09.2008

POLLUTION EN ARCTIQUE

En Arctique, les pics de pollution au charbon datent d'il y a cent ans

Jean-Luc Nothias
20/08/2008 | Mise à jour : 12:10 | Commentaires 21 .

Le décryptage du contenu des carottes glaciaires apporte des informations précieuses sur l'histoire du climat, la pollution et la circulation atmosphérique. Crédits photo : ASSOCIATED PRESS
Une carotte glaciaire forée au Groenland chiffre la pollution aux métaux lourds due à l'activité humaine depuis 1772.

On ne peut presque rien leur cacher : les calottes glaciaires notent scrupuleusement tout de l'état de l'atmosphère et de l'industrieuse activité de l'homme à la surface de la Terre. On sait, depuis quelques années déjà, comment lire dans ces archives glaciaires. Et on a ainsi pu reconstituer cette année la teneur en gaz à effet de serre de l'atmosphère terrestre lors de ces 800 000 dernières années. Le plus récent exemple d'étude de ces archives glaciaires est apporté par une équipe de chercheurs américains du Desert Research Institute de Reno dans le Nevada et concerne la pollution aux métaux lourds (thallium, cadmium et plomb), due aux activités industrielles : la séquence complète des taux de cette pollution de 1772 à 2003 (publication dans les PNAS ) a ainsi été reconstituée.

Pour cela, rien de plus facile. Il faut tout d'abord extraire une carotte de glace de 115 m de longueur et de 10 cm de diamètre. Dans le cas présent, le forage a eu lieu dans la partie sud du Groenland. Il faut ensuite la couper en cinq dans le sens de la longueur et analyser le contenu des cinq «ficelles». Pour y trouver deux types de renseignements. D'une part pour dater centimètre par centimètre toute sa longueur, d'autre part pour analyser la teneur en métaux lourds et en carbone de chacun de ses centimètres. Et d'établir une correspondance. La datation se fait par une technique mettant en jeu une trentaine d'éléments chimiques au cycle reconnaissable. La teneur en métaux lourds se fait au spectromètre de masse.


Impact environnemental

Et les résultats sont assez spectaculaires. Première constatation, la pollution aux métaux lourds pendant cette période est essentiellement due à l'utilisation humaine du charbon. Deuxième constatation, cette pollution est plus élevée qu'on ne le pensait au début du XXe siècle. Elle est ainsi dix fois plus importante qu'au début de l'ère industrielle, dans le cours du XIXe siècle. Mais l'étude montre aussi que les métaux lourds ont des taux de deux à cinq fois plus bas durant les dernières décennies. La pollution a donc reculé.

Mais attention, soulignent les auteurs de l'étude, la position du forage au Groenland fait qu'elle reflète l'activité humaine de l'Amérique du Nord et de l'Europe. Où le contrôle accru des rejets toxiques et la diminution de l'utilisation du charbon ont été très marqués à la fin du XXe siècle. Ce qui n'est pas le cas du côté océan Pacifique de la calotte glaciaire arctique. Et l'on sait que nombre de pays asiatiques en pleine croissance, dont la Chine, utilisent beaucoup le charbon. Il faudrait donc effectuer ce type de recherche glaciaire ailleurs qu'au Groenland. D'autant que l'on ne connaît pas vraiment l'impact sanitaire et environnemental de ces métaux lourds. À suivre.

01.09.2008

Investissements insufisants en Afrique....

