22.10.2009

Pièce maîtresse de la restauration du milieu maritime, le barrage du Couesnon entre enfin en fonction au Mont-Saint-Michel

Pièce maîtresse de la restauration du milieu maritime, le barrage du Couesnon entre enfin en fonction au Mont-Saint-Michel

LE MONDE | 16.09.09 | 16h21  •  Mis à jour le 16.09.09 | 16h21

Mont-Saint-Michel (Manche) Envoyé spécial

Marée descendante au Mont-Saint-Michel. Sur le sable des grèves, les promeneurs slaloment entre les trous d'eau. Mais pour qui le contemple depuis le fond de la baie, le célèbre rocher émerge au-dessus... d'un épais tapis de végétation. Plus pour longtemps. "Le rétablissement du caractère maritime du Mont-Saint-Michel a commencé !" se félicite Laurent Beauvais, président (PS) de la région Basse-Normandie et du syndicat mixte Baie du Mont-Saint-Michel.

L'organisme pilote cette opération hors norme, qui mêle reconstitution d'un milieu naturel et régulation touristique d'un site classé au Patrimoine mondial de l'humanité. Sur le Couesnon, le petit fleuve qui irrigue le Mont, le barrage construit pour muscler le courant et chasser les sédiments accumulés autour du rocher achève sa phase de test. Première étape de la remise en eau du monument, son entrée en service est imminente : à chaque nouvelle marée, les techniciens peaufinent le réglage des vannes, truffées de capteurs.

C'est l'heure. Sans un bruit, une spectaculaire machinerie de roues et de vérins se met en branle pour ouvrir huit énormes écluses aux courbes d'inox. Sous le regard intrigué d'une dizaine de badauds, l'eau retenue dans le Couesnon depuis la marée haute s'engouffre dans la baie, brasse les sédiments, rabote les hautes berges couvertes de végétation, les herbus. Et entraîne au large les alluvions que ni le reflux ni le cours mollasson du Couesnon n'avaient la force d'emporter. Un effet chasse d'eau, en somme.

Cinq cents fois par an, 1 million de mètres cubes d'eau seront ainsi déversés dans la baie en quelques heures. L'objectif : faire disparaître 40 hectares d'herbus qui ont transformé cet écosystème maritime en paysage terrestre. Et empêcher de nouveaux dépôts de se former, alors que 700 000 mètres cubes de sédiments entrent dans la baie chaque année, et menacent, si rien n'est fait, de relier définitivement le Mont au continent d'ici à trente ans.

Beauté de la grève nue

"Cela fonctionne de manière extraordinaire : lors des premières chasses, on voyait les sédiments se détacher des berges par mottes entières", sourit François-Xavier de Beaulaincourt, le directeur du syndicat mixte. Le Couesnon serpente aujourd'hui entre des herbus de 4 mètres d'épaisseur. Si tout va bien, dans cinq ans, c'est un horizon de sable et de mer qui conduira le regard jusqu'au Mont-Saint-Michel.

C'est d'ailleurs la seconde fonction de ce barrage aux lignes sobres, dont les neuf piles de béton, alignées comme une succession d'étraves, portent un large balcon de bois ouvert au public. "Un des grands enjeux était de ne pas réduire l'ouvrage à sa fonction technique : c'est un lieu de compréhension du paysage, une machine à révéler le Mont", explique son architecte, Luc Weizmann.

Pièce maîtresse de la restauration du milieu maritime, le barrage n'est pourtant que le début du programme adopté en 2006, après dix ans de concertation. Celui-ci prévoit 200 millions d'euros d'investissements jusqu'en 2015. Et la démolition de la plupart des aménagements actuels d'un site qui reçoit 3 millions de visiteurs par an.

"Toutes les baies du monde s'ensablent. C'est un phénomène naturel. Nous ne voulons pas aller contre la nature, mais défaire les constructions humaines qui ont accéléré le processus", indique le directeur du syndicat mixte.

