10.10.2009
Editorial du "Monde" : L'abcès Sangatte
Editorial du "Monde" : L'abcès Sangatte
LE MONDE | 27.01.09 | 14h29 • Mis à jour le 08.10.09 | 18h41
Cruel symbole que Sangatte : celui de l'impuissance de l'Europe à mettre en oeuvre une politique commune - à la fois efficace, humaine et concertée - en matière d'asile et d'immigration.
C'était il y a dix ans, en 1999. Devant l'afflux à Calais, aux abords du tunnel sous la Manche, de milliers de réfugiés, afghans et kurdes notamment, prêts à tout pour tenter de passer en Grande-Bretagne dans l'espoir d'y obtenir plus facilement l'asile, le "centre" de Sangatte avait été ouvert et sa gestion confiée à la Croix-Rouge. En trois ans, ce véritable camp de relégation était devenu un cauchemar : pour les étrangers entassés dans des conditions lamentables, pour les Calaisiens, confrontés à la "misère du monde", enfin pour les gouvernements français et britannique, paralysés.
A peine installé au ministère de l'intérieur, en 2002, Nicolas Sarkozy s'était attaqué au problème : négociation avec la Grande-Bretagne pour qu'elle adopte des mesures plus rigoureuses contre l'immigration illégale et tarisse ainsi l'afflux des candidats à l'asile, et fermeture du centre de Sangatte en quelques mois. Cette initiative énergique avait été saluée de tous côtés, y compris dans ces colonnes.
Sept ans plus tard, le problème est entier. Ni la création de Sangatte, ni sa fermeture, ni les engagements solennels et répétés de l'Union européenne en la matière n'ont permis de soigner l'abcès. Des centaines de réfugiés continuent à errer dans les rues de Calais, à la recherche d'abris de fortune et dans l'espoir de pouvoir gagner la Grande-Bretagne. Comme hier, ils sont la proie des réseaux - ou des mafias - de passeurs entre les mains desquels ils ont remis leur sort. Comme hier, cette situation est honteuse.
Comme hier, elle témoigne de l'incapacité de l'Europe à trouver une réponse sérieuse et durable à l'afflux, aussi prévisible qu'inévitable, de réfugiés et d'immigrants clandestins décidés à tout pour échapper à la misère de leurs pays d'origine. C'est vrai aux frontières de l'Union, depuis le camp de Lampedusa en Italie jusqu'aux abords des enclaves espagnoles, au Maroc, de Ceuta et Mellila, depuis la frontière gréco-turque jusqu'à celle qui sépare Roumanie et Ukraine. Mais c'est encore plus vrai à Sangatte, au cœur même de l'Europe. En se tenant à l'écart de l'espace Shengen, où s'harmonisent progressivement les politiques de visas, d'immigration et d'asile, les Britanniques rendent largement inopérante toute réponse collective. Le pacte européen sur l'immigration et l'asile adopté à l'automne 2008 par les Vingt-Sept n'y a rien changé. Hélas.
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10.04.2009
Investir dans un Zébu sur le net
Investir dans un Zébu sur le net
Par Julie RENAULD
Eco-Life.fr, le journal de l’économie durable Le 28/03/2009
L'association Zébunet permet de souscrire un Plan Epargne Animal en achetant, en ligne, une bête élevée par un fermier en Asie ou en Afrique. Cette forme de micro-crédit permet à des fermiers dans des pays peu développés de subvenir à leurs besoins. A la fin du prêt, l'argent peut être remboursé dans la monnaie locale ou réinvesti dans un autre animal.
Créée en 2001, par Hanh Ha, originaire du Viet Nam, et Gérard Feldzer, l'association Zébunet est spécialisée dans le micro-crédit pour l'élevage. Elle permet à des fermiers africains et asiatiques d'élever des animaux prêtés par les adhérents de l'association. Pour devenir "zébuphile" et souscrire à un PEA (Plan Epargne Animal), il faut passer par le site Internet www.zebu.net. Après avoir fait son choix entre un Plan Epargne Cochon, ou un Plan Epargne Dromadaire, il est possible de baptiser son animal et de le suivre au quotidien dans sa ferme du Sud. "On peut aussi offrir des PEA en cadeaux d'anniversaire ou cadeaux d'entreprises. Et nous vous encourageons à vérifier la réalité de votre investissement en vous rendant sur place et en visitant l'étable ou la porcherie", relève Hahn Ha, co-fondatrice de l'association.
A la fin du prêt, l'argent peut être rendu dans la monnaie locale ou remis dans le circuit pour financer une autre bête. "Nous avons un très bon taux de remboursement. C'est une question d'honneur pour les éleveurs engagés". Zébunet travaille avec le soutien de partenaires locaux qui encadrent les candidats fermiers et assurent le suivi des bêtes. Ceux-ci recrutent les éleveurs grâce à des campagnes organisées et au bouche à oreille. Les fermiers forment ensuite un groupe, solidaire. "Souvent ce sont des femmes", précise Hanh Ha. "Car l'élevage de petits animaux comme les chèvres, les cochons, les brebis... n'intéresse pas les hommes, qui préfèrent les animaux plus nobles. Cela devient donc le petit business perso des femmes, leur permettant d'avoir une certaine autonomie financière".
3 000 animaux prêtés à 1 500 familles
Quel animal, pour quel service? "Au Niger, ce sont les chèvres qui, grâce à la constitution d'un cheptel, font passer la saison sèche aux familles", explique la co-fondatrice. "En Mauritanie, le lait des chèvres laitières apporte un revenu au foyer. Au Vietnam, les truies donnent des petits qui finiront en porc au caramel. Au Niger, les dromadaires tirent l'eau des puits afin d'alimenter les jardins maraîchers, etc.".
Le montant du prêt reste raisonnable pour éviter de sur endetter le fermier: entre 100 et 200 euros pour un petit troupeau. Les populations cibles sont les personnes qui n'ont pas accès au système bancaire. "Le plan de remboursement est discuté avec les éleveurs et varie en fonction du type d'élevage", précise Hanh Ha. "Pour chaque projet, nous faisons un plan pilote de 20 à 30 familles afin d'évaluer la viabilité du modèle".
Depuis sa création, Zébunet a permis de soutenir 1 500 familles de paysans en investissant dans près de 3 000 animaux. Et si les cloches de Pâques nous apportaient un petit cochon, cette année...?
03:46 Publié dans SOLIDARITE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : loc maria plouzane







