11.02.2009

Agriculture: un plan de performance énergétique assez mûr?

Agriculture: un plan de performance énergétique assez mûr?
04/02/2009 12:34
30% d’exploitations agricoles à faible dépendance énergétique d’ici 2013. Les mesures qui doivent permettre d’atteindre cet objectif ont été présentées hier par le ministre de l’agriculture. Le bilan carbone des exploitations en est la principale.
Le ministre de l’agriculture Michel Barnier a présenté, mardi 3 février, un «plan de performance énergétique des exploitations agricoles» doté de 35 millions d’euros pour 2009. 30 millions lui sont alloués au titre du plan de relance de l’économie; 5 millions proviennent du budget du ministère de l’agriculture et de la pêche. Une partie pourrait aussi être financée dans le cadre du plan de relance européen et du second pilier de la Politique agricole commune (PAC), dédié au développement rural –le premier pilier englobant notamment les aides directes aux agriculteurs (1).

Le plan doit permettre de remplir un engagement du Grenelle, soit 30% d’exploitations agricoles à «faible dépendance énergétique» d’ici 2013.. L’objectif fait l’objet de l’article 28 du projet de loi Grenelle I, actuellement examiné au Sénat. La France comptait 367.900 exploitations agricoles en 2003, selon un rapport de l’Insee de 2007. Le secteur consomme 3 millions de tonnes équivalent pétrole (Mtep) par an. Il a réduit ses émissions de gaz à effet de serre de 11% entre 1990 et 2007, selon Judith Jiguet, directrice de cabinet de la secrétaire d’Etat à l’écologie Chantal Jouanno.

Hormis cet objectif de 30%, le plan ne comporte pas d’ambition chiffrée de réduction de la consommation énergétique. «La connaissance statistique de l’énergie en agriculture repose essentiellement sur une enquête de 1992 (…). Une actualisation (…) est donc nécessaire», constate le ministère. Elle sera faite grâce à la réalisation du bilan carbone de 100.000 exploitations d’ici 2013. Ils constituent «la clé de voûte» du plan de performance. Le dispositif permettant de réaliser ces 100.000 diagnostics reste à mettre en place, et devrait être élaboré au plus tard le 1er janvier 2010. Un petit nombre de ces diagnostics a déjà été réalisé par les partenaires publics et privés du plan de performance (2). Ces derniers ont signé 6 conventions avec le ministère pour réaliser d’autres diagnostics.

Autre constat: les mesures du plan de performance sont concentrées sur les consommations d’énergie directes de l’agriculture, qui ne représentent «que» 40% de la consommation totale d’énergie du secteur. Pour réduire la consommation de fioul par les tracteurs, premier poste de consommation d’énergie directe, le ministère préconise le développement de la mutualisation du matériel, le développement du contrôle et du réglage des tracteurs ainsi que leur «éco-conduite». Cette mesure permet par exemple, pour un tracteur de 100 chevaux effectuant 600 hectares par an, d’économiser 900 litres de carburant et éviter l’émission de 3,5 tonnes de CO2.

Le plan ne vise qu’à «l’encouragement» de la réduction de la consommation des intrants. Les engrais azotés représentent pourtant une large part de la consommation énergétique indirecte du secteur, rappelle le ministère. Cette part représente 60% de la consommation énergétique totale du secteur. Toujours selon le ministère, c’est l’indice du prix d’achat du poste «engrais simples azotés» qui a le plus augmenté entre 2004 à 2008, passant de 116 à 208, contre 100 à 186 pour le poste «énergie-lubrifiants» sur la même période.

Les énergies renouvelables (ENR) dans les exploitations agricoles devraient aussi être développées, telles que la méthanisation ou le solaire photovoltaïque intégré au bâti. La première technique devrait pouvoir bénéficier prochainement d’une rubrique ICPE spécifique (3), a assuré Judith Jiguet. La seconde pourra bénéficier du troisième tarif d’achat de l’électricité solaire photovoltaïque présenté lors du plan Borloo sur les énergies renouvelables (4). La liste des investissements éligibles, les conditions d’accès au plan et les dossiers de demande seront disponibles dans les directions départementales de l’agriculture.

