20.11.2009

Pollution lumineuse: quels effets sur la santé?

Pollution lumineuse: quels effets sur la santé?

23/10/2009 11:34
Les nuisances engendrées par la pollution lumineuse seront au cœur du premier «Jour de la nuit», une manifestation de sensibilisation soutenue par 16 organisations dont le ministère de l’écologie, qui aura lieu samedi (1). Si la nocivité de l’éclairage artificiel pour la faune et la flore n’est plus discutée, les effets potentiels sur la santé suscitent une préoccupation croissante.

63% de la population mondiale et 99% de celle de l’Europe et des Etats-Unis vivent dans des zones polluées par un excès de lumière artificielle, d’après un rapport américain publié en 2001 (2). Pour Agir pour l’environnement, une des associations à l’origine du Jour de la nuit, «le nombre de points lumineux a crû de 30% en 10 ans» pour atteindre 9 millions, ce qui a transformé la «nuit noire en zone semi éclairée». Dès les années 50, les astronomes se sont plaints des halos dans les grandes villes qui perturbent l’observation du ciel. Puis dès les années 60, des études ont montré les impacts de la pollution lumineuse sur la faune et la flore, en particulier chez les oiseaux migrateurs désorientés par l’éclairage nocturne.

«Les préoccupations sur la santé humaine remontent à une dizaine d’années seulement», note Jean-François Doré, directeur de recherche à l’Inserm. C’est en effet à cette époque qu’a été montrée l’influence de l’alternance lumière/obscurité sur le rythme circadien et la sécrétion d’une hormone, la mélatonine. Or, un dérèglement de cette horloge biologique qui gouverne de nombreuses fonctions physiologiques, est suspectée d’être à l’origine de troubles de santé.

Quels effets potentiels sur la santé de la pollution lumineuse? Bien qu’encore rares dans ce domaine, deux études israéliennes récentes ont suggéré une association significative entre le niveau de pollution lumineuse dans certaines régions et la fréquence de cancers du sein (3).

Plusieurs études ont aussi montré, depuis 10 ans, une augmentation du risque de cancer du sein chez les travailleuses de nuit ou en horaires décalés (travail posté), notamment les infirmières et les hôtesses de l’air.

Les salariés en horaires décalés ou de nuit –soit 20% de l’ensemble des travailleurs- présentent également un risque accru d’autres pathologies comme l’obésité ou les troubles cardiovasculaires (4). En 2007, le Centre international de recherche sur le cancer (Circ) a d’ailleurs classé le travail de nuit ou posté comme «cancérogène probable». «Cette association ne prouve pas [nécessairement] que la lumière artificielle pose problème. De l’autre côté, des études en laboratoire montrent que l’exposition à la lumière durant la nuit peut perturber la physiologie […], accélérant ainsi la croissance tumorale», indique George Brainard, professeur de neurologie à l’université Thomas Jefferson à Philadelphie dans un article publié en 2009 (3).

«Pendant longtemps, on a pensé qu’une intensité de 2.500 Lux (5) était nécessaire pour affecter l’horloge biologique mais des travaux récents ont montré qu’une dizaine ou une vingtaine de Lux -l’équivalent d’une petite lampe de chevet- était suffisante», explique Claude Gronfier, du département de chronobiologie à l’Inserm de Lyon. Il estime cependant négligeable l’impact sanitaire de la pollution urbaine, notamment par rapport à l’ampleur des effets observés chez les travailleurs.

A l’issue d’un colloque organisé aux Etats-Unis en 2006 sur le lien entre santé et lumière artificielle, les auteurs de la synthèse notaient cependant que la forte augmentation du risque de cancers du sein et de la prostate, de l’obésité et de diabète précoce apparue parallèlement à la progression de la lumière artificielle durant les dernières décennies ne doit certainement pas tout au hasard». Face à ces incertitudes de grandes études sur population seraient nécessaires pour évaluer l’impact réel de la pollution lumineuse mais restent complexes à élaborer.

Au niveau politique, une prise de conscience s’est récemment opérée en France. Des mesures de restriction de l’éclairage public sont ainsi inscrites dans le projet de loi Grenelle II (6). Samedi soir, 177 villes dont Marseille, Lyon et Lille, initieront cette démarche –pour une nuit seulement- en prévoyant des extinctions de leur éclairage.

(1) Plus de 360 collectivités locales et associations participeront samedi 24 octobre à cette manifestation, initiée par Agir pour l'environnement et l’Association nationale pour la protection du ciel et de l’environnement nocturnes (Anpcen), et soutenue par 16 organisations dont la Fédération des parcs naturels régionaux de France, l’Associations des maires de France (AMF) et le Comité de liaison énergies renouvelables (CLER).
(2) The First World Atlas of the Artificial Night Sky Brightness, The Monthly Notices of the Royal Astronomical Society, vol. 328, n° 3 (2001)
(3) «Missing the Dark: Health Effects of Light Pollution», Ron Chepesiuk, Environmental Health Perspectives (EHP), vol.117, n°1 (janvier 2009)
(4) Dans le JDLE «Travail de nuit: la santé en danger»
(5) Un Lux correspondant à la lumière reçue d’une bougie située à un mètre de distance dans le noir.
(6) Dans le JDLE «Le Grenelle II au Sénat: suite et fin»

13.11.2009

Radiofréquences: l’Afsset prône une réduction des expositions

Radiofréquences: l’Afsset prône une réduction des expositions

16/10/2009 12:44 JOURNAL DE L ENVIRONNEMENT
Le très attendu rapport de l’Afsset a été publié hier. Bien qu’il confirme, en l’état actuel des connaissances, l’absence d’effets sanitaires liés aux portables ou aux antennes-relais, il reconnaît pour la première fois les incertitudes scientifiques et recommande une baisse de l’exposition aux ondes. Une «vraie rupture», selon plusieurs associations, un «vœu pieu» pour d’autres.

Ce rapport, réalisé suite à une saisine de 2007 des ministères en charge de la santé et de l’environnement, visait à actualiser le dernier avis de l’Afsset sur les effets sanitaires de la téléphonie mobile (2005) et de l’étendre à toutes les radiofréquences. Plus de 3.500 études officielles ou «grises» comme le rapport Bioinitiative, dont la majorité publiées entre 2005 et 2009, ont été analysées par un groupe d’experts pluridisciplinaires. Un observateur mandaté par les associations Agir pour l’environnement et Priartem, a également assisté aux débats.

