21.11.2009

Alourdir l'impôt

Alourdir l'impôt

par thierry c., ouvrier

15.11.09 LE MONDE

Je sais que je ne fais aucun effort pour me mettre au diapason et que mes propos sont souvent considérés avec suspicion ou mépris. Pourtant je continue à croire qu'il faut alourdir les impôts et les charges sociales de manière à éviter que nous allions dans le mur !

En effet, nous nous sommes convertis ces dernières années à l'idée contraire et nous avons, un peu comme aux Etats Unis, admis qu'il fallait baisser l'impôt pour relancer la croissance. Or, cette relance par la baisse d'impôt n'a évidemment servi à rien ! Non seulement elle a creusé les déficits publics, mais en plus elle a contribué à élargir le fossé qui se formait entre les classes aisées et les autres ! Elle a même donné aux plus pauvres le sentiment que ce que l'on rendait aux riches (voir à la classe moyenne) n'allait finalement plus dans leur poche !

Les cités ont ainsi besoin de plusieurs milliards pour se rénover et retrouver un avenir, mais personne n'est en mesure de leur fournir ! Les prisons nécessiteraient une vaste politique sociale, afin que même les réprouvés n'aient plus le sentiment qu'on attend d'eux qu'ils disparaissent d'eux même ! Les chômeurs en fin de droit réclameraient volontiers qu'on leur donne un peu d'espoir et que l'on repense le système de protection sociale ! Mais avec quel argent ?

Car dans le même temps, les organismes de protection sociale et l'Etat se sont largement appauvris au risque de se trouver au "bord de la faillite ! Dans un contexte de moindres rentrées fiscales et sociales, notamment du fait du retour du chômage, continuer à baisser l'impôt et accorder des déductions de charges sociales se révèle aujourd'hui, suicidaire !

Non seulement ces dégrèvements et allègement d'impôt n'ont pas ramené la prospérité mais en plus ils ont lourdement hypothéqué les marges de l'Etat et l'avenir de nos enfants ! Au surplus, et au risque de faire de la peine à Nicolas, Jacques ou même François, les allègements de charges n'ont créé depuis vingt ans aucun emploi, tout au plus ont ils servi à conserver quelques centaines de postes de travail !

Pire, dans une optique purement libérale, ces allègements de charges ont freiné la modernisation du pays en conservant des métiers que l'évolution économique aurait dû faire disparaître ! En allant au bout de ma logique je dirais même que cette politique néfaste a faussé la concurrence, notamment entre salariés, et qu'elle a conduit à des absurdités (voir les emplois jeunes qui ont enfermé ces derniers dans des voies de garage !)

Bien sûr, on peut imaginer que cette politique absurde avait un objectif non avoué, celui de pousser à la faillite le système de protection sociale à la Française. En accumulant les déficits les tenants du tout libéral ont beau jeu de démontrer l'inefficacité du système ! En continuant d'accorder des allègements de charges les pouvoirs publics et ceux qui les dirigent, planifient peut être le crash de la protection sociale, afin d'en imposer une autre, ou tout simplement de la privatiser !

C'est précisément pour cela qu'il faut alourdir fortement la pression sociale et fiscale !

Si nous ne le faisons pas, d'une part nous risquons de voir reparaître le spectre de l'inflation qui ruinera une bonne partie des pensionnés dans les années à venir ! Mais en plus nous laisserons à nos enfants, et à ceux d'entre nous qui survivrons à une forte baisse du pouvoir d'achat, une charge insupportable ! Par ailleurs, l'ensemble des cotisations que nous aurons versées jusqu'à l'effondrement du système, ira dans la poche de ceux qui reprendront l'affaire, si elle est privatisée, un peu comme l'argent des actionnaires d'Eurotunnel qui dort tranquillement aujourd'hui dans les banques !

Mais, me direz vous, nous payons déjà suffisamment, nous sommes étranglés par les charges et les impôts !

Ah oui ?

Mais que dirons-nous le jour où l'on nous facturera la scolarisation de nos enfants ou même notre hospitalisation au centime prêt ? La seule vraie solution pour tout le monde c'est que ces dépenses soient mutualisées.

Et d'ailleurs, je ne propose pas qu'on augmente forcément les charges ! Je réclame à corps et à cri que tout le monde les paie en fonction de ces capacités ! Pourquoi donc les plus values financières et immobilières sont-elles exemptes ou presque de charges sociales, par exemple ? Pourquoi les emplois dit "domestiques" sont ils soumis au même statut, ceux qui les utilisent n'ont-ils jamais recours à la protection sociale ? Enfin, pourquoi tolérons nous, même si c'est anecdotique que certains, qui ont bénéficié de la protection des pouvoirs publics, lorsqu'ils développaient leur affaire partent à l'étranger une fois fortune faite (merci J) ?

Oui, il faut alourdir l'impôt et charges, il faut le faire pour nous et nos enfants. C'est une question de bon sens et de courage.

Reste cependant une question en suspens : avons-nous la bonne équipe dirigeante, pour assumer une telle responsabilité ?

Je n'en suis pas sûr...

13.11.2009

Taxe professionnelle : les vrais perdants de la réforme

Taxe professionnelle : les vrais perdants de la réforme

Hypos - Marianne2 | Dimanche 8 Novembre 2009 à 07:01

Selon Hypos, ce sont les particuliers et les entreprises de service qui devront cracher au bacinet après la suppression de la taxe professionnelle

Le projet de loi de finance (PLF) pour 2010 propose la suppression de la taxe professionnelle. Entreprises et particuliers s'inquiètent.
La réforme fiscale ne profite pas à toutes les entreprises de manière équitable :
- Les grands gagnants: les industriels, puisque leurs investissements (machines outils, équipements lourds) sont très importants. Le chef de l'Etat l'a dit clairement: cette réforme fiscale vise à stopper la délocalisation des usines, soumises à une concurrence internationale forte.
- Côté perdants: les entreprises de service, telles que l'intérim, le conseil ou les services à la personne. Elles génèrent une forte valeur ajoutée et sont donc particulièrement touchées par la cotisation complémentaire.
Or, amputer la valeur ajoutée, c'est réduire les capacités d'embauche du secteur, insiste Christian Poyau, ancien président de Croissance Plus, dans une tribune publiée par Les Echos . Les services emploient 70% des actifs.



Les ménages, victimes collatérales
Réduire les taxes sur les entreprises, cela reviendra à terme à augmenter la charge fiscale sur les ménages, selon l'Association des petites villes de France (APVF).
Plus précisément, les ménages "payaient 48% de l'impôt local, ils en paier[ont] 73% après la réforme",selon l'ancien ministre socialiste André Laignel cité par le mensuel Maires de France.


Merci qui ?

09.11.2009

Impôts locaux. Changements en vue

Impôts locaux. Changements en vue

7 novembre 2009

LE TELEGRAMME

Le montant des impôts locaux pourrait varier. Les valeurs locatives qui servent de base au calcul devraient, en effet, faire l'objet d'une prochaine réforme du gouvernement.