(1) Dans le JDLE «Bilan de santé de la Pac: interrogations sur la place de l’environnement»
(2) Ademe, GDF-Suez, EDF/APCA (Assemblée permanente des chambres d’agriculture), Fédération nationale des coopératives d’utilisation de matériel agricole (FNCUMA), Cristal-Union et Sofiprotéol
(3) Dans le JDLE «Méthanisation: encore trop de barrières»
(4) Dans le JDLE «Borloo veut donner un coup de fouet aux énergies renouvelables»
JOURNAL DE L ENVIRONNEMENT

27.01.2009

L'Antarctique aussi se réchauffe, selon une étude scientifique

L'Antarctique aussi se réchauffe, selon une étude scientifique
LE 21/01/2009
REUTERS
Le continent antarctique se réchauffe, contrairement à ce beaucoup croyaient, selon une étude qui englobe cette région dans la tendance planétaire au réchauffement.
Les températures ont augmenté en moyenne de 0,5° Celsius en Antarctique depuis les années 1950, selon une étude réalisée par des scientifiques américains à partir de relevés météorologiques au sol et d'autres données transmises par satellites.
"Ce qu'on entend tout le temps, c'est que l'Antarctique se refroidit, or ce n'est pas le cas", explique Eric Steig, de l'Université de l'Etat de Washington, à Seattle, auteur principal de l'étude, publiée dans l'édition de jeudi de la revue Nature.
La hausse moyenne des températures en Antarctique est "très compatible avec la moyenne mondiale", a-t-il dit lors d'un point de presse par téléphone.
Ceux qui contestent le rôle des activités humaines dans le réchauffement planétaire ont par le passé brandi des rapports faisant état d'un refroidissement du climat de l'Antarctique, à l'appui de leur position consistant à nier tout réchauffement.
Un refroidissement en certains endroits comme le pôle Sud et l'extension de la banquise d'hiver autour du continent masquent une tendance globale au réchauffement sur un continent plus grand que les Etats-Unis, où la moyenne des températures annuelles oscille autour de -50°.
Les scientifiques écrivent dans Nature que la hausse des températures dans l'Antarctique est "difficile à expliquer" sans faire le lien avec l'augmentation des émissions de gaz à effet de serre due aux activités humaines.
DIX PLAQUES GLACIAIRES AMOINDRIES
Jusqu'à présent, les scientifiques s'accordaient à dire que le réchauffement était circonscrit, en Antarctique, à la Péninsule antarctique, qui s'avance en direction de l'Amérique du Sud, où est située à la base scientifique britannique de Rothera.
"La zone touchée par le réchauffement est bien plus importante que la seule Péninsule antarctique", écrivent les chercheurs dans Nature, en précisant qu'elle concerne l'ensemble de l'Antarctique Ouest.
La hausse des températures dans l'Ouest est, pour partie, compensée par un rafraîchissement automnal dans la partie est.
Si la totalité des glaces de l'Antarctique fondait, le niveau moyen des mers du globe monterait de 57 mètres. Aussi, la fonte ne serait-ce que d'une petite partie de cette glace menacerait les Etats insulaires du Pacifique et de grandes métropoles côtières.
Depuis les années 1990, dix vastes plates-formes glaciaires au bord de la péninsule antarctique ont diminué voire se sont désintégrées. La plaque glaciaire Wilkins, dont la superficie a déjà diminué d'un tiers, est sur le point de se disloquer. Elle n'est maintenue en place que par un isthme de glace de 500 mètres de long, contre cent kilomètres dans les années 1950.
L'étude publiée dans Nature a consisté à comparer les températures mesurées par les satellites au cours des 25 dernières années avec les relevés des 50 dernières années dans 42 stations météorologiques d'Antarctique, la plupart sur la côte.
Version française Eric Faye