Investissements insuffisants en Afrique pour protéger l'environnement
AFP - Dimanche 24 août, 16h56
ACCRA(AFP) (AFP) - L'Afrique, continent le plus vulnérable au changement climatique, ne bénéficie pas suffisamment d'investissements dans des projets respectueux de l'environnement, ont regretté dimanche des experts participant à une conférence de l'ONU sur le climat au Ghana.
"De nombreux négociateurs africains ont fait part de leur inquiétude sur le fait que l'actuel système n'apporte que peu de vrais bénéfices pour le continent", a déclaré à l'AFP Yvo de Boer, secrétaire exécutif de la Convention des Nations unies sur les changements climatiques (CNUCC).
"Un rapide coup d'oeil au nombre de projets dans le cadre des mécanismes de développement propre (MDP) qui est appliqué en Afrique semble le confirmer", a-t-il ajouté, en marge d'une conférence de l'ONU qui se tient à Accra depuis jeudi et doit se terminer mercredi.
Les MDP permettent aux pays développés de compenser une partie de leurs émissions en investissant dans un projet "propre" au sud portant sur l'énergie, les déchets, les industries lourdes particulièrement émettrices de gaz à effet de serre ou, dans une moindre mesure la reforestation.
Ce mécanisme est prévue par le Protocole de Kyoto contre le changement climatique, conclu en 1997.
"La valeur totale des projets en Afrique financés par le Fonds pour l'environnement mondial au cours des dix-sept dernières années est de 378 millions de dollars, alors que la valeur des projets à l'échelle du monde est de plus de 2,4 milliards de dollars, ce qui reflète le manque de subventions pour le continent", a noté M. de Boer.
"Seulement 2% des projets CDM dans le monde se trouvent en Afrique, ce qui est inacceptable, contre 45% en Chine, 16% en Inde et 13% au Chili", a affirmé de son côté Ewah Otu Eleri, qui dirige le Centre international pour l'énergie, l'environnement et le développement, basé au Nigeria.
"Les règles pour accéder aux MDP sont trop rigoureuses pour les pays africains", a-t-il estimé.
Paul Watkinson de la délégation française a aussi reconnu que "les MDP bénéficient plus aux économies émergentes comme la Chine et l'Inde qu'à l'Afrique en raison de leur taux rapide de développement et des conditions stables des investissements".

27.08.2008

QUE PENSEZ VOUS DE NOS COTES

CLIMAT. LA FIN DU GULF STREAM ?
Le Télégramme entame aujourd’hui une série consacrée au climat. Dans ce premier volet, il est question de la perte d’influence du Gulf Stream lié au réchauffement climatique. Mais la Bretagne ne devrait pas hériter pour autant du climat du Canada, qui se trouve à la même latitude!
La banquise du Pôle Nord et les glaciers terrestres, du Mont-Blanc à l’Antarctique, sont en train de fondre sous l’effet de l’augmentation de la température terrestre (près d’un degré en France durant le XX e siècle). Conséquence : des eaux douces et froides se déversent en masse dans les océans, perturbant le régime des courants.

Des eaux douces et froides, émanant de la fonte de la banquise du Pôle Nord et des glaciers, se déversent dans les océans et perturbent les courants. Ainsi, le Gulf Stream pourrait, d’ici la fin du siècle, perdre de sa force et remonter beaucoup moins au nord.