Les ondes électromagnétiques émises par les portables et les antennes-relais sont-elles néfastes pour la santé? «La réponse n’est ni blanche, ni noire», avance prudemment Martin Guespereau, directeur de l’Afsset. Concernant les radiofréquences supérieures à 400 mégahertz (MHz) correspondant à la téléphonie mobile, un total de 226 études ont été examinées et triées en fonction de la fiabilité de leur méthodologie. Parmi les 182 études chez l’animal ou sur cellules, 82 dont 9 «fiables» trouvent un effet biologique et 100 dont 69 «fiables» n’en trouvent pas. Les effets observés sont des modifications de certaines fonctions cellulaires (mort programmée, stress, communication). Parmi les 44 études conduites chez l’homme, 20 dont 2 «fiables» montrent des effets et 24 dont 17 «fiables» n’en montrent pas. Les effets concernent le débit sanguin cérébral, ce qui ne traduit pas nécessairement un effet pathologique. Ces résultats sont insuffisants pour démontrer un effet sanitaire chez l’homme, conclut l’Afsset.«Oui, il y a une incertitude scientifique, admet le directeur de l’Afsset. Ces études envoient un signal suffisant pour ne pas les écarter. Il faudra les répliquer pour confirmer ou non leurs résultats»

En ce qui concerne l’épidémiologie, alors que les résultats de l’étude Interphone sont toujours attendus, d’autres -sans avoir pu être reproduits- ont montré un excès de risque de gliome (cancer cérébral) après 10 ans d’utilisation d’un portable. Un excès de risque de lymphome et de leucémie a également été observé chez des militaires exposés à des radars à forte puissance (2.000 MHz). Au final, le niveau de preuve serait encore insuffisant pour conclure à un excès de risque de cancers liés aux radiofréquences, bien que des interrogations demeurent pour les effets à long terme, estime l’Afsset.


Face à ces incertitudes, l’Afsset appelle les autorités à agir. Elle recommande en premier lieu de poursuivre les recherches, en donnant la priorité aux études épidémiologiques, sur le développement de l’enfant, la reproduction, et en milieu de travail, «où les seuils d’exposition sont souvent dépassés». Elle préconise ensuite pour la première fois une baisse des expositions aux radiofréquences. La priorité va toutefois aux portables, principale source d’exposition du public. L’Afsset recommande un étiquetage des portables en fonction de leur débit d’absorption spécifique (DAS). Cette mesure déjà annoncée par le gouvernement doit faire l’objet d’un décret attendu depuis le mois de juin.

Concernant les antennes-relais, la position de l’Afsset est moins claire. La question est de fait ultra-sensible puisqu’elle met en jeu les intérêts des trois opérateurs actuels de téléphonie mobile et du bientôt 4e dont le réseau est à construire… L’Agence préconise de cartographier les «points noirs des ondes» -où les niveaux d’exposition sont nettement plus élevés que la moyenne- et de les réduire en se fondant «sur les meilleures technologies disponibles à des coûts acceptables». L’Afsset est favorable à la mutualisation des antennes, mais plus partagée sur la multiplication des antennes à faible puissance qui peuvent induire une exposition accrue par les téléphones mobiles.

Sur la question de l’électrohypersensibilité, l’Afsset recommande une prise en charge globale de ces patients et une information des professionnels de santé. «Personne ne peut plus contester la réalité du vécu de ces personnes, même en l’absence de preuve du lien entre les ondes et les symptômes», déclare Gérard Lasfargues, directeur adjoint de l’Afsset et chef du département Expertises en santé environnement-travail .

Une fois n’est pas coutume, la plupart des associations se montrent très satisfaites. «C’est une vraie rupture, l’incertitude scientifique est reconnue et la réduction des seuils d’exposition recommandée», se réjouit Stéphen Kerckhove d’Agir pour l’environnement. «Pour la première fois, en France, nous avons un avis qui prouve qu'il existe des études sérieuses qui donnent des signaux d'alerte», se félicite également José Cambou de France nature environnement (FNE). Janine Le Calvez présidente de Priartem qui plaide pour un amendement au projet de loi Grenelle II en faveur d’une réduction des seuils réglementaires d’émission des antennes (41 volts par mètre (V/m) et 61 V/m), estime «qu’il va être désormais difficile pour le gouvernement de ne pas agir».

D’autres sons de cloche se font néanmoins entendre. Etienne Cendrier porte-parole de Robin des toits dénonce une série de «vœux pieux» et une «logique consistant à gagner du temps». Pour Jean Desessard, sénateur Vert de Paris, l’Afsset rend un avis contradictoire: «elle préconise la réduction des expositions du public en raison de ‘signaux indéniables’, tout en soulignant que ‘le niveau de preuve’ n’est pas suffisant pour retenir en l’état des effets dommageables pour la santé». Il demande au gouvernement de prendre en compte la proposition de loi des sénateurs Verts relative à la réduction de l’exposition aux champs électromagnétiques.

Le comité de suivi de la table ronde sur les radiofréquences (1) chargé d'examiner l’état d’avancement des travaux des groupes de travail et du comité opérationnel sur l’expérimentation dans les villes-pilotes, a été installé ce matin. La balle est désormais dans le camp de l'Etat. «Ce sera à vous de juger les actions du gouvernement, au regard de nos recommandations», a fait valoir le directeur de l’Afsset.

(1) Dans le JDLE «Grenelle des ondes»: une cérémonie de clôture sans lauréat

Quel coût pour la baisse du seuil?


L’abaissement des seuils d’émission des antennes à 0,6 V/m, tel que le réclament les associations, pourrait coûter entre 3,6 et 7 milliards d’euros selon une étude publiée jeudi 8 octobre par le cabinet Sia Conseil. En tenant compte des coûts d’exploitation, en plus de l’adaptation des réseaux mobiles, le coût global s’élèverait entre 6 et 12 milliards d’euros sur 3 ans. Le consommateur pourrait voir sa facture augmenter de 9 à 17 %. Agir pour l'environnement juge sur-estimée cette évaluation «qui laisse à penser que la moitié du réseau d'antennes serait à modifier» et non pas 1 antenne sur 10 comme l’estiment les associations.

11.11.2009

Plus d'un milliard de personnes frappées par la faim dans le monde

Plus d'un milliard de personnes frappées par la faim dans le monde

09.10.14 LIBERATION

La faim a progressé dans le monde en raison de la crise économique mondiale en 2008-2009 et touche aujourd'hui un sixième de la population mondiale, selon un rapport publié mercredi par la FAO, une agence de l'ONU.

Pour la première fois depuis 1970, le seuil historique du milliard d'affamés dans le monde a été de nouveau franchit. À l'occasion de la semaine de l'alimentation, un rapport conjoint de la FAO (l'agence de l'ONU pour l'Alimentation et l'Agriculture) et du PAM (programme alimentaire mondial) estime qu'une personne sur six souffre de la faim.

«Aucune nation n'est épargnée et, comme toujours, ce sont les pays les plus pauvres et les populations les plus démunies qui en pâtissent le plus», déplore Jacques Diouf, le directeur général de la FAO. La majeure partie des personnes sous-alimentées provient, en effet, des régions du tiers-monde : Asie-Pacifique (642 millions), suivie de l'Afrique subsaharienne (265 millions), de l'Amérique latine (53 millions) puis d'une région comprenant Proche-Orient et Afrique du Nord (42 millions). Cependant, les pays développés sont également frappés. 15 millions de personnes souffrent de la faim dans les pays du industrialisés, précise le document.

Augmentation des prix des denrées alimentaires

Selon le rapport, les crises économique et alimentaire ont élevé de manière dangereuse le prix des denrées de première nécessité. Le nombre de victimes de la malnutrition a augmenté de 100 millions par rapport à l'année dernière. «Les ménages pauvres se sont trouvé dans l'obligation de réduire le nombre des repas et de consommer des aliments moins nutritifs, de diminuer les dépenses de santé et d'éducation, et de vendre leurs avoirs», souligne-t-il. Cependant, les crises n'ont fait qu'aggraver une situation déjà inquiétante. Le nombre de personnes mal nourries augmente de manière régulière depuis plus d'une décennie, effaçant les bénéfices des progrès observés dans les années 1980 et au début des années 1990.