Actuellement en France, à situation égale, une personne habitant dans un vieil immeuble du coeur de Paris paie moins d'impôts locaux qu'une autre résidant dans une HLM considérée «tout confort» il y a 40ans, mais dont le quartier est aujourd'hui paupérisé. Et pour cause, depuis 1970, la base des valeurs locatives pour le calcul des impôts locaux n'a jamais été revue. Résultat, le paysage fiscal français est aujourd'hui figé avec des appréciations sur la nature du confort devenues obsolètes. L'absence de révision des «bases cadastrales» a donc produit «un classement des immobiliers sans rapport avec la réalité et peu équitable», relève la Cour des comptes, dans un rapport. Ainsi, si on se fie aux classements en vigueur, «les classes moyennes de notre pays ne disposent que d'une cuisine comme pièce de réception et très aléatoirement d'une salle d'eau».

«Une bombe»

Hier, le secrétaire d'Etat aux Collectivités locales, Alain Marleix, a indiqué que le gouvernement allait lancer une concertation pour modifier les valeurs locatives. Mais si une réforme semble s'imposer, le chantier s'annonce délicat. «C'est une réforme techniquement très compliquée et politiquement, c'est une bombe car elle touche tous les contribuables», prévient Xavier Valli de l'Université Aix-Marseille III. «Dans des quartiers du centre de certaines villes, rénovés et embourgeoisés, les impôts exploseront par rapport à ce que certaines personnes qui y vivent depuis longtemps peuvent payer!» Laurent Davezies, professeur à l'Université Paris-Val-de-Marne, redoute, lui, une réforme qui «remplace une inégalité entre les ménages par une inégalité entre les territoires». «Les communes les plus riches vont augmenter leurs recettes fiscales et les plus pauvres vont s'appauvrir davantage», affirme l'universitaire qui anticipe le développement de «stratégies de ségrégation»: «l'enjeu du maire, qui était d'attirer des entreprises pour engranger de la taxe professionnelle, sera désormais d'attirer les gens les plus riches et d'éloigner les plus pauvres».

03.11.2009

Projet de loi de finances 2010

Projet de loi de finances 2010: «le verdissement s’intensifie»

01/10/2009 11:03 JOURNAL DE L ENVIRONNEMENT
Le Meeddm a présenté mercredi 30 septembre son budget dans le cadre du projet de loi de finances 2010, avant son examen en Conseil des ministres. Le projet de loi conforte les dispositions «vertes» prises l’an dernier dans le cadre de la loi de finances 2009 et, surtout, crée la taxe carbone. Le ministère étudie aussi la possibilité de créer de nouveaux bonus-malus.

Entouré de ses 4 secrétaires d’Etat, le ministre chargé de l’environnement Jean-Louis Borloo a présenté hier le projet de loi de finances 2010 et le budget de son ministère. Pour le ministre, «le verdissement de la fiscalité s’intensifie».

Budget du ministère
En hausse de 3%, il passe à 28, 248 milliards d’euros contre 27, 338 milliards en 2009. Le budget de la mission Ecologie, développement et aménagement durables est en baisse de 2% (6,836 milliards contre 6,905 en 2009). Parmi les postes en baisse: le transport, l’information géographique et cartographique, l’énergie et l’après-mines.

En hausse: le poste de l’urbanisme, paysages, eau et biodiversité (+5%), ainsi que celui de la prévention des risques (+35%). Le budget alloué à la seule biodiversité –223 millions €– a doublé depuis 2007, selon la secrétaire d’Etat à l’écologie. La trame verte et bleue (TVB), la poursuite de la mise en œuvre du réseau Natura 2000 et la création de 3 nouveaux parcs naturels d’ici 2011 constitueront les principaux chantiers en la matière.

Le Meeddm vise aussi un taux de 95% des Plans de prévention des risques technologiques (PPRT) prescrits en 2010, et de 40% approuvés la même année, a indiqué Chantal Jouanno (1). Près de 75 inspecteurs devraient être mobilisés dès 2010, sur les 200 supplémentaires attendus entre 2008 et 2012 (2).

Ce budget en hausse de 3% «ne tient pas compte des 5 milliards € du plan de relance» dédiés à l’environnement, a expliqué Jean-Louis Borloo. Tout compris, le budget «vert» serait donc en hausse de 10 à 12%.

Crédit d’impôt DD et bonus-malus
«L’ensemble des décisions financières adoptées l’an dernier sont en cours d’exécution, a souligné Jean-Louis Borloo. On va un peu plus vite que prévu et nous sommes victimes de notre succès!» En 2009, le crédit d’impôt Développement durable pour les économies d’énergie aura finalement coûté 2,7 milliards € à l’Etat, loin du milliard et demi prévu. Selon le ministère, il devrait coûter encore plus cher en 2010, avec la progression de nouveaux équipements tels que le solaire.

Dans la même veine, le déficit du bonus-malus automobile tourne autour de 400 millions €. Le seuil d’éligibilité au bonus sera bel et bien abaissé de 5 grammes de CO2 par kilomètre (gCO2/km) au 1er janvier 2010. Son montant passera de 700 à 500 € pour les véhicules émettant entre 96 et 115 gCO2/km et de 200 à 100 € pour ceux émettant entre 116 et 125 gCO2/km. Le déficit du dispositif devrait se limiter à 126 millions € l’an prochain. La baisse de 5 gCO2/km prévue en 2012 pour l’éligibilité du bonus sera avancée à 2011.

Par ailleurs, l’extension du bonus-malus à d’autres familles de produits est toujours à l’étude, indique-t-on dans l’entourage du ministre. Le gouvernement pourrait créer de telles incitations financières pour les portables, les motos, la construction bois, ainsi que les bus et voitures électriques dans le cadre de la loi de finances rectificative pour 2010.

Fonds «Grenelle»
L’Ademe est confortée dans son rôle de «bras armé du Grenelle» (3) et de gestionnaire des différents fonds créés à l’issue des Etats généraux de l’environnement. Son budget destiné à la réhabilitation des sites pollués augmente de 20%, celui au traitement des points noirs du bruit de 28% et celui au plan Déchets de 214% (soit 157 millions €).

La dotation du fonds Chaleur «renouvelable» double aussi, passant à 314 millions € en 2010 contre 154 millions en 2009. Il devrait permettre de produire 350.000 tonnes équivalent pétrole (tep) en 2010 en plus des 250.000 réalisées au cours de cette année.

Le fonds démonstrateur passera de 149 millions € actuellement à 226 millions l’an prochain.

Des hausses liées à la hausse des taxes générales sur les activités polluantes (TGAP) créées ou augmentées l’an dernier (4) et affectées à l’Ademe. En hausse de 19%, elles devraient générer un produit de 520,5 millions € en 2010 contre 437, 5 millions en 2009.

Bâtiment
35.000 éco-prêts à taux zéro (éco-PTZ) étaient signés fin septembre 2009, selon le ministère. 200.000 devraient l’être d’ici la fin 2010. Le ministre a aussi rappelé qu’1,4 million de logements sociaux seraient rénovés thermiquement en plus des 800.000 «passoires énergétiques» prévues dans la loi de finances pour 2009.

