14.11.2009

Le Sénat adopte la loi sur le changement de statut de La Poste

Le Sénat adopte la loi sur le changement de statut de La Poste

10/11/2009 à 06h56 LIBERATION

Après huit jours de marathon parlementaire, le texte a été adopté par 183 pour et 152 contre.

Le Sénat a finalement adopté lundi soir le projet de loi sur le statut de La Poste après huit jours consécutifs de marathon parlementaire marqué par une bataille d'amendements menée par les sénateurs de gauche opposés à cette réforme.

Le projet a été adopté par 183 voix contre 152. L'UMP et l'Union Centriste ont voté pour, le PS, le PCF, les Verts et les radicaux de gauche du RDSE ont voté contre.

«Le Sénat n'a pas eu souvent l'occasion d'avoir eu 70 heures de débat sur un texte comme celui-ci» s'est félicité le ministre de l'Industrie Christian Estrosi. Il a souligné qu'avaient été adoptés «11 amendements UMP, 9 du groupe socialiste, 5 amendements du groupe centriste, 4 amendements des Verts, 3 amendements du groupe communiste, 2 amendements RDSE, un amendement non inscrits».

«Le gouvernement a considéré que nous devions prendre ensemble l'engagement que La Poste, quelle que soit sa réforme, statutaire resterait (...) la principale entreprise publique» a-t-il ajouté évoquant l'amendement de la majorité qui selon lui la rend «imprivatisable» .

«Ce texte ouvre la voie à une privatisation totale de l'opérateur public sans que ce soit imposé par le droit communautaire», a à contrario déploré Jean-Claude Danglot (CRC-SPG) dans les explications de vote.

La votation sans effet

«A moyen terme le changement de statut de La Poste aura pour conséquence inéluctable un désengagement de l'Etat jusqu'à la dilution du capital social, l'accumulation des situations de mal être au travail et un service postal au rabais», a critiqué Jean Désessard (Vert).

«Je reste convaincu que la population avait son mot à dire dans la transformation de son service postal», a déploré Jean Milhau (RDSE, à majorité PRG) regrettant le rejet de la motion référendaire de la gauche.

Marie-Thérèse Bruguière (UMP) s'est en revanche félicité de cette «réforme indispensable qui va donner à La Poste les moyens de sa modernisation face au défi de l'ouverture totale à la concurrence en 2011».

Hervé Maurey (Union Centriste) a dénoncé «l'obstruction de la gauche» et qualifié la votation citoyenne du 3 octobre de «mascarade». «Les réalités sont que La Poste a besoin de se moderniser et de rester une grande entreprise public et c'est ce que propose ce texte», a-t-il lancé.

(Source AFP)

08.11.2009

Affaire Mitterrand : et si on inculpait Léon Blum ?

Affaire Mitterrand : et si on inculpait Léon Blum ?

Politiques 12/10/2009 à 00h00 LIBERATION

Par BERNARD-HENRI LEVY écrivain, directeur de la revue La Règle du jeu

Marine Le Pen n’y suffisait pas : il a fallu que la jeune garde socialiste, Benoît Hamon en chef de file, vole au secours du nouvel ordre moral qui, depuis quinze jours, semble tourner des têtes que l’on croyait immunisées contre le moralement correct cher à nos Pères et Mères la Pudeur, type Christine Boutin ou Philippe de Villiers.

Et voici donc un événement considérable, et qui semblait impensable à ceux qui, comme moi, avaient mis leur espoir dans ce groupe de quadras - Benoît Hamon donc, mais aussi Manuel Valls, Arnaud Montebourg... - qui portaient, avec d’autres, les couleurs de la rénovation à gauche : l’alliance folle, profondément contre-nature, suicidaire, entre des héritiers de Jaurès et le parti d’un homme qui, jadis, à Alger, partit faire du tourisme parachutiste autrement plus olé olé que celui dont Frédéric Mitterrand a fait lui-même, il y a quelques années, dans un livre unanimement salué par la critique, l’aveu public et désolé.

Une fois de plus, et comme dans l’affaire Polanski dont cette affaire-ci est, hélas, la suite à la fois logique et délirante, il ne s’agit pas d’excuser des pratiques que leur auteur a eu la franchise de révéler en son temps, et à son entier détriment.

Mais il s’agit, premièrement, d’observer le spectacle navrant de cet escadron de vertueux, estampillé socialiste, qui fonce droit dans le piège tendu par ses pires adversaires.