Exit la digue-route bâtie au XIXe siècle, qui bloque courants et marées. Adieu, les 15 hectares de parkings qui bitument le pied des remparts. Place à une passerelle réservée aux piétons et à la navette qui reliera le rocher aux stationnements aménagés à 2,5 km de là, dans la zone d'accueil. Une passerelle qui s'achèvera par un gué inondable, pour que le Mont-Saint-Michel puisse être vraiment coupé du continent.

Dégagé du limon, le monument sera entièrement cerné par les flots cent cinquante jours par an, contre cinquante aujourd'hui. De quoi retrouver, à marée haute, la magie insulaire et, à marée basse, la beauté de la grève nue.

Ce retour à la mer, Audrey Hémon l'observe attentivement. La jeune femme est responsable de l'environnement au syndicat mixte. A elle de s'assurer que civelles et saumons trouvent leur chemin à travers le barrage, que la salicorne regagne du terrain dans le bas des herbus, que phoques et oiseaux ne migrent pas vers des côtes moins changeantes.

"Nous avons fait un état des lieux complet de la faune et de la flore avant le début des opérations, indique Audrey Hémon. Le déplacement des limites entre terre et mer, eau douce et eau salée, va obliger des espèces à s'adapter." Mais pas question que les mutations entreprises au nom du rétablissement des paysages naturels détruisent les écosystèmes fragiles de la baie.

Grégoire Allix

17.06.2009

Les associations mobilisent contre la suppression de l'avis conforme de l'ABF dans les ZPPAUP

Les associations mobilisent contre la suppression de l'avis conforme de l'ABF dans les ZPPAUP

publié le 03 juin 2009

A l'occasion de l'examen, en janvier dernier, du projet de loi pour l'accélération des programmes de construction et d'investissement publics et privés, l'Assemblée nationale avait introduit un amendement supprimant l'avis conforme de l'architecte des bâtiments de France (ABF) pour les travaux de construction, de démolition, de déboisement, de transformation et de modification dans les zones de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager, les ZPPAUP (voir notre article ci-contre du 28 janvier 2009). Le projet de loi ayant été déféré, pour d'autres motifs, devant le Conseil constitutionnel, celui-ci s'était saisi - motu proprio - de la disposition ainsi introduite. Dans une décision 2008-577 DC du 12 février 2009, le Conseil avait déclaré cet article et cinq autres "cavaliers législatifs" contraires à la Constitution, car "dépourvus de tout lien avec les dispositions qui figuraient dans le projet de loi" et "adoptés selon une procédure contraire à la Constitution". L'épisode pouvait donc sembler clos.
Mais, à l'occasion de l'examen en seconde lecture du projet de loi de programmation relatif à la mise en oeuvre du Grenelle de l'environnement - qui doit venir en séance publique à partir du 9 juin - la commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale a réintroduit un amendement supprimant l'avis conforme de l'ABF pour les opérations dans les ZPPAUP (l'avis de l'ABF n'ayant plus dès lors qu'une valeur indicative). Motif avancé par Patrick Ollier, le président de la commission des affaires économiques : la création de la ZPPAUP faisant déjà l'objet d'un avis de l'ABF, un nouvel avis de ce dernier sur les opérations ultérieures au sein de la zone s'apparente à un "double avis", obligation "encore plus insupportable quand le second architecte consulté n'est pas le même que le premier et qu'il émet un avis différent".
Ce retour de l'amendement n'a pas échappé aux associations de défense du patrimoine. Dans un communiqué intitulé "Alerte rouge pour la protection du patrimoine", la Fnassem (les associations du patrimoine) s'interroge : "Les pouvoirs des ABF : pourquoi et qui gênent-ils ?" la réponse à cette question vise "certains élus locaux", mais aussi "les tenants de l'écologie pure et dure qui considèrent de manière dogmatique que les ABF sont systématiquement contre les énergies renouvelables dans les ZPPAUP alors qu'ils s'efforcent, la plupart du temps, de concilier l'intérêt des panneaux photovoltaïques en particulier et l'esthétique architecturale". La Fnassem a été rejointe par d'autres associations, comme La Demeure historique qui "soutient totalement 'l'alerte rouge'". Mais elle a également réussi à rallier à sa cause l'Association nationale des villes et pays d'art et d'histoire et des villes à secteurs protégés et sauvegardés. Son président, Martin Malvy - également président de la région Midi-Pyrénées -, a écrit le 27 mai à Jean-Louis Borloo, en insistant sur le fait que cet amendement "met en péril des éléments essentiels de la politique patrimoniale de notre territoire".
Depuis plusieurs mois, les défenseurs du patrimoine se trouvent ainsi placés dans une situation ambivalente. D'un côté, ils apprécient l'augmentation par l'Etat des crédits affectés à l'entretien du patrimoine, notamment dans le cadre du plan de relance. Mais de l'autre, ils s'inquiètent des coups - le plus souvent d'origine parlementaire - portés aux dispositifs juridiques et techniques de protection du patrimoine, qu'il s'agisse de l'avis des ABF ou des chantiers d'archéologie préventive (voir nos articles ci-contre).