« Imaginez un tapis roulant géant qui fait le tour de la Terre. Son moteur - thermohaline - fonctionne sous l’effet de la rencontre entre les eaux chaudes et les eaux froides, mais aussi en fonction de la densité en sel. Ce système complexe et subtil se dérègle si on modifie l’un des paramètres », explique Jean Jugie, directeur de l’Institut Polaire de Brest. Le Gulf Stream, qui véhicule la chaleur accumulée au niveau de l’équateur jusqu’à la Norvège, commence ainsi à être touché et pourrait, à la fin du XXI e siècle, perdre de sa force et remonter beaucoup moins au nord.
Ni iceberg ni glacier en Bretagne
La Bretagne va-t-elle donc perdre sa légendaire douceur et connaître des hivers de type canadien ? « Non », répond catégoriquement Paul Treguer, chercheur à l’Université de Bretagne Occidentale, désolé de mettre fin au mythe de l’effet adoucissant du Gulf Stream, si présent dans l’imagination populaire et tant vanté dans les syndicats d’initiative : « Ce n’est que partiellement vrai. Ce courant ne joue un rôle qu’à hauteur de 20 %. Ce sont principalement les vents qui sont responsables de cette douceur. Ces vents, qui font le tour du Globe, sont déviés par les Rocheuses et traversent l’Atlantique en diagonale avant de remonter vers le Nord. Même si l’on tient compte d’une réduction d’impact du Gulf Stream estimée à 30 % en 2100, cela ne se traduirait que par un déficit global du système de 6 %. Et, dans le cadre d’un réchauffement global cela ne devrait pas trop se sentir en Europe de l’Ouest. Bref, ni glacier ni iceberg en Bretagne mais ce ne sera pas la même chose en Norvège. De même, la sécheresse généralisée n’est pas à envisager, mais plutôt des étés chauds ».
Montée des eaux : jusqu’à 60 m ?
Il n’en sera pas de même dans les régions du sud de la planète, d’ores et déjà marquées par une intensification des périodes et l’extension des zones de sécheresse. Mais d’autres dangers menacent la planète du fait de la fonte des glaces. Notamment la montée des océans. « La fonte de la banquise, qui est de l’eau de mer gelée, n’a aucune incidence sur le niveau général ; c’est comme un glaçon dans un verre d’eau ». En revanche, celle des glaciers continentaux - qui reculent de 250 m par an dans l’Antarctique - est plus préoccupante. « Si la calotte du Groenland disparaissait totalement, le niveau monterait de 6 m, et de 60 m en cas de fonte de celle de l’Antarctique. Mais à moyen terme, ce n’est pas envisageable car ces calottes mesurent respectivement 2 et 3 km d’épaisseur, l’Antarctique représentant 14 millions de m² (30 fois la France), ce qui représente 70 % des ressources en eau douce de la planète », explique Jean Jugie.
Les océans, puits à CO2
Mais à plus long terme, l’hypothèse d’une fonte totale n’est pas à écarter ; le Groenland (baptisé « terre verte » par les Vikings qui l’ont découvert au X e siècle) s’est déjà retrouvé sans glaces dans le passé. Mais, à l’horizon 2100, les experts prévoient une montée moyenne des eaux de 20 à 90 cm, correspondant à un réchauffement estimé entre 1,1 ° et 5,8° ; qui s’ajouterait aux 10 à 20 cm déjà constatés au XX e siècle. A ces désastres, qui toucheraient des millions d’hommes dans les zones littorales (les plus riches) s’ajoute un autre effet dévastateur du réchauffement sur l’océan : une baisse de sa capacité de puits à CO2. La moitié du dyoxide de carbone est, en effet, piégée par les eaux froides à de grandes profondeurs. Si le système se dérègle, ce CO2 va être dégazé dans l’atmosphère et réalimenter la pompe de la machine infernale. Une pompe à chaleur qui contribue aussi à acidifier les océans. D’où le blanchiment des coraux, ce qui réduit leur capacité d’épuration et à terme de refuges à poissons. Des poissons chassés aussi par la chaleur vers le nord à la quête de nourriture. On le verra dans la suite de ce dossier.

CLIMAT. LES POISSONS MIGRENT AU NORD
Pour résister au réchauffement des océans, le plancton et les poissons migrent vers le Nord ou s’enfoncent dans les profondeurs. Les poissons tropicaux et méditerranéens vont-ils s’installer sur les côtes bretonnes ?
Balistes et sars font désormais partie du paysage local. Il y a cinq ans, ils étaient rares dans nos contrées. Il y a dix ans déjà, Jean-Claude Quero, d’Ifremer, avait mis en évidence une remontée d’une douzaine d’espèces de poissons tropicaux vers nos latitudes. Phénomène que le chercheur mettait en relation avec un réchauffement d’environ 2°C des eaux atlantiques au niveau de l’Espagne et une hausse des températures moyennes de 1,4 °C dans le golfe de Gascogne. Samuel Iglesias, du laboratoire du Museum d’Histoire naturelle de Concarneau (29), reste prudent : « Il est difficile de faire la part des choses entre les faits ponctuels, la surpêche et les conséquences du réchauffement. On voit des espèces qui apparaissent dans un secteur et qu’on ne revoit plus l’année suivante ». Travaillant sur le recensement de tous les poissons de l’Atlantique européen, de la Méditerranée et de l’Afrique de l’Ouest, le chercheur a relevé des cas étonnants parmi les 260 espèces repérées (sur 1.500) : « Le cas de ce poisson volant (compère boune) capturé par un pêcheur à Concarneau durant la sécheresse de 2003 ou la première capture d’une calicagère blanche, en 2006, aux Glénan. Mais c’est insuffisant pour relier leur présence au réchauffement ».