Et il s’agit, deuxièmement, de savoir si l’on va, désormais, devoir fouiller dans la vie de chacun d’entre nous pour évaluer, dans notre passé, pourquoi pas dans notre adolescence, ou même dans notre prime enfance, notre degré de «moralité».

Responsables, ou futurs responsables, qui, dans vos écrits ou confessions, aurez pris le risque de rapporter telle ou telle histoire, passion, bonne ou mauvaise action, apprenez désormais à vous taire ou sachez, à défaut, que vous serez du gibier de média et d’agora.

Artistes, romanciers, diaristes, journalistes, qui, dans vos fictions et vos autofictions, croiriez bon de nous instruire de telle ou telle tentation, perdition, perversion, turpitude, regardez-y à deux fois car vous devez savoir qu’à gauche comme à droite, au nom de la défense des bonnes mœurs, on vous jettera en pâture à l’opinion et l’on sonnera contre vous l’hallali.

André Malraux, qui fit publiquement l’aveu d’un penchant pour les paradis artificiels contracté dans sa jeunesse et jamais véritablement conjuré, ne resterait, aujourd’hui, pas ministre cinq minutes.

Blum à qui il arriva, au temps de La Revue blanche, de faire l’éloge de l’adultère et de l’extrême liberté de mœurs pour les jeunes filles emprisonnées dans le carcan des familles, devrait se tenir à carreaux de peur d’être dénoncé comme pédophile par les Benoît Hamon de service.

Gide ne publierait pas Corydon ou ne prendrait plus, s’il l’avait fait, la présidence des Comités antifascistes de 1934 ; Jean-Jacques juge de Rousseau finirait avec ses Confessions pendues autour du cou ; et ne parlons pas de Jean Genet dont le Journal d’un voleur ne trouverait tout simplement plus éditeur.

La nouvelle Brigade des mœurs veille. Triste époque.

[Bernard-Henri Lévy est membre du conseil de surveillance de «Libération».]

06.11.2009

Après Polanski, Frédéric Mitterrand rattrapé par “sa mauvaise vie”

Après Polanski, Frédéric Mitterrand rattrapé par “sa mauvaise vie”

07 octobre 2009 LE MONDE

Marine Le Pen a réussi son effet. Invitée lundi soir de l’émission mots croisés, la leader frontiste a, à propos de l’affaire Polanski, glissé sur la vie sexuelle de Frédéric Mitterrand que celui-ci avait dévoilé en 2005 dans un de ses livres : La mauvaise vie. Fiche sous les yeux, Marine Le Pen a lu des extraits qui on jeté un réel malaise sur le plateau. Fantasme ou tourisme sexuel avéré, le ministre de la culture évoque le “commerce de garçons”. Une affaire embarrassante que de nombreux médias ont préféré ne pas évoquer. L’Express va plus loin accusant la blogosphére de relayer une campagne orchestrée par l’extrême droite.

Selon l’hebdomadaire de Christophe Barbier, “le ministre de la Culture paye son soutien à Roman Polanski“. Fine déduction. Comme dans le cas Polanski, le titre fait fausse route. Il s’étonne que soit mise en pratique la notion de responsabilité à l’égard d’élites censées être exemplaires.

En clouant au pilori la blogosphére et sa gouaille populiste, notamment le site communautaire Agoravox , l’hebdomadaire accuse finalement le thermomètre d’être la cause de la fièvre.

Pourtant, ce qui est en cause ce n’est pas que des informations soient relayées par internet. Elles ne rencontreraient pas un tel succès d’audience si la presse traditionnelle faisait son travail et ne s’autocensurait pas dans le cas d’affaires délicates. Ignorer, se taire, constitue la plus mauvaise ligne de défense. Elle ouvre les portes aux insinuations, aux ragots et rumeurs malveillantes non ou faussement etayées, donnant le sentiment qu’il y a d’un côté des cercles privilégiés qui ont accès à l’information et, de l’autre, la masse, qui n’a pas besoin de savoir.

Frédéric Mitterrand est ministre de la République. Ses propos, plus qu’un autre l’engagent. Beaucoup s’accordent à reconnaître que dans l’affaire Polanski, ils ont été extrêmement maladroits, attestant du décalage entre les milieux “germanopratins” et le reste de la population.

Avec un certain courage l’ancien animateur tv  a fait il y a déja quelques années son coming out et assume son homosexualité. Le problème n’est donc pas là. Il réside dans l’idée que la pédophilie ne serait pas répréhensible lorsqu’elle est  le fait d’artistes dont le génie constituerait une totale immunité.