Jean-Noël Escudié / PCA

Référence : article 8 bis A (nouveau) du projet de loi de programmation relatif à la mise en oeuvre du Grenelle de l'environnement (examiné en seconde lecture par l'Assemblée nationale du 9 au 15 juin 2009).

LOCALTIS

25.09.2008

ASSOCIATION PATRIMOINE

LOCMARIA PATRIMOINE. LA NAISSANCE D’UNE ASSOCIATION
Dans la perspective d’embellir la commune, sauver des monuments de l’oubli et mettre en valeur l’histoire de la commune, un groupe de 25 personnes a créé une nouvelle association. Après une première réunion de sensibilisation, qui a suscité un intérêt certain et après deux sorties sur le terrain pour mesurer l’enjeu, des statuts ont été écrits et présentés aux futurs adhérents lors d’une assemblée générale constitutive qui s’est déroulée vendredi soir, à Ti-Lanvénec. Approuvés à l’unanimité par les 25 personnes présentes, le collectif a de suite planché sur l’appellation de l’association.
Trois commissions
Après un tour de table de propositions diverses, « Locmaria Patrimoine » a été choisi. Marie-Renée Cren, qui avait lancé l’initiative, en est tout naturellement devenue la présidente. Trois commissions fonctionneront, afin de diluer les tâches de chacun. La première sera chargée des recherches historiques, de la collecte de documents, des enquêtes de proximité avec les anciens et des mémoires vivantes de la commune.

La deuxième commission aura en charge la partie technique, avec l’étude des projets de réhabilitation, de leur faisabilité et de l’échéancier des travaux. La dernière commission est dépendante des deux premières, car elle mettra en avant le travail de l’association lors d’animations et manifestations diverses.
Logée à Ti-Lanvénec, l’association a fixé le montant de la cotisation de ses adhérents à 10 € par an.
Les idées fusent
Ses premiers pas seront le dépôt des statuts à la sous-préfecture et l’ouverture d’un compte. La première réunion mettra en partition, après le recensement et la répartition des volontaires dans telle ou telle commission, un calendrier des actions à mener dans la commune. Des priorités seront données, car déjà de nombreuses idées fusent dans les esprits. Le bureau : présidente, Marie-Renée Cren ; vice-président, Jean-Pierre Mazé ; secrétaire, Martine Durand ; trésorière, Monique Méar ; responsable documentation, Janick Bodénès et responsable travaux, Roger Guéneuguès. Renseignements Tél. 02.98.48.50.17.

Je trouve bien l'idée. l'ennui c'est que la municipalité qui y place un conseiller, lors de la campagne, ne voulait pas entendre parler du patrimoine. La chapelle Saint Sébastien n'était pas en danger alors. Aujourd'hui c'est grave. Qu y a t il eu comme évènement qui a modifié cet état de choses : les promesses électorales.