«Le problème de l'insécurité alimentaire» est «d'abord une question de mobilisation au plus haut niveau politique pour que les ressources financières nécessaires soient disponibles», à déclaré Jacques Diouf, directeur général de la FAO. «Chaque année, les soutiens à l'agriculture des pays de l'OCDE atteignent 365 milliards de dollars et les dépenses d'armement 1.340 milliards», a-t-il rappelé, dans le cadre de la Semaine mondiale de l'alimentation.

300 experts à Rome

Alors que la population mondiale devrait atteindre les 9,1 milliards d'individus dans les quarantes prochaines années, 300 experts internationaux s'interrogent sur le thème «comment nourrir le monde en 2050», cette semaine à Rome. «L'alimentation devient une bombe pour les gouvernements: si on ne fait rien, ça pète à la figure», analyse Jean-Louis Vélajus du Comité français pour la solidarité internationale (CFSI). «Le milliard de personnes souffrant de la faim n'est pas traitable par l'aide alimentaire mais par une réforme globale de l'agriculture», estime-t-il.

ONG humanitaires et de développement militent ensemble pour une réforme des politiques commerciales et agricoles, qui maintiennent, selon elles, les pays en développement dans la dépendance. Elles réclament un arrêt de la «libéralisation à tous va», qui provoque une volatilité des cours des denrées alimentaires, mais demandent surtout des investissements massifs dans l'agriculture des pays du Sud.

Cette mobilisation autour de la Journée mondiale de l'Alimentation, organisée vendredi, servira de prélude au sommet sur la sécurité alimentaire à Rome mi-novembre, suivi du sommet de Copenhague sur le changement climatique en décembre. «Prise en tenaille» entre le milliard d'affamés et «la question environnementale qui oblige à réfléchir sur les modes d'exploitation, la communauté internationale est bien obligée de mettre les choses à plat sinon, on va dans le mur!», estime Jean-Louis Vélajus.

ANTENNES RELAIS Un rapport conseille de moins s'exposer aux ondes

ANTENNES RELAIS

Un rapport conseille de moins s'exposer aux ondes

NOUVELOBS.COM | 15.10.2009 | 10:45

Selon l'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail, des interrogations persistent sur leurs éventuels effets sur la santé. Le Figaro parle pourtant d'un rapport "rassurant".

L'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail (Afsset) a recommandé dans un rapport rendu public jeudi 15 octobre une réduction des expositions aux ondes électromagnétiques, car des interrogations persistent sur leurs éventuels effets sur la santé.
L'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail (Afsset) a été chargée en 2007 par le gouvernement de mettre à jour son expertise de 2005 sur les effets de la téléphonie mobile (téléphones et antennes) et de l'étendre à tout le domaine des radiofréquences (Wifi, Wimax, téléphones sans fil, radios, micro-ondes...).
Pour ce rapport, rendu public jeudi, un groupe d'experts -incluant des experts en sciences humaines et un observateur représentant les associations- s'est penché sur un millier d'études publiées depuis 2005. Une trentaine de personnes ont été auditionnées, et une campagne de mesures d'émissions autour d'antennes-relais a été réalisée.
Les experts ont noté que si une majorité des études ne relevaient pas d'effets des ondes, un petit nombre constataient des effets notamment sur les fonctions cellulaires.


L'usage modéré des technologies sans fil conseillé


Selon l'Afsset, même s'il n'y a pas de "démonstration probante" de l'existence d'effets autres que thermiques, des interrogations subsistent notamment sur les effets sur le long terme et "on ne peut formellement montrer l'inexistence d'un risque".
"Dans ce contexte incertain", l'Afsset estime que "dès lors qu'une exposition environnementale peut être réduite, cette réduction doit être envisagée".
Elle suggère notamment l'utilisation de téléphones mobiles à faible DAS (Débit d'Absorption Spécifique, qui mesure le niveau de radiofréquences émis par le portable), la cartographie des zones présentant les intensités les plus fortes et l'abaissement des niveaux d'exposition dans ces zones, la mutualisation des émetteurs, voire "l'usage modéré des technologies sans fil".
L'Afsset note à cet égard que les niveaux d'exposition sont beaucoup plus élevés du fait des téléphones portables que des antennes-relais et s'inquiète qu'une réduction de la puissance des antennes-relais puisse augmenter l'exposition aux radiofréquences émises par les téléphones mobiles.
Elle propose aussi la mise au point d'un outil de diagnostic clinique pour les personnes hyper-électrosensibles.
Le Figaro juge pour sa part le rapport "rassurant", car il affirme que "la baisse du niveau d'émission des antennes-relais n'est pas justifiée".

(Nouvelobs.com)

07.11.2009

Plan Cancer 2009-2013: quelle place pour l’environnement?

Plan Cancer 2009-2013: quelle place pour l’environnement?

08/10/2009 12:44 LE JOURNAL DE L ENVIRONNEMENT
La lutte contre les inégalités face au cancer, notamment celles dues à l’environnement et au travail, sera un des nouveaux défis du plan Cancer 2009-2013 qui sera dévoilé par le président Sarkozy d’ici la fin octobre. Ses enjeux ont été rappelés lors des rencontres annuelles de l’Institut national du cancer (INCa) mercredi 7 octobre.

«Nous avons veillé à la cohérence entre le plan Cancer et les autres plans de santé publique notamment le plan national Santé environnement (PNSE II) [publié le 10 juillet dernier] et le plan Santé au travail», a déclaré Didier Houssin, directeur général de la santé, lors de son intervention au colloque. «Les arbitrages finaux ne sont pas encore rendus, mais le président s’exprimera bientôt», a-t-il précisé. Inscrit dans la lignée du premier plan Cancer (2003-2008), le futur plan, qui devait initialement être présenté en juin, comprendra deux nouveaux volets, la lutte contre les inégalités face au cancer, et la qualité de vie pendant et après la maladie, conformément aux recommandations du rapport Grünfeld. Remis au président de la République en février (1) ce rapport devrait constituer «l’ossature» du nouveau plan, selon les termes du président de l’INCa, Dominique Maraninchi.

Les inégalités de santé sont en effet encore très prégnantes et s’aggraveraient même. «Malgré le doublement de l’espérance de vie depuis deux siècles, un différentiel de 7 ans demeure entre celle d’un cadre et celle d’un ouvrier», explique le professeur Jean-Pierre Grünfeld, auteur du rapport «Recommandations pour le plan Cancer 2009-2013». Face au cancer, ces inégalités se traduisent par des écarts d’incidence et de mortalité. Les cancers de l’œsophage et des voies aéro-digestives supérieures (VADS) sont ainsi plus fréquents dans les populations défavorisées tandis que les cancers du côlon et du sein prévalent dans les milieux aisés. «En partie liées au mode de vie (tabac, alcool) et à un accès réduit au système de soin, les causes se trouvent aussi du côté de l’environnement et du travail», explique Chantal Cases, directrice de l’Institut de recherche et de documentation en économie de la santé (Irdes). Les cancers des VADS sont ainsi deux fois plus fréquents chez les travailleurs manuels que chez les autres travailleurs, avec des consommations de tabac et d’alcool similaires.