En digne fille de son père, avec la délicatesse d’un éléphant dans un magasin de porcelaine, Marine Le Pen s’est fait un malin plaisir de mettre les pieds dans le plat. Comme si, on pouvait s’attendre à autre chose d’une jeune femme qui réclame sur le plateau, la bave aux lèvres, le retour de la peine de mort.

La mauvaise vie ne peut être considéré comme une apologie de la pédophilie juste un livre autobiographique, “cru dans l’exposition des moeurs qui ne verse jamais dans l’indécence ou l’impudeur” selon Pierre Assouline . Avec un hic de taille. C’est justement que certaines “moeurs” peuvent être pénalement répréhensibles. Ainsi, la loi du 1er février 1994, dite d’extraterritorialité, permet de poursuivre et de juger en France, un français accusé d’un acte sexuel, commis à l’étranger sur un mineur de moins de quinze ans, contre rémunération, même si dans ce pays ce délit n’est pas réprimé.

Comme le rappelle l’Express, “à l’époque de la parution du livre, le ministre s’était exprimé à plusieurs reprises sur les plateaux de télévision. Il y avait démenti tout penchant pédophile. Les images ont été retrouvées par Arrêtsurimages.net.

Depuis lundi, pas plus Frédéric Mitterrand en déplacement au Kazakhstan avec Nicolas Sarkozy que l’Elysée, n’ont souhaité réagir à la polémique.

Sollicité par le point.fr, l’entourage de Frédéric Mitterrand indique à propos de ce dernier que, “dès sa nomination, il s’attendait à ce genre d’attaques. Psychologiquement, il y est préparé. La question de savoir qui tient ce discours est importante. Le fait que l’attaque vienne de l’extrême droite est presque en soi un contre-feu.

Une stratégie discutable. Si l’extrême-droite apporte généralement de mauvaises réponses, il lui appartient parfois de poser de bonnes questions. Nicolas Sarkozy en sait quelque chose, lui qui a emprunté pour sa campagne présidentielle de nombreux thèmes à Jean-Marie Le Pen.

L’ affaire est donc bien politique. C’est celle d’un nouveau ministre qui multiplie les boulettes et dont on peut s’interroger sur sa longévité rue de Valois. Reste le plus grave. C’est justement en brouillant l’image renvoyée par nos gouvernants que ceux qui se disent républicains contribuent à donner du poids et de la crédibilité à la bête immonde et à son indémodable slogan “tous pourris”. Sauf papa, bien entendu, dans le cas de Marine.

http://www.dailymotion.com/video/xapttb_marine-le-pen-accuse-mitterrand-de_news

Rama Yade, une «femme de gauche»? Mon œil!

Rama Yade, une «femme de gauche»? Mon œil!

Gérald Andrieu - Marianne | Mercredi 4 Novembre 2009 à 17:10

Il suffit qu’un membre de la majorité élève un peu la voix, pour que l’opposition en face un héros. Après Dominique Villepin, place à Rama Yade dont certains au PS semblent penser qu’elle est si foncièrement de «gauche» qu’elle mériterait même une tête de liste PS pour les régionales!

«Il est bon d’avoir l’esprit ouvert, mais pas au point que le cerveau tombe par terre ». Michèle Sabban, vice-présidente socialiste d’Ile-de-France ferait bien de méditer les sages paroles de Lawrence Ferlinghetti. Le Canard enchaîné de ce mercredi nous explique que l’élue PS du Val-de-Marne souhaiterait pratiquer, à sa façon, « l’ouverture » en « [accordant] à Rama Yade le droit d’asile politique ». Un « asile politique » plus que confortable puisqu’il pourrait prendre la forme de la tête de liste du Parti socialiste dans les Hauts-de-Seine ! « Elle est en délicatesse avec son propre camp, explique Michèle Sabban dans les colonnes de l’hebdo satirique, Les dirigeants de l’UMP peinent à lui trouver un point de chute pour les régionales. Elle est élue à Colombes, dans les Hauts-de-Seine, et je sais sa proximité avec certains socialistes. Pour toutes ces raisons, je lui promets le meilleur accueil. »

Une simple boutade parvenue aux oreilles indiscrètes du Canard ? Ça y ressemble. D'ailleurs, Jean-Paul Huchon a fait savoir par communiqué, cet après-midi, que Rama Yade restait une « adversaire politique » et qu'il s'agissait là « d'une blague » de sa vice présidente. Pourtant, quelques heures auparavant, Michèle Sabban, interrogée par Lepost.fr , en remettait une couche sur un ton on ne peut plus sérieux : « Ce serait notre ouverture à nous », lâchait-elle toute fière de son idée à elle qu’elle a eu toute seule ! Et visiblement l’ancienne secrétaire nationale du Parti socialiste aux Droits des Femmes n’est pas à une fulgurance près. Toujours sur Lepost.fr, elle ajoutait être « convaincue que [Rama Yade] est une femme de gauche » : « Elle le montre à travers ses discours et les valeurs qu'elle défend » !