«Le verdissement de la fiscalité s’intensifie via l’éco-conditionnalité des lois Tepa [Travail, emploi, pouvoir d’achat ou «paquet fiscal», Ndlr] et Scellier», a aussi déclaré Jean-Louis Borloo. Afin de préparer l’entrée en vigueur le 1er janvier 2013 de la réglementation norme Bâtiment basse consommation (BBC), le gouvernement envisage de réduire progressivement entre 2010 et 2012 le crédit d’impôt TEPA pour l’acquisition d’un logement neuf n’y répondant pas, tout comme le crédit d’impôt Scellier pour la location d’un tel logement.

La majoration du montant du prêt à taux zéro offert pour ces logements sera prolongée l’an prochain dans le cadre du plan de relance.

(1) Dans le JDLE «Après-AZF: la loi Bachelot sur les risques industriels difficile à appliquer»; «Les PPRT ou ‘Plus de police pour rattraper le temps perdu’»
(2) Dans le JDLE «Fin de la table ronde sur les risques industriels»
(3) Dans le JDLE «L’Ademe, ’bras armé’ du Grenelle»

La taxe carbone bientôt au menu du Parlement


L’Elysée ne prend plus la peine de l’appeler «contribution climat-énergie». La taxe carbone a été abordée hier en Conseil des ministres dans le cadre de l’examen du projet de loi de finances pour 2010. Son montant est bien fixé à 17 euros pour 2010. L’exécutif ne fait nulle part mention de sa progressivité, pourtant perçue comme un point essentiel de la réussite environnementale du dispositif. L’électricité ne sera donc pas concernée, tout comme les entreprises soumises au marché européen du carbone. L’agriculture et la pêche «ne seront soumises à la taxe que progressivement». Pour le transport routier, un prélèvement spécifique sera créé «sur le preneur de la prestation de transport». Le produit de la taxe carbone devrait être de 2,6 milliards € en 2010, selon Jean-Louis Borloo, intégralement reversé aux ménages dès février 2010.

30.10.2009

Les syndicats veulent lutter contre les paradis fiscaux

Les syndicats veulent lutter contre les paradis fiscaux

Alors que s'ouvre la conférence du G20 à Pittsburgh où sera notamment débattue la question des paradis fiscaux, plusieurs syndicats et ONG lancent une pétition pour lutter contre la présence des grandes entreprises et plus particulièrement les banques dans ces places financières hors contrôle. Cette initiative conjointe marque un nouveau pas dans la prise de parole des syndicats sur des enjeux de responsabilité sociale.

Tandis que les dirigeants du G20 doivent se pencher sur la question des paradis fiscaux, une douzaine d’ONG et de syndicats* ont lancé, le 21 septembre 2009, une pétition destinée, selon la secrétaire nationale de la CFDT, Anousheh Karvar, à « sortir la question d’une démarche de spécialistes pour l’amener vers les citoyens, les élus locaux, les dirigeants d’entreprises, les syndicats… » Une démarche qu’elle qualifie elle-même d’ « originale » et de « pionnière ». Car ce sont en partie les syndicats, la CFDT, la CGT le SNUI ou Solidaires qui ont été à l’origine de l’initiative. Or, jusqu’à présent, ce sont plutôt les ONG comme Oxfam-Agir Ici et sa récente campagne « Hold up international : halte à l’impunité des entreprises » qui prenaient la parole sur le sujet.
Mais la crise financière a créé un « besoin d’éthique très fort » chez les salariés, estime Véronique Descacq, secrétaire nationale de la fédération CFDT des banques. De fait, les représentants du personnel interpellent de plus en plus leurs entreprises sur leur responsabilité sociale, leur stratégie et leur gestion. « Il est vrai que l’on sort de plus en plus des revendications habituelles", ajoute Jean-Michel Joubier, de la CGT. "Mais la question des paradis fiscaux, qui a un rôle d’amplificateur de la crise, a une vraie incidence sur les salariés, leur précarisation et leurs salaires »

Action dans les fédérations

Depuis le début 2009, les syndicats se sont donc emparés du sujet, notamment par le biais de leurs différentes fédérations, le secteur bancaire étant en pointe. En avril, l’intersyndicale des banques (CFDT, CFTC, CGT, FO et SNB/CFE/CGC) a ainsi appelé ses militants représentants du personnel à demander des comptes à leur direction, en inscrivant le sujet à l’ordre du jour des comités d’entreprises. « Nous leur demandons la liste exhaustive de leurs implantations dans les paradis fiscaux, la nature de leurs activités ainsi que les effectifs qui y sont affectés et le volume d’affaires », explique Véronique Desacq. Dans le cas où les entreprises ne coopèrent pas, des experts comptables indépendants sont mandatés sur le sujet. « Jusqu’à présent nous avons reçu un enthousiasme assez peu marqué de la part des directions. Les premières réponses ont été du style : « Ce n’est pas nous les pires », « Ce n’est pas franchement de notre faute »… », avoue-t-elle. De fait, aujourd’hui, aucune entreprise n’a répondu au questionnaire type adressé par les représentants du personnel. Si l’expert mandaté pour la BPCE (Banque Populaire Caisse d’Epargne) a pu établir une liste de 87 filiales implantées dans les paradis fiscaux, il n’a réussi à obtenir ni le volume ni la nature exacts des activités concernées.

Action globale

L’exemple des banques est amené à se généraliser. « Nos militants vont interpeller les directions dans différents secteurs car dans la métallurgie, l’automobile ou l’énergie, les plus grandes entreprises ont toutes des filiales dans les paradis fiscaux », affirme Jean-Michel Joubier. En mars 2009, le mensuel Alternatives économiques avait publié une enquête montrant que toutes les entreprises du CAC 40 disposaient de filiales "off shore", des Bermudes à la Suisse…  « Si les directions expliquent souvent qu’il s’agit de « marchés intérieurs » d’importance, en réalité, plusieurs de leurs implantations dans ces territoires ne peuvent pas s’expliquer », estime Jean-Michel Joubier.

Ainsi, chez EADS France l’UGICT-CGT a diffusé, en mai 2009, un tract aux salariés s’interrogeant sur l’opportunité, pour un groupe majoritairement tourné vers des produits industriels de haute technologie, d’avoir des succursales basées en Irlande et dont les activités seraient d'ordre financier. « Pourquoi EADS n’insère-t-elle pas un paragraphe entier dans son propre code éthique […] en s’interdisant toute implantation dans les paradis fiscaux à des fins d’opérations purement financières ? Ce serait un moyen de faire taire les interrogations, les doutes et les risques d’opprobre », demande l’UGICT-CGT dans son tract. « Nous sommes réalistes, l'impact de ce tract est très limité et par manque de représentativité, nous n'avons pas pu le porter à l'ordre du jour du comité d'entreprise", précise Raymond Ausseray, délégué syndical CGT chez EADS. "Mais nous avons voulu rappeler aux salariés que leur entreprise est concernée par le problème et que cela les touche directement.»