Les pêcheurs retrouvent de plus en plus dans leurs filets des espèces auparavant rares en Bretagne.
Les pêcheurs retrouvent de plus en plus dans leurs filets des espèces auparavant rares en Bretagne.
La blennie, un bon indicateur
En revanche, selon Samuel Iglesias, la présence de blennies paon pourrait constituer un bon révélateur de modification du climat : « Inconnue en Bretagne jusqu’en 1986, cette espèce est devenue dominante au Poulduan près de Concarneau. C’est intéressant car c’est une espèce côtière qui progresse par petits bonds. C’est donc plus fiable que les gros migrateurs ». A suivre donc. Et si la tendance au réchauffement se confirme ? Les nouveaux venus prendront-ils la place des espèces locales, comme les poissons de la Mer Rouge qui ont envahi la Méditerranée orientale par le canal de Suez ? « La nature évolue en permanence et les poissons ont une capacité d’adaptation et de migration très rapide. Le problème, aujourd’hui, c’est que l’activité humaine fait accélérer le phénomène. Ce qui m’inquiéterait le plus, ce n’est pas la baisse des stocks ou le déplacement mais la disparition d’espèces car c’est irrémédiable ».
Plus assez d’oxygène ?
Cette hypothèse n’est pas écartée dans la Mer du Nord. Deux chercheurs allemands affirment que la survie des poissons dans cette zone « est menacée par le réchauffement climatique car il provoque une baisse de la quantité d’oxygène ». Ils ont démontré, en laboratoire, un taux de mortalité supérieur et un ralentissement de la croissance dès que l’eau dépasse les 17 ° C, la survie étant compromise au-dessus des 21 ° C. Inquiétant quand on sait que les prévisions évoquent une augmentation de 1, 5 ° C à 4° C de la température des eaux de surface dans ces parages d’ici à 2080. La hausse de 0,6 ° C constatée entre 1962 et 2001 a déjà entraîné une réaction des poissons. Une douzaine d’espèces, dont la morue, ont remonté de 50 à 400 km vers le Nord, selon les constats de biologistes britanniques, en 2005 (*). Ce qui conforte les travaux de Grégory Beaugrand (CNRS) affirmant « qu’il y a un lien entre le déplacement des poissons et la migration de certaines espèces de plancton vers les secteurs les plus froids ».
Les coraux sentinelles
Une fraîcheur que certains poissons, dont le carrelet, vont chercher dans les profondeurs ; là où la température restera, quoi qu’il arrive à 4 °C. Mais, là aussi, des menaces se font jour ; l’acidification des océans liée au CO2 pourrait attaquer les récifs de coraux qui se trouvent entre 500 et 1.000 m de profondeur au large de la Norvège. « On ne sait pas encore pourquoi mais ces coraux sont de grosses zones de reproduction de poissons. Peut-être parce qu’ils sont situés là où passent les courants les plus forts et donc les plus chargés en nutriments », s’interroge Norbert Franck, du CNRS. Quoi qu’il en soit, les experts s’inquiètent pour l’avenir de cette mer, jusqu’alors l’une des plus productives du monde, très riche en bons nutriments, mais surexploitée. L’avenir de la pêche est clairement posé dans le secteur. La tentation (ou l’obligation) serait alors d’aller pêcher dans les profondeurs. L’homme en a les moyens ; mais à quel coût ? A moins que, selon certaines prévisions, l’océan Arctique, débarrassé de sa calotte, l’été, dans dix-quinze ans, ne devienne une grande zone de pêche, mais aussi de trafic maritime et d’exploitation pétrolière...