Elle est gentille Michèle Sabban. Très gentille même. Rama Yade, par le passé, s’est peut-être vertement opposé à Nicolas Sarkozy (lors de la venue en France de Mouammar Kadhafi par exemple), mais cela ne fait pas d’elle pour autant « une femme de gauche ». Il s’agissait-là simplement de bon sens. Un bon sens dont des gens de droite sont capables (si si, il y en a) !

Faut-il aussi rappeler à Michèle Sabban que la dernière polémique à laquelle s'est retrouvée mêlée la secrétaire d’Etat aux Sports ne fait pas vraiment d’elle une Louise Michel en puissance ? Si Rama Yade s’est pris le bec avec Roselyne Bachelot, c’est bien parce que la jeunette s’est opposée à la disparition d’un cadeau fiscal pour les sportifs de haut niveau et ce, contre l’avis de sa ministre de tutelle. La vraie femme de gauche dans cette histoire — c’est peut-être difficile à concevoir — mais c’est Roselyne Bachelot ! Quitte à copier l’ouverture à la sauce Sarkozy, autant faire mieux que le maître. Lui aime à faire croire qu’il a pris dans ses filets des hommes et des femmes de gauche. Mais depuis longtemps déjà, Kouchner, Besson et les autres n’en étaient plus. Tout comme Rama Yade n’en est pas…

05.11.2009

Rama Yade joue en contre. Jusqu'à quand ?

Rama Yade joue en contre. Jusqu'à quand ?

Antidote - Causeur.fr | Mercredi 4 Novembre 2009 à 07:01

MARIANNE2

En pleine zizanie au sein de la majorité suite aux débats sur la taxe professionnelle et le grand emprunt, qui succèdent eux-même aux affaire EPAD et Mitterrand, le coup de gueule de la secrétaire d'état contre son ministre de tutelle Roseline Bachelot fait mauvais genre.

Depuis plusieurs jours, Rama Yade fait l’objet de tirs nourris de la part de la plupart des chevau-(pas très) légers de la Sarkozye. Nadine Morano et Frédéric Lefebvre, avec leur finesse habituelle, avaient ouvert le feu. Il semble bien que François Fillon, dont le boulot semble bien de se débarrasser des importuns(1), leur ait emboîté le pas ce matin.
Rama Yade agace le Président depuis plusieurs mois. Sa sortie lors de la venue du Guide Libyen fin 2007, son refus de mener la liste francilienne aux élections européennes, ses déclarations en pleine affaire « Jean de l’EPAD » ont déplu, doux euphémisme, à Nicolas Sarkozy. Et malgré le fait qu’elle soit dans le collimateur, alors qu’un vent de révolte souffle parmi sénateurs et députés, voilà la secrétaire d’Etat au sport qui se désolidarise de sa ministre de tutelle sur la suppression du droit collectif à l’image, niche fiscale permettant aux clubs professionnels de mieux rémunérer leurs joueurs.

Sur ce dossier, Rama Yade a, à la fois, tort et raison. Tort parce qu’il est absolument indigne en cette période de crise que subsiste ce genre d’avantage. On aimerait d’ailleurs que le bouclier fiscal fasse l’objet de la même indignation. Raison parce qu’il ne faudra pas s’étonner que les championnats nationaux, et notamment celui de football, redeviennent encore moins attractifs qu’auparavant pour les meilleurs joueurs, nos clubs étant particulièrement désavantagés par rapport à l’Angleterre et l’Espagne. Que l’on sache, ce n’est pas Rama Yade qui s’est couchée à Biarritz l’an dernier lorsqu’il s’agissait de vendre à la Commission de Bruxelles un retour au quota de joueurs nationaux(2) dans les équipes. C’est son prédécesseur Bernard Laporte et…

Nicolas Sarkozy lui-même qui se faisait pourtant fort d’imposer une spécificité sportive et qui, disait-il, avait convaincu son collègue Gordon Brown. Devant l’idéologie de la concurrence libre et non faussée, tout ce joli monde a cédé et a renoncé à la seule solution qui permettrait un rééquilibre dans les championnats, quelle que soit la fiscalité des pays.
Depuis quelques jours, donc, les appels à la démission de Rama Yade n’ont pas porté leur fruit tant désiré. « Un ministre, ça ferme sa gueule ou ça démissionne », disait Jean-Pierre Chevènement, qui s’y connaît puisqu’il a quitté trois gouvernements(3). Mais cette jurisprudence n’est plus de saison. D’abord, parce que les Chevènements ne courent plus les rues désormais. Ensuite, parce que la nature d’un gouvernement nommé par Nicolas Sarkozy relève davantage aujourd’hui du casting, comme dirait Eric Zemmour.