Entre 11.000 et 23.000 nouveaux cancers professionnels sont recensés chaque année, et plus de 2,3 millions de salariés (13,5 %) auraient été exposés à un ou plusieurs facteurs cancérogènes au cours de leur vie professionnelle (enquête Sumer 2003). Gérard Lasfargues, directeur adjoint de l’Afsset, souligne la difficulté liée à l’application de la réglementation dans les PME qui représentent 80% du tissu industriel français. «Leurs salariés issus de catégories défavorisées cumulent une double exposition à risque, professionnelle et environnementale, étant davantage exposés à des pollutions de l’air intérieur et extérieur», explique-t-il.

Pour André Cicollela, porte-parole du Réseau santé environnement (RES), «au-delà du travail, il faut considérer les inégalités environnementales». Il dit regretter «la vision de l’environnement étriquée du rapport Grünfeld» et souhaiterait un volet environnement dans le plan Cancer. Le nombre de cancers imputables aux facteurs environnementaux varie selon la définition donnée à l’environnement, large (alimentation, alcool, tabac) ou restreinte (pollutions, agents physiques), et selon les facteurs de risque étudiés (avérés ou suspectés). Il est estimé entre 5 à 10% pour l’InVS et à 19% pour l’OMS. Selon Christopher Wild, directeur du Centre international de recherche sur le cancer (Circ) «90% des cancers pourraient être évités car liés à l’environnement ou au mode de vie». A condition de se donner les moyens d’en déterminer les causes, largement ignorées aujourd’hui. «Pour les cancers en augmentation comme ceux des testicules et les lymphomes, mais aussi pour d’autres comme les leucémies chez l’enfant, il faut développer la recherche», confirme Denis Hémon, professeur d’épidémiologie à l’université Paris Sud. Les intervenants au colloque ont insisté sur la nécessité de conduire des études de populations larges (cohortes), de développer la biosurveillance et l’étude des multi-expositions à doses faibles.

Hier, le Parisien a dévoilé en avant-première quelques mesures-phares du futur plan Cancer, dont l’augmentation de 10% du prix du tabac la première année et de 3% les suivantes. Jean-Paul Moatti, professeur d’économie à l’université d’Aix-Marseille II, met en garde contre l’effet pervers d’une telle mesure. Ainsi, malgré son bien-fondé sanitaire, elle peut aggraver les inégalités en appauvrissant les plus défavorisés qui, contrairement aux plus aisés, ne renoncent pas facilement à ce produit considéré comme de première nécessité. Parmi les autres mesures figureraient des formations pour l’entourage des patients, l’aide à l’insertion sociale et professionnelle après la guérison, la promotion de l’activité physique et la lutte contre l’obésité. Mais rien sur l'environnement...

(1) Dans le JDLE «Futur plan Cancer: les recommandations liées à l’environnement»

04.11.2009

Le cancer prospère sur le terreau des inégalités

Le cancer prospère sur le terreau des inégalités

Sandrine Cabut LE FIGARO
02/11/2009 | Mise à jour : 08:18

Les écarts de mortalité en fonction des catégories socio-professionnelles se sont même creusées ces vingt-cinq dernières années.

Ouvriers et cadres seront-ils un jour égaux devant les cancers ? Le taux de survie à ces maladies dans le nord de la France pourra-t-il être abaissé au niveau de celui des départements du Sud ? La lutte contre les inégalités, en particulier dans le domaine de la prévention et du dépistage, s'annonce en tout cas comme un des enjeux majeurs du plan cancer 2009-2013. Ce sera la «toile de fond» de ce nouveau plan, estimait, il y a quelques semaines, le Pr Dominique Maraninchi, président de l'Institut national du cancer (Inca), lors des premières rencontres annuelles organisées par cette institution. Il faut «cibler des ressources supplémentaires vers les territoires les plus touchés par le cancer et vers les populations les plus vulnérables», écrit le Pr Jean-Pierre Grünfeld dans ses recommandations pour le prochain plan 2009-2013, remises en février dernier au président de la République. Le rapport préconise aussi d'«amplifier et adapter les actions de prévention de proximité ciblées».

Le défi est de taille. Les inégalités socio-économiques devant la santé, phénomène connu depuis le XVIIIe siècle, sont particulièrement fortes dans le domaine du cancer. Pire, elles s'aggravent. «Les écarts de mortalité en fonction de la catégorie sociale se sont même creusés, tant pour les hommes que pour les femmes françaises, au cours du dernier quart du XXe siècle», notent l'économiste Jean-Paul Moatti (université d'Aix-Marseille) et ses collègues dans l'ouvrage La Vie deux ans après le diagnostic de cancer (La Documentation française, 2008).

«En amont du système de soins»

Les chiffres sont édifiants : le risque de décéder d'un cancer entre 30 et 65 ans est globalement deux fois supérieur chez les ouvriers que chez les cadres et les professions libérales. Chez les hommes, les tumeurs des voies aérodigestives supérieures (bouche, pharynx, larynx), des poumons et de l'œsophage sont les principaux contributeurs aux inégalités sociales de mortalité par cancer. Pour les spécialistes, ce constat s'explique en bonne partie par les principaux facteurs de risque de ces tumeurs, telle la consom­mation de tabac et d'alcool, inégalement distribués socialement. Le niveau socio-économique semble en revanche sans influence dans d'autres cancers (côlon, pancréas, vessie, rein…). Pour le sexe féminin, les différences sont nettement moins marquées.

«Les principales inégalités sociales en matière de cancer se situent en amont du système de soins, insiste le Pr Jean-Paul Moatti. Une fois le diagnostic posé, tous les individus ont à peu près les mêmes chances d'avoir accès aux bons traitements. C'est une différence fondamentale avec les pays qui n'ont pas de système de couverture sociale universelle.»

Le Pr Guy Launoy (Caen), dont l'équipe Inserm, Cancer et populations, mène également des études pour décrypter les mécanismes de ces inégalités, a une approche un peu différente. «Concernant les risques de cancer, le poids des inégalités est variable selon la localisation de la tumeur, confirme-t-il. En revanche, quand le cancer est là, ce sont toujours les personnes isolées socialement ou géographiquement qui ont le pire pronostic.» Ainsi, le fait d'habiter à plus de 50 km d'un centre de référence pour le cancer divise par deux la probabilité d'être pris en charge à cet endroit, indique Guy Launoy. En clair, ces patients sont suivis dans des services peu spécialisés en cancérologie, ce qui au final peut diminuer leurs chances de survie.

Les travaux de Guy Launoy montrent aussi clairement l'existence d'un gradient social concernant le dépistage. Pour ce chercheur, il faut démultiplier l'offre de dépistage et la personnaliser pour toucher les populations les moins favorisées. «Une des pistes que nous évaluons dans cinq départements consiste à inclure des assistantes sociales dans les programmes de dépistage des cancers du sein et du côlon», expose-t-il.

Au-delà de la prévention et du dépistage, le plan cancer devra aussi prendre à bras-le-corps d'autres inégalités, celles que doivent affronter les patients dans leur vie quotidienne et professionnelle après le traitement. La probabilité de reprise d'activité et sa rapidité dans les deux ans qui suivent le diagnostic sont plus élevées chez les artisans commerçants, chefs d'entreprise, professions libérales et les hommes en général que chez les ouvriers et les femmes en situation précaire, note ainsi une enquête de Jean-Paul Moatti. Sans compter les discriminations que subissent les anciens malades sur le plan de l'accès aux assurances et aux prêts.