* Le Monde du 21 mai 2005. A suivre : Le cormoran touché par la faim ?

Hervé Queillé

SAUMONS : LES MALES PLUS ASSEZ « SEXY » ?
Des saumons qui migrent vers la mer dès la première année ; d’autres, sexuellement mâtures mais qui n’intéressent pas les femelles, car trop petits... Conséquence du réchauffement du climat ?
Jean-Luc Baglinière, de l’Unité mixte de recherche « Ecobiologie et qualité des hydrosystèmes de l’INRA Rennes, n’en a aucune preuve : « Le facteur température n’est sans doute pas étranger mais les aménagements et pratiques agricoles sur les bassins-versants expliquent aussi ces comportements ; l’apport supplémentaire de nitrates améliore la productivité de la rivière en algues et invertébrés. Avec un taux de croissance plus rapide, le poisson raccourcit sa phase juvénile. Au lieu de rester deux ans en eau douce, il migre après une seule année, mais à une taille plus petite (13-14 cm au lieu de 16-18 cm) ce qui influe sur sa survie en eau de mer ». Ce taux de croissance induit aussi une augmentation de mâles sexuellement mâtures avant leur migration.
Des femelles de 70 cm pour les mâles de 15 cm
En revanche, la femelle, qui a besoin de davantage de nourriture, continue à aller en mer pour s’alimenter. « On risque de voir des femelles de 70 cm revenir en eau douce frayer avec des mâles de 15 cm ! Pour l’instant, il y a encore de gros mâles. Mais pondront-elles encore des œufs si les partenaires n’ont plus la taille requise pour les stimuler ? » D’autant plus inquiétant que le colmatage des fonds des rivières, dû à l’érosion des terres, réduit le taux de survie des œufs et alevins par manque d’oxygène. Les femelles sont aussi de moins en moins nombreuses à revenir de la mer (eaux plus chaudes, moins de nourriture ?). « On ne voit plus de saumon de trois ans revenir et de moins en moins de deux ans », souligne Jean-Luc Baglinière. Mais difficile de tirer des conclusions : « Certaines années, les précipitations sont si violentes qu’elles nettoient les fonds de rivières. On a alors des années de reproduction dignes de l’Ecosse ! » Pour autant, « l’espèce n’a-t-elle pas son avenir derrière elle ? Saura-t-elle s’adapter ? » Dans le cas contraire, l’alose, de plus en plus présente dans nos rivières, grosse pondeuse et résistant à la chaleur, aurait un boulevard tout tracé.


Hervé Queillé
PLUS DE PLUIES AU NORD, PLUS DE SECHERESSES AU SUD
Des précipitations plus importantes et plus violentes l’hiver au nord, et des saisons estivales plus sèches au sud du pays : telle est la tendance qui se dessine en France pour les prochaines décennies. « Il nous reste à affiner en fonction des impacts locaux », précise Alain Beuraud, responsable de la valorisation de la recherche à Météo France.