Les syndicats ne se font pas d’illusions, il faudra du temps avant que leur démarche ne porte ses fruits. L’échelle pertinente pour interpeller les directions est au niveau des comités de groupe ou des comités européens d’entreprise, qui ne se réunissent que deux fois par an environ. Mais l’expérience française est appelée à essaimer dans les autres pays. La confédération syndicale internationale est associée depuis le départ au projet et attend les premiers résultats de la pétition française « Stop paradis fiscaux » pour prendre le relais…


* La pétition « Stop paradis fiscaux » a été lancée par la CFDT, la CGT, Solidaires, le SNUI, le Comité Catholique Contre la Faim et pour le développement-Terre solidaire, Oxfam France-Agir ici, Attac et la Plateforme paradis fiscaux et judiciaires qui compte une quinzaine d’associations.

Entreprises et paradis fiscaux

Aujourd’hui, on estime que 7 500 milliards d’euros sont abrités dans les paradis fiscaux.  La moitié du commerce mondial y transite tandis que 50% des prêts bancaires et 30 % des investissements directs à l’étranger y sont enregistrés. « Sans la présence des banques et des multinationales dans les pays du G20, les paradis fiscaux n’existeraient plus : 100% des entreprises et des banques françaises du CAC 40 y ont des filiales », concluent les syndicats et ONG membres* de la pétition « Stop paradis fiscaux »… Depuis peu, les autorités commencent à envisager de se focaliser davantage sur les liens entre banques/entreprises et paradis fiscaux. Le 17 septembre 2009, la France a annoncé qu’elle pourrait exiger que les banques mettent un terme à leurs activités dans les paradis fiscaux. Dans son rapport, rendu début septembre, le président socialiste de la commission des finances de l’assemblée nationale, Didier Migaud, préconise, lui, de durcir le ton vis-à-vis des entreprises, en demandant, par exemple, à ce que celles cotées en Bourse publient la liste de leurs activités basées dans les paradis fiscaux dans leur rapport annuel .

Béatrice Héraud
Mis en ligne le : 24/09/2009
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Contre l'impunité pour les paradis fiscaux

Contre l'impunité pour les paradis fiscaux

Slovar - Blogueur associé | Jeudi 24 Septembre 2009 à 17:20

MARIANNE 2

Hier soir, en direct de New-York, Sarkozy annonçait la disparition des paradis fiscaux. Personne n'est dupe. Pour Slovar, notre blogueur associé, inutile d'attendre de nos dirigeants la suppression des paradis fiscaux, passons à l'offensive en signant la pétition « Stop aux paradis fiscaux. »

Souvenez-vous, c’était il y a peu : les chefs d’Etat et de gouvernement n’avaient pas de mots assez forts pour condamner les paradis fiscaux, dont ils connaissaient au demeurant la localisation depuis bien longtemps ...

Nicolas Sarkozy, lors de la réunion sur la crise économique, écologique et financière, la construction européenne, la gouvernance mondiale, le dossier israélo-palestinien, la question du nucléaire iranien, le terrorisme international et l’Afghanistan et sur les relations franco-africaines, à Paris le 26 août 2009, était catégorique :
« De premiers progrès, impensables il y a un an, ont été obtenus, notamment sur les paradis fiscaux, appelés « places non coopératives », puisque le mot même « paradis fiscal » était interdit dans les cercles diplomatiques internationaux. A Washington, la France avait été absolument la seule à se battre sur ce sujet ; à Londres, avec le soutien de la Chancelière Merkel nous avons arraché la publication d’une liste ; depuis, les avancées sont spectaculaires, c’est la fin du secret bancaire ».
Il ajoutait tout aussi formel : « La France appliquera sans attendre les règles les plus strictes qui existent sur le domaine international en matière de bonus, sans attendre que les autres les appliquent. Le rôle de la France, c’est d’être en initiative et pas de subir. C’est trop facile, alors que tant de gens souffrent, de dire «  on attend que les autres bougent pour bouger ». Source Vie Publique.
Défense de rire dans la salle !!!

Moins d’un mois plus tard, le ton s’est radouci et Christine Lagarde aborde certains de ces sujets avec une prudence quasi maladive.
« La question des paradis fiscaux constituera le second « défi » du G20. « Est-ce qu’on va se mettre d’accord (...) sur des sanctions qui seront prises (...) à l’égard de ces paradis fiscaux eux-mêmes ou à l’égard des acteurs économiques qui continuent de travailler avec eux ? » a déclaré hier Christine Lagarde ». Source AFP/Google.

Et oui, on est bien embêté en haut lieu lorsque le sujet est évoqué. Car, son collègue Eric Woerth a beau brandir des accords avec certains pays européens, on sent bien que la mise à mort des lieux d’évasion fiscale est remise... aux calendes grecques.
La lecture de certaines déclarations ou attitudes parlent d’elles mêmes.

Monaco : « Venez investir à Monaco, nous serons bientôt sur la liste blanche des paradis fiscaux. » S’adressant aux investisseurs potentiels en principauté, Franck Biancheri, conseiller du gouvernement monégasque pour les relations extérieures et les affaires économiques et financières internationales, a profité d’une conférence de presse solennelle, vendredi 18 septembre, pour promouvoir, avec des accents propres à une campagne de communication, « la nouvelle image plus positive de Monaco en matière de coopération fiscale ».
Le conseiller monégasque s’est efforcé de rassurer les investisseurs. Il a affirmé que ces accords prévoient l’échange de renseignements fiscaux « au cas par cas et sur des demandes fondées (...). Nous prendrons bien garde à la protection des données, la protection nominative des personnes et de la sphère privée ». Source Le Monde.

Andorre : «  Cet accord a été signé par Andorre dans le cadre de sa politique visant à sortir de la liste internationale des paradis fiscaux de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), conformément aux souhaits exprimés par le président Nicolas Sarkozy en février. « Ce n’est pas un échange automatique de données, c’est un échange entre administrations fiscales sur la base de dossiers précis, qui va dans les deux sens », a déclaré Eric Woerth lors d’une conférence de presse après la cérémonie.
Le chef du gouvernement andorran a pour sa part confirmé la volonté d’Andorre de poursuivre sur la voie d’une meilleure transparence bancaire et fiscale. « D’ici le sommet de Pittsburgh, Andorre n’aura pas les 12 accords (nécessaires pour sortir de la « liste grise » de l’OCDE) mais aura démontré qu’en quelques jours elle est arrivée à 5 signatures », a souligné Jaume Bartumeu le chef du gouvernement andorran. Source AFP/Google.

Liechteinstein : « A ce jour, la petite principauté alpine a signé sept accords d’échange d’informations ou de double imposition avec la France, l’Andorre, Monaco, l’Allemagne, le Luxembourg, le Royaume-Uni et les Etats-Unis. Elle a également paraphé trois autres accords, avec les îles St-Vincent et Grenadines, Saint-Marin et l’Irlande
L’objectif du Liechtenstein est de conclure d’ici à l’automne les 12 accords conformes aux critères de l’OCDE qui lui permettront de quitter la « liste grise
». Source Romandie.