17.10.2009

Système de santé : "Il faut mixer paiement à l'acte et paiement au forfait"

Système de santé : "Il faut mixer paiement à l'acte et paiement au forfait"

LEMONDE.FR | 13.10.09 | 17h18  •  Mis à jour le 15.10.09 | 16h23

Arabal : Peut-on dire qu'il existe aujourd'hui en France une médecine à deux vitesses ? Ceux qui peuvent payer les cliniques privées (confort, rapidité) et les autres ?

Christian Saout : Oui, sûrement. Il y a une médecine pour ceux qui peuvent se payer des dépassements d'honoraires ou acheter une assurance pour couvrir ces dépassements, et pour tous les autres.

Djam : Tout le monde peut être confronté à une hospitalisation en privé ou public et de plus en plus souvent les chirurgiens réclament un dessous-de-table assez élevé pour opérer. Comment lutter contre ces pratiques et que peut faire la justice ?

Les dessous-de-table sont interdits, contrairement aux dépassements d'honoraires. La difficulté, c'est la preuve, car le dessous-de-table est payé en liquide. Il faudrait le payer en chèque. Cela étant, il y a des sanctions très graves du Conseil de l'ordre sur les dessous-de-table : la radiation ou la suspension du médecin. Mais là encore, il y a peu de saisines du Conseil de l'ordre. Les Français se taisent sur tout ce qui se passe. Je ne sais pas s'ils le comprennent, car c'est assez insidieux.

Petit bout par petit bout, on défait la couverture sociale sans vraiment le dire, c'est la technique de la grenouille dans la casserole d'eau chaude : si on la met dans l'eau froide et on augmente la température, elle ne s'en aperçoit pas. Un petit coup de forfait, de déremboursement de médicaments... c'est ce qu'on fait cette année. On augmente le forfait hospitalier, on fiscalise les indemnités journalières, etc. Tous les ans on fait cela.

Defensedelamedecineliberale : Pourquoi celui qui se présente comme le défenseur des patients se contente-t-il de dénoncer le niveau des dépassements (dans le public comme dans le privé) et non pas le principe de ces dépassements ?

Je pense que c'est clairement le principe des dépassements d'honoraires qui est visé. La position du collectif, pour moi, est une position d'hostilité à ces dépassements. Nous préférerions des tarifs justes, révisables à la baisse ou à la hausse, et sans dépassement d'honoraires.
On l'a écrit dans la lettre au Conseil pour l'avenir de l'assurance-maladie. Ce serait une erreur de penser qu'on ne s'intéresse qu'au niveau des dépassements.

Yapou : Quelles sont vos propositions pour améliorer l'accès aux soins en France dans la mesure où il existe un carcan budgétaire qui limite fortement toutes les pistes d'innovation ?

C'est vrai qu'il y a un carcan budgétaire. La France a fait le choix d'écarter l'augmentation des ressources pour l'assurance-maladie, et maintenant, de nombreuses voix s'élèvent pour qu'on augmente les ressources : celle du collectif, mais aussi celle du président de la Cour des comptes. Hier, un député UMP s'est prononcé pour qu'on sorte la CRDS (cotisation au remboursement de la dette sociale) du bouclier fiscal pour avoir plus de ressources pour les dépenses de santé.

Ipokrate : Mais le "carcan budgétaire" est une bonne occasion de rationaliser le système en terme de pertinence de la dépense. Si on augmente les ressources sans rationaliser, cela ne serait-il pas un encouragement à poursuivre les dérives actuelles, voire à les amplifier ?

Vous avez raison. Il faut faire les deux. Des ressources nouvelles car on n'a pas le choix, et optimiser le système de santé. Parce qu'il y a des gaspillages : par exemple, on vous fait faire un scanner pour les deux genoux et on vous propose de venir un jour pour l'un et un autre pour l'autre, et il y a deux actes. Si on vous prescrit trois radios, on vous propose de revenir deux jours différents pour facturer deux fois. Je l'ai vécu.

Il y a donc des efforts d'organisation à faire. Ce sont aussi des hôpitaux qui ont besoin de montrer qu'ils font des actes pour faire rentrer de l'argent pour rééquilibrer les comptes. Exemple : de nombreuses maladies chroniques sont prises en charge à l'hôpital. Or à l'hôpital on sait faire du tarif avec des actes techniques, et pas avec des actes cliniques. Donc on fait du technique et on fait des examens dont on n'est pas certain que les gens ont besoin, pour faire rentrer de l'argent.

La tarification à l'activité, créée dans la loi de 2004, devient absurde. On ne va pas faire des scanners à tout le monde pour faire rentrer de l'argent.

GL69 : Ne faudrait-il pas aller plutôt vers une diversification des modes de rémunération des médecins qui permettrait de sortir de l'impasse secteur 1/secteur 2 + dépassements. Les médecins sont payés sur des deniers publics !

Evidemment, il faut modifier les modes de paiement. Tous les pays comparables au nôtre ont mélangé le paiement à l'acte avec le paiement au forfait. La Grande-Bretagne, les Pays-Bas, la Suède par exemple. Et on sait que le paiement à l'acte est très inflationniste car il pousse à faire du chiffre. Le paiement au forfait, c'est l'idée par exemple que pour une pathologie donnée, le diabète, le médecin sera payé 2 000 ou 3 000 euros, au forfait, pour l'année, quelle que soit la quantité de rendez-vous dont il aura besoin. Le lobby médical français est très opposé à cela.

Hop : Est-ce qu'il existe d'autres solutions ?

Il y a d'autres solutions : faire de vraies tarifications révisables à la baisse et à la hausse, et mixer les rémunérations entre l'acte et le forfait.

GL69 : Quelle est la position des syndicats médicaux sur une diversification des modes de paiement ? Je n'ai pas entendu beaucoup d'expression des syndicats médicaux français là-dessus, car je crois qu'il y a une préférence française pour le paiement à l'acte, parce qu'il n'est pas très cher.

On ne paie pas beaucoup la consultation en France par rapport aux pays étrangers, donc c'est beaucoup plus facile de faire du chiffre.

Doc44 : Quel est votre avis sur le secteur optionnel ?

Avec le secteur optionnel, on ne va pas supprimer le secteur 2 [honoraires libres], on va avoir un nouveau secteur, entre le secteur 1 [tarifs remboursés par la Sécurité sociale] et le secteur 2, avec dépassements plafonnés. On a donc un risque majeur de voir les médecins du secteur 1 aller vers le nouveau secteur optionnel et ne plus avoir d'offre à tarif "Sécu". C'est ce qu'on nous avait dit en 1980, que le secteur 2 était pour une poignée de médecins, et finalement, c'est devenu la règle générale.

Dom_bene : que penser des rémunérations à la capitation (nombre de patients que l'on a en charge) comme dans certains pays (Bulgarie par exemple) ?

On s'approche un peu plus du salariat, où le médecin est payé pour une patientèle donnée. Mais peu de pays ont mis cela en place. La Grande-Bretagne l'a fait, mais en maintenant un paiement à l'acte.