Dans ce schéma, ce n’est pas aux acteurs de démissionner,
mais au metteur en scène de virer ceux qui ne lui conviennent plus. Enfin, Rama Yade est la personnalité du gouvernement la plus haute dans les sondages de popularité. Son intérêt n’est pas de démissionner, surtout sur un sujet aussi mineur qu’une niche fiscale pour sportifs pros, mais plutôt de se faire virer pour indiscipline, laquelle s’avère la composante essentielle de sa bonne image dans le pays.
A l’heure où j’écris ses lignes, on ne peut évidemment pas savoir qui gagnera le bras de fer. Si Rama Yade, finalement, ne résiste pas à la pression -et démissionne, ou si Nicolas Sarkozy et François Fillon doivent se résoudre à en faire une martyre ou, pis encore, passer l’éponge. Cette dernière solution ne semble pas idéale pour calmer les ardeurs des parlementaires qui pourrissent actuellement la vie du gouvernement.

(1)    Spéciale dédicace à Dame Christine Boutin
(2)    Le fameux 6+5 cher à Joseph Blatter, président de la FIFA
(3)    En 1983, sur le tournant de la rigueur, en 1991 à propos de la guerre en Irak puis en 2000 sur un projet portant atteinte à l’indivisibilité de la République. Admettons qu’à chaque fois, le panache ne manquait pas

01.11.2009

Hulot, un écolo-gauchiste héliporté

Hulot, un écolo-gauchiste héliporté

Sylvain Lapoix - Marianne | Mardi 29 Septembre 2009 à 07:01

A l'occasion de la sortie du Syndrome du Titanic, son prochain film, Nicolas Hulot entame sa campagne de promotion en se présentant comme anti-capitaliste... alors que ses mécènes, EDF et Orange, sont plus généreux que jamais avec lui.


A son attirail d'avions, de caméras et d'hélicos, Nicolas Hulot a ajouté, pour la sortie de son prochain film, un discours de «révolutionnaire». Attention, pas pour s'en servir : juste pour faire joli. Car à la question que se posait naïvement le Journal du dimanche du 27 septembre «vire-t-il à la radicalité anti-capitaliste ?», on peut répondre très clairement non !

Un anti-libéral financé par France télécom

«Je ne suis pas contre le libéralisme par principe mais par réalité», ose affirmer le documentariste au JDD. En plus d'une écologie en son et lumière, réalisée à grand renfort de matériau à haute consommation en kérosène, le bonhomme se pique d'un message social. Rien que ça ! A la contrainte environnementale, s'ajoute désormais pour lui la contrainte sociale : «les inégalités se creusent», posait-il d'un ton grave sur Europe 1, lundi 28 septembre. Marc-Olivier Fogiel en était tout bouleversé.

Et qui donc est le partenaire principal du Syndrome du Titanic, son film à paraître le 7 octobre ? Orange, filiale de France télécom. «Après son film, tu sais qu'il faut se suicider, la seule question, c'est quand», s'amusait son ami Gérard Feldzer. Une blague qu'apprécieront les cadres de France télécom à sa juste valeur.

EDF, L'Oréal, Vinci... Sainte Trinité de l'écotartufferie

Mais Hulot continue de traîner sur tous les plateaux sa gueule de baroudeur sympathique, légèrement burinée par le jetlag (avion en 1ère classe de retour d'un coin dévasté du monde oblige). Depuis 20 ans, EDF subventionne la fondation Nicolas Hulot avec les autres partenaires fondateurs : L'Oréal, les hôtels Ibis et TF1. Derrière les historiques, les Autoroutes du Sud de la France (groupe Vinci), Norauto et l'opérateur téléphonique Bouygues donnent également au pot. Le tout pour «dénoncer le capitalisme ; son inhumanité et son gaspillage ; son inflation d'électronique et de téléphone portable.» Voiture, énergie nucléaire, téléphone portable et produits de beauté «greenwashé»... La société de consommation n'a qu'à bien se tenir !