Grande Bretagne et Etats-Unis : « L’obligation de divulguer le bénéficiaire final d’une entité interposée n’est pas incluse. Les structures/sociétés écrans (au Delaware ou à la City) permettant de conserver l’anonymat ne sont également pas visées ». Source Terra Nova.

Et enfin, la Chine. Nous vous donnons lecture ci-dessous d’extraits d’un article publié par le journal Le Temps.
« Les listes n’engagent que ceux dont les noms sont expressément cités ». Lâchée dans un sourire par un financier de Hong-Kong rencontré récemment, cette boutade en dit long sur les intentions du territoire en matière de coopération fiscale, malgré les pressions déployées par le G20. Petit rappel: le 2 avril à Londres, plusieurs pays dont la France exigent que l’OCDE publie une liste des « juridictions non coopératives ». Liste « noire » disent les uns. « Liste grise » disent les autres pour faire passer la pilule aux pays européens - dont la Suisse - furieux de se retrouver cités nommément alors que les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE s’étaient engagés fin mars à ne pas en arriver là. Mais qu’importe. La liste de l’OCDE est au final publiée. Avec de jolies contorsions de plume...
La plus belle, d’où la réflexion de mon interlocuteur de Hong-Kong, concerne l’ancienne colonie britannique et sa voisine Macao, le Las Vegas Asiatique. Ces deux territoires, bien que répondant tout à fait aux critères des « juridictions non coopératives » selon l’OCDE....ne sont pas mentionnés aux cotés de la Suisse, du Luxembourg, d’Andorre ou de Singapour. Motif: ils appartiennent à la Chine, placée elle dans la liste « blanche » des Etats fiscalement irréprochables. Seule une note de bas de page, en caractères très fins, rappellent qu’ils doivent eux aussi mettre de l’ordre dans leurs conventions fiscales. Une vraie pirouette diplomatique.
[...] Nicolas Sarkozy, interrogé par Le Temps, à l’issue du sommet informel des chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE le 17 septembre, a éludé. Pour lui « l’affaire est actée et seul compte le critère des douze conventions fiscales modèle OCDE
».

Le président français a ensuite lancé l’idée d’interdire, s’il le fallait, aux établissement financiers de l’hexagone l’accès aux paradis fiscaux. Mais de réflexion sur les moyens d’assurer le suivi du G20, point. Car cela aurait conduit à reconnaître une réalité : plantés au coeur de l’UE et interdépendants de leurs voisins européens, la Suisse, comme le Luxembourg ou le Liechtenstein, ont de fait les pieds et poings liés, à des degrés divers selon leur taille, leur intégration ou non à l’UE ou leur système politique. Alors qu’à l’autre bout du monde, protégés de plus par l’opacité du système administratif chinois, Hong Kong et Macao peuvent dormir assez tranquilles. A une dizaine de milliers de kilomètres de l’Europe il est vrai. C’est à dire, à un clic de distance pour transférer des capitaux »... Source Le Temps.

Devant un tel enthousiasme de nos dirigeants, il est peut-être temps de leur faire savoir que les citoyens ne sont pas dupes. Car en fin de compte, on pourrait toujours arguer aux-dits citoyens que leur silence équivaut à l’adage « qui ne dit mot consent ».
A ce titre, nous avons découvert et portons à votre attention une pétition qui porte le nom de « Stop paradis fiscaux ». Qui sont les « porteurs » de cette pétition ? La CFDT, la CGT, Solidaires, le SNUI (1), le Comité catholique contre la faim, Oxfam France, Agir Ici, Attac et la Plateforme paradis fiscaux et judiciaires viennent de lancer un site Internet d’un nouveau genre. Intitulé « Stop paradis fiscaux » il fournit une mine d’informations sur le sujet. Surtout, il renouvelle complètement l’art de la pétition. Il permet de signer le texte en un clic, de suivre en temps réels le nombre de personnes qui l’ont signées, et surtout de les situer géographiquement sur une carte et même de savoir s’ils sont militants syndicaux, élus, chefs d’entreprise ou simples citoyens. Une mine d’infos pour créer des réseaux locaux et prolonger la pétition par d’autres actions. D’autant qu’il est très simple d’entrer en contact avec les autres signataires.

Le site permet aussi en quelques clics de faire connaître la pétition à tous ses amis sur Facebook, à tous ses contacts Twitter, à toute sa liste de diffusion (pour peu que l’on utilise Gmail, Yahoo ou MSN). Sans oublier bien sûr le petit logo « Stop paradis fiscaux » , qui l’on peut très simplement faire apparaître sur son site ou son blog.

Que dit cette pétition ? Les paradis fiscaux font des ravages. Ils ont amplifié la crise qui a jeté des millions de personnes dans le chômage et la précarité à travers le monde. Comment aujourd’hui accorder la moindre confiance aux banques si on ne connaît pas le montant de leurs capitaux dissimulés dans ces trous noirs de la finance mondiale ?

Les paradis fiscaux plombent le budget des États. Des grandes entreprises et des individus fortunés échappent aux impôts en y cachant leur argent, tandis que les autres payent à leur place. En France, la fraude fiscale coûterait 3 fois le déficit de la Sécurité sociale. Les paradis fiscaux y prennent une large part. Les pays du Sud, eux, voient s’envoler dans les paradis fiscaux près de 800 milliards d’euros par an !
Les paradis fiscaux servent également de base-arrière pour blanchir l’argent des trafiquants, dictateurs et autres caisses noires de certaines entreprises. En protégeant les hors-la-loi et leurs secrets, ils menacent en permanence la paix et la démocratie dans le monde.

Les dirigeants du G20 ont appelé, en avril 2009, à une action mondiale contre les paradis fiscaux. C’est une bonne nouvelle. Mais ce premier pas n’est pas à la hauteur du scandale. À quoi bon dresser, par exemple, une liste des paradis fiscaux si c’est pour la vider, aussitôt, de son contenu ?
Sans la présence des banques et des multinationales des pays du G20, les paradis fiscaux n’existeraient plus : 100% des entreprises et des banques françaises du CAC 40 y ont des filiales. C’est sur celles-ci que la France et la communauté internationale doivent agir !
Qui que l’on soit - citoyen, consommateur, militant syndical, élu local ou dirigeant d’entreprise - demandons davantage de transparence aux utilisateurs des paradis fiscaux. Ensemble, exigeons la disparition des paradis fiscaux !

Une campagne à l’initiative des organisations syndicales CFDT, CGT, Snui, Solidaires et des ONG Attac, CCFD Terre Solidaire, Oxfam France-Agir Ici et de la Plate forme paradis fiscaux et judiciaires.
Signer la pétition

Même si certains diront que ce genre d’action est très limitée et ne changera pas grand chose, nous leur rappellerons qu’elle est toujours plus efficace que le : « Qui ne dit mot consent »...

Retrouvez les articles de Slovar sur son blog

28.10.2009

La taxe carbone, et après ?