Ipokrate : Il y a aussi des interventions d'utilité discutable, des médicaments d'intérêt suspect. Tout cela passe aussi par l'information des patients et des usagers. Sur ce plan, n'y a-t-il pas beaucoup à faire, et les associations ne doivent-elles pas faire campagne là-dessus ?

C'est là qu'il y a le plus de choses à faire, probablement. Il faut se souvenir qu'en 2002, dans la loi du 4 mars, il y avait un objectif d'information des patients. Et on avait créé un outil pour cela qui s'appelle le Fonds pour l'information médicale. Il a été supprimé en 2003. Donc il n'y a plus beaucoup d'argent pour informer les patients. Il y en a pour informer les médecins, la Haute autorité de santé, qui parle un jargon incompréhensible pour les patients.

On a donc un vrai déficit d'information des patients dans ce pays. Et les associations peuvent informer les patients, à condition qu'on leur donne l'argent pour le faire. Sinon, elles devront faire des actions d'information seulement avec l'argent de l'industrie pharmaceutique, ce qui les rendra suspectes.

Camille_M : Quelles sont les catégories dont l'accès aux soins est le plus compromis ? On pense immédiatement aux personnes en situation irrégulière par exemple. Il semble que la France ne satisfait pas complètement à ses obligations aux termes du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels...

La France a le régime de prise en charge des étrangers malades le plus favorable d'Europe. Cela étant, ce n'est pas parce qu'il est le plus favorable qu'il est optimal. Mais aujourd'hui, un des paradoxes qu'on a, c'est que les personnes à la CMU ou à l'AME sont plutôt garanties d'avoir des soins pris en charge à 100 % et que les victimes des choix qui sont faits en ce moment sont plutôt ceux qui sont entre 650 euros et 3 000 euros de revenus, qui prennent de plein fouet les franchises, les forfaits et les dépassements.

Karim : Les classes moyennes ne seront-elles pas, à leur tour, touchées par les restrictions de soins ?

Ce sont les classes moyennes basses qui sont touchées, celles qui sont juste au-dessus du seuil de déclenchement de la CMU - environ 650 euros. On a créé l'aide à la complémentaire santé, mais cela ne fonctionne pas bien. On est obligé de remonter les seuils tous les ans.
Et là, avec l'affaire du secteur optionnel, les mutuelles vont augmenter de 10 %, donc ce sera encore plus inaccessible.

Top : Pourquoi les médecins qui refusent l'accès aux personnes bénéficiant de la CMU ne sont pas plus sévèrement sanctionnés ?

Parce que c'est très compliqué. Il faut saisir la caisse d'assurance-maladie, ou le Conseil national de l'ordre, et les gens ne le font pas.
Il y a des sanctions qui existent, et en cas de dépassement exorbitant, la caisse d'assurance-maladie peut agir elle-même et saisir le Conseil de l'ordre, mais elle ne le fait pas beaucoup non plus. Pour donner un exemple, à Paris, là où il y a le plus de dépassements, je crois savoir qu'il y avait sept saisines du Conseil de l'ordre seulement.

Oups : Pourquoi ne pas contraindre les médecins à passer au moins leurs premières années dans les zones les plus "désertiques" médicalement parlant ?

Eh bien je ne sais pas. En fait, si, je sais, car cette discussion, on l'a eu l'année dernière, aux états-généraux de l'organisation des soins (EGOS) et les médecins nous ont expliqué qu'ils n'étaient pas comme les autres. Que certes, leurs études étaient payées par l'Etat, mais qu'on n'avait pas le droit de leur imposer d'aller dans un endroit donné. Chacun appréciera.

Laetitia Clavreul

14.10.2009

Stress au travail: le coup d’accélérateur du ministère

Stress au travail: le coup d’accélérateur du ministère

12/10/2009 14:19 JOURNAL DE L ENVIRONNEMENT
Vendredi, le ministre du travail, Xavier Darcos, a annoncé un plan d’urgence pour la prévention du stress au travail, qui oblige les grandes entreprises à appliquer d’ici 4 mois l’accord interprofessionnel de 2008. Réponse politique à la vague de suicides survenus chez France Telecom, elle replace néanmoins la problématique dans un contexte global.

Un ingénieur du Technocentre de Renault (Yvelines) s'est suicidé mercredi 7 octobre à son domicile. Bien que le lien avec le travail ne soit pas encore prouvé, ce drame, qui touche le même centre que les trois suicides de 2006 et 2007, est une nouvelle illustration d’un mal-être au travail généralisé, après la série de suicides de France Telecom. Depuis 2007, le risque psychosocial est d’ailleurs devenu la première cause de consultations pour pathologies professionnelles (27% sur 15.000 visites annuelles) selon le bilan du Réseau national de vigilance et de prévention des pathologies professionnelles (RNV3P) publié le 7 octobre par l'Afsset. Ce réseau regroupe 32 centres médicaux et a pour mission de détecter les maladies émergentes et les situations à risques en entreprise. Dans 80% des cas, ces pathologies (dépression, anxiété) ont été directement imputées au travail par les experts médicaux. Le secteur des services était le plus représenté, en particulier les activités de la finance, l’immobilier, le commerce, les transports, les communications, l’éducation et la santé. Les femmes (72%) ont davantage consulté que les hommes (28%). Ces résultats confirment une tendance à la hausse de ces troubles depuis plusieurs années, selon l’Afsset.

Un constat que ne dément pas Xavier Darcos. «Le passage d’une société industrialisée à une société de services a entraîné l’apparition de nouveaux risques: ce sont le stress chronique, les violences psychologiques, le harcèlement Sans doute n’avons-nous pas suffisamment mesuré la mutation qu’a connue l’économie française (…)», a-t-il déclaré vendredi à l’occasion d’une séance exceptionnelle du Conseil d’orientation sur les conditions de travail (COCT), qu’il préside, où il a annoncé des mesures d’urgence.

Première d’entre elles: l’ouverture de négociations sur le stress dans toutes les entreprises de plus de 1.000 salariés avant le 1er février 2010. «Je veux aller vite, sans attendre que l’accord national interprofessionnel sur le stress de fin 2008 (1) soit décliné par branche puis par entreprise», a précisé le ministre. Il demande à ces entreprises d’engager «significativement» les négociations, c'est-à-dire d'avoir réalisé au moins un diagnostic et un plan d'action dans les délais fixés. Cet accord qui transpose l’accord européen du 8 octobre 2004, a été étendu à l’ensemble des entreprises et rendu obligatoire par l’arrêté du 23 avril 2009 (2). Il avait été signé par les partenaires sociaux français en novembre 2008 (3). Un bilan national et régional sera présenté devant le COCT et rendu public en février 2010. La liste des entreprises «mauvaises élèves», où les négociations n’auraient pas abouti, sera publiée tandis que les entreprises «où il fait bon vivre» seront valorisées. L’option de sanctions financières est donc écartée pour le moment. «La première sanction, c'est la transparence. Nous ferons un bilan en février et nous verrons à ce moment-là», mais «rien n'est exclu» a-t-on précisé dans l'entourage du ministre, selon l’AFP. Le ministre prévoit qu’une vingtaine de séminaires soient organisés d’ici la fin de l’année pour permettre aux «entreprises modèles» d’exposer leurs bonnes pratiques. Leur contenu sera susceptible d'alimenter le futur Plan santé au travail 2010-2014.