Le climat de Montpellier à Paris ?
« Ce n’est pas simple car le maillage de références n’est pas toujours très fin. Néanmoins, on sait qu’il n’est plus très judicieux de construire une station de ski à 1.500 m ou de cultiver du maïs dans le Sud-Ouest. On va devoir aussi construire des maisons bioclimatiques, pour rendre la vie supportable face à des périodes plus importantes de canicule ». Certains modèles prévoient, en effet, pour la région parisienne le climat de Montpellier, en 2080. Quoi qu’il en soit, selon Serge Planton, responsable du groupe de recherche climatique à Météo France, « en 2100, le nombre de jours à plus de 35º passerait en moyenne de un, aujourd’hui, (quatre dans le Sud-Est) à trente avec une canicule du type 2003 un an sur deux. Pour la sécheresse, on passerait de vingt jours, pour la période estivale la plus longue, à trente pour le scénario le plus pessimiste ». Ce qui aurait des répercussions sur la ressource en eau, les pluies d’hiver ne compensant plus le déficit estival.
Plus d’humidité en Afrique de l’Ouest ?
Les tendances sont identiques au niveau mondial, avec des précipitations hivernales plus importantes en Scandinavie et sur l’Equateur. Le bassin méditerranéen, lui, sera touché par la sécheresse. Sécheresse qui s’aggravera dans les zones déjà frappées par ce fléau, notamment le Sahel. « Mais des incertitudes demeurent sur l’Afrique de l’Ouest (Niger, Bénin). Ces pays bénéficieront-ils des courants porteurs d’un air plus chargé en humidité ? », s’interroge Alain Beuraud. Quant aux cyclones, « leur fréquence ne devrait pas augmenter significativement mais leur intensité moyenne, oui ».
H.Q.
CLIMAT. LE CORMORAN TOUCHE PAR LA FAIM
Le cormoran huppé se raréfie sur nos côtes faute de nourriture. Le début de la fin - et de la faim - pour cette espèce emblématique en Bretagne, mais aussi pour d’autres espèces d’oiseaux marins contraints de s’adapter rapidement... pour ne pas disparaître.
« On s’y attendait. Depuis 2004, les collègues britanniques sont confrontés à la disparition dramatique de dizaines de milliers de sternes, mouettes, cormorans et guillemots et ils s’attendent au pire chaque année. Chez nous, le manque de ressource se faisait sentir depuis trois ans. Cette année, c’est devenu critique pour le cormoran huppé qui ne trouve plus à manger et ne peut nourrir ses petits...». Gilles Bentz, responsable de la station de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) de l’Ile Grande (22), n’est guère optimiste.
Petit réchauffement grosses conséquences
Avec les précautions d’usage, mais sans ambiguïté, les scientifiques relient cette fuite vers le Nord du plancton et des lançons, nourriture des oiseaux de mer, au changement climatique : « D’autres facteurs peuvent jouer. La tempête du 10 mars dernier a stoppé net le processus de reproduction des cormorans au Cap Fréhel. De même, la surpêche explique, en partie, la raréfaction de certaines espèces de poissons.