La taxe carbone, et après ?

par Sonia Marmottant

22.09.09 LE MONDE

Légitime ou non, juste ou injuste, efficace ou pas, la taxe carbone verra le jour. Le plus intéressant à mon avis dans les débats qui accompagnent sa mise en place, c'est qu'il y ait enfin débat, non pas autour du réchauffement climatique, mais de ses causes. Il a fallu longtemps pour que la maladie climatique et ses risques pour l'humanité soient reconnus. Voici enfin que l'on s'intéresse aux causes de cette maladie : les émissions de gaz à effet de serre (GES). L'utilité de la taxe carbone est au moins de dire : émettre du CO2 ou d'autres GES, c'est mal. Bien sûr, il est impossible de vivre sans émettre du CO2, à moins d'être une plante. Le problème est que nous émettons plus de GES que la planète n'en peut absorber. Il s'agit de rétablir un équilibre.

Bien, mais comment ? Quel traitement faut-il appliquer au malade ?

Car la taxe carbone nous montre ce qu'il ne faut pas faire, et non pas ce qu'il faut faire pour aller mieux. Et chacun de se récrier qu'il n'y a pas d'alternative, qu'il est obligé de continuer comme avant et qu'il lui est impossible de faire mieux ou autrement. Or l'on entend peu de défenseurs de la taxe carbone dire ce qu'il faudrait faire. Comme si les changements allaient être si terribles qu'on n'ose pas en parler. Comme si on craignait d'effrayer davantage le bon peuple.

Je me pose donc la question : la vie sans carbone, c'est comment ? Vite, une petite recherche sur internet avec les mots "vie sans carbone". Je ne trouve que deux exemples. D'abord celui d'Antoine Sachs, un journaliste indépendant qui sillonne la France en train et à vélo, en dormant sous la tente été comme hiver, pour faire des reportages à faible émission de GES. Franchement, c'est souvent la galère, et il le dit lui-même. Il fait quand même de bons reportages ! Ensuite, il y a Mme Pick, une vieille dame anglaise qui vit depuis les années soixante-dix sans chauffage ni frigo ni cuisinière et avec une seule ampoule électrique. C'est une ascète, on peut le dire. Mais elle est en pleine forme : pour ses déplacements, elle préfère la course à pied.

Un peu extrême, leur vie sans carbone... Plutôt mourir que de vivre comme ça ?

Assez refroidie, je décide d'aller faire un tour chez les écolos les plus en vue : sauront-ils me motiver ?

Voyons... Greenpeace. Ah ! Sur leur site on trouve des guides pratiques détaillés, intitulés "Comment sauver le climat. Rejoignez la révolution énergétique" et "Des gaz à effet de serre dans mon assiette". C'est plein de conseils plus ou moins faciles à mettre en pratique. Cela va de "mettre moins d'eau de cuisson" à "installer des panneaux solaires". Pas mal !

Le WWF, maintenant. Je calcule mon empreinte écologique à l'aide de leur logiciel et à l'issue du test, il m'est proposé plusieurs engagements faciles à mettre en œuvre immédiatement pour aller vers un mode de vie plus durable. Fort bien !

Pour finir, l'Ademe. Ce site propose beaucoup de solutions pour faire des économies d'énergie. Il nous rappelle aussi que la France s'est engagée à réduire par quatre ses émissions de GES d'ici 2050 et qu'un français émet en moyenne 2,8 tonnes équivalent carbone par an. L'Ademe propose donc de ne pas dépasser 700 kg équ. C par personne. Je calcule mon "bilan carbone personnel" et, surprise ! je m'aperçois que mes émissions sont estimées à 900 kg equ. C. Réduire encore de quelques pour-cent mes émissions, grâce aux conseils trouvés, ne devrait pas être si difficile, même si je n'ai pas jusqu'à 2050 pour le faire (il paraît que le réchauffement va plus vite que prévu).

Bien sûr, cela ne servira à rien si tout le monde, y compris les entreprises, ne s'y met pas... Pour les entreprises, au moins, je sais comment les inciter à modifier leurs pratiques : consomm'agir !

Alors, tous ensembles, citoyens du monde ?

Taxe carbone : les vrais enjeux

Taxe carbone : les vrais enjeux

par Jacques VUILLEMIN, Retraité , ancien élu local .

23.09.09 LE MONDE

"Ces choses là sont rudes , Il faut pour les comprendre avoir fait ses études."

Comment ne pas évoquer ces vers de V. Hugo en écoutant les arguments des partisans et des adversaires de la taxe carbone ? Pour les uns, c'est une usine à gaz qui sera mal comprise, une punition pour ceux qui n'ont pas d'autres choix que celui d'utiliser leur voiture. Pour les autres, une ardente obligation si l'on veut vraiment changer les comportements.

Certes, les questions ne manquent pas. Pourquoi instituer une taxe dont le produit sera rendu aux français ? Cette taxe ne va-t-elle pas peser davantage sur les ménages les plus modestes ? Et puis, une taxe, même si elle apparaît comme la mesure phare du pacte écologique, sera toujours une taxe, donc forcément impopulaire. Pour autant, on ne peut la refuser uniquement parcequ'elle est douloureuse financièrement. Alors, essayons de dépasser la dimension purement financière pour mesurer les vrais enjeux. Le premier est celui de l'équité et des modes de compensation. Il est capital que les mécanismes de compensation, de redistribution soient clairement en faveur des familles les plus modestes. Toute redistribution totale, intégrale serait socialement injuste.

Si en dépit de la complexité des mesures envisagées une compensation efficace vient corriger l'injustice sociale du prélèvement, alors, mais alors seulement, cette taxe sera socialement acceptable. Le deuxième enjeu est celui des comportements. Si on accepte enfin de regarder les choses en face, la taxe carbone apparaîtra bien comme une réforme essentielle. Non pas seulement une réforme fiscale, mais une réforme de société. C'est à dire une réforme qui vise à changer nos habitudes et nos comportements au nom de la responsabilité environnementale.

Il est évident que de ce point de vue, toute redistribution totale à tout le monde, serait contraire à l'objectif visé. Troisième enjeu, celui de la planète. Nous ne sauverons pas la planète à nous seuls. L'Amérique doit prendre des mesures. Quid de la volonté de " mieux vivre " des populations de l'Inde et de la Chine. Qui osera leur dire que le superflu, que nous avons tant aimé, n'est pas pour eux ? Indifférent aux cris de la misère, aux menaces écologiques, aux désordres économiques, le monde, comme fasciné, assiste en spectateur à la mise en place des conditions de son propre suicide. Quelle autorité morale, dans le monde, saura mobiliser les volontés ?

20.10.2009

Taxe professionnelle : le projet n'est pas encore ficelé...

Taxe professionnelle : le projet n'est pas encore ficelé...

publié le  14 septembre 2009 LOCALTIS

Lors de deux auditions parlementaires, Christine Lagarde et Alain Marleix ont laissé un peu d'espoir aux élus des communes et intercommunalités qui revendiquent le bénéfice d'une part du futur impôt fondé sur la valeur ajoutée. Chez les députés, la pression grandit à l'approche de l'examen d'une réforme mal maîtrisée.