Même complaisant, le portrait du JDD le rappelle : Hulot est l'ami des patrons, celui de Nathalie Kosciusko-Morizet... Certes, cette amitié est relativisée par une anecdote dans laquelle le brave documentariste se fâche puis coupe les ponts avec un pdg - anonyme bien sûr, le JDD n'est pas la Cause du peuple - qui bouclait un plan de licenciement. Mais à quoi bon : un de perdu, dix de retrouvés ! A la Bourse médiatique, un marché qui n'a jamais cesser d'échanger, la côte d'Hulot est toujours au plus haut.

Une vraie distance vis-à-vis du pouvoir : l'exil !

«Tout le monde connaît ma distance vis-à-vis du pouvoir», ose-t-il sur le plateau d'Europe 1. Certes, il n'a jamais été ministre. Mais il chante aujourd'hui les louanges d'un Président qui a signé son Pacte sans appliquer un seul de ses moratoires, que ce soit sur les autoroutes, les incinérateurs ou les EPR... Un écotartuffe qui met en garde sur l'urgence de la crise sociale grâce à un film financé par une entreprise où 24 personnes ont mis fin à leur jour en deux ans à cause de leurs conditions de travail.

De toute évidence, Hulot a du mal à rester au loin des médias, à conserver une distance et une sobriété qui rende son message cohérent... Il a besoin d'aide : pour lui permettre de se cesser enfin ses relations incestueuses avec le CAC 40,  signons le pacte contre Nicolas Hulot et n'allons pas voir son film. Un flop commercial amènerait peut-être ses mécènes à reconsidérer le financement de ses documentaires à l'avenir, l'obligeant ainsi à chercher des moyens en dehors de ce capitalisme mortifère dont il se veut désormais le détracteur. C'est la seule solution pour préserver sa « pureté écologique ». Parce que, si on le laisse faire, il va nous la solder pas très cher l'écologie!

16.10.2009

Manifestation contre le scandale Jean Sarkozy

Manifestation contre le scandale Jean Sarkozy

jeudi 15 octobre 2009, par Politis.fr

A l’initiative des réseaux sociaux sur internet, une manifestation contre la promotion-éclair de Jean Sarkozy est organisée ce samedi 17 octobre devant la Grande Arche de La Défense, à partir de 14h.

Suite à la pétition en ligne qui franchira le cap des 100 000 signatures avant la fin de la semaine, un appel à manifester contre l’accession de Jean Sarkozy à la tête de l’Epad est diffusé sur les réseaux sociaux Twitter et Facebook. Le texte est reproduit ici en intégralité :

« Ce qui se passe actuellement en France avec la future nomination du fils du Président de la République à la tête du plus grand quartier d’affaires d’Europe est à maintes raisons inacceptable.

Que ce soit en rapport aux promesses de campagne du président (cf vidéo : http://bit.ly/4FdYif) ou à travers l’image envoyée aux jeunes en proie à de difficiles recherches d’emploi (http://bit.ly/bo6Vc) ou encore à l’image délétère envoyée par nos dirigeants à l’étranger (http://bit.ly/11ricr).

Il faut donc montrer que, plus que les contestations et les indignations, nous pouvons nous mobiliser et manifester aux yeux de tous notre désaccord profond, et cela quel que soit notre orientation politique. Cette contestation ne doit pas se faire dans un sens politicien et électoraliste, la gauche-droite ou autre, mais avant tout dans un esprit de rassemblement pour manifester notre attachement au respect du principe d’équité.

Si l’on s’indigne à Besançon pour la nomination d’un professeur (http://bit.ly/68TNa) comment peut-on tolérer une telle manipulation au niveau national.

Comment peut-on nous faire croire qu’une personne, qui n’a jamais travaillé dans une entreprise, peut diriger un quartier d’affaires employant près de 150 000 personnes.

Je vous appelle donc à faire circuler cet évènement autour de vous et j’espère que vous serez très nombreux à participer de cet élan collectif.

Ne laissons pas le principe de « majorité silencieuse » aux sujets des journaux télévisés. Montrons qu’il existe vraiment.

Rendez-vous donc ce samedi 17 octobre devant la Grande Arche de La Défense à partir de 14h. Si, comme je l’espère, nous sommes nombreux, je propose d’organiser un SIT-IN silencieux à 14h30 précises. Je suis à l’écoute de toute vos suggestions et accueille très favorablement d’autres volontaires.