Le manque de ressource touche particulièrement le cormoran huppé qui est un oiseau casanier et ne s’éloigne guère de quelques milles pour aller chercher à manger.
Mais toutes les observations montrent qu’un faible réchauffement de l’eau de mer (1 °C) peut avoir des incidences prononcées sur la chaîne alimentaire », explique Bernard Cadiou, biologiste à Bretagne Vivante.
Menaces sur les Sept-Iles
Une rupture de chaîne clairement à l’origine du dépeuplement des rochers des Sept-Iles. « Il y a dix ans, nous avions 350 couples de cormorans huppés avec une moyenne de trois jeunes par nichée », souligne Gilles Bentz. « Il en reste 200 qui ont construit peu de nids, avec peu de jeunes à l’envol. La situation est également préoccupante pour le guillemot de Troïl... dont il ne reste plus que 200 couples en France, essentiellement au Cap Fréhel et un peu aux Sept-Iles. Idem pour le pingouin torda, avec 24 couples chez nous sur 40. Les macareux, eux, ne sont plus que 50 ». À cette allure, il estime que ces espèces sont menacées de disparition : « Particulièrement le cormoran huppé qui est casanier et ne s’éloigne guère que de quelques milles pour aller chercher à manger. Contrairement au fou de Bassan qui peut parcourir plusieurs centaines de kilomètres dans la journée ».
Question de survie
« À un moment, lorsque la ressource est trop éloignée, l’oiseau est obligé d’assurer sa propre survie et d’utiliser le poisson pour son énergie. Soit il ne s’engage pas dans le processus de reproduction, soit il interrompt le cycle, abandonnant les œufs. Et même si le processus va au bout, on assiste à une très forte mortalité des poussins », confie Bernard Cadiou. Et ce ne sont pas les espèces qui remontent du sud, qui remplaceront les lançons : « Les syngnathes sont moins riches d’un point de vue nutritionnel. De plus, leur morphologie osseuse fait qu’ils sont quasiment impossibles à ingurgiter par les jeunes oiseaux ».
L’oiseau des éléphants à Goulven !
À plus ou moins long terme, ces espèces sont menacées et condamnées à s’adapter, à d’autres nourritures et à d’autres lieux de reproduction. Mais, « en auront-elles le temps, les changements se déclinant désormais en décennies et non plus en millénaires ? ». Cette accélération inquiète également Philippe Dubois. L’ornithologue relève, toutefois, des signes d’adaptation des espèces terrestres ; notamment la remontée d’oiseaux du Sud vers nos contrées : « Le héron garde-bœuf, que l’on voit sur le dos des éléphants ou des rhinocéros, est aujourd’hui présent dans la baie de Goulven ». À l’inverse, les canards, autrefois très nombreux en Bretagne, hivernent désormais en mer du Nord ou Baltique : « Avec 2.000 km dans les ailes, au lieu de 3.600 km, ils sont en meilleure forme pour revenir sur leurs terres arctiques et se reproduire ».
Les oiseaux : des alarmes
Migrer plus tôt, aussi, pour ne pas arriver après l’éclosion de la végétation et des chenilles, de plus en plus précoce au printemps. Tel est le défi de tous les migrateurs. Tous n’ont pas encore régulé leur horloge biologique (lire ci-dessous). Mais, à court terme, c’est le sort les oiseaux de mer qui tracasse Philippe Dubois : « On est forcément amenés à se demander si ce qui se passe avec les oiseaux ne préfigure pas ce qui pourrait nous arriver demain ». Quelle meilleure alarme, en effet, pour signaler que l’homme, en bout de chaîne alimentaire, pourrait, lui aussi, se retrouver en déficit de nourriture. Surtout si l’augmentation de température de 3 à 4 °C se confirme à la fin du siècle.



À suivre : La révolution silencieuse de la faune et de la flore

Hervé Queillé

LE GOBE-MOUCHES NOIR ARRIVE APRES LA BATAILLE
Le gobe-mouches noir est-il condamné à disparaître s’il n’arrive pas à remonter assez tôt d’Afrique de l’Ouest où il hiverne ? Parviendra-t-il à recaler son horloge interne sur des printemps de plus en plus précoces ?
L’exemple de ce petit passereau constitue un véritable cas d’école témoin du changement climatique, estime Philippe Dubois. Quand il arrive dans nos forêts, l’activité de la végétation est déjà bien engagée, de même que le pic d’émergence des insectes ; notamment les chenilles qui sont prêtes à se transformer en papillon ou qui ont déjà franchi le pas. Résultat : le gobe-mouches n’a plus grand-chose à gober pour manger et nourrir ses petits. Certes, selon une étude réalisée aux Pays-Bas, il a avancé sa date de ponte d’environ dix jours. Mais, du coup, il ne bénéficie plus de période de repos.
S’adapter ou disparaître
Fatigué, stressé, moins nourri, le passereau a du mal à assurer sa reproduction. Les chercheurs néerlandais ont démontré qu’en 16 ans (entre 1987 et 2003), 90 % d’une population de gobe-mouches noirs avait disparu là où le pic d’abondance des insectes était plus précoce (début mai). C’est donc une course contre la montre qui est lancée pour la survie du gobe-mouches noir, comme bon nombre de migrateurs. « Ce sera s’adapter ou disparaître », affirme Philippe Dubois, « mais on ne sait pas si une telle évolution peut se faire en si peu de temps. Et c’est d’autant plus complexe qu’il semble que le problème ne soit pas à considérer par espèce, mais par population. Il a ainsi été démontré que des mésanges charbonnières, les unes en Grande-Bretagne les autres aux Pays-Bas, ne réagissent pas de la même manière face à la précocité du pic des insectes ; et ce à 250 km de distance ! ». D’autant moins simple à réguler que les dates de retour sont aussi influencées par les conditions météo, notamment de température, durant le voyage.