Auditionnés à huis clos sur la réforme liée à la suppression de la taxe professionnelle, la ministre de l'Economie et le secrétaire d'Etat aux collectivités ont déclaré le 9 septembre devant la commission des finances du Sénat que le gouvernement pourrait revoir sa copie afin que les communes et les intercommunalités bénéficient d'une part de la cotisation complémentaire - cotisation qui sera assise sur la valeur ajoutée des entreprises. Les maires et présidents de communautés réclament en effet l'affectation à leurs collectivités d'une partie de cet impôt que le projet de loi destine pour le moment intégralement aux départements et aux régions. "Il est concevable que les intercommunalités à taxe professionnelle unique bénéficient d'une fraction du produit de la cotisation assise sur la valeur ajoutée", a affirmé Christine Lagarde devant les sénateurs. De son côté, Alain Marleix a indiqué qu'"une avancée est possible" concernant la demande du "secteur communal", rapporte le compte rendu de l'audition. Les deux ministres ont confirmé leurs déclarations, le même jour, lors d'une audition organisée par la commission des finances de l'Assemblée nationale. Ces propos pourraient quelque peu rassurer les associations de maires et présidents de communautés dont les responsables doivent, ce 15 septembre à Paris, réaffirmer leurs revendications de manière unanime et forte sous forme d'une conférence de presse commune.
Devant les parlementaires, Christine Lagarde a par ailleurs justifié le souhait du gouvernement de spécialiser les impôts locaux par niveaux de collectivités : l'objectif serait de clarifier la fiscalité locale, de la rendre "plus lisible".
Que ce soit au Sénat ou à l'Assemblée, les parlementaires ont été nombreux à s'interroger sur la pertinence d'un projet qui exclut les intercommunalités du bénéfice de la cotisation complémentaire et réduit considérablement l'autonomie fiscale des départements et des régions. Sur ce dernier point, les ministres se sont contentés de répondre que le texte, en prévoyant l'attribution de nouvelles ressources fiscales aux collectivités, respectait les dispositions constitutionnelles sur l'autonomie financière des collectivités.

La pression monte

Plusieurs parlementaires, y compris dans les rangs de la majorité, ont aussi constaté l'absence d'articulation entre la réforme des collectivités territoriales en cours d'arbitrage et celle de la fiscalité locale. Des interrogations subsistent donc sur le coeur même de cette réforme... d'autant qu'elle "impliquera des changements brutaux, potentiellement inéquitables", tel que s'en est inquiété le sénateur Joël Bourdin. A l'Assemblée nationale, Gilles Carrez, le rapporteur général de la commission des finances, a de même observé que "le fil de la taxe professionnelle tire toute la pelote de nos finances locales" et que "certaines situations vont changer du tout au tout".
Or les conséquences de la réforme sur les collectivités ne sont pas encore connues dans leurs détails, compte tendu de l'absence de simulations précises. Députés et sénateurs de tous bords l'ont fortement déploré. Alain Marleix a toutefois promis de leur remettre des simulations avant le début des débats parlementaires.
A quelques semaines de l'ouverture de ces débats, la pression est montée d'un cran compte tenu des délais et de la complexité des questions à traiter. "Avec ses 160 pages, le texte est aussi touffu qu'une loi de finances", a fait remarquer Gilles Carrez. "Face à une réforme aussi gigantesque, les délais sont les plus courts que notre assemblée ait jamais connus", a-t-il encore déclaré, en avouant que "les coups de fil affluent de toute la France pour exposer autant de cas particuliers".

Régime de croisière en 2011

Pour couronner le tout, l'avant-projet de loi contient une "coquille" non-négligeable. Le produit des droits de mutation à titre onéreux actuellement perçus par l'Etat sera ainsi transféré aux communes et non aux départements, comme il est écrit par erreur, a expliqué la ministre. Le rapporteur général du Budget a, pour sa part, reconnu que la commission des finances n'avait "pas compris" l'un des points de la réforme. Un point pourtant essentiel concernant les mécanismes de répartition du produit de la cotisation complémentaire. "C’est le schéma de la TIPP qui a été retenu, avec une nationalisation de l'assiette, au risque de distendre le lien entre fiscalité et territoire", a regretté Gilles Carrez, qui va préparer avec ses collègues une contre-proposition. Il s'agirait de répartir le produit de la cotisation complémentaire en fonction de la surface et des effectifs des entreprises installées sur un territoire donné de façon à préserver le lien entre chaque entreprise et le territoire qui l'accueille. Ce nouveau schéma pourrait être retenu par Bercy.
Le projet de loi de finances pour 2010 qui doit être présenté en Conseil des ministres le 30 septembre et voté d'ici la fin de l'année prévoit la suppression de la taxe professionnelle au 1er janvier 2010. Mais 2010 constituera une année de transition, au cours de laquelle, notamment, les fonds de péréquation seront mis en place. Chaque collectivité sera individuellement compensée de ses éventuelles pertes de recettes. Le nouveau régime fiscal s'appliquera, lui, à compter de 2011.

Thomas Beurey / Projets publics

18.10.2009

Tax-Tax-Taxera

Tax-Tax-Taxera

jeudi 10 septembre 2009, par Bernard Langlois POLITIS

Usine à gaz

Mal barrée, la taxe carbone ! Déjà rejetée par une majorité de Français, si l’on en croit les sondages (même chez les Verts !)  [1], et dénoncée par de plus en plus de voix à gauche (après que Ségolène Royal a donné le la à La Rochelle) comme à droite (la grogne à l’université d’été de l’UMP était manifeste, encore que contenue : c’est tout de même un projet du Président !), à croire qu’on a rêvé cet unanimisme des candidats à la présidentielle de 2007 lorsqu’ils ont tous signé la bouche en cœur l’ordonnance de ce bon Docteur Hulot… Eh bien, au risque de fâcher mon camarade Vadrot (voir son blog sur le site de Politis) et quelques autres écologistes de choc, je comprends tout à fait ces réticences, aigreurs, rejets que provoque la « contribution climat énergie » tant elle paraît mal fichue, inappropriée, inefficace ; et d’abord injuste : puisque par définition elle ne gênera que les pauvres et les populations rurales ou périphériques des centres urbains, privées de transports en commun, contraintes à utiliser une voiture (souvent polluante, parce que bas de gamme et vieille) – car essayez donc de vivre à la campagne sans bagnole quand le moindre commerce est à une quinzaine de kilomètres de chez vous, je sais de quoi je parle  [2] ! Ruraux ou excentrés et pauvres, il s’agit souvent des mêmes catégories sociales, et ne nous étonnons-nous pas que la proportion de rejets monte à 75 % chez les ouvriers, pour 57 chez les cadres (même sondage). Ah, mais puisqu’on vous dit que ce n’est pas un impôt et qu’on remboursera les foyers les moins favorisés ! Selon quelles procédures, par quel moyen de calcul, combien de temps ? Bonjour l’usine à gaz !