A bientôt,
http://twitter.com/BrunoMYM »

15.10.2009

Sarkozy junior, une bonne blague française

Sarkozy junior, une bonne blague française

Le quotidien italien s'amuse de l'affaire Jean Sarkozy et des Français qui sont capables d'avaler toutes les couleuvres. Petit commentaire assassin.

14.10.2009 | Il Sole-24 Ore

Sans doute l'Italie est-elle un pays pour vieux, où il est rare que l'on parvienne à occuper un poste haut placé, surtout en politique, avant d'avoir 50 ans. Nous l'avons dit et nous l'avons écrit avec insistance, en manifestant notre jalousie envers ceux qui deviennent PDG à 30 ans, ou Premier ministre à 40, et qui considèrent cela comme normal. Il est pourtant difficile de ne pas s'unir au chœur de ceux qui, criant au népotisme, trouvent déplacé que soit confié au fils cadet du président Sarkozy la direction du plus grand quartier d'affaires d'Europe. Car ce Jean aux longues mèches blondes n'a en tout et pour tout que 23 ans et n'a jamais rien géré à ce jour, si ce n'est un parcours universitaire peu brillant qui, jusqu'à présent, ne l'a conduit qu'en deuxième année de droit.

Qu'à Paris on n'ait plus la carrure morale, ni même le style adéquat pour se permettre de donner au monde des leçons de civilisation, nous l'avions déjà remarqué lorsque Carla, la première dame, et Valeria, sa petite sœur, toutes deux hyperfrançaises en dépit de leurs origines, nous avaient expliqué que [l'ancien terroriste] Cesare Battisti n'est pas un assassin mais un militant persécuté.

13.10.2009

Exclusif : Yves Bertrand parle dans Marianne

Exclusif : Yves Bertrand parle dans Marianne

Philippe Cohen - Marianne | Vendredi 04 Septembre 2009 à 07:01

Marianne publie demain les bonnes feuilles du livre témoignage d'Yves Bertrand, l'ancien patron des Renseignements Généraux. Un diagnostic cru et impitoyable sur Nicolas Sarkozy, son entourage, mais aussi sur d'autres personnalités, politiques (Charles Pasqua, Lionel Jospin, Jacques Chirac, DSK, Cécilia Sarkozy) ou du monde des affaires (Messier) ou du showbizz (Johnny Halliday).

C’était il y a un peu moins d’un an. La France médusée découvrait les fameux « cahiers Bertrand », ces petits carnets à spirales dans lesquels l’ancien patron des Renseignements (de 1992 à 2004) notait, au jour le jour, les informations, scandaleuses, saugrenues ou carrément imaginaires que ses correspondants, plus ou moins honorables, lui faisaient parvenir. Chacun a compris que le travail de renseignement policier ne négligeait ni les chambres à coucher ni les rumeurs d'arrière-cour. On a alors évoqué un « cabinet noir » au service de Chirac, et désigné Bertrand comme un personnage glauque, capable de tous les coups tordus et notamment celui de stimuler, d’encourager voire même de monter la manipulation Clearstream contre Nicolas Sarkozy.

Yves Bertrand a décidé, en cette rentrée, de rompre le silence dans lequel il s’est cantonné en serrant des dents depuis la publication, dans le Point, des extraits de ses cahiers de notes. Il le fait dans un livre - « Ce que je n'ai pas dit dans mes carnets » - qui sera jeudi prochain dans les librairies. Le prochain numéro de Marianne de demain matin publiera dix pages d’extraits de ce livre-témoignage réalisé avec notre collaborateur Frédéric Ploquin qui l'a convaincu de le faire avec lui. Yves Bertrand y raconte comment il a été limogé, en une journée d’une administration - la police - dans laquelle il a travaillé quarante ans. Il dépeint un Sarkozy cynique et brutal avec un côté « général Alcazar » : « Le poisson qu’on lui sert dans l’avion ne lui plaît pas ? « Qui a acheté ce poisson ? », demande-t-il ? Et le gars est viré le jour-même. C’est ce qui m’est arrivé. »

Un miroir terrible des élites

Mais l’actuel Président de la république n’est pas le seul homme politique ciblé par le vieux baroudeur qu'est Yves Bertrand. Lionel Jospin et Charles Pasqua, sous les ordres desquels il a travaillé, et qui l’ont soupçonné de « comploter » contre lui, en prennent pour leur grade, de même que Cécilia Sarkozy et le rôle qu'elle joua lorsque son ex-mari était Ministre de l'Intérieur, ce qui est une autre façon de parler du Président de la République. Bertrand évoque aussi l'affaire Clearstream bien sûr, la DGSE, organisme de renseignement rival des RG, ainsi que nombre d'autres personnalités du show bizz ou du CAC 40. Et même si Bertrand ne cache pas qu’il a cherché – et réussi – à protéger Chirac lorsque ce dernier était soupçonné avoir un fils japonais (dans un livre de Guy Birenbaum) ou un compte bancaire dans ce pays (par un ouvrage de  Nicolas Beau), il ne répond nullement à la question de savoir s’il s’agit de fausses rumeurs ou s’il a simplement « fait son métier » c’est-à-dire protégé un Président de la République en exercice.