23.08.2008

DES MANCHOTS s'échouent au Brésil

Faune - Plus d'un millier de manchots s'échouent au Brésil



• Plus de mille six cent manchots de Magellan se sont échoués, au Brésil, à 2.000 kilomètres de leur route habituelle de migration.
• Un phénomène qui pourrait être dû au réchauffement climatique.
Maud DESCAMPS - le 13/08/2008 - 11h00

"C'est du jamais vu ", a déclaré Sheila Serra, biologiste de l'institut des mammifères aquatiques de Salvador après que plus de six cent jeunes manchots de Magellan se sont échoués, au Brésil. Mourants ou déjà morts, ils étaient à 2000 kilomètres de leur route habituelle de migration, déportés par un courant marin plus chaud et plus agité que la normale. " 1647 manchots, dont 69 déjà morts, ont échoué sur les plages de Salvador de Bahia (nord-est) depuis un mois", a précisé la biologiste de l'ONG qui travaille à la réhabilitation de ces oiseaux noir et blanc. Le plus grand échouage de ce type de manchots remonte à 2001, n'avait concerné que 20 individus.

Les manchots de Magellan (Spheniscus magellanicus) qui se reproduisent en larges colonies dans le sud de l'Argentine et au Chili quittent ces régions pour migrer vers le nord entre mars et septembre, suivant les bancs de poissons. La limite naturelle des courants marins est le littoral de l'Etat de Rio de Janeiro et il n'est pas rare de voir des oiseaux exténués sur les plages touristiques de Rio. Mais cette année les manchots sont allés bien plus au nord et se sont même échoués jusqu'à Natal, l'état du Rio Grande do Norte, près de l'équateur.

La Nina à l'origine du phénomène

"A Salvador, c'est une colonie entière de manchots qui est arrivée le 18 juillet dernier", a souligné Mme Serra. Presque tous les manchots trouvés sur les plages du nord-est du Brésil étaient jeunes et affamés et ont été pris en charge dans un état d'extrême faiblesse. Arrivés en état d'hypothermie leur température est stabilisée à 39 ou 40 degrés. Ensuite les manchots sont hydratés et maintenus au chaud sous des lampes. Après quelques jours de soins, les animaux s'alimentent à nouveau par eux-mêmes. "Au début on les aide en leur enfonçant le poisson dans la gorge et après ils mangent seuls", souligne la biologiste ajoutant que "des 578 manchots trouvés en vie sur les plages de Salvador, 189 sont morts au cours des premiers soins".

Selon Sheila Serra, le phénomène climatique La Niña, lié au réchauffement de la planète, serait à l'origine de l'échouage des oiseaux au nord-est du Brésil."Avec le changement de dynamique des courants marins, celui des Malouines qui baigne le sud du Brésil est monté jusqu'au nord-est, entraînant avec lui les manchots qui ont perdu leur route", a déclaré la biologiste. D'autres experts expliquent cet arrivage par la sélection naturelle."Cet événement semble être d'origine naturelle et il a déjà été observé à deux ou trois reprises au cours des 20 dernières années, entraînant la mort de milliers d'oiseaux. Cependant, cette fois nous avons été particulièrement surpris par l'énorme augmentation de leur nombre", a déclaré Valeria Ruoppolo du Fonds international pour la protection des animaux (IFAW).

Pour retrouver leurs forces et l'état de santé nécessaires pour être remis en liberté dans l'océan, les manchots passent du temps à nager. Fin septembre, ils seront transportés par avion militaire du centre animalier de Salvador jusqu'à Arraial do Cabo, dans l'Etat de Rio, pour reprendre la migration en direction de la Patagonie. Quelque 200 oiseaux trouvés à Rio et réhabilités dans un zoo local se joindront à eux.

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