Les très petites, petites et moyennes entreprises (TPE, PME) sont également ménagées. Le plan d’urgence prévoit uniquement la mise en place d’actions d’information sur les risques psychosociaux, d’outils de diagnostic et d’indicateurs d’action, avec l’appui de l’Anact, de l’INRS et des services de santé au travail. Les entreprises en cours de restructuration devront également prendre en compte la prévention de ces risques.

L’ensemble de ces éléments devrait être repris dans le second Plan santé au travail qui sera élaboré d’ici la fin de l’année. Une cellule de coordination sur le stress au travail sera en outre placée auprès du directeur général du travail.

Les syndicats ont pris acte de l’engagement du gouvernement, mais réclament des mesures plus larges. La CGT appelle à de profonds changements au travail, dans les TPE et PME, comme dans les grandes entreprises, «en donnant à tous les travailleurs le droit à disposer d’un Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) alors que «2 salariés sur 3 n’en ont pas» et «en rendant effectif le droit dans toutes les entreprises». La CFDT regrette que «seules les très grandes entreprises soient concernées». Elle demande l’ouverture de négociations dans leurs filiales, entreprise sous-traitantes, ainsi que dans les branches professionnelles. Elle souhaite par ailleurs que ces règles s’appliquent aussi dans les administrations et entreprises publiques. Enfin, la CFDT demande que les systèmes de notation des entreprises et d’évaluation de leurs dirigeants intègrent rapidement des critères sociaux et humains. «On aurait préféré que des objectifs soient fixés avec des sanctions», a reconnu Pierre-Yves Montéleon (CFTC), selon l’AFP, rappelant que la loi oblige déjà les entreprises à rédiger un document unique d'évaluation des risques, mais que «50% d'entre elles ne l'ont pas fait».«Redonner au travail ses lettres de noblesse», faire en sorte qu’il soit «synonyme de bien-être et non plus de souffrance», telles sont les ambitions que s’est fixées le ministre du travail. Rendez-vous en 2010 pour un premier bilan.

(1) Accord national interprofessionnel sur le stress au travail du 2 juillet 2008 (BOCC n° 2009/0002 du 7 février 2009) et arrêté du 23 avril 2009 portant extension d'un accord national interprofessionnel sur le stress au travail (JO du 6 mai 2009)
(2) Dans le JDLE «Extension de l'accord national interprofessionnel sur le stress au travail»
(3) Dans le JDLE «Stress au travail: signature de l’accord»

06.10.2009

Drogues au travail: l’épineuse question du dépistage

Drogues au travail: l’épineuse question du dépistage

01/09/2009 12:20
La consommation de drogues au travail préoccupe de plus en plus les entreprises mais aussi les pouvoirs publics. La question du dépistage et d’une éventuelle modification de la réglementation s’est trouvée au cœur des débats lors du forum régional sur le sujet, le 2 juillet, à Angers; avant des Etats généraux, en 2010.

Plus de 65% des chefs d’entreprise et 50% des salariés considéraient en 2006 que les questions de toxicomanie au travail étaient de plus en plus préoccupantes, d’après une enquête de l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes). L’alcool demeure le problème le plus fréquemment rencontré. Néanmoins, 11% des entreprises ont déjà été confrontées à des problèmes avec des usagers de cannabis et 2% avec des usagers d’autres drogues (cocaïne, ectasie, etc.). Certains secteurs comme les transports, l’hôtellerie, la restauration et la construction sont particulièrement concernés par les pratiques addictives.

«Il n’existe pas de données scientifiques suffisantes permettant d’établir le lien entre la consommation de stupéfiants et le risque d’accidents au travail», explique Corinne Dano du service d’addictologie du CHU d’Angers. Des études ont cependant estimé que 20% des accidents au travail, des comportements inadaptés et des cas d’absentéisme étaient liés à la consommation d’alcool, mais aussi de drogues illicites et de psychotropes.

La Mission interministérielle de lutte contre les drogues et la toxicomanie (Mildt), présidée par Etienne Apaire, s’est emparée de cette question en programmant des Etats généraux des conduites addictives en milieu professionnel au premier trimestre 2010. Deux forums préparatoires réunissant divers acteurs (Etat, Régions, juristes, scientifiques, partenaires sociaux) ont également été prévus. Le premier s’est déroulé à Angers (Pays de la Loire), le 2 juillet, et le second aura lieu à Bordeaux (Aquitaine), en novembre. «Le but est de recueillir des bonnes pratiques, de susciter la réflexion et de poser les questions éthiques et juridiques», explique Etienne Apaire. Au-delà des mesures qui pourraient être préconisées, une modification de la réglementation sera discutée. Elle viserait à donner plus de pouvoir à l’employeur en matière de lutte contre les addictions, à réglementer les pratiques de dépistage et réviser les sanctions.

De fait, «bien que l’usage de drogue soit illicite et sanctionné pénalement par le Code de la santé publique, il n’existe pas de dispositions spécifiques dans le Code du travail [excepté pour l’alcool]», souligne Sophie Fantoni, médecin au CHRU de Lille et docteur en droit. Or la responsabilité de l’employeur peut être mise en cause en cas d’usage ou de trafic de drogues au sein de l’entreprise, ou lors d’un accident d’un salarié sous l’emprise de drogues. Et il est tenu par la loi au devoir de prévention de la santé de ses salariés. Pour se protéger, l’employeur dispose d’un pouvoir disciplinaire limité au flagrant délit ou à la preuve irréfutable de faute.

Cette situation explique pourquoi le dépistage est au cœur des débats et suscite la controverse. Certains souhaitent développer cette pratique aujourd’hui très encadrée. Dans leur majorité, les dirigeants d’entreprise se déclaraient plutôt favorables à des contrôles sur le cannabis (69% des DRH dans les entreprises de plus de 50 salariés et 61% dans les TPE) selon l’enquête 2006 de l’Inpes. Actuellement, selon une circulaire datée de 1990 (1), seuls les tests de dépistage biologiques (urinaires ou sanguins) réalisés par le médecin du travail sont autorisés pour déterminer l’aptitude d’un salarié à un poste de travail et sous réserve d’une inscription dans le règlement intérieur. Un dépistage peut aussi être effectué sur certains postes à risque. Mais dans tous les cas, le dépistage systématique est proscrit. L’utilisation de tests salivaires, en cours d’expérimentation auprès de conducteurs routiers, se heurte à des freins scientifiques –leur fiabilité n’est pas encore totale- mais aussi éthiques. Mais leur développement est envisagé.

«Nous craignons que l’approche du dépistage soit uniquement répressive, déclare Jacques Bordron, responsable Santé au travail à la CFDT Pays de la Loire. Alors qu’elle doit aussi être préventive et collective, menée en association avec les CHSCT, les représentants de salariés et des consultants extérieurs.»