A quelques jours du procès Cleastream, cet ouvrage dresse un portrait cru des moeurs politiques et des guerres impitoyables que se livrent nos dirigeants. Il reste à savoir ce que recouvre ce franc diagnostic : l'implacable démonstration de ce que l'hyper-présidentialisation du régime infiltre un ver quasi-mafieux  dans la démocratie ? Ou bien le signe indéfectible de la disparition durable du sens de l'intérêt général parmi les élites françaises ? Ce n'est pas directement le sujet d'Yves Bertrand. Mais il nous livre sur un plateau un fumet à la fois détestable et délectable, qui débouche forcément sur cette méditation politique.

L'affaire Mitterrand divise aussi les homosexuels

L'affaire Mitterrand divise aussi les homosexuels

Didier Lestrade - Blogueur | Dimanche 11 Octobre 2009 à 14:01

MARIANNE

Pendant que la droite et la gauche se déchirent sur la polémique Mitterrand, ici et là, des homosexuels s'élèvent contre l'amalgame implicite de l'affaire Mitterrand : le lien entre homosexualité et tourisme sexuel. Didier Lestrade regrette que la communauté homo ne soit pas saisie de la polémique pour débattre de ce sujet difficile.

Finalement, la défense de Frédéric Mitterrand sur TF1, à part celle de la dramatisation, fut de dire que toute cette affaire avait pour origine sa souffrance d’homosexuel. Il n’a pas dit que c’était l’homosexualité, mais nous sommes habitués à voir, à travers son éloquence, les mots qui nous intéressent. Plusieurs fois, il l’a répété, prétextant une certaine modestie, dans le genre « Je ne vais pas vous embêter avec mes histoires, mais… ». Alors, si Frédéric Mitterrand, en tant que privilégié social et culturel, utilise lui aussi la souffrance pour expliquer ses écarts de comportement, il est clair désormais que tout le monde a le droit de le faire. Si une folle (et chez moi ce mot n’a rien de caricatural) comme lui a souffert parce qu’en tant qu’homosexuel, il ne s’est jamais aimé, alors imaginez la souffrance d’un apprenti boulanger gay de 18 ans.

C’est un procédé que nous connaissons désormais trop bien. Les hommes politiques et les célébrités s’échangent le registre émotif de leurs interventions, pour attirer l’attention, et faire diversion. Ils utilisent la dignité et la vie privée pour revenir sur le devant de la scène, pour vendre des livres, ou tout simplement pour faire parler d’eux. Leurs éditeurs les encouragent à révéler ce qui est le plus borderline, car tout document doit désormais comporter un chapitre (en général le onzième dans le plan du livre) qui doit aborder le vrai sujet du caca. Un article récent du New York Times expliquait ça, mais il y a plein d’autres articles qui ont décortiqué cette recette, puisqu’elle est désormais internationale. Pendant ce temps, la politique avance, sous couvert de diversions médiatiques.

Donc les artistes du divertissement abordent des sujets graves tels que le viol, l‘inceste, la maltraitance, la maladie, la mort. Et les hommes politiques font la roue sur les plateaux télé, racontent des histoires qui les mènent dans l’intimité de Lady Di, ou à l’arrière-plan de Liza Minnelli. Le problème, comme le révèle Alessandra Stanley dans « Going all-out to stage a comeback » (30 septembre 2009), c’est que le prix à payer est de plus en plus élevé. C’est une inflation dans la révélation. En 2005, on trouve tout à fait remarquable de raconter qu’on est allé en Thaïlande pour s’amuser tout en ramenant une culpabilité flatteuse. En 2009, le voile tombe car, forcément, la Thaïlande n’est pas la destination rêvée quand on veut rencontrer des joueurs de boxe de 40 ans. Si c’est ça qu’on cherche, on va en Turquie et god knows que là-bas les lutteurs moustachus s’enduisent d’huile d’olive, c’est plus crédible.

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