Panoplie

Il faut bien, pourtant, compte tenu de l’urgence climatique qui nous mord la nuque, s’engager enfin dans une politique résolument économe en énergie. La taxation des carburants est sans doute un des moyens nécessaires pour y parvenir. Un des moyens. Dans une panoplie d’autres. Pas comme alibi ou gadget, et ciblé, comme par hasard, sur les ménages, en épargnant les industries et leurs droits à polluer. Exemple : Arcelor-Mittal, qui dispose d’environ 8 millions de quotas par an pour six usines en France, soit un droit à émettre gratuitement 8 millions de tonnes de carbone ; un cadeau de 250 millions d’euros par an, si l’on retient le prix de 32 euros la tonne proposé par la commission Rocard. Il semblerait de surcroît que la firme du milliardaire indien (qui vient, par ailleurs, de s’offrir le yacht le plus cher du monde !) ait obtenu pour 2008 plus de quotas qu’elle n’en avait l’usage, et qu’elle peut donc remettre l’excédent en vente (un million de tonnes) sur le marché au comptant : bénef, 15 millions d’euros  [3] ! Les Français n’aiment pas trop qu’on les prenne pour des cons.

Mais quels autres moyens ?

Inciter chacun d’entre nous à une moindre consommation en général et d’essence en particulier, y compris par une taxe, est certes légitime. D’autant que les technologies alternatives ne sont pas encore au point, ni disponibles en quantité. Mais pas quand, dans le même temps, par des débauches publicitaires colossales, on ne cesse de vanter la bagnole à longueur d’antenne ou de papier glacé ; pas quand, comme jamais, des théories de poids lourds de plus en plus démesurés, dangereux, défonceurs de bitume, polluants, occupent en maîtres routes et autoroutes, en général en excès de vitesse et en dépassement dangereux, dans l’indifférence totale d’une police qui préfère (encore !) verbaliser le pauvre bougre ; pas quand, encore, on ne fait rigoureusement rien pour développer le ferroutage et que la SNCF préfère saboter son secteur fret (en supprimant des emplois), supprimer ses voies secondaires et remplacer ses michelines par des autocars ; pas quand, de manière constante, les pouvoirs publics s’aplatissent devant les lobbies – celui des routiers, des travaux publics, des agriculteurs, etc. – les plus gaspilleurs et destructeurs de l’environnement qui soient. Et, au bout du bout, il est encore une condition indispensable pour que nous (les citoyens français) acceptions sans réticence une nouvelle baisse de revenus, et c’est (notamment) un confrère peu suspect de laxisme dans l’approche de la question écologique qui le rappelle : « L’impôt envisagé reste injuste dans le contexte d’une répartition des revenus particulièrement inégalitaire. Son acceptation suppose une réforme fiscale corrigeant ce désordre social : abolition du bouclier fiscal, refonte des niches fiscales, revenu maximal admissible  [4] ). » Bien vu. Et, parole, si Sarko fait tout ça, je prends ma carte de l’UMP. Pas de gros risque, à mon avis.

Attac, fin de partie

La pénible affaire de la fraude à Attac, qui avait permis la réélection de son président sortant Jacques Nikonoff en 2006 (suivie de sa démission quand fut découvert le pot aux roses), vient de connaître son épilogue judiciaire [5]. Ci-contre, le communiqué du bureau d’Attac qui met définitivement les choses au point. Sans commentaire.

Qui signe ?

Fortiches, les lecteurs ! L’énigme n’a pas tenu une journée et c’est un certain « Al 1 » qui a dégainé le premier : oui, c’était bien Georges Brassens l’auteur de cet article sur la CGT, paru dans Combat syndicaliste, journal de la CNT, en 1947. J’avais trouvé cette perle rare dans l’excellent Georges Brassens, œuvres complètes (Cherche Midi, mars 2007) que je vous recommandais dans le BN de rentrée.

Rectifions

Et toujours grâce aux lecteurs, deux précisions-rectifications : la première sur la citation de Jefferson, qui serait pour le moins douteuse, selon Nadia, qui me renvoie à deux sites qui la mettent en débat  [6]. Et notre lectrice commente : « Essayons d’exercer la même vigilance envers les textes qui nous caressent le poil qu’envers ceux qui nous le hérissent !!! » Merci de vous y être employée. La deuxième sur La Soufrière et la querelle Allègre-Tazieff : oui, Tazieff avait bien eu raison sur ce coup et il n’y avait pas eu de coulée meurtrière ; mais oui aussi, contrairement à ce que je disais, le principe de précaution s’était déjà (1976) appliqué, et une évacuation avait bien eu lieu. Pour rien. Merci à Alain.

Cerveau

Enfin, réception d’un livre qui me fait bien plaisir, parce que l’auteur en est Denis Robert, et que c’est un roman. Preuve qu’il a su passer à autre chose après son boulot remarquable sur Clearstream et les méandres de la finance pas claire (avec tous les ennuis judiciaires que ça lui a valus, et qui empoisonnent encore sa vie). Dunk (c’est le titre) est un terme de basket dont vous trouverez la définition en exergue. En deux mots, ça raconte l’histoire d’une star du panier qui se fait piquer son cerveau par un vieillard richissime qui aspire à l’immortalité. Roman d’anticipation bien fichu, donc, sur les effets pervers (criminels) de certaines recherches scientifiques, où l’auteur n’oublie pas au passage de régler quelques comptes avec son ancienne profession : « La compromission de la population le déprimait. En premier lieu celle de ses anciens collègues de L’Est et des élus de tous bords qui mangeaient dans la main de Paul Netter. Cette ordure cacochyme. Le vieux journal est encore tiré à quelques milliers d’exemplaires. Il est acheté par une poignée d’irréductibles qui préfèrent lire sur du papier. On n’y apprend pas grand-chose. […] La propagande des dominants, selon Lemeth  [7] . »

Et tu voudrais que ton livre ait une bonne presse, en plus ?

Notes

[1] Nous n’avons pas la religion des sondages, mais quand même : deux tiers des Français sont opposés à la taxe carbone, et toutes tendances confondues – 67 % à gauche, 63 % à droite, 69 % au Modem, et 60 %… chez les Verts ! (TNS-Sofres-Logica pour Europe 1).

[2] Pas la peine de m’opposer certains arguments que je connais bien : yaka faire les courses à vélo (jusqu’à quel âge ?) ou yaka acheter aux commerçants qui tournent dans les villages (à 10, 15 ou 20 % plus cher, hein ?).

[3] Voir l’article d’Aurélien Bernier dans L’Huma-Dimanche du 27 août.

[4] Vive l’impôt sur l’énergie !, Hervé Kempf, Le Monde, 6-7 septembre.

[5] (Le réquisitoire et l’ordonnance de non-lieu sont sur : http://www.france.attac.org/spip.ph...

[6] http://wiki.monticello.org/mediawik... (en anglais) et http://macadam.blog.tdg.ch/archive/... (en français)

[7] Dunk, Denis Robert, Julliard, 240 p., 20 euros.

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