Aucune option ne semble pour l’instant privilégiée. «Dans tous les cas, la pratique du dépistage devrait être discutée en amont avec les partenaires sociaux», estime Sophie Fantoni qui prône la mise en place d’un dispositif d’information et de prévention prenant en compte l’impact des consommations sur le lieu du travail, mais également l’impact des conditions de travail sur les consommations. «Généraliser les tests de dépistage sans accompagner les salariés peut même se révéler dangereux en favorisant l’exclusion de certains jeunes vulnérables du monde du travail», affirme Corinne Dano. Le rôle-clé du médecin du travail a été souligné pour sensibiliser le personnel et prévoir le dépistage dans le règlement intérieur. En 2006, 41% des entreprises de plus de 50 salariés et 17% des très petites entreprises (TPE) avaient intégré les drogues dans leur plan d’évaluation des risques. Mais seulement 3% d’entre elles avaient mis en place des actions de prévention sur ce thème.

(1) Circulaire du ministère du travail (n°90/13) du 9 juillet 1990, relative au dépistage de la toxicomanie en entreprise

28.09.2009

Bonne à transporter

Bonne à transporter

27.08.2009 MARIANNE

Ça m'a énervée. Et pas qu'un peu.
Hier, pour aller de chez moi au centre privé d'IRM, j'ai pris un taxi. A l'aller, puis au retour. Auparavant, j'avais demandé conseil à un ex collègue, traité pour un K du poumon à Saint-Louis, et habitué à recourir aux «taxis conventionnés». Il me recommandait un certain Sami, à la fois taxi et conventionné par l'assurance-maladie.
— Il est basé où, ce Sami ? A Paris même, ou en banlieue ?
— Ça change rien pour toi, tu t'en fous, c'est pas toi qui paies, c'est entièrement pris en charge.
— Non, je ne m'en fous pas. Il vient d'où, Sami ? De Nogent, de Meaux, de Franconville ? La somme au compteur ne sera pas la même !
— Mais t'as pas compris, t'auras rien à payer, donc tu t'en fous !
— Non, je ne m'en fous pas…

Et ça a continué ainsi deux bonnes minutes, notre dialogue de sourds. C'est ça qui m'a énervée. D'un côté, Philippe se fichant de la facture dès l'instant où c'était la sécu qui payait ;  de l'autre, ma pomme voulant gérer cela comme si c'était mon pognon.
Or, dans un sens, c'est mon pognon, l'argent de la sécu. Celui que je verse à la collectivité en impôts et cotisations diverses. Et j'estime avoir le droit, même le devoir, d'être regardante. D'autant que je gagne bien ma vie. La preuve, mon impôt sur le revenu se monte à quasiment deux mois de salaire.

Eh bien, la suite aussi m'a énervée. Je vous informe que ce n'est pas triste, le transport sanitaire. Un vrai maquis où fleurissent gaspillages et embûches. Mieux, l'administration elle-même pousse à aller au plus cher pour couper court aux galères !
Et moi qui avais suggéré à la petite Mme Dam (mon alter ego sans ressources) de prendre un taxi pour se rendre aux urgences si son drain pétait. Malheureuse que j'étais ! Conseil de merde ! Mme Dam ne sera pas remboursée. Mieux vaut qu'elle ait recours à une ambulance, dix ou vingt fois plus chère…

Reprenons dans l'ordre.
Le service de chimio m'a prescrit une IRM à faire en ville et m'a fourni une «prescription médicale de transport». C'est un formulaire Cerfa, daté, signé et tamponné par l'hosto, résumant ma situation administrative vis à vis de la sécu et précisant la nécessité de recourir à un transporteur sanitaire pour l'examen en question.

Etant citadine, parisienne et encore vaillante, je laisse tomber l'idée d'une ambulance ou d'un VSL (véhicule sanitaire léger). Un taxi fera l'affaire. Encore faut-il qu'il soit conventionné, comme l'exige une nouvelle réglementation, datant du 1er mai dernier. Et là les choses se corsent : des taxis conventionnés, il y en a très peu, encore moins au mois d'août.

Donc d'abord, j'appelle le Sami. Il ne peut pas: à l'horaire de mon rendez-vous d'IRM, il doit aller chercher quelqu'un en Basse-Normandie et le transporter à l'hôpital Cochin. Je comprends assez vite qu'une petite course comme celle dont j'ai besoin va avoir du mal à s'insérer dans le planning des taxis conventionnés. Sami me suggère d'appeler le jour même du rendez-vous Alpha Taxis, la centrale dont il dépend et qui, dit-il, «regroupe le plus de taxis conventionnés». Sami me précise qu'il est impossible de réserver à l'avance. J'apprends au passage que les taxis conventionnés ont droit à une formation de deux jours par l'assurance-maladie, afin de devenir experts ès paperasses. Ils se feront rembourser directement par la sécu, sans que le patient n'ait rien à débourser.

Donc hier à 10 heures (je suis précautionneuse, je n'ai rendez-vous qu'à midi), j'appelle Alpha Taxis, demande un «taxi conventionné», indique le trajet. L'opératrice me dit lancer la recherche d'un tel taxi, mais qu'en cette période estivale ils se font rares, patientez...

Je vais patienter… 45 minutes avec, toutes les cinq minutes, la fort bienveillante opératrice qui m'informe qu'elle cherche toujours. Heureusement que j'ai prévu large. Au bout de 3/4 d'heure, je lui dis de laisser tomber et que je vais tenter auprès d'autres grandes sociétés de taxi: Taxis Bleu et G7. Et là, que dalle, pas de taxi conventionné ou pas de taxi conventionné disponible.

Donc à 11 heures, j'ai commandé un taxi normal que j'ai obtenu immédiatement, qui est passé me prendre et qui m'a transporté près de l'Etoile: 13,30 euros. J'ai demandé une fiche au chauffeur.

Pour le retour, j'ai hélé un taxi dans la rue : 12 euros.

Je viens d'appeler ma caisse d'assurance-maladie pour savoir si j'allais être remboursée. On m'a passé le service concerné:
— Non, il aurait fallu prendre un taxi conventionné…
— Mais il n'y en avait pas…
— A titre exceptionnel, puisque c'est la première fois, si vous faites un mot expliquant les circonstances, on vous remboursera…
Evidemment, je n'ai que ça à faire, écrire à la sécu. Mais je vais le faire.

Et l'employé d'ajouter:
— Mais prenez plutôt une ambulance ou un VSL, même si c'est beaucoup plus cher. Je suis désolé de devoir vous conseiller ça, c'est une telle galère, les taxis conventionnés, tant pour en trouver que pour être remboursé…
Texto.

Pour mes déplacements médicaux à venir, il me donne cependant les coordonnées téléphoniques de quatre taxis conventionnés basés dans l'arrondissement de mon domicile.
Justement, lundi matin prochain, je dois faire une IRM cervico-dorso-lombaire, en vue de préciser la localisation des métastases.
Eh bien, j'ai fait chou blanc. Deux des taxis conseillés ne sont pas disponibles à l'horaire demandé. Le troisième n'est pas au courant qu'il est effectivement conventionné («vous m'apprenez une bonne nouvelle!»), le quatrième doit être en vacances, il est sur messagerie et ne m'a pas rappelée.

Donc ?
Soit je vais être de ma poche en prenant un taxi ordinaire, à moins de torcher une nouvelle lettre convaincante à la sécu.
Soit je suis incitée à commander un VSL, bien plus cher, d'autant qu'un tel transporteur assure l'aller-retour et poireaute donc. Vous avez dit gaspillage ?

(J'ai demandé à la Cnam des éléments chiffrés sur ce dossier du transport sanitaire. Dès que je les ai, je vous en fais part.)

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